‹ Gaspard de Coligny, amiral de FranceChapitre 92 sur 241 · I. Voir \e'i recueils ilc ilu Ilouchel, de llibie · texte numérisé non relu

I. Voir \e'i recueils ilc ilu Ilouchel, de llibie

« On partit de Péronne pour aller au gisle à Cambray. Le sieur y> de Bossut, grand écuyer de l'empereur, se trouva à my-chemin :» qui reçut l'amiral et le conduisit jusques audit Cambray, où

> l'on séjourna le lendemain, sur la remontrance que ledit sieur » de Bossut fit, que l'empereuret le roi son fils ayant indicté une 3> assemblée de tous les ordres des Pays-Bas à Bruxelles, où ils j> estoient, qui se rencontreroient à mesme temps que ces sei- » gneurs français arriveroient en la ville, où Ton ne pouvait pas » les faire accommoder si bien qu'on désiroit ; au moyen de quoy » il avait charge de prier ledit sieur amyral de retrancher de sa :» suite le plus qu'il pourrait; qui fut cause que les capitaines et :& gouverneurs de Picardie furent renvoyés.

:» Le 25 mars, feste de TAnnonciation-nostre-Dame, arrivez à j> Bruxelles et logez en une rue nommée des Arènes. Sur les » onze heures du soir, un François de nation, nommé François de 3> Villers, natif du bourg de Chaumont-sur-Loire, secrétaire du D sieur de Berlaimont,. intendant des finances de ces princes, » donna quelque advis audit sieur amiral sur le faict de la trêve, au- » quel l'amiral fit donner cent escuz,qu'à peine il voulut prendre.

» Le lendemain matin, ces seigneurs français assemblez chez j> M. l'amiral en une grande court qui estoit au logis, pendant y> qu'il dépêchait quelques affaires, les esprits françois (qui sont » comme le cours du ciel en perpétuel mouvement) ne se pou-

> vaut arrester, se mirent la plupart d'eux à jouer au chevaly> fondu, dont le bruit estant répandu, plusieurs gentilshommes }> flamands et autres de qualité y estant accourus, trouvèrent le » jeu si beau, qu'ils firent de mesme, mais les nostres emportèrent » le prix, car il n'appartient qu'aux François seuls de faire les 3> choses de bonne grâce.

» Environ une heure après, l'amiral alla devers le roy au y> chasteau, où tout estoit paré à l'avantage, selon la grandeur j> du prince : mais il y avoit une chose du tout indigne de la

> générosité royale. La salle dudit chasteau joignant la cha-

Il pello estoit tapissée d'une tapisserie richement esloiïét! qui j> représenloil l'histoire de la prise du feu grand roy François 0 devant Pavie, son embarquement en Espagne, cl généraie- B ment tout ce qui estoit intervenu en cet exploit. Cela fut exit Irémement déplaisant aux gens de bien de noslre nation, au » mespris de laquelle on s'avisa mal à propos de faire ceste ft parade, qui tourna plus h leur honte et confusion qu'à leur » honneur et réputation; car ce seul accident procédant de la

> volonté du grand Dieu des batailles, et non du mérite du vie-

> toricux, sujet au mesme désastre, comme il luy estoit fresche-

> inentavenu,enceste honteuse etlascliefuited'Enipont, lorsque

• Mamncelo tenait de court et prest h luy mettre la main au » collet, s'il se fust fidèlement acquitté de son devoir envers sa » patrie, et à nostre roy à qui il s' estoit lié et obligé de sa propre » foi, ayant ce grand roy François acquis plus d'honneur d'avoir

* généreusement combattu en ce désastre, que le victorieux b d'avoir (non par soy mais par autruyt heureusement vaincu.

B Briisquel ', qut estoit en nostre compagnie, sans dire mot B ny prendre conseil de personne, sçeut fort gentiment rendre leï ciiauge de ce brocard et faire risée de leur turpitude et avarice » par une bouffonnerie que je ne réciterois autrement.

t Le lendemain la messe fut célébrée en ceste chapelle par » rérêque d'Arras, où assista le roy en son oratoire, et de l'autre

> costé l'amiral avec l'ambassadeur de France et les principaux » sej^neiirs qui l'avoient suivi. La messe célébrée, le roy s'ap- » procha de l'autel où l'évesque d'Arras tendit le livre du Saint

> Évangile, sur lequel ce prince jura et promit l'observation du » traité. Ce fait, k l'instant Brusquet, son valet et non plus » (car tout le train du niaistre estoit compris en ces deux) cora- » mencérent à crier à liante voix : lartjesse. ayant «hacun un » grand sac plein d'escus de nostre palais de Paris, qu'ils com-

i. Voir sur Itru9i(act, budfun ilu r Maréchal d'Ettrozzn(-4îl L. I.iil.,i

i, le^ tiétails Tûarnis par UmnlÔrne : te II., p. 211 «2G8).

