Ultrcs franc, t It
i. LcUru (lu (i oclolire 15G1 (Aruliivus de lu ville de Genève, n- I7I&).
Des minisires et tliéolofiiens pioleslants qui avalent assi au colloque, i! ne restait plusà Saint-Germain, vers le milieu mois d'octobre 1561 , que Th. tle Bèze, des Gallars, el P. Mai tyr. Tous trois continuaient h. résider dans cette ville, à la suii de vives instances qui leur avaient été adressées de diverses parts. Le nouve'rnenient d'ailleurs, s'était prêté d'assez bonne grâce à la prolongation de leur SL^jour en France '.
Th. de Bèze et des Gallars se sentaient retenus près de la cour par l'espoir de servir utilement la cause de la liberté religieuse '. De plus, nn lien particulier de sympathie et de confiance venait de les attacher, au moins provisoirement, comme prédicateurs, l'un h Jeanne d'.\lbret, l'autre à l'amiral \ Enfin, quant ft Th.de Bèze personnellement, il s'occupait, à celle époque, avec sollicitude, de frayer la voie (fait bien digne de remarque), à la réalisation du projet conçu par quatre famillei éminentes, celles de Jeanne d'Albret, de Coligiiy, de Condé, de Crussol, de se grouper pour former entre elles une l'église laquelle s'appliquerait une constitution consistoriale *.
Le 29' octobre, P. Martyr prit congé du jeune roi, qui le gratifia de deux cents écus poui- son voyage ^ de la reine m^*'
nne
1. Voir nutummeul lu ilédsiuii rnyali; ilu S5 ORlohrn i56l, nu^euUnld deux mois lu iturée ilu suuf-cuuiliiil urcarJé, le 7 jutllcl précédent, À P. Marljr. 1 (Ilnum, Jppptll)-
t. IkznCulvinn. ^1 et 33 oclobrc t5(ll (Kaiim. App. p. 100). — Des Gnllm] lo Ihc! hishop oFl^iidon, 29 otlobre i56l.{CaUnd. of State pap. foreiffu, : 1501, p. »82.)
3. Uiilj. Ldiigiicli.lib. Il, epiat. 01 , âO oclobrc 156t : * Ihm omnct minrsl I rcdicnint nd suns ecclesias, pnctpr lieznm et (iallasiuin, i|uunim Qle I 1 concioiiator rcginie Navarrte. hic autcm admirnllii. i
i. ( Toltu nuDC suiD in eo ut ex Iribua familiis. nemptt rcgiiio; \nn > Condensis prinripis cl antyruldi unum corpus ecclcsiai constiliiaïa. ; Ca]vino,30 octobre iStil. Uaum, jl;)|t. p. 118). — ( Hoc occiiiit iiuod tfut * funiliœ {quarla enlm jàm, ifii» ost, D. Cursolii, accessit) cupiuni in i .1 ccclesîo! corpus coalesccro, et consislorii ctiain JiscipliDli rcgii, ttc. : Calfino, i dot. 1361, Baum, dpp. p. ISl.)
S. Tbrotkfflonoa to iho iiueon, H aovuiubru lôlil. iCalend. uf StaU pup. 1 foreign.)
du roi et de la l'eine de Navarre, des princes, pi'incesscs el grands personnages de la cour. Le lendemain. Th. de Bèze et des Gallars reçurent ses fraternels adieux. II partit pour Zinîch ', sous l'escorle de plusieurs gentilshommes et de fidèles serviteurs chai'gés par le roi de Navarre, le prince de Condé et l'amiral, de proléger sa marche.
Cependant quel parti avaient pris l'Électeur palatin el le duc de Wurtemberg, relativement aux théologiens de renom que le roi de Navarre les avait priés, en seplembre, d'envoyer à Saini-Germaiii ? Chacun de ces princes avait déféré sans retard aux désirs d'Antoine de Bourbon : Frédéric ÏII, en envoyant son prédicateurdeconr, Michel DiUer, et un Français, Pierre Boquin, professeur de théologie à Heidelberg, frère de Jean Boquin, que les Ëglises de Sainlongc avaient député au colloque de Poissy; et Christophe, en députant trois théologiens, Jacques Beurlin, chancelier de l'université, Balihazar Bidembach, prédicateur de la cour, et le docteur Jacques Andréa, auxquels il avait adjoint, comme auxiliaire, le conseiller Melcliior de Salliausen, connaissant la langue française. Partis d'ileidclbei^ et de Stuttgart dans les premiers jours d'octobre 15GI, ces divers personnages n'arrivèrent à Paris que le 19dumf-mc mois, alors que le colloque do Poissy et les conférences paiiiculières avalent pris (in.
