Voir Appendice, n
5. c Monsieur d'Andelot, mon frère, un second moy-mesme, sur lequel je
> me pouvois tant reposer! > {Mém. de Coligny ^ édit. de 1665, p. 224.)
6. Voir les lettres : 1» de Renard à Philippe U, des 27 et 31 mai, 24, 28 juin.
prisoiiniers s'en trouvait un des plus notables, le duc de Bouillon, dont la mort, en 1556, suivit de près la mise en liberté, . daQs des circonstances qui portèrent à croire qu'il périt victime d*un odieux altenlat '.
Quelque grave que Tùt la situation des afluircs publiques lorsque l'amiral répondit, le 26 août 1 556, à l'appel que venait de lui adresser le roi, elle ne réclamait cependant pas immédiatement sa présence en Picardie. Il put donc rester quelques semaines encore à Chitillon, où il continua k s'occuper des iulérâts de la vaste province confiée à ses soins, et de ce qui conceraait l'Amirauté de France.
Cliaque fois que les circonstances permettaient à CoHgny de résider dans son château, les membres de sa fimiille cl ses amis^y recevaient de lui et de Charlotte de Laval une cordiale hospitalité; et toutes autres personnes, quelle que fût leur condition,)' trouvaient toujours un bienveillant accueil. Tel apparaît dans l'histoire celui dont se sentit, k juste titre, honorée, une troupe de pieux voyageurs qui, sni' l'invitation de l'amiral, se disposaient à rejoindre, sous la conduite de l'un de ses anciens voisins du Gâtinais, les colons protestants récemment atri-*
il seplfmbre et 7 octobre 1550 (Psp. d'Élat àv Granvelle, l. IV, p. 573, 583, 581. 585, rm, .Gf7. 733); S" de Philippe II à tlcnard, du 7 jaio 1556 (Ibid., p. 591); 3' Ju dac ilc Savoie k ItenRfd, de Du juin, des 21, S5 juillrl, 3S ae{>loubre cl i odobrc 1Ô56 (Ibid., p. r>09, «37. 6iH, Oii. 615. 703, 7113).
1. ■ Chacun scait comme M. de Bouillon fui iniquement el prodiloirpmcDt
> em|iois..tmé et rendu [»ort. > (Pr. de Rabuiin, T.. de Belgi<|ue, lir. VIII.) — c Ou ilicl ijiie M. de Ilouillon, aprëi avoir payé une grosse riuivou, Tut livré à
> M femme tout empoisonné, qui fui une grnnde charge de conscience, prendre
> rBTpml d'une personne el puis la faire mourir ai misÉrablemeul Achiles
> rendit le corps d'Hpclor ^nluitement : el ccsluy-cy, «près avoir payé rançon, I tul reodu non morl. niais autanl valloit, puisqu'il avoil esté ompoisonné. Cela » se dÎBOil lors, jETande crunul^ pourianl! il ne falloit doubler pnur Iny d'un
> tuire traicieoienl que celuy'U, car l'empereur vouloit trop grand mal h inule » GCfte maison. — J'ay sçu pourtant de bon lieu qu'il mourut par autre sub- « Ject; que je ne diray point pour fuir scandale, et empoisouni^ pourtant par ■ ses plu> procliM. > (brantdnie, i^dit. L. Ul., 1. III, p. t9t.) — V. aussi De Tboi, Uûf. unie, l. Il, p. Sil), et Ci. llaUun, Métn.. I. I, p. 77-78.
vés au Brésil, où ils avaient arboré le drapeau de la mère patrie.
Un navire revenu en France, dans les premiers mois de 1556 S avait apporté à Coligny des nouvelles de la colonie naissante, et des lettres dans lesquelles Yillegagnon, se parant d'un zèle religieux, demandait à son noble protecteur, en même temps qu'à l'Église de Genève, qu'on lui envoyât des ministres et de pieux laïques, pour évangéliser à la fois les colons français et les indigènes. Cette demande avait été accueillie, et plusieurs hommes recommandâmes s'étaient décidés, dans l'élan de la foi et du dévouement, à partir. Ayant soutenu naguère d'intimes rapports avec un fervent protestant, Philippe de Corguilleray, sieur du Pont, qui après avoir longtemps habité dans le voisinage du château de Chfttillon, s'était fixé près de Genève, l'amiral l'avait instamment prié de quitter l'Europe avec les émigrants et de les guider; ce à quoi, tout âgé et chef de famille qu'il était, il avait consenti. Rien de plus naturel, dans la solennité de telles conjonctures, que le désir qu'éprouvait Philippe de Corguilleray de revoir, une fois encore, l'amiral, et de recevoir, avec ses conseils, ses affectueux encouragements. De là, la visite, qu'à son arrivée de Suisse, il vint, avec ses compagnons de voyage, rendre à Coligny.
