‹ Gaspard de Coligny, amiral de FranceChapitre 191 sur 241 · Bùze, Hist. eccl, t. I, p · texte numérisé non relu

Bùze, Hist. eccl, t. I, p

» Clin lumiiUi^ où se trouvait tri;&-grand nombre do ^ens de B toutes qualités, et s'accreut d'abondant ceste liberté, par l'ars rivée de la royne de Navarre dèslors très-affectionnée à la rcli- » gion, jusques â confirmer tous les autres et principalement le « roy de Navarre, son mary, tant par paroles que par exemple i> de toute vertu, comme à la vérité i! se peut et doit dire, que si B de noslrc siècle il y a eu une dame douée de grande piété, B c'estoil celle-ci, comme depuis elle l'a bien monstre jusqu'à D la fin. »

Le 24 septembre, s'ouvrit Ji Poissy, dans une pièce du couvent des nonnains, en présence de la reine mère, de la reine de Navarre, des princes du sang, de Coligny et des autres membres du Conseil privé, une sorte de conférence à laquelle, dn cùlé des protestants, les ministres seuls purent prendre part. Le.-; délégués des Églises réformées en furent expi-esséraent exclus. Le roi n'y parut pas. Longtemps avant cette conférence, le cardinal de Lorraine, fidèle au plan qu'il avait conçu, non-seulement de restreindre autant que possible le champ de la discussion, niais môme de le transformer, « s'estoit avisé' , à toutes B aventures, d'un subtil moyen, qui estoil de faire venir en B diligence quelques ministres Allemands de la confession B d'Augsbourg, lesquels il détibéroit de mettre en teste aux » ministres de France sur le différend de la cène, afin de les » diviser et d'échapper au travers avec tous ceux de son parti, d Si la séance du 2i septembre se tint sans qu'un seul Ibéologlen allemand fût encore arrivé, le cardinal de Lorraine eut du moins recours à un expédient qui le mit en mesure d'invoquer, h l'appui de ses menées, une auxiliarité germanique.

Dans cette séance, Déze avait réfuté, sur la thèse de l'Église, le discours prononcé, huit jours auparavant, par le cardinal; après lui avaient parlé Despencc, homme grave et modéré *, et

l.BJïe, Hi<(. ml. t. 1, p. 52".

3. Ce fut & Dvsiii^uce quv le chanccliLT de l'IIci^piio] ilùdia uiie ij|iUrL' sur In

de Sainctes, petit moine blanc^ arrogant et stérile déclamateur; Bèze venait de répliquer, loi'sque « là-dessus, raconte-t-il *, > monsieur le cardinal, au lieu de poursuivre en la conférence, ^ nous mit en avant un petit formulaire de la matière de la cène 3) qu'il avait extrait d'une plus grande confession faicle et signée 3) par les ministres du duché de Wurtemberg, Tan 1559, nous To disant que si nous ne voulions signer cela, il ne passerait plus » oultre. Nous insistâmes au contraire qu'on disputast sur toute » nostre confession de poinct en poinct, mays ce fut en vain, » qui fut cause que nous demandàsmes délay de deux jours » pour respondre.

A cette déviation du débat par l'introduction imprévue de l'élément germanique, Bèze et ses collègues opposèrent, le 26, une réponse péremptoire. La discussion ne put aboutir. C'était précisément ce que désiraient la plupart des prélats. Alors fut close brusquement la série des conférences générales, auxquelles allaient succéder désormais de simples conférences particulières, et le roi de Navarre, ne prenant conseil que de luimême, dépêcha aussitôt un personnage de confiance vers rÉIecteur palatin et le duc de Wurtemberg pour les prier d'envoyer Ji Saint-Germain des théologiens de renom.

Th. de Bèze ne se borna point à soutenir de sa parole savante et spirituelle une lutle au terme de laquelle il n'entrevoyait guère d'autres succès à obtenir qu'un peu de justice à l'égard de ses coreligionnaires de la part d'un monde ignorant, qu'on avait jusqu'alors abusé sur leur doctrine^; il fit plus, en se décidant à

poésie chrclienne qui contienl son hymne de Noël. (Voy. épîl. vi du liv. I" des poésies latines du chancelier.)

i. LoUre du 3 octohre I5()l à l'Électeur palatin (ap. Haum, App. p. 89).

