‹ Gaspard de Coligny, amiral de FranceChapitre 47 sur 241 · Voi ce i}ul · texte numérisé non relu

Voi ce i}ul

l'atiilude aiitlii};!"'' île rciii|ii-rL-ii Anglais uccupuut Uoiilo; t\ dii ronoétubti; & .Muriiloc. des 'il avri v Colbcrt. vol. a87. f" «)G, 315, n33.)

à l'i-giirii Ju roi Je France, >

> celles-là ils en mettent de fer. Je luy ai demandé s*il sçavoit

> point Toccasion pourquoy : il dist que c'est qu'ilz s'attendent et ]» tiennent pour asseurez d'avoir paix avec vous par le moyen

> d'ung mariage ; mais je ne trouve pas vraysemblable qu'ilz

> emportassent ladicte artillerie sitost, et ils ont assez de » moyens de ce faire en plus grande nécessité. Si ay-je entendu }» par ung autre qu'il a vu trois pièces d'artillerie audict Calays

> qui estoient venans de Boullongne, que l'on avoit remontées :» là. Je ne puis penser aussy que si ce n'estoyt que pour les re- ]^ monter que l'on ne en feist aussy aysément audit BouUongne

> qu'à Calays, car il seroyt plus aysé d'apporter de là des rouai-

Y ges et affutz que de remporter lesdites pièces. II est aussy

Y bruict parmy eulx qu'ilz ont eu une défaicle du eosté d'Es-

> cosse, etc., etc. :»

Dans le cours de ses opérations d'investissement, Coligny dut parfois, soit se prémunir contre les témérités d'un concours qui lui était offert, soit maintenir avec fermeté les prérogatives de son commandement, vis-à-vis du connétable et même du roi, en tranchant, sous sa responsabilité personnelle, des questions d'exécution dont il était fondé à se croire meilleur juge qu'eux. Écoutons, à cet égard, le langage qu'il tenait au connétable le 22 janvier 1550^:

« Villegaignon, comme j'ay peu veoir par vostre lettre, vous ]> a mandé qu'il estoit presl à partir, et que, si l'on veult, il se » mettra en effort de combler de nouveau le port de Boullongne, » espérant d'y faire en telle sorte que les Angloys ne le poury> ront descombler, en luy tenant seulement escorte, une marée. "^ Je ne puys veoir de quelle façon il entend en sortir à son hon- » neur, car je trouve ceste chose plus difficile que jamais. Que

1. Bibl. nat., mss. f. fr., toI. 6 616, f»* 14i, U5. —Au début de sa lettre il disait : c Je n*ay point eu de nouvelles de Guydotti depuis qu'il est passé la 9 mer; si j'en entends, je le feray sçavoir à MM. de La Rochepot, du Morf tier et Bochetel, afOn qu'ils s'acheminent yers le fort, i

» s'il ne s'agit en cela d'autre chose que de ce que l'on a faict

> cy-devant, il est impossible que cela réussisse comme il le » dicU Toutesfois j'escouteray ce qu'il me vouldra dire là-dessus,

> et ne tiendra à ladite escorte ny autre chose que je puisse » faire que le tout ne s'exécute comme il l'entend... Monsei- » gneur, le cappilaine Baron m'a envoyé le double d'une lettre

> que M. de La Rochepot lui a escripte, laquelle faict mention

• d'une autre que luy avez envoyée, contenant le malcontenle- » ment que le roj et vous avez dudil cappilaine Baron, pour » n'avoir suivy le commandement h luy faict par monseigneur » d'AuraaIle, avant son partemcnt de ce pays, qui estolt de ne » faire tirer aux vaisseaux qui entrent et sortent au port de » Boulloiigne. Il m'a dict pour résolution, que jamais ledict B commandement ne luy fut faict, combien qu'il ayt laict tirer » le moins qu'il luy a esté possible, pour n'avoir en sa place que 9 troys ou quatre pièces dont on se puisse ayder pour ty-er aux- » dicts vaisseaulx. Quant k moi, je ne veux faillir à vous dire ce » que j'en sens; c'est que, quelque chose que l'on veuille dire, on » offense delà si fort ces vaisseaulx qu'ils s'efïorceni de passer » (ce que l'on a pu voir et congnoistre par plusieurs foysi que » l'admonition qui s'en va en cela prolfile beaucoup pour le » service du roy ; et, à ceste occasion, sçachaiit que si on ces-

> soit de tirer, pour urig vaissseau qui y entre il y en entrei'oit » troys, j'ay commandé audit cappilaine Baron d'en user comme

• l'on avoil accoiistumé. »

llenii II, que Coligny tenait journellement au courant de la marche des faits, avaitélé informé parlui,tantdu retourenFrance de Guidotti, porteur de mémoires rédigés en Angleterre, que de l'invitation adressée aussitôt à La Rochepot, du Mortier et Bochelel t de s'aclieminer par deçà, selon ce que l'on enlendroît

> cy-après que les députés d'Angleterre s'advanceroient pour y

• venir', k Ceux-ci dilTéraient de se rendre en France ; et, mé-

I.LcUre de Colignj du â6 janvier 1550 (Bibl. uai-.mss.r. rr.,voI. <i (îâO, f !<>)

content des tergiversations de la diplomatie britannique, le monarque français se laissait aller à dire à Coligny et à ses collègues, en parlant de l'Angleterre : « Vous sçavez que c'est une » nation qui dict et se desdict cent fois en une heure *. > Le temps s'écoulait en échanges de communications, au sujet des demandes de saufs-conduits et de suspension d'armes, présentées par Içs Anglais*; quand, décidé à couper court, vis-à-vis d'eux, à la reproduction d'exigences inadmissibles, Henri II annonça, le 13 février 1550^, à ses plénipotentiaires réunis devant Boulogne, que, s'il les approuvait d'avoir « accordé une ï suspension d'armes de quatre jours pour les places qui r^ar- » doient celte ville et celles sur lesquelles mylord Clinton avoit 3) puissance d, c'était à la condition qu'ils ne perdissent point de vue la recommandation suivante : « Venant à vous assem- ]> bler, et traitant de la dite suspension pour le temps de la né- > gociation, il fault, messieurs, et je l'entendz ainsi, que ladite » abstinence et suspension d'armes soit générale pour toutes » les places, villes et pays que eulz (les Anglais) et moy avons » deçà la mer, leur remonstrant que ayant depputé vous, mes » cousins, qui estes les principaulx ministres des affaires de la » guerre et pour la conservation de mon pays de delà pour trai- » ter en ceste négociation, il ne seroit raisonnable que, pendant j> que vous seriez là occupez, ils feissent entreprise d'un aultre » costé. »

La série des préliminaires étant épuisée, les plénipotentiaires français et anglais s'assemblèrent, le 19février 1550 *, au fort d'Outreau. Fidèles aux intructions qu'ils avaient reçues, les premiers discutèrent avec fermeté les prétentions des seconds. Les

1. Lettre du 13 février 1550 (Bibl. nat., mss. f. fr., vol. 3 13i, f» 3). Henri U rétracta bientôt ces paroles, en rendant un éclatant hommage à la loyauté de cette même nation, au jour de sa réconciliation avec elle.

2. Lettre de Henri U,du 13 février 1550 (Bibl. nat., mss. f. fr., vol. 3 134, f» 3).

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