Nous ne pouvons mieux faire que de laisser l'un de ceux-ci, le véridique Jean de Léry, parler de cette visite et exposer, a titre de préliminaire indispensable, les circonstances dans lesquelles s'était accomplie l'installation de Villegagnon et des émigrants. Voici son récit - :
1. Il est digne de remarque, que ce fut également dans les premiers mois de 1556, que l'amiral, alors que lui parvenaient les premières nouvelles de l'établissement fondé, sous ses auspices, en Amérique, reçut la dédicace d'un vaste travail de cosmographie, dans lequel un marin français, Guillaume le Testu, avait consigné le résultat de ses explorations personnelles et de celles d'autrui, concernant diverses contrées lointaines et leurs habitants (voir Appendicey numéro 47).
2. Histoire d*un voyage fait en la terre du Brésily etc., etc.; édit. de 1600, p. i, 5, 6, 7.
« Arrivé qu'il fui au Brésil, Villegagnon descendit et se pensa I premièrement loger sur un roclicr, à l'embouchure d'un
• bras de mer et rivière d'eau salée, nommée par les sauvages » Ganabara..., maislesondesdelamer l'enchâssèrent. Par quoi
• estant contraint se retirer de là, il s'avança environ une lieue
> tirant sur les terres, et s'accommoda en une isie auparavant
> inhabitable, en laquelle ayant deschai^é son artillerie et ses
• autres meublesafln qu'il tustenpius grande seurcté, tantcon- » ti-e les sauvages, que contre les Portugais, qui voyagent et I" ont jà tant de forteresses en ce païs-lii, il lit commencer t d'y biistirun tort '. Or, delà feignant tousjoursbrusier de zèle » d'avancer le règne de Jésus-Christ, et le persuadant tant qu'il 1 pouvait à ses gens : quand ses navires furent chargées et » prestes de revenir en France, il escrivit et envoya dans l'une I d'iceiles expressément homme à Genève, requérant l'église I et les ministres dudit lieu de lui aider et le secourir autant » qu'il leur serait possible en ceste sienne tant saiocte entret prise, mais surtout afin de poursuivre et avancer en diligence I l'œuvre qu'il disoil avoir entreprise et désiroit continuer de » toutes ses forces, il prioit instamment, non-seulement qu'on
• luy envoyas! des ministres de la parole de Dieu, mais aussi t pour tant mipux réformer luy et ses gens et mesme pour atti- » fer les sauvages & la cognoissimce de leur salut, que quelques 1 nombres d'antres personnages bien instruits en la religion I chrestienne accompagnassent lesdlts ministres pour l'aller
> trouver. — L'église de Genève ayant rei;u ses lettres et ouï
> ses nouvelles, rendit premièrement grûces à Dieu de l'ampli- » licalion du règne de Jésus-Cbril en pais si lointains, mesme 1 en t'-'rre si estrange, et parmi une nation laquelle voirement
• cstoit du tout ignorante levray Dieu. — Et 'pour satisfaire
• à la i-equeste de Villegagnon, après que M. l'amiral de Coligny,
6 Fort Coligny;
e l.éry. Ottvr. cité. p. &!.
