‹ Gaspard de Coligny, amiral de FranceChapitre 74 sur 241 · Lotlre ilclluun II ù »ol. 4840. f m · texte numérisé non relu

Lotlre ilclluun II ù »ol. 4840. f m

u 20 diiL'embrc 1555 iltibl. liai,, rnss. (. ti:.

Les armes furent donc reprises de part et d'autre, et les frontières ravagées de nouveau sans résultat décisif.

Eu cet état de clioses, le gouvernement de Picardie, le plus important de la France au point de vue militaire, devint vacant. Antoine de Bourbon, duc de Vendôme, gouverneur de cette province, se voyait appelé par la mort du roi Henri, son beau* père, à occuper, avec Jeanne d'Albret, le trône de Navarre. Avant de se démettre de son gouvernement, il voulut en ménager la transmission à son jeune frère, Louis de Bourbon, qui était digne de lui succéder. Il s'adressa, à ce sujet, au roi de France; mais Henri H, qui avait sur la Navarre des vues ambitieuses, à la réalisation desquelles ni Jeanne d'Albret ni Antoine ne devaient se prêter, s'irrita de leur résistance et repoussa la demande de transmission. * Il ne pouvait du reste mieux servir les intérêts de la Picardie, qu'en confiant le gouvernement de cette province à Coligny, Les lettres de provision du 27 juin 4555, qui l'en investirent *, témoignent de la haute estime et de la confiance illimitée qu'il avait si bien su se concilier de la part du roi.

Voilà donc l'exercice simultané de deux grands commandements incombant à Coligny, par la concentration entre ses mains des pouvoiis de gouverneur de l'Ile-de-France, et de ceux de gouverneur de la Picardie. D'où provenait cette mesure exceptionnelle ? Était-elle une pure faveur émanée de l'initiative royale ? non; et ce qui le prouve, c'est une lettre de Henri II, qui implique nettement l'idée d'un concert établi, en arrière de Coligny, entre Henri et l'homme auquel, à titre de compère (car c'est ainsi qu'il l'appelait familièrement), ce monarque ne savait rien refuser. On y voit, en effet, que le roi se proposait de confier, un jour, le gouvernement de l'Ile-de-France au fils aîné du connétable de Montmorency, et qu'il comptait sur la loyauté

1* Désonneaux, Hist. de la tnaison de Bourbon, u UI, p. 241. 2. Voir Appendice, n* 28.

et le bon vouloir àe Coligny pour se démettre ultérieurement de ce même jîoiiverneraenl en faveur de son cousin, lorsque celui-ci aurait cessé d'ôlre prisonnier de guerre. Colîgny prouva généreusement, depuis, qu'il n'avait accepté que sous celle condition le cumul des deux gouvernements, et qu'il n'avait assumé sur lui la responsabilité d'un double devoir à remplir, que par amour pour la France, au service de laquelle il consacrait ses foi-ces et son zèle.

Une lettre confidenliellc, non datée, que Hi*nri II adressa au connétable ', au moment où il se disposait h nommer l'amiral gouverneur de Picardie, portait : « Mon compère, je ne veulx

* fallyr ^ vous avertir comme au soyr je veis une Iclre que la

> famcd'Audouin luyescryvoil, l'averlyssanl de la mort du roy B de Navarre. Je navé encores point de nouvelles, et pour scia

> vous nen feres sanblant, el pour se que je ne se si avés janies

> pai'Ié à monsyeur lamyral pour prendi'e le gouvernement de F Picardye, el aussy qujt voulut garder scluy de l'Yie-de-Franse, » jusqucs à se que voire fyls fùl hors de pryson, car je lousjours » a fayt accroyre à tous si-nx quy sont opi'és de moy que je nen

• voulois faire que ung gouvernement, et me semble que vous

> devé lousjours tenir se langage-là, et me semble quy ny aura 1 poyntde mal que an mandyes ung mot à monsyeur lamyral, » afin quy soyt averti de tout quant je luy an parleré. Je ne vous » feré plus longue letre pour se coup, sy nest vous pryer avoir » souvenance de la personne de se monde quy vous ayme le » plus. Henri. »