» mencèrent à jeter deçà, delà, et se faire large, car tous cou- » roient à la prise et les abandonnoient. Le roy à ce cry se » retourna avec admiration devers l'amiral, estimant que les ï> François, après leur première folie, fussent passez jusques à T) ceste témérité de faire largesse chez luy; en sa présence, Fa- » mirai demeura com1, ne sçachant encore que dire, qu'il, ne 3> sçeut la vérité ; il descouvre Brusquet et son valet/ jouant ceste 3> farce, qu'il monstra à ce prince/ Elle fut si dextrement jouée, y> que les assistans qui estoient plus de deux mille, tant hommes D que femmes, estimant que ce fust une libéralité de ce prince, » se jettent avec une furieuse ardeur à recueillir ces escus, les 10 archers des gardes les premiers, qui vindrent jusques à ce » poincter les harlebardes; le reste de la multitude entra en D une telle confusion, que les femmes deschevelées, leurs bourses i> coupées, les uns et les autres, hommes et femmes, renversez » par une si estrange drôlerie, firent que ce prince fut contraint ï> de gagner l'autel pour se soutenir, tombant à force de rire, » comme aussy les roynes douairières de Finance et de Hongrie, 0) madame de Lorraine et autres, toutes renversées plus d'une » heure que dura ceste farce : enfin de laquelle le roy voulut » avoir Brusquet pour lentretenir durant son diner, qui, après 3> plusieurs bouflbnneries, le paya d'une autre monnoye, car, » au dernier service, par permission du roy, toutefois qui ne D sçavoit qu'il vouloit faire, prit les deux bouts de la nappe du y> costé d'en bas, se jette sur la table, se roule tout du long i> d'icelle, prend les autres bouts et s'en enveloppe avec tout ce D qui estoit dedans, qu'il emporte après avoir faict une révérence » et dit : Grand mercy.

» Le dimanche de Pasques fleuries ensuivant, l'empereur y> estoit en sa petite maison du parc de Bruxelles, en laquelle i> il s'es toit assez longtemps auparavant retiré pour se décharger y> du monde, mais qui s'estoit toujours retenu la connoissance y> et disposition des affaires, ayant pour tout conseil l'évesque

- IÏI5 i son (ils et autres seigneur?

(le s

> d'Arras, qui rapporloit ii

> conseil son advis.

» L'amiral avec sa suite l'alla Ironver en ce lieu, oi'i ii l'entrée

> depuis le bas de l'escalier jusques à l'antichamln-e de l'em- I pereur esloient en hayo double plusieurs seigneurs, les plus » Jeunes n'ayant pas moins de trenie-cinq ans, les plus igèz ne

> passant aussi l'âge d'environ quarante-cinq ans, tous parez » lie noir el en grave et vénérable port et contenance, tous teste B nue tant que les François mirent à passer.

ft L'empereur altendoil l'amiral en sa chambre, assis en un«

• chaise, à l'occasion de ses goûtes, ladite i^haise couverte de » drap noir; au-devant de luy une table de longueur environ

• six pieds, couverte d'un lapis de di'ap noir, sa chambre et

• aiilichambro tapissée de mesme, qui furent incontinent rem-

• plies de François et non d'autres; car les genlilhommes qui « (oisoient haye se relirèrent au bas de l'escalier pour faire place. « Son habillement estoit une petite robe citadine de serge de

• Florence, coupée au-dessous des genoux, ses bras passez au » travers des manches, un pourpoint de treillis d'Allemagne » noir,' un bonnet de manioue enlonrné d'un petit cordon de «<»ye, sa chemise h simple rabat : cette simplicité illusti-ant

• d'autant plus ce piince, qui à la vérité estoit très grand, si 1. son extrême ambition eust esté quelque peu retenue, comme " il n'y avoit jamais pensô.