> auquel pour le mesme efTect il avoit aussi escrit, eut sollicité
> par lettres Philippe de Corguilleray, sieur du Pont (qui
> s'éloit retiré près Genève, et avoit esté son voisin en i> France près Chastillon-sur-Loing) d'entreprendre le voyage,
> pour conduire ceux qui se voudix)ient acheminer en ceste
> terre du Brésil vers Villegagnon : ledit sieur du Pont en es- 9 toit aussi requis par TÉglise et par les ministres de Genève,
> quoiqu'il fust jà vieil et caduc, si est-ce que pour la bonne
> afection qu'il avoit de s'employer à un si bon œuvre, postpo-
> sant et mettant en arrière tous ses autres afaires, mesmes
> laissant ses enfants et sa famille de si loin, il accorda de 1 faire ce qu'on requeroit de lui. — Cela fait, il fut question j> en second lieu, de trouver des ministres de la parole de Dieu. ï> Partant après que le sieur du Pont et autres siens amis en eurent ï> tenu propos à quelques escolicrs, qui pour lors estudioyent y> en théologie à Genève : entr'autres maistre Pierre Richier,
> jà aagé lors de plus de cinquante ans, et Guillaume Char- ^ tier, lui firent promesse, qu'en cas que par la voye ordiï> naire de l'église on cognust qu'ils fussent propres à cette
> charge, ils estoyent prests de s'y employer. Ainsi après que
> ces deux eurent été présentez aux ministres dudit Genève,
> qui les ouïrent sur l'exposition de certains passages de l'es-
> criture saincte, et les exhortèrent au reste de leur devoir, ils » acceptèrent volontairement, avec le? conducteur du Pont,
> de passer la mer pour aller trouver Villegagnon, afin d'an-
> noncer l'Évangile en l'Amérique. — Or, restoit-il encore à
> trouver d'autres personnages inslruicts es principaux poincts
> de la foy : mesmes comme Villegagnon mandoit, des arti-
> sans experts en leur art : mais parceque pour ne tromper
> personne, outre que le sieur du Pont déclaroit le long et fas-
> cheux chemin qu'il convenoit faire, assavoir environ cent cinj> quante lieues par terre, et plus de deux mille lieues par mer, ]^ il adjoustoit qu'estant parvenu en ceste terre du Brésil, il se'
» faiidroît contenter de monger, au lieu de pain, d'une cer- » tninc farine faite de racine, et quant au vin, nulles iiouvel-
> les, car il n'y en croît point : bref qu'ainsi qu'en un nouveau » monde (comme la lettre de Villegagnon chanloit) il faudroit » là user de façons de vivre et de viandes du loul diférenlcs B de celles de noire Euiope : tous ceux, dis-je, qui aimans » mieux la théorique que la pratique de ces choses, n'ayant n pas volonlé de changer d'air, d'endurer les flots de la mer, » la chaleur de la zone torride, ni devoir le |>ôle antarctique, p ne voulurent point entrer en lice, ni s'enroller cl embarquer D en tel voyage. — Toutefois après plusieurs semonces el rc-
V cherches de tous coslez, ceux-ci, ce semble, plus courageux ■ que les autres, se présentèrent pour accompagner du Pont,
> Richier et Chartier ; assavoir Pierre Bordou, Matthieu Ver- » meil,Jean du Bordel, André Lafon, Nicolas Denis, Jean Car- » dien, Martin David, Nicolas Roviquet, Nicolas Garmeau, B Jaques Rousseau, et moi Jean de Léi'y : qui estant lors B aagé d'environ vingt-deux ans, tant pour la bonne volonlé !• queDîeu m'avoil donnée de servir h sa gloire, que curieux de » voir ce nouveau monde, fus de ta partie ; lellement que » nous fusmes quatoize en nombre, qui pour faire ce voyage » parlismes de la cité de Genève, le deuxième de septem- * bre, en l'année 1556.
» Nous allasnies passer à Chastillon-sur-Loing, auquel lieu » ayant trouvé monsieur l'admirai de Colligny en sa maison des » plus belles de France, non-seulement il nous encouragea
V de poursuivre nostre enlreprise, mais aussi avec promesse de 9 nous assister pour lu laid de la marine ; nous mettant beaii-
> coup de raisons en avant, 11 nous donna espérance que Dieu » nous feroit la grâce de voir les fruits de nos labeurs, s
Quarante-trois ans plus tard, Jean de Léry demeurait encore sous l'impression àk l'accueil favorable qu'il avait, ainsi que ses compagnons, reçu en 1556, au château de Châlillou-sur-
Loing; et, s'adressant, dans la dédicace de son ouvrage sur le Brésil, à la digne fille de Familial, à la princesse d'Orange, il lui disait ^: c Madame, puisqu'il plaît & Dieu vous conserver de » Texcellente tige de celui par le moyen duquel il m'a fait voir » les choses dont j'ai composé la présente histoire, son heureuse 1 mémoire me conviera tousjours d'en faire recognoissance afin :» de la rendre héréditaire à vostre illustre maison Il ne
> lairra pas d'apparoir à jamais que feu de très-généreuse méy> moire, messire Gaspard de Golligny, grand admirai de France,
» vostre très-vertueux père, ayant exécuté son entreprise par ^ ceux qu'il envoya en l'Amérique (dont j'étais du nombre), 1 outre ce qu'il en avoit assujetti une partie à la couronne de
> France, a fait encores une trop plus ample preuve du zèle 1 qu'il avoit que l'Évangile fut annoncé non-seulement par
> tout le royaume, mais aussi par tout le monde universel. > Trois bâtiments de l'État devaient, d'après les ordres de
Goligny, transporter au Brésil les émigrants qu'il avait accueillis à Ghâtillon, et plusieurs autres qui se réunirent à eux, à Honfleur, port désigné pour leur embarquement. La nouvelle expédition commandée parBois-le-Gomte, neveu de Villegagnon se composait, tant en passagers qu'en gens d'équipage et soldats, d'environ deux cent quatre-vingt-dix personnes. Elle appareilla le 20 novembre 1556.
