L. Guenet ih Belgique, h
puis, après sa mort, par Fitinçois de Montmorency, qui fut obligé de capituler dans les premiers jours de juillet 1553, et iait prisonnier. Cette ville fut aussitôt rasée par le vainqueur.
Le 18 juillet, Ilesdin tomba au pouvoir de l'armée ennemie, à la tête de laquelle venait d'être placé Emmanuel-Philibert, prince de Piémont, qui, à peu de temps de là, prit le titre de duc de Savoie. Robert de Lamarck, duc de Bouillon, maréchal de France, qui commandait à Ilesdin, fut fait prisonnier.
Surpris, dans son imprévoyance, par le double succès des Impériaux, Henri II se mit enfm en campagne avec une armée dans laquelle Goligny commandait un corps de quinze à seize mille hommes d'infanterie. Il se porta sui^ Miraumont, d'où les ennemis étaient récemment sortis, et s^avança jusqu'à Bapeaume, qu'il se disposait à assiéger, à la suite d*une reconnaissance opérée par l'amiral, lorsque la constatation d'un fait grave le contraignit à abandonner son projet : le manque d'eau dans la contrée menaçait de compromettre le salut de l'armée. Il se dirigea alors sur Cambrai, qui fut investie par plusieurs escadrons de cavalerie et par l'infanterie de Coligny. Après divers combats livrés sous les murs de cette ville, le roi renonça à l'idée de s'en emparer; et, arrivé près de Valenciennes, il y offrit la bataille à l'ennemi, qui la refusa. De là, vers la fin de septembre, il se replia sur Saint-Quentin, où, par son ordre, ses troupes se séparèrent.
Ainsi finit une campagne dans laquelle l'armée française ne fit guères autre chose que suivre l'armée ennemie dans ses mouvements, sans réussir à engager avec elle une action décisive.
Au printemps de 1554, la France se préparait à une reprise des hostilités, et Coligny écrivait, le 20 mai, au maréchal de Brissac * : a II y a environ trois septmaines que je suys de re-
1. LeUre datée de Compiégnc ^Bihl. nat., mss. f. fr., vol. 20461, f lit).
i> tour de ceste court, et sy ce n'a esté sans m'en absenter pour » quelques jours, à l'occasion d'une malladye survciuie à une • mienne sœur, abbesse, que j'ay esté visiter en sa maison. k Uainlenani se piésRntanl les afl'aires tclz que vous si;avez, je V ne fais pas mon compte de m'en absenter de longtemps, pen- 0 dani lequel je n'onblieray ma première couslumc à vous <■ départir ce qui surviendra de nouveau. ToutefToys je m'en » départiray pour ceste heure que M. de Bougue retourne k la » part où vous estes, duquel vous serez amplement adverty » de toutes occun^ences de ce costé, qui me gardera de vous e en escripre aulcune chose, si ce n'est que d'icy le roy prend ■ son chemin k Kère en Tardenoys, où 11 assemblera ses cap- » pitaines pour avecques eux prendre une résolntion de » l'entreprise que l'on pourra faire, ceste année, de laquelle » je ne vous puis dire autre chose, mais bien vous advertîray f de ce qui aura esté advisé et des effects qui en ensuy- » vront, etc., etc. »
En juin 1554, Ileni-i H, mettant sur pied une armée de cinquante mille hommes, reprit les hostilités et i-avagea le Brabant, le llainaut et le pays de Namur.
Le siège ayant été mis devant Dinan,Coligny livra un assaut, lors duquel on le vil monter le premier à la brèche avec Montpezat, tenant h la main une enseigne qu'il planta sur la muraille. Fidèlement suivi par ses capitaines, dont plusieurs, comme lui, (tirent blessés, mais mal secondé par ses soldats, il ne put, it ce moment, pénétrer dans la place; toutefois il avait fait assez par son indomptable énergie pour lui causer le plus grand clïroi; aussi ne tarda-t-elle pas à se rendre. Un témoin oculaire de l'assaut dont il s'agit en a parlé en ces termes ' : œ Je vous assure qu'il y est mort huit ou dix en- » seignes des nostres, des braves hommes que je viz avecques
t. Letlre de Viisae k Brissat, du 11 juillet 1551 (Bitjl. nal.. niss. f. fr., rolume S053i, f UL). — Kaltuiiii, Gurrres de Belgique, liv. VI.
