I. Bibl. ual., iiisi. f. fr.. vol. !20&â3. P
î. Addil. à la Chroniciue de Vitri^, ap. KoucMl'I. oiici
L^tre lie ManUnorency à ma.lairic du llu[lliârl^9. ilii tU n
mat. r. fr., vol. 3 116, 1" 101).
résident d'Édouaixl VI *, que ce prince venait d'être nommé membre de Tordre de Saint-Michel, dont les insignes lui seraient apportés par Saint-André. Edouard VI répondit immédiatement à ce témoignage de royale courtoisie par l'envoi en France d'une brillante ambassade, à la tête de laquelle se trouvait le marquis de Northampton, chaîné de remettre au monarque français les insignes de l'ordre de la Jarretière, D'Angers la cour s'était rendue à Châteaubriant. De là Coligny fut envoyé au-devant de l'ambassade anglaise * qui, le 15 juin, débarqua à Nantes, où elle reçut de lui et des autorité locales un accueil empressé^. Northampton, dans une longue lettre *, qui contenait de minutieux détails sur sa réception à la cour de France et sur une question de mariage qu'il avait soulevée, au nom de son souverain, se montra singulièrement sensible aux procédés hospitaliers de Coligny, à la libéralité avec laquelle il le défraya, lui et tout le personnel de l'ambassade, dans le trajet de Nantes à Châteaubriant ^, ainsi qu'aux égards et aux attentions délicates qu'il eut pour lui personnellement, pendant toute la durée de son séjour dans cette dernière ville,
1. John Mason lo the Coimcil, 6 juin 1551 {Calend, of State pap. foreign^ p. 121) : c This evening, M. de Chastillon came on part of the king, to notify
> the élection of king Edward into the order of S. Michaël on the preceeding » day, ant that M. de Saint André was (o repair forth with to Ëngland for the » purpose of investing his Majesty. >
2. John Mason to the Council, 11 juin 1551 {Calend. of State pap, foreign) : c M. de Chastillon is to receive the marquis of Northampton at Nantes, and
> conduct him to Châteaubriant. »
3. Northampton to the Council, 11 juin 1551 {Calend, of State pap. foreign).
4. Northampton and the other ambassadors to the lords of the Council. 20 juin 1551, ap. Tytler, England under the reigns of Edward VI andmary, 1. 1, p. 385 et suiv.
5. c We hâve bene very highly entertained; first of mous. Chastillion, who » not only made us a great supper the night before our departure out of 1 Nantes, but aiso feasted us ail the way to the court, making us such cheer 1 (at his own charges) as was not to be looked for in Bretagne, where besides
> the scarcity of good victuals, every thing is extrême dear; and yet was his 1 provision such as made us to wonder in that place to see it. »
Alors que Coligny était ainsi retenu cq BrcUigne, se célébra, dans le nord de la France, une uiiîondont il s'était attaché, depuis un an, h préparer la conclusion.
Vivant avec sa sœur, la conUosse de Roy, diuis une ciroite communauté de pensées et de sentiments, it avait étendu à ses deux nièces, Éléonorc et Charlotte, l'afTection qu'il portail à leur mère. Frappé du développement précoce, à tous égards, (J'Éléonore, il croyait, dés 1550, Men qu'elle n'eût encore que quinze ans, k la possibilité de lu marier, pourvu que celui qui demanderait sa main se monlrâtdigne d'elle. Il avait distingué, dans les rangs de la haute noblesse de France, un jeune homme, alors âgé de vingt ans, ardent de cœur et d'esprit, franc de caractéi-eelde langage, brave, chevaleresque, aimable, aspirant h une situation digne du nom qu'il portait, et à qui son mérite naissant présageait un brillant avenir. C'était Louis de Bourbon, fds de Charles de Bourbon, premier duc de Vendôme, mort le "25 mars 1 538, et frère puîné d'Antoine de Bour- Iwn. second duc de Vendôme, alors gouverneur de la Picardie. Or ce fut précisément au nom de ce même Louis de Bourbon que, vers la un de 1550, un membre de sa lamille, qui avait particulièrement veillé sur son enfance et sa première jeunesse, demanda en mariage lilléonore de Roy. Généralement enclin, en qualité d'heureux époux de Charlotte de Laval, à juger autrui d'après tui-mème, et conQant dans l'influence salutaire qu'exercent, d'habitude, les nobles qiiiilités d'une femme supérieure sur les sentiments de l'homme auquel elle a, devant Dieu, étroitement associé son sort, Colij^ny ne doutait pas que sa nièce, une fois en possession du cœur de Louis de Bourbon, ne le iix!\t pour toujours. Aussi crut-il pouvoir sijinaler ce jeune homme îi Madeleine de Maiily et îi Charles de Roy, comme présentant des garanties de bonheur pour Ëiéonore, dans l'u- DÎon qu'il contracterait avec elle. Il ajouta que cette union, favorable, avant tout, au point de vue dos convenaiio«-s et des
intérêts domestiques, le serait également, au point de vue secondaire de certaines combinaisons politiques qui préoccupaient le connétable, en contre-balançant au profit de ce dernier, le crédit exorbitant des Guises, par le fait même des liens qui rattacheraient désormais les maisons des Montmorency, de Roy et de Châtillon à la maison de Bourbon , dont les principaux membres, à titre de princes du sang, tenaient de si près au trône. Agréée par le comte et la comtesse de Roy, la demande dont il s'agit fut soumise au connétable qui Taccueillit également. Restait à obtenir l'approbation du roi. Les Guises, ainsi que Diane de Poitiers, leur alliée, aixients et insidieux antagonistes du connétable, de ses adhérents, et des princes du sang, mirent tout en œuvre pour arracher un refus au monarque; mais Anne de Montmorency triompha de leure obsessions, et le consentement royal, formellement accordé, déjoua d'indignes intrigues. Le mariage d'Éléonore de Roy et de Louis de Bourbon fut célébré, au château du Plessier-de- Roy,le22 juin 1551.
Les exigences du service militaire appelèrent subitement Coligny loin de la cour i. Il la quitta à la fin de juin 2, et se dirigea du fond de la Bretagne vers la Picaixiie. Passant par Paris, il y tomba malade.
Le 4 juillet, il écrivit au duc de Guise ^ : « Monseigneur, ]> trouvant la commodité de ce porteur, je n'ay voulu faillir vous » escripre cette lettre pour vous advertir que alant en Picardie » je suys demeuré en ceste ville (Paris) mallade d'ung catarre » quy me tomba sur ung bras et la moitié de mon corps; de façon j> que je ne peus passer oultrc ; car avecques cela j'avois un com-
1. c ... Pour avoir esté mon partemènt si soubdain de Châteaubriant qu'il » fut. > (LeUre de Coligny à Brissac, du 20 août 1551 (Bibl. nat., niss. f. fr., vol. 20 461, f> 223).
2. Lettre de Coligny à Brissac, du 27 juillet 1551 (Bibl. nat., mss. f. fr., volume 20 i61, f» 221).