Peu après, Henri 11 annonçait en ces termes k de Humières, gouverneur du Péronne, la nouvelle promotion àfi Gaspard de Coligny ' : c J'ay pourveu mon cousin le duc de Vendosme du

> gouvernement de Guyenjie que tenoyl feu mon oncle, le roi

t. Bibl iinl., mss. f. fr., vol. 3I2Ï, t" 9. 2. Bibl. iint- mss. t Ir., ïol. Itiai, f 51

1 de Navarre, et en ce faisant, ay semblablement pourveu mon 1 cousin le sieur de Ghastillon, admirai de France, du gouver-

> nement de Picardye que tenoyt mondit cousin le duc de Van-

> dosmoys, ayant bien voullu vous en advertyr, affîn que allant i> par delà mondit cousin le sieur de Ghastillon pour entendre » et vacquer aux affaires de' ladite charge, vous le recepvez et

> recongnoissez de vostre part pour gouverneur et mon lieute- M nant audit pays, et luy defTerez et obeyssez comme aviez

> accoustumé faire à mon dit cousin le duc de Vendôsmoys et jo feriez à ma propre personne. »

Coligny entre aussitôt en fonction et- parcourt en tous sens le territoire de son nouveau gouvernement, dont les places de gueiTe sont loin de justifier le nom de places fortes, car elles sont ou démantelées, ou à peine maintenues sur un véritable pied de défense. Il s'agit pour lui de surveiller les mouvements de l'ennemi, de couvrir la frontière du nord de la France, d'aviser, autant que le permet l'état des finances publiques, au plus pressé, en fait de travaux de fortification, de protéger, à Tintérieur, la circulation des produits de l'agriculture et de l'industrie, et de réprimer d'une main ferme divers abus qui se sont glissés dans plusieurs branches des services publics. La tâche que lui imposent ses nouvelles attributions est immense et hérissée de détails ; mais il voit de haut et au loin; aussi, hommes et choses se ressentent-ils des effets de son incessante et féconde vigilance, et appose-t-il partout Tempreinte de son génie éminemment organisateur. Quelle vaste sphère que celle de sa prodigieuse activité militaire et administrative! En temps de paix comme en temps de guerre, il est toujoui*s à l'œuvre; et c'est en menant de front une foule d'occupations inhérentes à la diversité de ses fonctions, qu'il trouve encore le temps, soit au camp, soit à la cour, soit en tournées d'inspection à Amiens, à Péronne, à Saint-Quentin, à Guise, à Vervins, à Montcornet, à Corbie, à DouUens, à Boulogne, à Abbeville, à la Fère, d'entre-

tenir avec les commandaïUs des places de son gouvernement de Picardie une coiTespondaace suivie '

A celte époque il s'attache, comme amiral, à venger sa patrie d'un affront qu'elle vient de subir dans les ays-Bas, où ont été saisis et conlïsqnés, au mépris du droit des gens, tous les navires Irançais qui y trafiquaient. Henri II, alors que ses ports de la Manche et de l'Océan sont & peu près dégarnis, ne sait de quelles forces composer une expédition maritime qui puisse chàlier l'ennemi de la spoliation qu'il a commise; mais Colignj, qui se connaît en hommes, a, dans sa pensée, une ressource tonle proie, celle d'un appel h adresser immédiatement à l'énergie et au dévouement d'armateurs et de marins de premier ordre : « Je ne vois, dit-il au roi, que les boui^eois et les mar- » chands de Dieppe qui puissent fournir une llolte à Votre » Majesté »; etaussilôl l'amiral, réclamant en toute confiance le concours de ces hommes dont le désinléressenient égale le patriotisme, les trouve prûts à oi-ganiser en fiotlille royale dixneuf de leurs barques et à supporter la moitié des frais d'armement. Élu pour chef par les capitaines des barques, Louis de Bures,sieur d'Epineville, reçoit de Coligny une commission signée par Henri II. Encouragé pai- l'expression d'une haute gratitude, il prend la mer h la tôle de sa lloltillc, et, malgré l'infériorité des forces dont il dispose, engage résolument, le 1 1 aofit, contre vingt-quatre navires flamands d'un fort tonnage, venant d'Espagne, une lutte dans laquelle il trouve une morl glorieuse, après avoir préparé par d'héroïques efforts l'éclatante victoire i|ue remportent les Dîeppois *.

