Th. de Bite,Hî$L iceL. 1. 1, p. lâS
libl. nat., msi. f. fr.. vol. SO, 4ÔI. f* 115.
^rvir les intérêts de la France en lui assurant, au delà de TOcéan^ la possession d'une contrée propre à favoriser son commerce^ et d'ouvrir un asile à ceux des protestants français qui pour* raient se soustraire aux persécutions dirigées contre eux sur le sol natal.
Villegagnon, dont il a été déjà parlé, conune connu de Goligny, lors des dernières opérations dirigées par celui-ci devant Boulogne, en 1549 et 1550, avait sollicité et obtenu du roi, par son intermédiaire, la faveur de diriger l'expédition dont il s'agit. Voici ce que Th. de Bèze nous apprend à ce sujet *, de manière à nous prouver, ce qui ne fut que trop clairement démontré par la suite, que Yillegagnon ^ était indigne de la confiance que l'amiral, trompé par ses dehors hypocrites, lui avait bienveillamment accordée :
c Icy n'est à oublier le voyage du Brésil fait par uq chevalier :» de Malte, nommé Nicolas Durant, dit Yillegagnon, natif de
> Provins, qui donna une merveilleuse espérance d'avancer le » royaume de Dieu jusques au bout du monde, laquelle touteffoys
> eut un effet tout contraire par la meschanceté plus que dé*
> testable de ce malheureux. Ce personnage avoit quelques » lettres et avec cela expérience de la marine, pour avoir long* i> temps esté es galères, et s'estre trouvé en plusieurs expéditions » navales. Mais au reste estoit présomptueux jusques ieiu bout,
> et fantastique s'il en fut oncques, ce qu'il tenoit aussi de race. » Estant donc parvenu jusques à estre ordonné vice-amiral de
1. Hiêt. eccLf t. I, p. 158. — Voir aussi Jean de Léry, ift^otr^ d'un voyage fait en lajene du Brésil, dite Amérique. 4« édit., 1600. 1 vol. in-12, p. 2 et 3.
â. Voir, sur Yillegagnon et sur sa conduite au Brésil : 1« Jean de Léry, ouvrage cité; — 2» Aubigné, Hist. Mwtv., t. l, liv. I, chap. xvi, et liv. H, chap vin. — 3» R. de Laplanche, Hisi. de Fr. sous François II, p. 229, 230 ; — 4* Mém. de Cl. Hatton, t. I, p. 36 et 41, et t. II, Append., p. 1095 et suiv. ; — 5« De Thon, Hist. univ., t. 11, p. 381 à 384; — 6» Bayle, Dict. W</.,v» Villegagnon et Richer.
■ Bretagne, et se trouvant en grand discord avec le capitaine ■ » du chasteau de Brest, à raison des forUfications (ce qui le mît
» en danger de perdre son crédit», il luy print i'antaisie de faire » le vojage du Brésil. Or, pour parvenir à ses dessains, sachant
■ que inessire Gaspar de Coligny, amiral de France, et dès lors k favorisanl autant qu'il pouvoil le parti de la religion, avoit » grand crédit envers le roy Henrj', luy déclara son intention
• eslre entièrement de trouver et fortilier en l'Amérique quel-
• que place, qui servirait de retraite à ceux de la religion qui » s'y voudroient retirer, pour peu h peu peupler le pais et y » avancer l'église de Dieu, en gagnant les liabiians à la cognois- » sance de la vérité. Cette entreprise sembla si belle el grande, 1 et louteHbys faisable, que l'ainii-al remonslrant au roy, non pas
> ce qui concernoit le royaume de Dieu, mais les commodités
> que Uiy et son royaume pouvoienl tirer de ces quartiei-s-lJi, à » l'exemple des Espagnols, il luy impélra deux grands navires » bien frétés avec dix mille livres pour les premiers frais, u
Villcgagnon quitta le Ilavrelei5juillet1555. Nous parlerons plus loin de son arrivée et de sa résidence au Brésil.
Les Impériaux s'élant remis en campagne au printemps de 1 555, les Iroujies françaises soutinrent contre eux, en Flandre, en Ilainaut, en. Artois, divers j)etit5 combats, dans le cours desquels l'Angleterre s'entremit pour négocier une paix entre llem-i II et Charles-Quint. Les hostilités ayant été suspendues, d'un commun accord, des plénipotentiaires s'assemblèrent, le SS mai, à Marc, entre Ardres, Calais et Gravelines; mais hienlôt ils se séparèrent sans que les négociations entamées eussent abouti. La faute en fut, selon Henri II, non aux Français, mais aux Impériaux, ainsi que Coligny dut, un jour, le rappeler à ces dentiers, sur une recommandation expresse de son souverain*.