‹ Gaspard de Coligny, amiral de FranceChapitre 197 sur 241 · I. J. Boquin. (V. KlucklioUn, loc. cil., y. â£l · texte numérisé non relu

I. J. Boquin. (V. KlucklioUn, loc. cil., y. â£l

» ractère, qui depuis bien des années professe la religion évan- » gélique, dans les voies de laquelle elle a attiré ses filles, son y> gendre et plusieurs autres personnes. Ses convictions et son » zèle motivèrent récemment, sous François II, son incarcéï> ration. Douée d'une éloquence réelle et d'un grand amour 3) pour la vraie religion, cette noble dame nous a parlé avec y> entraînement des sentiments qui raniment. ]>

Rapprochons de ce triple hommage ainsi rendu à Coligny, a sa nièce et à sa sœur par les théologiens allemands, le souvenir de l'impression extraordinaire que produisit sur Tun d'eux Tillustre amiral : « Si Dieu, ç'écrie Andréa dans l'un de ses récits * y> consent à faire surgir le salut de l'Etat du milieu des troubles 3î> qui désolent présentement la France, ce sera certainement en y> faisant de cet homme l'instrument de ses desseins. »

Après avoir pris congé de la cour, les Palatins et les Wurtembergëois revinrent à Paris et reprirent paisiblement, dans les derniers jours du mois de novembre, le chemin de l'Allemagne.

Des Gallars ne tarda point a reprendre celui de l'Angleterre -. Quant à Th. de Bèze, il dut rester encore ^ Les 23, 24 et 25 novembre furent expédiées de Saint-Germain trois lettres par lesquelles Jeanne d'Albret *, le prince de Condé ^ et l'amiral ^ demandaient aux syndics et conseillers de Genève de l'autoriser à prolonger son séjour en France.

1. (ihronique wurlembergeoise manuscrite de J. Andréa, ap. Bernhard Kugler, loc. cit. y p. 309.

2. Calend of State pap. foreign, ann. 1561, p. 411, 23 novembre. The king of Navarre lo ihe queon of England : « Praises the manner in which Ni-

> colas des Gallars bas execuled bis office at tbe convocation at Poissv for the » union of the différences of religion. »

3. Gallasius Martyri, 25 nov. 1561, ap. Baum, App. p. 131 : c Nunc mihi

> abcundum est. Beza istbic adbiic hacrebit aliquo temporc, ac forsan diu, ut » rerum usus ac nécessitas requiret. >

4. 25 novembre 1561 . (Archives de la ville de Genève, n* 1 713.)

5. 24 novembre 1561. (Archives de la ville de Genève, n* i 712.)

6. 23 novembre 1561 . (Archives de la ville de Genève, n» 1 715.)

Non moins explicîle, dans sa iiorrespoodancc, que la jeune reine el que le prince, Coiigny écrivait ; « Je vous ferây, messieurs, » une requesle laquelle je vous pryc bien aiTeclueusemenl de me » vouloir accorder, car c'est une chose dont nous avons grand » besoinpar deçà pour radvancement etaugnienlaliondenostre » église, il sçavoir que vous nous y laissiez encores le sieur de j Bèze, lequel est maintenant en si bon train de servir à la B gloire de Dieu et ùdificatiou de son église en ce royaulme, que B ce serait grand dommage de l'en destourner. Par ainsy, mcs- » sieurs, je remets en vous an considérer combien cela importe » et vous prye que en une telle besongne vous nous lassiez » cognoislre combien vous desirez nous ayder et accommoder v de ce qu'est en vostre pouvoir. »

Th. de BÈze, qui avait déclaré au conseil de Genève ' s'en rapporter & ce qu'il déciderait, reçut promptemenl l'aulorisalion de prolonger son absence. Sous le triple patronage de Jeanne d'Albret, de Goligny et de Condê, sa situation, déjà considérable, s'agrandit encore. 11 la consacra tout entière au service de la plus sainte des causes.

