‹ Gaspard de Coligny, amiral de FranceChapitre 188 sur 241 · H.-M. fUtt. eccL.U I, p. .i · texte numérisé non relu

H.-M. fUtt. eccL.U I, p. .i

s. tie ].D|ilnce, Comineitl. liv. VI. — \len-. UUI.ecd., 1. 1, p. ôâl.^jâ.

gage atrabilaire du cardinal de Tournon, elle lui répondit de suite * « que l'on n'avait rien faict en cela que p^ la délibération 3) du conseil et advis de la cour de parlement de Paris, et que ce 3D n'estoit point innover ou muer, ains pour appaiser les trouy> blés procédans de la diversité d'opinions en la religion, et re- » mettre les forvoyés au vray chemin. »

Ainsi se terrftina la première séance du colloque. Le discours

de Bèze avait porté coup et arraché à l'arrogant cardinal de Lor-

, raine cette exclamation qui était à elle seule un éloge ^ : « A la

» mienne volonté que celuy-là eust esté muet, ou que nous eus-

» sions esté sourds ! ^

Sans perdre de temps, les prélats, prenant conseil de théologiens et de canonistes, convinrent qu'il ne serait répondu à Bèze que sur deux points, f Église et la cène. Chargé par eux de parler, le cardinal de Lorraine se réserva de le faire de manière à se dégager, le plus possible, des liens d'une discussion, même circonscrite, en s'efTorçant de mettre les ministres aux prises avec d autres antagonistes que les représentants du catholicisme.

De leur côté, Bèze et ses collègues, dans une nouvelle requête présentée au roi, insistèrent une lois encore pour que les prélats ne s'érigeassent pas vis-à-vis d'eux en juges, et pour que le colloque demeurât à l'étal de conférence.

La seconde séance fut alors fixée au 16 septembre.

Plusieurs jours avant qu'elle eût lieu, le petit groupe des ministres se trouva sensiblement fortifié par l'arrivée de Pierre Martyr à Saint-Germain.

La séance fut, le 16 septembre comme le 9, présidée par le roi. Le cardinal de Lorraine y prit la parole. Désertant le terrain d'une conférence sur le pied de l'égalité entre interlocuteurs, il se posa en prétendu éducateur des ministres qui, à l'en

1. De Laplace, Comment, y liv. VI. — D(^zc, Hist. ceci., l. I, p. 522.

2. De Laplare, Comment., liv. YII. — Bèze, Hisl, eccl.y 1. 1, p. 525.

croire, « avoieiU monlrc qiiolijue désir d'apprendre el estre ins- » Iruicts, renlrniisen cestelcur patrie, et en la maison de leurs pftres. B Or, en quels termes prit-il à partie, dans celte singulière maison paternelle, hs égarés <\\i'\ n'y étaient pas venus jïrécîsâmcnl comme autant d'enfants prodigues de la parabole? Loin de passer en revue et de combattre chacun des articles de la confession de foi de 1550 sur laquelle Bitze avail, îi juste litre, demandé que la discussion s'établît, il ne parla que de ri''glise el de la cène, se retrancha dans la thèse de rimmuLabililé absolue de la foi catholique, thèse à l'adoption de laquelle il convia pompeusement le roi, sa famille, sa cour ', et termina son rôle d'éducateur en jetant h la face des ministres cette âpre apoS- Irophe ' : « Si vous aimez voslre opinion ainsi seule, devenez par » effecl solitaires ; si de noslre Iby, et de nos actions^vous voulez * si peu approcher, soyezaussi de nous plus esloignés, et ne trou-

> blez plus les troupeaux desquels vous n'avez nulle charge, ny » nulle légitime administration selon l'aulhorilé que nous avons

> de Dieu. B

Le vieux et intraitable cardinal de Touiiion alla plus loin encore; il dit au roi * « que si ceux qui s'estoîent séparés et di- » visés de l'église se vouloient recongnoislrc ou soubscrire h ce ■ » que le sieur cardinal de Lorraine avait exposé, ils seroyeut » recueillis, et pins amplement ouysés autres poincts où ils B disoyent aussi voidoir estre instruicts; autrement que toute

> audience leur devoit estre déniée, el que sa majesté les devoit I renvoyer et en purger son royaume. De quoy il la supplioit » três-humblemcnt, au nom de la dicte assemblée des prélals,

]. }\\i\i. haagaeli Épialolar. lili. Il, C|ii«[.5lï: (Epilogiisnii

> i.otlinriug. ostendit eiim nuguri Inrilum i^l laderi'; tiurtatns est r>ali I malrviii i{isius, el |>riiii.'ïpi!s rcgii sntiguinis, ul in inAJorniu suaruni

> peraianerniit uec (juiciiuiun in ea itiutarl palcn^nlur, »

2. Df Upiace, Comment., lir. Vil. — Béxc. Ukl. rccl., t. 1. p. ûT.l

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