1. Od peut, en parti<^ Jt^â, se fnire uni? iiléc de la ualuro et de l'élendue de cttlt; corrcspoodunie, d'après plusieurs des leUres que, dans les six premières eemiiiii^s qui suivirenl son entrée eu function uuintne ^çouTerneur de la Pîcvdie, il adressa à de Humières, comuiondaDl uu gouverneur de Péronne (voir Appendice, u* !l!9). Il existe une foule d'uu très leUres de Coligny à de Uumièfea, i iti daleï poslérieiires, qui serout cî-aprés, ou reproduites dans leur texte, ou su moÎDs signalées par ces dates.

l.UeThou,H«(,umt!..l.Il,p.370.VUol.H(5(.dttOtîj)pe,édil,l833,t.l,p.fl5et8.

Satisfait de s'être, dans ses tournées, personnellement rendu compte de l'état des places de son gouvernement de Picardie et d'avoir pourvu à la sûreté de la frontière, Coligny, au début du mois de septembre, s'occupait d'une concentration de troupes non loin d'Âbbeville \ lorsque, à quelques jours de là, sans qu'on sache, d'ailleurs, s'il put se rendre momentanément à son château de Chàtillon-sur-Loing, Charlotte de Laval y mit au monde une fille, à laquelle fut donné le prénom de Louise, qu'avait porté la mère de l'amiral *.

Ce dernier quitta bientôt le voisinage du Boulonnais et, traversant la Picardie pour atteindre l'extrémité opposée du territoire de son gouvernement, alla joindre ses efforts à ceux du duc de Nevers, afin de ravitailler Marienbourg et Rocroy, que l'ennemi menaçait. L'entreprise était ardue ; les opérations qu'elle nécessitait se terminèrent, à la fin d'octobre, avec un tel succès, que les Impériaux perdirent tout espoir de s'emparer des deux places ravitaillées et se disséminèrent pour prendre leurs quartiers d'hiver.

Alors que les deux chefs français assuraient ainsi le sort de Marienbourg et de Rocroy, la domination impériale, déjà fortement ébranlée en Italie, s'y trouvait exposée à de nouvelles atteintes, par la négociation d'une ligue offensive et défensive entre le roi de France et le pape Paul IV, dont les Guises, dans des vues d'ambition personnelle, étaient les ardents promoteurs.

Les bases de cette ligue, destinée à demeurer secrAte, furent posées dans une série d'articles signés à Rome, le 1 4 octobre

1. D^ Wollon to the Council. 3 sept. 1555 (Calend, of State pap. foreign) : c The admirai of France is encamped four or iive leagues from Abbeville ; for

> what purpose is uncertain. In Picardy they say lie lias 10 000 men in his

> camp. »

2. c Le xxviu' de septembre 1555, fut née à ung samedy, Loyse de Cou-

> gny, une fille, entre cinq et six heures du matin, à'Chastillon. > (LiTre d*heures de Louise de Montmorency. BuUetin de la Soc. d'hiU. du prot. fr.^ t. U, p. 6,.

ISSn, par le pape et par Davanson, ambassadeur de îlcnri II ', Ces articles, avec les additions et modifications qu'on y apposa, consliluèrenl l'ensemble dos clauses d'un traité définitif que souscrivirent, le 15 novembre de la mÔme année \ Paul IV et les cardinaux de Lorraine et de Tournon, envoyés à Rome îi cet eiïet, porteurs de pouvoirs que leur souverain leur avait conférés dès le 1" octobre précédent ^ Ce traité lut ralifit- k Blois, par Henri II, le 3 janvier 1556. De ses principales clauses il ressortait, en substance, que le monarque français s'engageait l'orraellemenl à défendre le pape et le saint-siége contre tous agresseurs, h envoyer en Italie des sommes importantes et des troupes, dont le commandement en clief serait confié 1 ù quelque prince s; qualification qui s'appliquait virtuellement au duc de Guise ; que le pape rournirail aussi de l'argent et des troupes, selon les exigences de la guerre à entreprendre; et que, lorsque le royaume de Naples serait conquis, le pape, à l'exception de Bénévent et de son territoire, qu'il prendrait pour lui, donnerait ce royaume ;"i l'un des enfants du roi de France, antre que le Dauphin.