Quelle mission avaient, au juste, à remplir ces théologiens, h supposer qu'arrivant en temps opportun, ils pussent s'immiscer dans les discussions, soit générales, soit particulières, successivement ouvertes h Poissy et à Sainl-Germain ? Étaient-ils réellement chargés de s'attaquer directement au cardinal de Lorraine, et de déjouer ses manœuvres, au sujet de la confession d'Augsboui^? Devaient-ils. tenter d'opérer, sur la base de celte
1. Tlirokinorton to the [{uccn, iiaov. 1561 (Calead, o{ State pap.foreign).— Hab. I.angueli, lib. II, epUl. fil. 26 octobre I5(>1.
même confession, un rapprochement entre protestants et catholiques? Ne devaient-ils point, en tout cas, s'appliquer à ménager en France, à la confession d'Augsboui^ un accueil favorable, en cherchant à la concilier, aux yeux des Églises réformées, avec la confession de foi que celles-ci avaient adoptée ? Voilà autant de questions délicates auxquelles il n'est guère possible d'assigner des solutions précises.
Ce qu'il y a de certain, du moins, c'est qu'il ne s'agissait nullement d'une seule et même mission que les envoyés du Palatinat et ceux du Wurtemberg pussent accomplir en commun ; car il y avait divergence de sentiments, d'intentions et de vues, aussi bien entre les premiers et les seconds, qu'entre l'Électeur Frédéric III et le duc Christophe. En effet, incHnant par leurs convictions vers les réformés français, et tout disposés à s'entendre avec eux *, les théologiens palatins étaient autorisés par l'Électeur, qui lui-même se rapprochait alors de plus en plus du calvinisme, à ne suivre d'autres inspirations que celles de leur conscience, et demeuraient libres de parler et d'agir comme bon leur semblerait-. Les théologiens wurtembergeois, au contraire, relevant d'un prince strictement luthérien, étaient enchaînés par lui dans les liens d'instructions très-précises dont ils ne devaient se départir en aucune circonstance. Il leur était expressément recommandé de représenter, comme dépourvus d'importance réelle, les dissentimens, cependant assez graves, qui agitaient le protestantisme allemand, d'expliquer et de commenter minutieusement, en présence du roi de Navarre et de toutes autres personnes, la confession d'Augsbourg dans le sens -du luthéranisme le plus fortement accentué, et de la proposer a l'acceptation de ce prince ainsi qu'à celle des Églises
i. Bèze, Hist. eccL, t. I, p. 610.
2. Hub. Langueti, lib. H, episl. Gl,26 oct. 1561 : c Palatini pulchrè cum > nostris consentiunt et habent libéra mandata à suo principe. >
réformées françaises ' . Le bruit courait môme que le duc Cliristophe se laissait aller, dans des communications particulières, jusqu'à inciter Antoine de Bourbon à S(^vir,en France, contre les sacranienlaires, au risque d'être poliment écondtiit, avec invitation de ne s'occuper que des affaires du Wurtembci^, qui setdes le reiiardaient -.
En un tel étal de choses, que se ffil-ÎI passé à Poissy et à Saint-Germain, h! les lliéologiens allemands y fussent arrivés lorsque se tinrent les séances générales du colloque et celles des conférences particuli^M'es? D'une part, il est douteux que tous indistinctement eussent pris vis-îi-vis du cardinal de Lorraine, la même attitude; de l'autre, il y a lieu de croire que les palatins, grâce à Icni's tendances conciliantes et à la nature de leur foi, se fussent, en une certaine mesure, rangés ouvertement du coté des réformés français^; tandis que les Wurtembcrgeois, à l'inverse, n'eussent servi, selon l'expression mordante de l'un de leurs compatriotes *, t qu'à jeter de l'huile sur le feu j>.
On comprend sans peine, dès lors, que Th. deBéze, au point de vue de l'inlérêi général qui le préoccupait, se soit félicité dans les intimes épanchemenls de sa correspondance avec
irJ Kiiglyr.C/ins/o/i/i Hi'rzoïj zii Wurtrinhirij.t
rrbmi.p.307,
■i. Ilub. l..iiiKu<:li, lib. Il, cpiM. 61 , S6 ad. I5GI : t Audio Hinni ipsiim VirlKml>frgeTisrm iluriler e\postiilare r.iini Navarro, quod in re^o âalliie ^acrii-
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