Voir à V Appendice, n
Quaranle-Iiuil heures après avoir expédié à Ifenri II leur lettre «L leur intîmoire du 17 décembru, Coligny el de l'Aubespitie signèrenlaveclecomtedeLalain et Renard un traité' ainsi conçu:
c Euire messieurs les députez assemblez en l'abbaye de Vau- » celles... il a esté accordé que les prisonniers de guerre eslans » respectivement retenus d'un côté et d'autre, seront rais ii » rançon pour une Ibis payer au fur et prix du revenu d'une » année de leurs biens, ensemble des gages, soldes, pensions H 1 traitemens annuels, qu'ils ont de leurs princes, el par dessus » cela seront pesées et estimées raisonnablement les qualitez I d'un cliacun par messieuiï les députez; et i|uepour parvenir » à l'effet de cet accord, on envoyera par devers lesdits prison- » niers en diligence, avec lettres de messieurs les députez, pour I faire entendre à chascun desdits prisonniers ce que dessus, * et que sans aucun délay, de bonne l'oy et sur l'honneur d'eux » et par leurs serraens, ils ayent à dire et déclarer combien I ils ont de revenus par an, ensemble des traitemens, soldes I et pensions, charges et qualitez qu'ils ont et l'envoyent I escrit et signé de leur main, en cas qu'ils le puissent » faire, et cacheté de leurs armes, sinon par autre certiQcalioa
> valable, advertissant lesdits députez de leur volonté et s'ils » n'acceptent pas le susdit accord-; non compris m cedicl » accord messifurs le duc de Bottillon, de Montmorency et ï d'Afcot, sestant réserve: lesdits députez à en traiter ainsi » çWentr'eux il a esté accordé; et en cas qu'il fust trouvé
> qu'aucun d'eux, ce que l'on n'.;slime, eust célé la vérité de » scsdicts revenus, estats et autres choses susdites, leurs princes
> respectivement en feront ou feront faire raison par toutes
I. Trailé liu \'i décembre 1553(BJIil. tiBt.mss.'f. fr. vol. 3U0. f- 15 —Un Uoucbei, p. 471. 175.
1. Ceitt* [iri-miéri' parti? <lu Irailé est due li la ferme initiative île l'amiral. (Vgir la dépAclie île de Lnlaiu ul de Henard à Pliilîppe 11, du IX décembre 1555. Pap. d'Elut de Craiivelle, t. IV, p. 515 i ZiH.)
1 voies sommaires, deues et raisonnables, promptément et » sans délay; et au préalable de leur délivrance seront payez 1 tous frais, despenses et dettes créées et faites durant le > temps de leur captivité. Et se sont promis lesdits députez » de se fournir les uns aux autres respectivement leurs res-
9 ponses desdits prisonniei*s dedans le premier jour de Tan 3> prochainement venant; n'entendant que cet accord s'eslende
10 sur ceux lesquels auraient jà capitulé avec leurs naaistres » pour leurs rançons. »
Une convention particulière, contemporaine du traité cidessus, décida que le duc de Bouillon, François de Montmorency et le duc d'Arschot « seraient mis à rançon raisonnable dedans trois mois, au plus tard. »
Alors qu'après la signature du traité et de la convention qui viennent d'ctre mentionnés, Coligny et de Lalain se retiraient, l'un à Saint-Quentin et l'autre à Cambrai, Renard et de l'Aubespine se rendirent, le premier à Bruxelles et le second à Blois, pour porter ces deux actes à la connaissance de leurs souverains respectifs.
Les dispositions peu favorables que Renard rencontra à la cour de Charles et de Philippe, et les critiques qu'il entendit énoncer lui firent craindre une rupture des négociations *. Ces dispositions constituaient tout au moins les symptômes d'un mauvais vouloir et d'une âpreté d'exigences qui, de la part des Impériaux, devaient démesurément retarder la cessation de l'état de guerre et la libération des prisonniers.
De l'Aubespine trouva un accueil tout différent à la cour de France,que bientôt il quitta, accompagné de témoignages d'approbation dont la meilleure part revenait naturellement à Coligny -.
1. LcUre de Renard à de Lalain, du 24 décembre 1555 (Pap. d'État de Granvelle, t. IV, p. 518, 519).
2. Lettre du connétable à Coligny, du 2G décembre 1555 (Bibl. nat., mss. f . fr., vol. 2846, r 184).
Cependant l'amiral avait Tait les diligences nécessaires pour que les prisonniers de guerre rran(;ai3 et étrangers fussent immédiatement informés de l'existenct! du traité du 19 décembre 1555 et mis en demeure de produire les déclarations et renseignements voulus pour la fixation de leurs rançons'. Il avait également pris soin de faire parvenir au duc d'Arschol et au comte de Mansfeld des dépfiches que de Lalain leur adressait *.
Henri II, se montrant animé du désir de hSter une solution pacifique, conféra, le 26 décembre, h Goligny et h d(! l'Aubospinc les pouvoirs nécessaires |>our conclure, avec tes députés de l'empereur el de son fils, soit un traité de p;tix, soit une trêve de longue durée ^.
Charles et Philippe furent loin de manifester un semblable empressement. Non-seulement, d'après leurs ordres, de Lalain et Rcoai'd miicnt une lenteur calculée h s'assembler de nouveau avec Coligny et de l'Aubespine; mais, déplus, lorsque enfin ils se présentèrent h eux le I" janvier tâôtî', ce fui sans être munis de pouvoirs à l'efiet de traiter de la paix ou d'une ti'éve. Ils alléguèrent, pour tenter de justifier l'absence de pouvoirs spéciaux sur ce point, que, par suite d'une déclaration de Charles et de Philippe ^, envisageant les questions de pacification agitées naguère à Marq, sous la médiation de l'Aiigieterre, comme simplement tenues en suspens, il suffisait de les reprendre, sous la même médiation, dans l'étal où on les avait laissées. En ce qui concernait les prisonniers, ils soutinrent
Kii., ma
fr.. vul. 2840, f- 183).
1 LttUt-i' lii; de Lalain à Coligny, du 25 Jécemlire 1055 (Dibl.
liai. , niss
fr., ïol. mm, t- 210).