» L'amiral s'iipprochant avec une révérence condigne h la » grandeur de ce prince, el à la gravité et port dudil amiral ', » qui n'estoit aprcnly à jouer son personnage, lui dil ;

> Sire, le plus grand souhait que le i-oy très-chrétien, mon

I. < l.a Inilfi.- iIb l'iiiiiirnl fsUiU moyenne, sa couleur vcmieillc. ses memlircs I bien proportionntu, son vUagc calme et serein, sa voix ngrcable el iluiicir,

• tuais «OQ i^loculioii un peu tardive el lente, »a .c«raple\ion boaoïr, son gesie cl

* >an Durcbur a*«c bien»âaiic«et une gracieuse graTilé. t (Uolm.iu. Vin dt Co- Ugns, inul. h., \mi, p. 163.)

> seigneur souverain, a tousjourseu, a esté qu'il pleust à Dieu » de bénir son règne d'un parfaite paix et amitié avec tous les

> princes chrétiens, ses voisins. Ce bénéfice a commencé à

> produire son germe avec vous par une trêve convenue le cin-

» quiesme jour de février dernier, qui enfantera, s'il plaist à » Dieu, une paix indissoluble entre vous, vos royaumes, estais » et sujets. Il a plu audit seigneur me députer pardevers vous » pour estre présent au serment accoustumé, et qu'il vous » plaira faire pour l'observation de ladite trêve, ainsi que vous ï) verrez par les lettres qu'il vous en escrit et que je vous pré- » sente de sa part.

» Sa response fut * : Monsieur l'amiral, le roy, monsieur » mon bon frère, me rend un très aparent tesmoignage de sa » vraye et parfaite amitié, me faisant cet honneur de m'escrire, D et d'avoir choisi un si digne ministre que vous, qui estes le jf> bienvenu, pour estre porteur de la lettre; et, la recevant, il i vouloit l'ouvrir : mais parce qu'elle estoit fermée d'un tiret y> plus ferme que les autres lettres communes, comme est la

> coustume des roys quand ils s'entr'escrivent, en leur granit deur, il se trouva en peine. L'évesque d'Arras, qui estoit 2> derrière sa chaise, s'avançant pour penser l'ouvrir, il ^e tourna D et dit : Comment, monsieur d'Arras, me voulez-vous ravir ce D devoir dont je suis tenu envers le roy, monsieur mon bon y> frère? jà n'avienne qu'un autre le Aice que moy; et continuant y> luy inesme l'ouverture, se tourna devers monsieur l'amiral D avec un sourire gracieux : Que direz-vous de moy, monsieur y> Tamiral? ne suis-je pas un brave cavalier pour courir et » rompre une lance, moy qui ne puis qu'à bien grande peine

1. Les paroles prononcées alors par Charles-Quinl prouvent qu^il s'exprimait en français avec une certaine aisance. « Entre toutes les langues, dit Brau- » tônie (éilit. L. Lai.; t. 1, p. 33), il entendoit la Françoise tenir plus de la majesté

> que toute autre. Quel bon juge et suffisant pour la mieux honorer ! Et se plai-

> soit à la parler, bien qu'il en cust plusieurs autres familières. > •

1 ouvrir une lettre '? laquelle il bailla audit évesque, lui disant : » lisez-la ; ce qu'il Ht.

I L'empereur, aprùs la lecture de la lettre, entra en devis

> communs el (amiliers qui se font en tels actes et demanda à » monsieur l'amiral : Comment le roy, monsieur nioTi bon

> frère, se poric-t-il? Fort bien, Sire, respond monsieur l'ami- » rai. Eh! que j'en suis aise, comme pensez-vous combien le B ctBur m'en rit, et non sans cause, cai- je tiens à beaucoup. » d'honneur d'esire sorti, du coslé maternel, de ce Heuron qui

> porte et souslient la plus célèbre couronne du monde. Maïs

> on m'a dit toiitesfols iju'll commence à gi-lsonncr ; il n'est I lien si jeune que luy; il n'y a, par maniî;rc de dire, que trois

* jours qu'il esLoit en Espagne jeune prince, enfant, sans poil

> de barbe. Monsieur l'aniiral voulant excuser cela, luy dit : Sire, t à la vérité, le roy a deux ou trois poils blancs; aussi ont bien