2. Bcza Calvino, 29 sep. 1561, ap. Baum, App. p. 75 : c Ne mireris nos esse » lùni verbosos; scito nos studio id facere, quoniam ex hoc colloquio nullum » nïajorrm [["uctum speramus quàm ut cognila ac perspecta nostra causa, qui > per igaorantiam nos damuabant, saltein aequiores hobis fiant, nequc est, Dei n gratia, cur nos laboris pœniteat. i

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passer de la parole îi l'action dans une circonstance caraclôristirjue qui suivît de cinq jours la séance du "24 septembre.

Un mot d'abord sur les faits généraux desquels cette circonslaiiee se dégagea.

Les protestants français, quelles que fussent les rigueurs insensées de la législation alors en vigueur, qui les atteignait non-seulement dans ta inanifcstution de leur croyance, mais jusque dans les actes les plus importants de la vie domestique, n'en étaient pas moins résolus à se prévaloir, chaque lois que cela leur devenait possible, de la tolérance qui leur était accordée en 1561, en devançant, par la pratique, la consécralioti du principe de la liberté religieuse, qu'ils ne cessaient de revendiquer depuis un an, par l'organe de leurs généreux protecteurs h la cour, en tète desquels figurait toujours Coligny. C'est ain.si qu'on ce qui concernait la profession cstérieure de leur foi et sa propagation, ils se réunissaient pour l'exercice public de leur culte, et travaillaient activement il la dissémination des Saintes Écritures et de divers livres, soit de piété, soit de controverse. C'est ainsi encore qu'eu ce qui concernait leur vie de femille, ils s'attachaient à faire intervenir publiquement le ministère des pasteurs dans la célébration de leurs mariages et dans l'administration du baptême de leurs enfants. Mais, si leurs elforts sur ce double point, accomplis en exéculion des articles 3,'t et 34 de la discipline ecclésiastique du "IS mai 1559', avaient réussi dans certains cas isulés, à peine en était-il resté quelque trace. On ne compte, en elTet, qu'un très-petit nombi'e de

1. Ai'l. 3^ : ■ l.i'S mariages spi'ddI propo^L-^ au cuiisiititire, oi'i sit» nippnrli-

> le contracl de mariage |]asa^ |iar ualniru |iulilic, nt snrnni proclamL^s ilrux

> fois pour le moius un qiuii»! jours : apràs lei|uel leinps sti pourront faire

> hi uspousoillcs en l'auuublée. El cvsl ordre nu sera rompu siauu pour

> grauiliM vausus, des<|Ut!lles le eoasUtoir« vongnuislra. * — An.34: t Taul lc>. » mariages que les baplesuies surotit earegiïtréi et gardés loiitneusement, i-n

> régli«c, avec les uoms des père et inére et parrains des earanls haplisûs. >

baptêmes administrés * et de mariages bénis ^ par des pasteurs, de mai 1 559 à septembre 4 56 1 . Ce fut à cette .dernière époque seulement , que s'offrit l'occasion de détacher , avec éclat, du ministère des ecclésiastiques catholiques, au nom des familles protestantes, l'accomplissement d'actes religieux qui, de droit, rentraient dans les attributions exclusives des pasteurs.

Celte occasion fut, d'accord avec Coligny, la reine de Navarre et autres membres éminents de l'Église réformée, saisie avec empressement par Th. de Bèze. Sans faiblesse comme sans jactance, à proximité des regards de la cour et de l'assemblée des prélats, il tint à honneur de procéder solennellement, avec une publicité exceptionnelle, à la célébration du mariage de protestants appartenant l'un et l'autre à de grandes familles de France.

Des deux fiancés sur l'union desquels il devait appeler la bénédiction divine, l'un était le cousin de Jeanne d'Albret, Jean de Rohan, seigneur de Fontenay, second fils de René, premier du nom, vicomte de Rohan, et d'Isabelle d'Albret, fille de Jean, roi de Navarre; l'autre était la nièce de la duchesse d'Etampes, Diane de Barbançon, fille de Michel de Barbançon, seigneur de Cany, et de Péronne de Pisseleu ^, sœur aînée d'Anne de Pisseleu, femme de Jean de Brosse, dit de Bretagne, duc d'Etampes.

Le 29 septembre 4561 devait se tenir à Saint-Germain une assemblée générale des membres de Tordre de Saint-Michel,

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