» monsTadiriyral, qui a tousjours esté des premiers et a esté ^ blessé d'un éclat à la jambe. Les cappitaines ont faict leurs » efforts d'entrer à la brèche, etc., etc. »
Sans se préoccuper des suites de sa blessure, Coligny pénétra en Artois avec l'armée, qui, le 8 août, prit position devant Renty, pour s'emparer de cette ville, peu importante en elle-même, mais à la possession de laquelle les Impériaux attachaient d'autant plus de prix, que de là ils inquiétaient •le Boulonnais et la Picardie.
Arrivé à proximité de l'armée française, Charles-Quint jugea de suite combien lui serait avantageuse l'occupation d'un bois dit le bois Guillaume^ couronnant une hauteur d'où il dominerait, avec ses troupes, celles de Henri II, réparties dans la plaine et dans un vallon. Chargé de protéger ce bois, dont la gai'de eût nécessité la présence d'un corps d'élite considérable, le duc de Guise n'y avait jeté que trois cents arquebusiers et quelques corselets, qui en furent rapidement débusqués sous le choc des forces ennemies massées par milliers sur la lisière. Bientôt celles-ci, se déployant sur le plateau, francliirent le vallon situé au-dessous du bois et se trouvèrent en face des têtes de colonnes des Français. Après un engaiçement dans lequel ces derniers subirent un échec, la cavalerie de Guise, de Nevers, de Nemours, d'Aumale et de Ta vannes chargea l'ennemi et le refoula sur le bois Guillaume^ mais sans pouvoir elle-même y pénétrer. Jugeant aussitôt, avec sa justesse de coup d'œil habituelle, que le succès appartiendrait à celle des deux armées qui demeurerait définitivement maîtresse du bois Guillaume^ Coligny se précipita, avec l'élite de son infanterie, sur les troupes ennemies, de beaucoup supérieures en nombre, qui occupaient ce bois, en détruisit une partie, et, expulsant l'autre du bois, la livra à la merci de la cavalerie, qui acheva de la rejeter sur le gros de l'armée impériale. En s'emparant du bois Guil^
laumc, Coligiiy contribua puissamment au succès de la jouinée.
La plupart des historiens passent sous silence cette action d'éclat, pour ne glorifier que Guise cl Tavannes. Seuls F. Rabutin et Branlôrae, dans deux récits, d'ailleurs fort brefs, de la reprise da Bois Guillaume, nous mettent à même d'apprécier la portée du service que Coligny rendit îi l'armée française, en la dégageant d'une situation critique, œ M. l'admirai, dit Kabu- » tin *, qui s'estoit rais îi pied le premier devant le bataillon des » Fran(;ais, lit sortir des rangs certain nombre de soldats pour » tousjours poursuyvre la victoire; lesquels entrant dedans ce ï bois, du commencement firent un grand meurtre et occision » des ennemis, les passant tous par le tranchant de leurs espées, » el ayant là trouvé les pistolels île Cemperenr * les amenèrent » au roy. »
tf J'ay ouy dire, rapporte Brantôme^, à deux capitaines qui » estoienl lors (à Renty), simples soldatz gentilzhommes, et qui » estoient des choysis de mondit sieur l'admirai, que, lorsqu'il » toucha à M. de Tavannes charger quelques cornettes de ï Reystres que M. de Guyze lui manda de chaîner, M. de Taï vannes luy remanda que d'autant qu'ilz estoient en lieu » si resserré et eslroict qu'il ne pouvoit aller à eux qu'à la dis- » crétion de l'arquebuzerie espaignolle qui avoit bordé le bois, t el qu'avant estre aux reistres, et en y allant, qu'il seroit loul » desfaicl, et toute sacompaignie mise par lerre d'arquebuzades » de ces harquebuziers, qu'il falloil nécessairement les desloger t de là, et qu'après il joueroit beau jeu. M. l'admù'al aussitùt t mil pied h terre, el prenani mille à douze cens, tant harque- » buziers que corcellels, et des bons, et luy une picque au poing. » 5 la leste, donne de telle furie et asseurance avec ses gens, • teste baissée, qu'en un rien il eiist dcsiogé el repoussé du