> d'antres plus jeunes que Iny.

j Eh! ne vous ébayssez de cela, répliqua l'empereur; c'est

> moJTis que rien. Je demande de l'estat d'autruy; je veux B vous rendre compte du mien. Quasi en mesme aagc, venant 1 de mon voyage de la Goulette surgir à Naples (monsieur

* l'amiral, vous sçavez la gentillesse de la ville, la beauté et la » bonne grâce des dames qui y sonti ; je suis homme, je vou-

> lois mériter leur faveur comme les autres. Le lendemain de

> mou arrivée, au matin, j'avois fait appeler mon barbier pour 9 me lestonner, fiizer el parfumer : on me présente un miroir, » je me regarde et reconnois en moy le mesme qu'au roy mon- « sieur mon bon frère. Esbaliy et estonné, je demande qu'est-ce

I. BranWme (édil. L. I.al., l. 1, p. 13 et suiv.) affirme lenir de Coligiiy luimémp qnc Cliarles-Ouiul aurait dil alors, la larme â l'isil : » Vous wjei. » moDstPur l'ailmiral, comme m rs mains qui ool faicl el parTaicl lniit de ip-andcs t cfaoK's et [imniri ai bien les armes, il ne leur reste myiiitenant In moindre 1 foK* el iJiiiisanrc du moude pour ouïrir une simple Icltre, VoylA le» fniili » (fueje rapporlo pour avoir voulu aeijuârir ce gi-mid n«m,ploin de tauili^, de I grand capitaine v\ Irès-capable el puissant empereur I Et i|uclleriicumpensel>

» que cecy? Mon barbier me dit : Deux ou trois poils blancs;

> il y en avoit plus d'une douzaine. Ostez-moy ces poils, dis-je » à mon barbier, et n'en laissez aucun ; ce qu'il fit. Sçavez- » vous qui mavint (adressant sa parole à tous les seigneurs » françoys)? quelque peu de temps après, me voulant revoir » au miroir, je trouvay que, pour un poil blanc que j'avois fait » oster, il m'en estoit revenu trois ; et si j'eusse voulu faire » oster ces derniers, en moins de rien je fusse devenu blanc

> comme un cygne.

> Après il demanda des nouvelles de M' le connétable, qu'il c loua beaucoup comme un bon et utile serviteur de Sa Ma- » jesté. Il fit aussi mention de madame de Valentinois, et non » d'autre, car il sçavoit qu'en ces deux consistoit toute la faveur j> et autorité.

» Jetant ensuite un regard sur tous les François : Je crois,

> dit-il, que Brusque t doit estre icy, car on m'a dit l'avoir vu.

> Je ne le connois point, mais je crois que le voilà, ajouta-t-il,

> en le montrant du doigt. Sire, dit monseigneur l'amiral, c'e<ît

> lui. Eh bien! Brusquet, tu nous as fait largesse de tes écus! » Comment te portes-tu? Sire, vous m'ôtez la parole de la » bouche, en daignant vous abaisser vers un si petit ver de » terre que moi. Oh ! dit l'empereur, ne te souvient-il plus de la » journée des éperons, devant toi et M' le maréchal de Strozzi?

> Brusquet répondit vivement : Oui, Sire, il m'en souvient

> très-bien; ce fut alors que vous achetâtes ces beaux rubis et

> escarboucles que vous portez aux doigts. Brusquet faisoit par » là allusion à la difformité des mains de l'empereur, ce prince » ayant à chaque doigt des nœuds osseux qui rendaient ses

> mains comme percluses. Il y eut tant de vivacité dans cette

> répartie, que l'empereur et toute l'assistance éclatèrent de » rire. Je sais maintenant, répondit l'empereur, grâce à toi,

> qu'il ne faut pas juger des gens sur ce qu'ils paraissent être,

> car tu fais le fou, et je t'assurç que tu ne l'es pas.

