Du Bouchet, p
» comt« lie Lalain par l'arlmiral de France, ayant esté i'iin X des iraiLtans, de la volonié du roy son niaistre, qu'il tieui
> agréable ce que par ses commis et dépuiez a esté Iraielé et » convenu (à Vaucelles), et se monstranl iceluy sieur roy con- » lent et prest, sans plus de dilaiîon, nous faire tenir prompie- » meut ses lettres de ratification en bonne et denc forme, sça- » voir faisons, que nous ayant agréable ce que par riosdits dé- ■ puiez a esté faict, convenu ei conclud avec les députez dudit
> sieur roy de France, avons iceluy accord en tous et cbascun » ses points et articles et selon sa lorme et teneur, accepté,
> ratifié et approuvé, acceptons, ratifions et approuvons par » ces présentes. »
[)e Lalain, porteur de cette déclaration, invita Goligny à se rendre h Vaucelles pour y procéder avec lui à l'écliange des ratifications et c y aviser par ensemble sur ce qui se debvroit » et pourroit faire à l'endroict des prisonniers et du cbemin que » l'on pourroit tenir pour continuer la négociation de leur dé- » livrance » '.
Henri II qui, pas plus que l'amiral, ne se méprenait sur la vérilahle portée de ces dernières expressions, lui écrivit le 28 février * : 1 C'est bien assez ouvertement déclarer qu'ilz veulent
> tirer la chose h la longue. Entendez, mon cousin, que avant » que de venir à la délivrance de ma ratificalion,je veux que vous » déclariez au sieur de Lalain que encores que je la vous aye » envoyée et que vous en soyez saisi, vous avez exprès com- 1 mandement de moy de ne la bailler et délivrer à qui f|ue ce
> soit, que premièrement le faict desdits prisonniers ne soyt D résolu et accordé, qui est chose que vous luy déclarastes à » vostre parlement de Vausselles et qui s'est lousjoui-s faict en 1 semblables traiclez et que à cesle cause il regarde, pendant
I. I,cnre lie Henri 11 4 Coligny Ju 28 féïrier I55(i (Ifilil. rai., ml. 2810. r 1U9).
S. Bibt. nal. iius t. fr., vol. HitlG, f II)».
i> que vous serez ainsy là l'un auprès de l'autre, d'y metli^e une D fin, restreignant à cela le plus qu'il vous sera possible et jus-
> qu'à faire semblant que plus tost vous despàrtirez-vous sans
> rien faire, que de laisser ainsi en arrière ces te résolution, :» et pour laquelle, s'il dict qu'il n'en aict point de charge, il luy 1» sera aysé d'envoyer vers lesdicts empereur et roy d'Angleterre, » et d'en avoir en moins de Iroys ou quatre jours la response, :» sy tant est qu'ilz y veuillent marcher de bon pied, vous priant !> que vous mettiez peyne de conduire si dextrement cette y> affaire que pour le moins ilz ne tirent de vous madicte
> ratification que à l'extrémité et après avoir descouvert y> tout ce qu'ilz pourront avoir sur le cœur du faict desdicts
> prisonniers. :»
Ces instructions précises furent ponctuellement suivies par l'amiral \ à qui de Lalain annonça que, ne pouvant rien décider par lui-môme, il devait prendre les ordres de Charles et de Philippe. Henri II voulut bien patienter encore et communiqua à son fidèle représentant cette simple réflexion - : « Je » ne sçaurois croyre qu'ilz sçeussent plus remettre la chose en 3> longueur ne difficulté, et sera malaisé que par la réponse que y> le sieur de Lallain vous fera là-dessus, nous ne cognoissions ï) ce qu'ilz en auront dedans l'estomac, y^
Depuis quelques jours, l'amiral était souffrant : il demanda l'autorisation de quitter momentanément Saint-Quentin, dans l'espoir qu'un changement de résidence lui procurerait quelque soulagement. Non-seulement cette autorisation lui fut immédiatement accordée, mais de plus, le roi et le connétable lui donnèrent à l'envi, en termes pressans, des conseils d'hygiène, dont la familiarité, tout en révélant un piquant détail, prouve
1. LeUrc (le Henri II à Coligny des i et 7 mars 155G, et du connétable au luéme des 4 et 7 mars 1556 (Dibl. nat., mss. f. fr., vol. 2^46, f^ 202, 203, 204, 205).
2. Lettre du 4 mars 1556 (Bibl. nat., mss. f. fr., vol. 2846, f» 202).
avec quelle soilicilude ils veillaient sur sa santé. « Ayant entsn- » (lu, lui disait le premier', vostre indisposition, el S(;achanl » combien le poisson vous est contraire, je vous conseille et or- » donne que vous usiez de la chair et autres viandes qui vous
* seront propres, suivant le congé que vous en avez du » jMpe. >
— « Le roy, écrivait Anne de Montmorency à son neveu ^ a
> trouvé bon que, estant contraint pour vosLre indisposition de » changer d'air, vous aiez choisy Péronne pour la conmiodilé s que vous y aurez plutôt qu'à Saint-Quentin cl entend, comme » vous verrez par ce qu'il vous en mande, que durant ce ca-
> resme vous usiez de chair et autres viandes qui vous seront » propres suivant la permission el la dispense que vous en
> avez du pape, ayant sçeu de M. Dugognier combien l'usage du » poisson vous est dangereux et pernicieux et le besoing que » vous avez de vous en abstenir. »
Moins préoccupé des soins réclamés par sa santé que de l'issoe réservée à la négociation qu'il dirigeait, Coligny vil enfin celle néj^ociation faire, le 9 mars, un pas notable, tandis que Heuri II dans Tignorance de ce qui se passait alors entre les plénipotentiaires impériaux et l'amiral, faisait part à celui-d de la concession îi laquelle, le cas échéant, il se résignait : « pour
* ce qu'il ne seroil raisonnable, lui disait-il \ que pouB un inlé- » rest particulier comme est cestuy-Ià (la délivrance des prison- » niers), je feisse préjudice au traiclé de la Iresvequi a esté bl'- ■ cordé entre nous, en danger d'esclure nioy et mon royaulme
> du bénéfice d'ung si grand bien, je veulx, mon cousin, si vous » voyez qu'ilz demeurent obstinez ji ne voulloir accorder du faict
> desdicLs prisonniers, que après les ratifications de ladite . » tresve fournies et délivrées d'une part el d'autre, tellement 3 que vous n'en puissiez avoir autre raison , que, nonobstant cela,
I. Lr-lU-e du i mars 1550 (Ilibl. nat., inss. !. te., vol. iUG, f Wi).
S. !.«ttre du l mars 155G (Ilibl. ual., mss. f. fr., vol. 2846, r- 203, 204).