Si Charles-Quint ne connut pas, de prime abord, l'alliance que formaient contre lui le pape et Henri H, il pnl du moins en pressentir l'existence. Il ne se faisait, en tous cas, aucune illusion sur les dangereuses tendances d'un ennemi personnel tel que Paul IV, ni sur les funestes conséquences que pourrait entraîner, pour les Impériaux, la prolongation des hostilités avec la France. Aussi, la nécessité de mellre un terme à ces der-

f.Vuir le texte de ces articles iIaiis VArckiiiio Siorico, arMico, archeologieo tUtlerario délia çïltà t provincia di Borna, fondalo e diretto da Fabio Gori. Itom». 1H75. vol. I.fasc. 1, ann. i, p. â5 à 30.

S. Voirie lexte de ce traité et de sa mlilicatiou dans l'Archma précité, Itome, IWtl. aiido.I cl «.vol. I. (asc. 3-, p. 193 à 20i.— Voir aussi, sur les hits préliaiiiiiiires et sur te Irailé mdme. De Thuu, Htst. unie., t. Il, p. 3^16 A 357.

3. Voir le texte Je ces pouvoirs dans VArchivio pniiilé, llomc, IS7(Î, vol. 1 SiS.Iksc. S. p. 193 4 197,

niëres, dès que Toccasion s'en ofTrirait à lui, ne se séparait^elle point, dans son esprit, delà pensée d'une abdication prochaine, à laquelle il s'était arrêté. Le 25 octobre, au sein d'une assem* blée qu'il avait convoquée à Bruxelles, il déclara, dans un langage empreint à la fois de simplicité et de grandeur, renoncer à ses droits de souveraineté sur les Pays-Bas en faveur de Philippe son fils.

Promptement informé de cette renonciation, qui fut pour lui, comme pour les autres souverains de l'Europe, un sujet d'étonnemcnt, Henri II en parla au duc de Nevcrs et à Goligny, dans une lettre du 5 novembre 1555 \ destinée, avant tout, à les iéliciter de leur belle conduite. U leur disait : c Mes cousins, 3 par votre lettre du premier jour de ce raoys, j'ay sçu ce que

» vous avez fait depuys que vous estes à G et les belles fac-

» tiens qu'ont exécutées les gens de guerre que vous avez en- » voyez en tant d'endroictz que voz lettres le contiennent, par où » il m'est aysé de cognoistre que vous n'obmettez rien de ce :» qui appartient au bien de mon service et au faict et exécution i> de la charge que je vous ay donnée par delà, laquelle ra'estant To de l'importance qu'elle est, je ne me puis garder de tousjours » vous recommander de plus en plus et prier tant que je puis > (ayant le moyen et l'occasion si à propoz que vous avez) emplir » et fournir Marienbourg de tous les vivres, provisions et muni- » tiens que vous pouvez, sans y rien espargner, ne pardonner 1^ aux autres places qui sont derrière, sçachant que vous ne me i> sçauriez faire service plus grant ni plus agréable. J'ay sceu 3> aussi par la fin de vostre lettre ce que vous avez tiré du lieu- 3> tenant du sieur de Trellon et de son laquais, des nouvelles D de l'empereur, lesquelles se rapportent aux autres que j'en ]) ay d'ailleurs, et quant tout est dict, est certain qu'il a quicté T> et s'est dépouillé de tout ce qu'il avait de puissance au monde

i. Bibl. nat.,mss. f. fr., vol. 3130, f* 102.

■ el haste taat qu'il peull son partement pour s'aller rendre en

• son lierniitage en Espaignc.qui est loul ce qu'il s'est réservé: » et à cepropoz je vous diray, mes cousins, que depuis six ou

■ sept jours est arrivé icy ung gentilhomme espaignol passant » soubz un saui-conduii qu'il a cy-devanl obtenu de moy comme !• serviteur du royde Boliesme, lequel m'ade mot à motconfirmê

• les mosmes propoz que vous avez tirez dudicl lieuleoanl du n sieur deTrélon et davantage; qu'ils cognoissent tout clére-

• ment par delà que ledit empereur est fort troublé du cerveau, » de sorte qu'il a peu ou point de résolution en luy, el à la vé- » rite ce qu'il faisl tesmoigne bien qu'il est encores plus mal

• de l'esperit qu'il ne dict, etc., etc.