» Après, M' l'amiral prenant congé, avanl que la compagnie

> rùL descendue, ce prince avait lail ouvrir toutes les fenestres

> de sa chambre, qui regardiiil sur le parc, oi'i estoil le passage » de noslrc retoui', et là se prcscnla pour eslre reconnu de tous,

> car peu de jours avant, on l'avait fait si malade qu'on l'avait

> tenu pour mort, n

Voilà, certes, une singulière prtiparation Ji la solennité d'une prestation de serment, et la plus bizarre des audiences, donnée, dans de graves conjonctures, par un souverain à un ambassadeur (étranger! Le sérieux de l'accueil fait ii celui-ci, dans le premier moment, y cède promptemeni la place h la familiarité soit d'une plaisanterie de ce souverain sur sa propre infirmité, éoil d'une question malicieuse sur le monarque français, laijuellc sert de transition à une anecdote d'un }j;oât douteux; et, après quelques mots, au sujet d'un favori cl d'une favorite, qui conti-aslent avec le silence cornplel yaidû sur la reine de France, elle se termine par un colloque avec un bouflbn, qui met les rieurs de son côté, y compris l'empereur. Habituellement allier et impérieux, mais chercbant, dans l'occasion, à se faire bien venir d'aulrui, Charles-Quint, dont la finesse et l'asluce étaient depuis longtemps devenues proverbiales', revotait volontiers, dès qu'il y trouvait son intérêt, les deliors de la bonhomie et du laisser-aller. Ainsi s'c\[ilii]ue, comme pins calcnlé que naturel, son langage dans l'audience dont il s'agit.

L'bJJarirà exubérante d'un Philippe II, à l'issue d'une messe, et l'enjouement d'un Charles-Quint, au cours d'une réception diplomatique, voilà, à n'en pas douter, ce que le grave amiral de

). I Ccsl ilonc Cti;ir]cs-le-Uuiiil, dicl Charles it'AulHclie, doul jr parle, qae

> li^s &ndi!iis Fraiiçoiï de sou temps, lirocarilaitl, et uutaiil les PicarJi, qui sont » (rrnniU oriiuiiicurs, malpropre à eu« pour dta' graiiiU uauscurs, appelloJooi * Ckarte» qui triche, Taisaiil nllusioii sur Autriche qui triche, autant dire qui

> Irooipe; comme de vray, loulc hadîne qu'elli^ irsloil, n'esloil point mauvaise, » rai- il a esté imj! (ir.iud trompeur et un peu trop manqucur de foj. » RranlAuie, ^dil. I,. Ul., t. I, p. ICI, 11, là),

France ne s'attendait guère à rencontrer à la cour de Bruxelles. Il n'en poursuivit pas moins l'accomplissement de sa mission, avec le sérieux qu'elle commandait.

Le 27 mars, le roi Philippe avait, ainsi qu*on l'a vu, juré, en présence de Coligny et de sa suite, l'observation de la trève^j le 29 du môme mois, lamiral et les nombreux personnages qui l'accompagnaient assistèrent au serment que prêta l'empereur entre les mains de son conseiller d'état et garde des sceaux, l'évêque d'Arras. Par ce serment, semblable à celui du roi, son fils, Charles s'engageait, « sur les saints évangiles de Dieu, à » observer et faire observer inviolablement par lui et ses sujets j> la trêve, sans faire ni consentir estre fait chose quelconque au > contraire, au préjudice d'icelle* ».

Postérieurement au 29 mars, Coligny revit, plus d'une fois, à Bruxelles, Charles-Quint, et s'entretint avec lui, en particulier. Si l'on peut, par conjecture, se faire à peu près Aine idée des divers sujets sur lesquels alors roula la conversation, il n'en est qu un du moins qui soit connu, d'après la citation qu'en fit, un jour, l'un des deux interlocuteurs. « J'ay ouy raconter à )> M. l'admirai, dit Brantôme-, que, lorsqu'il fut envoyé de par y> nostre grand roy Henry second en Flandres vers ce grand y> empereur Charles, comme de son coslé il envoya le comte de y> Lalaing pour jurer la tresve faite entr'eux deux, advint, un » jour, qu'en devisant avec sa sacrée majesté, et tombant de » propos en propos, elle vint à discourir des guen-es passées et » des grandz capitaines qu'y avoient commandé, et s'en estre » tant perdu, qu'il n'en sçavoit plus, de ces temps, restez qui y> méritassent le nom de grandz capitaines que trois : luy pre- D mièrement, se donnant le premier lieu, comme de raison, » M. le connestable, son oncle, pour le second, et le duc d'Albe

1. Acte du :29 mai 1556, cunstataiit le serment prêté par Philippe et par Charles, les 27 et 29 mars. (Du lîouchel, p. -487, i88).

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