Empruntons encore à "Jean de Léry le court récit des préparatifs de départ, et du départ lui-môme.
« Nous nous acheminasmes, dit-il *, de Ghastillon à Paris, i> oîi durant un mois que nous y séjournasmes, quelques genii> tilshommes et autres estant advertis pourquoi nous faisions 3> ce voyage, s'adjoignirent à. nostre compagnie. De là nous pas-
> sasmes à Rouen, et tirant à Honfleur, port de mer qui nous
i . Voir la dédicace de la quatrième édition de VHistoire d'un vogage faU en la terre du Brésil.
S. Jean xie Léry, 4« édit. de Touvrage précité, 1600, p. 8, 9, 11.
» cstoit assigné au paJis de Norniandie, y l'aisant nos prépara- » tifs, et en attendant que nos navires fussent prests à partir, » nous y demeurasmes environ un mois... peu avant noslre » embarquement, quelques séditieux dudit Honfleur, h cause
> de la religion évangélique dont nous faisions profession,
> mesme ayant sçeu que nous avions c^I)''bré la sainde Cène B de nuict, n'estant lors permis aux nostres de s'assembler de
> jour, nous assaillant aussi de nuict dans nos logts, il advint » qu'en les repoussant et nous di'fendanl, le capitaine Sainl-
> Denis l'ut tué par eux... après donques que le sieur de Boîs-
> le-Comte, neveu de VilIegagnon,qiii l'stolt auparavant nous » h llonlleur, y eut lait équiper en guerre, aux dcspcns du » roy, trois beaux vaisseaux : fournis qu'ils furent de vivres ï ei autres choses nécessaires pour le voyage, le lO" de novem- » bre nous nous embarquasmes en iceux. Ledit sieur de Bois-le
> Comte avec environ oetante personnes, tant soldats que 1 matelots, estant dans l'un des navires appelé la petite Ro- » berge, fut esleu nostre vice admirai. Je m'embarquay en un 9 autre vaisseau où nous estions six vingt en tout, et avions *- pour capitaine le sieur de Sainte-Marie, dit l'Espine, et pour
> maisire un nommé JeanHumbert, de Harfleur, bon pilote, et 1 comme il monstra, fort bien expérimenlé en l'art de navif galion. Dans l'autre, qui s'appelait Rosée, du nom de celui » qui la conduisoit, en comprenant six jeunes garçons que nous
> menasmes pour apprendre le langage des sauvages, et cinq B jeunes filles, avec une femme pour les gouverner (qui furent » les premières femmes françaises menées en la terre du Bré- I sil, dont les sauvages dudit pais, n'en ayant jamais vu aupa- » ravanl de vestufis, furent bien ébahis à leur arrivée) il y avoit » environ nonante personnes... Ce jour, vingtième de novem- » bre, ayant abandonné la terre nous commençasmes h navi- » guer sur cette grande et impétueuse mer Océane. ■
Il sera parlé plus tard du sort de cette nouvelle expédition et
de celui des précédents colons français, qu'elle rejoignit au Brésil. . •
Peu de jours après avoir reçu Philippe de Corguilleray et ses compagnons, Coligny quitta Ghâtillon, pour se rendre à Paris, où était alors la cour, et de là en Picardie.
Au milieu des graves préoccupations qui le retenaient momentanément au sein de la capitale, il ne tarda pas à recevoir de son cousin, François de Montmorency, la confidence d'une situation perplexe, dans laquelle une amitié éprouvée pouvait seule lui venir en aide. Le connétable, n'écoutant que son ambition, avait, sans Fassentiment de son fils aine, obtenu comme gage exceptionnel de la faveur royale, l'autorisation de faire épouser à celui-ci Diane, fille naturelle de Henri II, veuve du duc de Castro. Mais François, épris de Jeanne de Halluyn, demoiselle de Piennes, l'une des filles d'honneur de la reine, ^ que sa noblesse, sa vertu et sa beauté rendoient digne de son » assiduité *i>, lui avait fait, en secret, une promesse de mariage, qu'il entendait maintenir, en dépit du parti auquel s'était arrêté le connétable. Or, il s'agissait de gagner du temps, afin d'échapper à la pression que ce dernier, fidèle à ses habitudes auto-ritaires tenterait d'exercer sur un fils jusque-là soumis à ses moindres volontés. François demanda donc à Coligny de voir le connétable, pour le prier de différer d'un an la réalisation du projet de mariage avec Diane, et, si une explication devenait indispensable, de révéler la préexistence de la promesse faite à mademoiselle de Piennes; promesse qu'au surplus, si la rigueur paternelle l'exigeait, une dispense du pape pourrait mettre à néant: François ajouta que son cousin était libre, le cas échéant, de parler au roi, aussi bien qu'au connétable. Touché de la position de François, l'amiral accepta la mission délicate qui lui était confiée. Il s'empressa d'informer Henri II de l'état réel