Charies-Quint, h ce moment, n'était ni si fort troublé du cerveau, ni tellement mal de tesperit, qu'il ne jiigeill opportun j»our lui el pour son fils de se livrer, vis-ii-vis du roi de France, à des tentatives de rapprochement qu'une mesure préliminaire pouvait jusqu'il un certain point favoriser. De là, la proposilion qui fui faite de traiter à l'amiable de la rançon ou de l'échange des prisonniers de guerre détenus de part et d'autre.

Le roi de France agréa cette proposition et conféra à Coligny, le9fi novembre 1555 ', les pouvoirs nécessaires pour conclure un accord, sur le point dont il s'agit, avec les délégués de l'empereur elde Philippe.

I. V. Apfimdice, n- 'M. —La mission ainsi couliée par luroii Coligny déplui à Diane de Poitiers i;! au Aae. de Guise, qui, i-ii novembre 1555, écriïil A son rrère, le eardinal Je Lorraine (Bibl. nat., mss. f. fr. voL 23 33e.,f4l6) : ( M. le coonoslable a taicl irouver bon au Roy que Monsieur l'admirai estant

• dfl retour en Picardie, il s'aboudiast en ijuelciue lieu qui serait adrîsé avec » H. ^ Bugnieoorl, si ceubi de deU le vouloient, pour adriser de prendre quel-

• ^uet conclusions toucbant la rançon de>s prisonniers, disant en oullre que

• l'on luiurroil peut-estre rcmeUre quelque chose de la paîi en avant. Ma-

• damo de Valcntinoys ne se fje en luy pour le faict de son lils et m'a dici » qu'elle suppliera le roj y envoyer Eslrées. Jk luy ay dici qu'elle feroil bien;

• et, pour revenir au faîct de la pûx,J'ay espéruui;e qu'elle ne se pressera sy Tort ( que n'nyei le loisir d'achever vostre commission, pour eslro des députez

• |H>ur la faire, etc., etc. t

Muni de ces pouvoirs, Coligny se rendit à Saint-Quentin, d'où il écrivit à Brissac, le 1" décembre *: « Si j'eusse eu meil- ^ leure commodité durant le temps de Tadvitaillement que y> M. de Nevers et moy avons dernièrement faict à Maryenbourg, » je n'eusse esté si longtemps sans vous escripvre des nouvelles ]D de la part où j'estoys, lesquelles vous sont vieilles mainte- » nant ; mais, quant à celles qui s'offrent à vous mander pour » le présent, je n'ay voulu faillir à vous advcrtir et faire » entendre comment, après que l'empereur et le foy d'Angley> terre se sont accordés que, pour traicter de la délivrance des » prisonniers de guerre d'ung costé et d'aultre, seroient députez î> ung personnaige de leur part et ung aultre de celle du roy, » ils ont nommé de leur costé M. de Lalaing, ayant pieu au roy » me nommer aussy de sa part. Je m'en suys venu en ce lieu » pour ce que ledit sieur de Lalaing doibt aussy venir de Cam- » bray; et après que nous aurons convenu et arresté ensemble » des assurances d'ung costé et d'aultre, temps et lieu pour 3) nous assembler, nous entrerons en ceste négociation, ayant 10 bonne intention, quant à moy, de m'y employer de telle sorte y> que nous en puissions avoir bonne yssue. »

Le môme jour 1" décembre, Coligny écrivit au comte de Lalain, qui était alors à Bruxelles, pour presser l'ouverture de ses conférences avec lui.

Dans une dépêche datée du 4 du môme mois, de Lalain, annonçant que l'un des conseillers de l'empereur, Simon Renard, venait de lui ôtre adjoint dans l'accomplissement de sa mission, pria Coligny d'envoyer à Cambrai un gentilhomme qui s'y concerterait, quant à la détermination d'une localité dans laquelle on pourrait se réunir, avec S. Renard, dirigé à l'instant sur cette ville*.

L'amiral expédia aussitôt à Cambrai de Boysseron, mestre-

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