‹ Gaspard de Coligny, amiral de FranceChapitre 87 sur 241 · IJibl. nat., mss. f. fr., vol. 2846, f · texte numérisé non relu

IJibl. nat., mss. f. fr., vol. 2846, f

:2. Letlre du connèlable du 6 février 1556 (Bibl. uat., mss. f. fr., vol. 2846» f^ 197).

Aniie(leMonimorenoy,encequi concernait personnellement son neveu, aimaiLiiIui dire': rt Vous avezsibienfaict,(|uec'est heau- » coupmieulx que nous ne pensions eln'enssionssçeu désirer— » Jcvousasseureraybienaussy qiieleroy eslsi contentet si sa- B lisfnit qu'il ne le peut estre davantage, cognoissanl que vous ■B avez si bien suivy son intention en toutes choses, petites et » grandes, qu'il voytbien qu'il n'y a este rien oublié *. »

Rien non plus, depuis l'ouverture des négociations, n'avait él(> oublié pfir Golîgny de ce qui touchait à l'expddition des affaires rentrant dans ses attributions étendues, soit de gouverneur de l'île de France et de la Picardie, soit d'amiral, soil de colonel-général de l'infanlorie fran(;ai5e. Il avait lait face ft loul, sous ce quadruple rapport, pn mémo temps qu'il traitait avec de Lalain et Renard ^, comme il lit face à tout encore depuis la conclusion de la trêve jusqu'au jour où, ainsi qu'on le verra ci-après, se termina, en avril 1556, une mission complémentaire qu'il eut à remplir prés de Charles et de Philippe, pour la consolidation de cette même trêve, dont il avait été, dans l'intérêt de la France, le principal négociateur ^

Revenu à Saint-Quentin, il se hâta de profiter de la latitude que lui laissait la trêve, quant aux modifications que pouvaient subir les garnisons de certaines places de son gouvernement de Picardie, pour ménager, à l'avantage purement personnel de

t. Mftme leltre, ihid.

S. I* présiiiptil rie Uplnce (Con.mpul. Mil. <lc 1565, f- i) émît ilonc fondé Idire : < Au traiclé d'icelle Iresve ticquit ^Tjnd honneur (iasparU de Colligny,

> seigiipur lie Ciinslilloii, arimirnl lie Priinre, homme rassis ol prudeul i-ii la

> eoiidiiile drs ntlhirea. *

3. Voir lt!S lettres du conD^tahle â Coligny, iksl0,i5 ilépemhre l5Vi, Ujnn- Yier i!t 5 Wvrier (STrfilHibl. nal., mss. T. fr., vol. 2816. P" 175,183, flXl, 11)5) el la letlrp de l!i-nri II & Colîgiiy, du 30 Jûcctnbre 1555 (RihI. nal-, mss. f. tr. . v»f. Saia, f 185).

l. Voir kï letlras du connilaWp à Coiigny, des 2*, 2S fémor el i tnnrs 1556 iBibl. nai., mu. t. tr., vol. iHG, f' 1118. 300, 303), vl la lairc di:. Iknri 11 du 4 mars I&56 (Ribl. nul., mas. t. fr. vol., 281C, f 202).

François de Lorraine, la ville de Guise et divers bois appartenant en propre à ce duc, qui naguère se disait son ami et qui n'était plus maintenant que son envieux rival. L'amiral se plut à prouver par là que chez lui l'impartialité et la délicatesse de l'homme public dominaient les griefs, quelque justes qu'ils fussent d'ailleurs, de l'homme privé ^

Lors du retour de son frère à Saint-Quentin, la comtesse de Roye était venue séjourner près de lui dans cette ville. Tous deux se disposaient, conformément à leurs habitudes d'urbanité, à se rendre au Câtelet, et de là à Yaucelles,où ils comptaient rencontrer le comte et la comtesse de Lalain. Avant d'entreprendre cette excursion et alors que deux ou trois jours à peine s'étaient écoulés depuis la conclusion de la trêve, l'amiral ne manqua pas de presser le comte d'agir, en ce qui dépendait de lui, pour la prompte délivrance des prisonniers. Ces divers détails ressort tent des lignes suivantes, tracées le 10 février 1556, par de Lalain lui-même, et datées de Mons * :

« J'avois envoyé à madame de Roye par ung gentilhomme la » lettre que la royne de France luy a escripte, lequel m'est venu -» trouver ce soir. Il m'a fait les recommandations de l'amiral

> de France, et me mande par luy qu'il me prioit tenir la main^ i> que les prisonniers se délivrent, ayant dict audit gentilhomme » que je povois entendre que M. de Montmorency et M. de

> Rouillon estoient aparentez aux plus grandz de France, et que » l'amitié ne sçauroit estre si grande cependant qu'ils sont pri- » sonniers; aussi qu'il tiendroit la main en la paix et qu'il esti- » moit qu'il viendroit par deçà, et qu'il pensoit bien que l'em-

> pereur n'envoyeroit en France aullre que moy, veu le travail

> que j'avois eu, et me prioit que, incontinent que j'aurois nou-

i> velles de l'empereur et du roy, luy faire sçavoit" en diligence,

i. \o\t Appendice, n© 36.

