Bibl. nat., mss. f. fr., vol. 20 577, f
3. Voir lettres du connétable au duc de Guise, des 7 et 10 octobre 15&2 (Bibl. nat., mss. collect. Clérambault, vol. 3i6, f^ 565, 573).
B de liiy davanlage, il lui i'eroît encore un présent de cinquante » mil esciis pour se retirer; mais le dit marquis a trouvé ces 1 ufTres si déraisonnables qu'il n'y a voulu aucunement en- » tendre, et s'est am'i'sti' qu'il ne pourroit satisfaire au » paiement de son annéi; à moins de trois cent mil écus » pour ce mois, oullrc laquelle somme il demandoit cn- » core un autre mois pour sa retraicte. Voyant qu'il estoit » si dôraisonnablc sur ciist offre, je lui en ay faict un autre » qui a esté de lui bailler cent mil escus de présent pour se » retirer par le Pays-Bas, ainsi qu'il avoit toujours dit qu'il » en avoit la volonté, et de faire tout te pire qu'il pourrait à » l'empereur. !1 a accepté cest offre, mais il veut sçavoircomrae » il demeure avec le roy et s'il enlond point l'ayder ci-aprés de » quelque somraedo satisfaire à deniers par chacun mois, aussi le » récompenser de ses biens et de satisfaire à certains articles qu'il f> luy a envoyé, et dit que cependant, en attendant la réponse du » roy, il veut demeurer îey, chose que je trouve estrange et fa-
■ scheuse, car auparavant il ne parloitquedu tort que luy faisoit » sademeure ; parquoy il sera bon de prendre garde à Iny, encore
> qu'il témoigne un grand desplaisir de n'avoir pas le moyen de « demeurer au service du roy. Voilà, monseigneur, en sub- * stani'e, en quels termes nous sonmies demeurez. Il seroit par ■• trop long de mettre par escript les autres particularités, car » nous n'avons pas esté moins de quatre grosses heures à parler » ensemble. J'esp^re partir demain de bon matin pour m'en
■ retourner & Saînt-Mihiel oi'i je trouverai encore M. de Gonnor, B ou jwur le moings par les chemins, auquel j'en diray plus » par le menu. »
Le fonnélable, dès le retour de son neveu près de lui, ayant approuvé ce que celui-ci avait fait, envoya vers Albert de Brandebourg, Lansac, porteur des instructions suivantes* : «Ledit
> marquis a accepté le party que M. de C haslillon luy a offert de
t. Itibl. nnl„
-.. f. tr., vol, 20 577.
y> cent mil escus, pour dès à présent aller ez Pays-Bas, où il a tou- » jours faict entendre aux ministres du roy vouloir aller pour y » continuer la ji^erre. Au moyen de quoy monseigneur le con- » nétable, voullant aller de bonne foy en ceste affaire et faire y> satisÇaire au party que mondit sieur de Chastillon lui a » proposé, a incontinent dépesché le sieur de Lansac pour s'en » retourner par devers luy, et avecques M. Tévesque de Bayonne » luy faire entendre la forme que mondit seigneur le connétable » entend estre gardée en la délivrance desdits cent mil écus, » qui est que mondit sieur le marquis promettra par lettre et ^ promesse signée de sa main et scellée du scel de ses armes et » en foy de prince, de s'en aller présentement ez dits Pays-Bas )» par le chemin qui a esté baillé audit sieur de Lansac par » escrit, qu'il luy fera sçavorr pour faire ëzdits Pays-Bas, avec » les forces qu'il a, la guerre à l'empereur, et lui porter tout le ^ dommage qui lui sera possible, et fera tout ce qu^on peut » espérer d'un prince de foy, fort et armé comme lui, et en » délivrant par mondit sieur le marquis sa promesse telle que » dessus est dil, ledit évesque de Bayonne et le sieur de Lansac » luy feront fournir comptant quarante mil escus... et lorsqu'il » sera arrivé à... luy feront délivrer les soixante mil faisant le y> parfait de ladite somme de cent mil escus; oultre cela mondit » seigneur le connestable luy envoyera un commissaire pour » lui faire administrer les vivres jusques sur les fins de la Lor- » raine seulement y> .
Lansac échoua dans sa mission. « M. le marquis, annonçait- » il* le 12 octobre, m'a fait réponse que jusqu'ici il avait )> esté toujours entretenu de bonnes paroles, mais que pour cela » il ne s'obligerait à rien, accompagnant ce propos d'une y> colère et très-fascheuse contenance et beaucoup de folles D paroles; à quoy M. de Bayonne luy a fort bien répliqué. Toute-