Tandis que la prédication évangélique, grâce à lui et à ses pieux protecteurs de la cour, s'aiïermissaità Saint-Germain*, elle s'étendait de proche en proche dans une foule de localités, en France. Elle faisait aussi de notables progrès, soil dans les faubourgs de Paris, soit Ji Paris niflme, où la mère du prince de

1. Dans uiie letlri! du 28 iiovembrr I5UI (Arcliivcs ilc In villo (tn Gcnâve, H* 15(ii) il disait aiu tnag'tstriil de UciiâvL- : ( Jt n'ay ny pnis ny cliotcs qucl-

> eonqtus an ce moude que jV.stimc mn lour.hcr de plus prés (pie vostn; villr,

* en laquelle il vous a pieu me recevoir, ol jamais, jour de ma vie, ne seray I lu, tHeu aydanl, de tous faire loul service, en quelque endroit que je me ji puisse trouver, autant que niiiti pistil pouvoir le pnumi porlir. i

1 Bète il Calvin, 12 dëcembre 15(it (Itsam, App. p. tlO) : < Ca-num rele- ■ brariulUB calendis liujus mensis in cnsiro quod est Saiigcrinauo cnnliguum.

* [nterfuemiit eirciler sepliogt^nla capita el in liU ^nTa^^e^a, Amiraldus cunt

* uxorc m priiivipis socrns. Mm prineeps ipsc cum uiorc pur valeiudinem

> adusse nou jiuluil. t

Poi'licn, la comtesse de Seniiinhen, était revenue de Saint- Germain ouvrir l'accès di; son hôtel à une assemblée religieuse, « qui fut faictc la veille de la Toussaint, devant les yeux de tout j le monde et remparée de la présence des (irévosts, des mai'es- B chaiixetdeleursarchers, pour empescher qu'il n'yeùst émotion ï de peuple'. » Feu de jours api'ès, les réformés «entreprirent > de faire deux presclies alternatifs, l'un aux faubourgs de Saitil- » Marcel, au lieu dil le Pitiriarche; l'aulre hors de la porte » Saint-Antoine, au lieu appelé Popincourt. Il serait incroyable » de dire quelle aifbiciice de |)euplese trouvait h ces nouvelles » dévotions : A quoi Gabaston clievalier du guet, et ses archtrs » faisoicnt escorte. A Popiiicottri pri'sclioienll'>lu/»u.y et YEs' » Imi^: au Patriarche, Malo et Viret ', » D'intéressants détails sont fournis par Hubert Languct ^ sur les diverses assemblées re&-

t. fjCuvfM ilEsl. Paiqidcr, l. II. |>. 87, «8, liv. IV. IcUru ir. ï.'lyil. Pasquicr, ibiil.

3. Ilubcrli l,nn)rucli, lib. 11. episiol. 63. l.uleliip, pridiA Mnrtîiii tÔSl

( Dudùm inter speiii et melum hic Jactuinur, ita tameii ut in dii;* spcî aaan

t aliquIH nctcdal, quantum ad progressum ri'lt^onis aUbctt : in rcilîi)iiis mcUu

mpernl. Mirabilis Qst huju« iirbU faciès : n&m in eani, alioqui populoFÎsd-

, uiidiquo Ht concmsus, «t tolis diebus et noclibu!i pi^r plalaas ragmiur

ptiracti «quites et podileg, ut seditionuni initia opprimant, li qav no-

nlur- Qalendis hujuH mcjisis. nostri primuiu prodturunt in publicmn, et

> nint coDciouati ac iiacramiintn udjtiinistrAninl. Non quiilcm boc Tuii pluA

> perniisBuni ft rege, ne ediela de ea re ficla reiciiidi fidereiitur, sed tameo I enil et aulù signillcatum, si coiivenirent nuu pluri!» quiïtn ducenii. ri^^eui boc

> toleraturiim. ConveuimuK igitur non duct^iili, aul tmiri-rili, secl dun, tria, d t inlerd&m nnvem ant deceui inillia; hodiâ veio exislimn titm psuciorex quîn-