2. Archives du royaume de Belgique (Lettres des seigneurs, vol. i» f* 39. De Lalain à la reine).

> et qu'il lenoil iing courrier presi pour l'envoyer inoonlinent » vers le roy de France, pour delà passer en Italie et y faire

> publier la tresve qu'il?, ont faict en Picardie... P. S. L'ami-

> rai de France et madame de Royc doivent estrc, ce soir, au ».Chastelet pour estre demain Ji Vaucelles, sur espoir que » ma femme y viendroiL, et y dresser une chasse, mais elle est

> venue avec moy en ceste ville. »

Divers messages venaient d'être échangés entre Coligny et de Lalaio au nom de leflrs souverains respectifs, sur la fixation de l'époque h laquelle la trêve serait ratifiée par ceux-ci, lorsque, le '24 février, Henri II écrivit à l'amiral ' ; ■! Je suis d'avis que B vous mandiez au sieur de Lalain que mon ambassadeur sera » prest de fom-nir ma ratification (à l'empereur et à sou fils) de- » daas le 10' ou l'a" du nioys prochain, pourveu que dedans ce

> temps-lJi l'on ail accordé la délivrance et les rançons des pri- » sonnicrs à prix d'argent, suivant ce que vous luy en décla- » rasles h voslie département d'avec luy, car je ne vouldroîs^ » pas qu'après ladite ratification fournie et délivrée, il demeu- * rast en leur liberté de prolonger le faict desdicls prisonniers, » à leur plaisir. Et, d'autre part, il reste si peu de chose à y ré- » souldre, que s'ils y veulleut procéder d'aussi bon pied qu& » ledici sieur de Lalain le vous escript, cela se Iraictera et ac- » cordera tousjours en moins d'un jour ou deilx, et pour ce i vous ne sçaurieZ mieulz fau'e que de luy en faire une bien 9 viCve poursuite et instance avec quelques démonstrations ï que vous estes pour demeurer ferme en ceste résolution,

> l'assurant tousjours que en choses honnestesel où il y va de ï ma foy, j'ai accouslumé de procéder si sérieusement que, sî-

> t6t que j'ay eu advis de vous de la conclusion de ladicte tresve » oullre la publication qui en a esté faicte en Picardie, je ne

> j'ay pas faict seulement publier l'i Paris, qui est la principale

i. llibl. liai., msî. f. fr-, vol. 2810*. f iOl.

> et capitale ville de mon royaume, mais aussi en Champagne, f Guyenne, en tous les autres pays et frontières de mon obéis- » sance, tant du costé d'Espagne que ailleurs, avecques telles }» démonstrations de joye que l'on a accoustumé en tel cas,

> aiant tousjours estimé qu'ils feroient le semblable de leur p costé. »

Cette dépêche du roi était accompagnée d'une lettre dans laquelle * le connétable tenait à son neveu ce langage : « Je 1^ vous diray que je vous recommande le faict de noz prisonniers, » lequel il me semble que lesdicls empereur et roy d'Angleterre » ne peuvent dilayer ou refuser d'accorder promptement, s'ils » ont envye d'y procéder de bon pied, joinct aussi que je n'ay ja- » mais ouï parler que, en semblables traictez que celuy que vous

> venez de faire l'on n'ait tousjours au mesme instant accordé de ]> la délivrance des prisonniers qui ont esté détenuz d'une part » et d'autre, trouvant les façons de faire dont ilz usent en cela j> sy estranges, que je ne sçay si je m'en doys rien promettre de :» bon : vous y ferez comme pour voz parens et amys et selon

> l'amytié que je sçay que vous me portez et le désir que vous :» avez de m'en veoir satisfait. :&

Charles-Quint et Philippe, dans des vues que rien ne saurait justifier, semblaient prendre à tâche de lasser la patience de Henri IL En effet, aux nouvelles démarches faites par l'amiral pour obtenir, quant aux prisonniers, une 'prompte solution, l'empereur et son fils ne répondirent que par une sorte d'empressement affecté à devancer, par leur ratification de la trêve, celle à laquelle, selon eux, le roi de France se prêterait sans condition; une déclaration qu'ils signèrent le 27 février, l'un à Bruxelles, l'autre à Anvers % contenait, sans faire d'ailleurs la moindre mention des prisonniers, le passage suivant: a estans

> advertiz et acertenez par lettres escrites à nostre cousin le

1. Lellre du 24 février 1556 (Bibl. ual., rass. f. fr., vol. 2846, ^ 19^.

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