‹ Gaspard de Coligny, amiral de FranceChapitre 76 sur 241 · CHAPITRE VII · texte numérisé non relu

CHAPITRE VII

CuT^rlure dcf ««nttrcneci in Vaacc1l«B entre CiAlgny, aisiiti^ iIp S. de l'Aul'eipine. el t( eainl« de LaUin, aieitU de S, Reiinrrt. — Ces tonférencet orl d'nbard puur i)lijr.'l Dnique la riDçon on l'i^Thuign des prîaonniert. — Di'bil nu «ujet du duo d<^ Bouil- Isa. — Lii qiietlion di^ Ut\v ou de paix lurnJI dans les confère» cet, — ERorU }>er- («t^iunti de Col'gnr r1 de l'Aubeipini' pour qu'ille nr »oil IraiUe.que cnnrurreniinenl avec !■ queition de libéralion des prisonniers. — Ciinrluiion d'uno irfw. — U qnettion dvi priioniiiera rcfle eniunpens. — Coligo} se rend à Bmislle* pnur y «iiiiler i 11 (ireilaliuii de «urinent de GbarlM H de Philippe kut l'abiieristion de la trtire. — Ai^cueil qu'il riifail de CtiurleB-Qnint. — Eei entnHiena piirlii'iilif rt avec «e prince el iTec Granvella. — Le cumtf de Lalain vient en FninM pour v aisisler à la preilation du «ermenl de Henri II sur l'observation de la IrAve.

Les conférences qui allaient s'ouvrir devaient avoir pour objet unique la libération, par voie de rançon ou d'échange, des prisonniers de guerre, détenus de pari el d'autre. De ces prisonniers, les lins étaient de haut rang, les autres d'un rang inférieur. Parmi les premiers figuraient, du côté des Franyais, François de Montmorency, le comte de Villars, d'Andelot et de la IWche-Guyon, fils, beau-frère, el neveux du connétable, Robert de la Marck, duc de Bouillon, maréchal de France, gendre de Diane de Poitiers; el, du côté des Impériaux, le duc d'Arschot el le comte de Mansfeld.

Que le taux des rançons et la base des échanges dussent se mesurer à la nature du rang occupé par chacun, voilà ce que te roi de France, d'accord avec les plus simples notions de l'équité, admettait parfailement ; mais ce que, d'avaiicu et à Irês-jusle titre, il ne pouvait admettre, c'était toute tendance des Impériaux à soulever, au sujet de tel ou tel prisonnier considérable, des questions de restitution de territoii'f, ou autres ques-

Uons analogues, et à subordonner sa libération à la solution qu'elles recevraient.

Goligny, dont les idées sur ce . point n'étaient pas moins arrêtées que celles de son souverain, avait fait part à celui-ci, dès le 6 décembre, de ses appréhensions, quant aux prétentions que le comte de Lalain et Renard pouvaient avoir été chargés de formuler, en ce qui concernait le duc de Bouillon, c Pour ce

> qu'il n'y a, lui répondit Henri II \ que le faict de mon cousin » le duc de Bouillon dont vous soiez en peine, et sur lequel ]» vous desirez sçavoir mon intention, quant à la restitution :» dudit Bouillon, au cas que les Impériaux opiniastrent à ne

> vouloir délivrer mondit cousin, sinon en rendant ladite place, ]» vous sçavez, mon cousin, que la résolution que nous prismes,

> à vostre partement, sur les principaulx poincts de vostre dicte ]» négociation, fut que, ayant esté advisé entre ledict s' de Lalain » et vous du moïen de la rançon de tous les prisonniers réci- » proquement, il seroit nécessaire que l'on envoyast, d une part » et d'autre, gens devers lesdits prisonniers pour sçavoir et ]» entendre de chacun d'eulx particulièrement jusques à quelle j> somme il seroit content s'estendre el payer pour sadicte i> rançon, d'aultant que personne ne sçayt mieulx que eulx leurs JD volontez et facultez. Sur quoy, après avoir ouy leurs responces » d'une pari et d'autre, vous y pourriez prendre une résolution, V ce que j'estime debvra estre trouvé bon de leur part ; et par » plus forte raison, s'il faut parler ausdicts prisonniers pour les y> sommes de leursdites rançons, sera-il aussi raisonnable i> sçavoir de mondict cousin le duc de Bouillon son vouloir et

> dernière intention quant à ladicte restitution de la place de

> Bouillon, selon lesquelz il se fauldra conduire et gouverner

> pour son regard, jugeant que pour prétendre ladicte place luy

1. Lettre du 10 décembre 1555 (Bibl. nat., mss. f. fr., ?ol. 2846, )^ 174. *> Voir aussi une lettre du connétable à Coligny, du même jour (Bibl. nat., mss. f. fr., Tol. 2846, f 175).

> appartenir, il y doibt avoir le principal inlerest. Je sçay bien » qu'elle esl fort utile à ma fronlièrp cl au bien de mon service : » mais si l'on voyoii sa délivrance estre désespérée sans cela, » pluslûsi que de perdre ung tel et si digne serviteur qu'il m'est,

> je m'accommoderay toujours à y bailler mon consentement, » s'il le trouve bon de sa part. C'est tout ce que je vous en » sçaurois dire, m'asseurant aussi, mon cousin, que en cesi en-

• droict et autres poinctS' qui dépendent de la charge que je p vous ai baillée, vous userez de tous les moïens, dextérité et » plus prudentes considérations que vous jugerez appartenir

• au bien de mondict service, faveur, descharge et soulagement c desdicts prisonniers. »

Coligny ayant, les 9 et 10 décembie, avisé Henri II de la correspondance qu'il venait d'échanger avec S. Renard^ le monarrjue lui exprima son approbation en ces termes ' : « Je ne » vous sçaurois dire autre chose, mon cousin, à vos deux lettres, » sinon qu'il me semble qu'il esl impossible de mieuk ne plus » sapement proceddcr ne commencer en ceste affaire que vous ï faicles, ayant un grand plaisir de ce que, rcspouJant à la der- B nière lectre dndict Renard, vous luy avez bien laîct congnois-

> Ire que vous ne voulez courir ni reculler à ceste négociation » ne y monstrer une seule scintille d'affection plus grande que » la raiwn et l'honneslclé requiert. Kt encores queJedit Renard f soit assez farouche et esloigné des qualités requises k adoulcir

> une plaje, si est-ce que ayant part et intelligence des affaires

• comme il laull confesser qu'il a, je prcns en bonne part ([u'il - > ait esté faicte eslection de luy, qtii esl aussy pour fortifier de

> plus en plus celle qu'îlz avoient j.'i faicte du s' de Lalain... B Or, mon cousin, j'estime que, de ceste heure vous aurez, j^ Il scnly quelque chose de ce qu'ilz ont "sur leur cneur, et fais

> mon compte que bientost j'en auray des nouvelles. »

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