• deeiin millilius ialfM^uiMu concioiii : uim in dics admoilûm augetur num<!r». I Hi' pnblici convcnlus fiunl ctirA urbcm, ni diebus prufcsli» lanlutn, ad rit landas srditionos, quod si diebus feslis llerenl, concurrcl inHnilii mu'IiluJo

> opifiirun) et aliorum lenuinrum hominum. Quùm convemniuB, redpiuatnr ■ ujiiliercsîn uiediuui. Ipsas ujulieres undique cinguiit viri pedite», qui etipii

* cîtigunlur ab eiguitibus. Inlurea verà diiin babelur concio, equiU's cl pedil«i,

> priiicipîs de la Rocbe-sur-Vun, prwrectj urbis, urmali occupant viciiia loo, » et si ijuem-videBnl insuUunltnn iiut se petulanter gerentem, eum aul «m- » jiciual m vincula, ant verherani, ant alio modo cot-rei'nt, et diligeutissiiBi I caviml Of qiiis tumullus rïorÎHtur. Sub lliieni rondniiis culliguntiir doento- » syau:, quie statim disiribuuulur in pauprres qui magno numéro occurruoi. Ui

gieuses qui se tenaient alors à proximité tle la capitale, et qui se composaient de deux, de trois, de neuf, de dix, et im>mc parfoisde quinze mille personnes. La présence des agents de la lorce publiqne à ces assemblées témoignait clairement de la loléi:ance accordée aux protestants par l'autorité supéfienre, en dépil des doléances et des réclamations de l'aÈiibassadeur d'Espagne ', du légat, du cardinal de Sainte-Croix * et de ta plupart des prélats français. A la différence de tous ces hommes qu'aveuglait l'esprit d'intolérance, « les seigneurs calholics, au dire d'un contemporain ', voyaient qu'il lem- était nécessaire de caller la voile à la tcmpestc. >

Vainement le clci^é de Paris, alors esse nliell ornent agressif, rompit-il violemment avec cet état dechoses en suscitant le tumulte de Sainl-Médard 'et en si? livrant Ji des excès dont le cours ne fut arrêté que par l'énergique intervention de l'un des fds de la comtesse de Seninghen, assisté de quelques [gentilshommes protestants^ ; il n'en demeurait ])as moins certain que

> vcro conveiUus plerà[U(|uc fiuni mli dio : iiàm quùm icmplis carcn^iius, uoa

> bei\è jiosHuaun invenirc (pdiflcium CApux lanlce mulliludinis. Sed nuiK alii

> ulandeslini in varifs loci» urbb, ad quos confluuiit iiui adhùc nolunt pubtice » iniioie^cere. Ex hig pôles iiilellij^ore quouMjue siiiius progressi ia bic mu- 1 talione. Fremunt ipiidetn iioiilificii, sod taineii pulo i-os jàm iioii iperaro so 1 posse iinpitdire UHlaUoneni. Quod si iu iioe vasto pulago populiu jiolucril

■ punlatim assut^fieri, ad liiec ferenda i|iue facinms, nuilo negolio iu rdii|ius

■ ftalliie urliibus lie! iiiulaiio, etc., elc. ■

I. OépAchc envoyée à H. l'Avéque de UrnûK^s, aoibassaileur ile Francn on Espagne, lians laquelle on lui > rHud compte d'une courertalion que M. de Cbanlonna^, ambassadeur d'Espagne uu France, a eue nveu lu rcinc-mÈrc. > (jtfem. <k Conilè. I. II. p. 601 à im.)

i. \uit- sa li'tlre au cai-dittal liorromée, daléo de Poissy, 15 uovembro 1561, daiu Ayinon, Sec. da Synodfê, t. I, p. 3 â 16.

3. Est. Paaquicr, <Suo. compl. l. lî, p. 87, SH, liT. IV, krtn; ii.

4. Voir > l'hisioire véritable de la mulinerie, tumulte cl st^ilion hWtj par * les prebsiros Sainl-Médard conire tes (idoles, Xn samedi jT dérembre 1 561 . » {Mém. de Coudé, l. II. p. ail et suiv. — Beea Calïiiio. 30 dcc. 156l,ap. liauni,

App.p.na.)

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