1. Le Laboureur, Addtt, aux mém, de Castelnau.y t. II, p. 386.
des choses, avant que ce prince se rendit, le 4 octobre, à un souper que le connétable lui offrait à Paris, dans son hôtel. « Aiant ledict conncstable faict tous les apprcslz qu'il est poss> sible pour le festin et invité ledict sieur roy au souper, comme » ledict sieur roy arrivast en sa maison avec la suyte des sei- » gneurs, luy dit qu'il vouldroil que Dieu luy eust faicl tant de » grAce que de pouvoir faire démonstration du vouloir qu'il a * de Icsmoigner au monde l'obligation qu'il a au(iict sieur roy, ji pour riionncur qui luy iaisoil de allier et marier son filz à j sa bastarde. Sur quoy ledit sieur roy ayant esté préadvcrty » par le sieur admirai de France que ledict sîeur de Monlmop rency estoit jà marié à la sœur de Piennes, le tira à part et » luy dit qui ne debvroit publier ledict mariaige avant de parler jo à son fdz; ledicl conuestable en fust si perplés qui fut mélan- » colique pendant tout le long du souper; et le lendemain, le :» malin, ledict admirai lui dit que ledict sieur de Montmo- » rency l'avoit prié de luy faire une requeste en son nom, qui » ne le voulust presser de le marier d'un an, etqu'il n'en avoit T> volonté; et que l'aîanl interrogé de la cause qui le mouvoit e faire ladite requeste, s'esioit pour ce qu'il avoit promis maa riage à ladicte Pienne; et pensant que n'y eust que promesse je verbale, et que encoires elleseroitparmolzde présent, le pape B en bailleroit dispense, il fist appeler ledict de Montmorency t pour sça voir la vérité du faict'.» François déclara à son père qu'd s'était engagé, d'honneur, envers mademoiselle de Piennes à l'épouser, et qu'il tenoit à l'exécution de son engagement. Des lamentations et des reproches, le connétable, en père intraitable, passa brusquement à des mesures de rigueur, contre l'emploi desquelles luttèrent en vain les instances de Coligny : il fit arbitrairement enfermer mademoiselle de Piennes, éloigna François, invoqua fallacieusement, comme obtenue du
(. Lettre Je Renan) à rijilip|ie II (Pnp. d'État de GraiiTelle., t. IV, ji. 749 k
pape, une prétendue annulation de la promesse fiile à li
fille, provoqua la promulgation d*un édit qui k
tivement toutes promesses de mariage faites pv ds
famille, sans le consentement préalable de leurs
exigea que François se déclarftt délié de son ( inij^iiirt, «t le
contra^it i épouser la veuve du duc de Castro '.
Au séjour que Coligny fit alors à Pans se ratlacbeot les ments d'une porrespondance que nous signalons ici comme témoignant d'une réciprocité d'égards et de oflTices existant déjà entre lui et Renée de France, ducimse de Ferrare ^ auxquels, à peu d'années de là, devaient quand la duchesse serait rentrée dans sa patrie, d'él tions, basées principalement sur une entière conformité de victions religieuses entre elle, l'amiral et Charlotte de LavaL
De retour, en automne, dans son gouvernement de Picarfie, Famiral y combina ses dispositions avec celles que, depuis les premiers jours d'octobre, d'Andelot y prenait, comme coloiid général de l'infanterie française, pour renforcer les garnisons des places situées sur la frontière des Pays-Bas. Une lettre de d'Andelot à de Humiëres^ prouve combien il tenait, dans l'exerciGe de son commandement, à n'agir qu'en parfait accord avec son frère. De là, l'emploi fréquent de cette formule : ^Sayrantcr que monsieur Camyral et moy avons culvisé^ etc. y etc. t
Cependant, de part et d'autre, on s'observait attentivement. Tandis que les agents de l'Espagne et de l'Angleterre signalaient leurs cours respectives les moindres indices, qu'ils croyaient avoir saisis, de préparatifs de guerre faits par le gouvernement français *, de l'Aubespine renseignait à la fois Henri II et Coligny sur l'attitude menaçante des Impériaux.
i . Voy. Appendice, n" i8.