Du fiouchety hist. de la maison de Coligny, p
> teur, huissier de la chambre du roy monsieur mon fils deters
> vousavecques lettres pour commander et ordonnerdeparluy en y> toutes villes où vous voudrez passer, qu'elles vous soient on*
> vertes, et puissiez entrer et sortir en toute liberté : encores que
> j'estime qu'il n'y en aura point qui face difficulté, moyennant
> que ce soit avec vostre train ordinaire, dont je vous prie bien .> fort, afin de leur oster toute occasion de soupçon. Que si y> tout le monde estoit bien sage il n'y ea auroit point, estant y> asseurée que vous serez le bien venu. »
Odet ne fut que trop bien accueilli à la cour, au dire de l'ambassadeur d'Espagne, Ghantonnay, qui, le 17 août, fit part de ses impressions à Granvelle, en ces termes, empreints de l'amertume habituelle de son langage* : € Le prince de y> Condé et le cardinal de Ghastillon arrivèrent à Rouen, le y> lendemain de l'entrée du roi, suivis de plus de cinq cens chey> vaux, car tous ceux de la faction des huguenots sortirent en i> mules et chevaux de louage : ils ont fait vives instances » d'avoir presches en ce lieu; ce qui ne fut accordé. La faute 3> de tout cecy est à la royne qui n'achève de se dédarer du
> tout de l'un des costés ; et, comme le connestable qui est y> tout aveugle sur la grandeur de sa maison et du prince de D Condé qui en est comme dépendant, qui ne bride ni contrey> dit au cardinal (de Ghastillon), lequel est plus brave et inso- » lent qu'il ne fut oncques, et montre tant qu'il peut que le y> pouvoir et crédit de ceste cour est entièrement en ceux de sa s> maison, il n'y a homme qui sçeust persuader à la royne, sii> non qu il est bien entretenir les protestans et catholiques y> en ce royaume, pour ce qu'il luy semble que ceste division y> a esté cause de la conservation de son autorité, et est peri>. suadée jusqu'à aujourd'huy que M. de Guyse se voulait em- » parer de ce royaume; chose absurde. Vrg^y est que, par
i. Archives de Vienne. Lettres de Chantonny, — De Lafeiriére, le xvi« siècle et les Valois, p. 162, 163.
> autre part, l'on pourrait dire que, si elle doit monstrer fa- » veur pour le présent, ce doit être plustost aux prdtestans 9 qu'aux catholiques, pour endormir les huguenots jusqu'à ce » qu'on se soit saisy de Lyon et de toutes les autres places. » Toutesfois c'est grand' chose de voir toute ceste cour remplie
9 et farcie d'huguenots Quelquefois la royne a de bons
i tours contre le prince de Condé et tous les autres, s'il y avoit 9 continuation; mais cela est en ce qui touche l'autorité. >
Dès qu'il s'agissait du maintien et de la prépondérance de son propre pouvoir, Catherine était non moins inflexible que rusée, dans sa tactique : Condé en fit, à Rouen, la dure expérience. La reddition du Havre ayant eu lieu, ce prince, qui avait activement concouru aux opérations de l'armée assiégeante, reçut de la reine mère maintes paroles de congratulation, mais non le titre de lieutenant général du royaume sur lequel il comptait. Sa déception fut grande lorsque Catherine réduisit à néant toute prétention de sa part à ce titre, par la hâte avec laquelle elle amena le parlement de Normandie à déclarer la majorité du rOi.
Remarquons, à l'honneur de Condé, toujours fidèle à ses oncles, qu'au moment où il était ainsi évincé par Catherine, il donna à Coligny et à d'Ândelot, dont l'appui lui avait été naguère si utile, une preuve nouvelle de son attachement et de sa gratitude, alors surtout qu'ils étaient éloignés de la <îOur, en déclarant, à la face de leurs envieux et de leurs ennemis, qu'il couvrait de sa responsabilité tous leurs actes, depuis la prise d'armes en 4562 jusqu'à la paix d'Amboise en 4563. Voici sa déclaration * : <t Nous, Loys de Bourbon, prince de Condé, > suffisamment records, instrait et adverty de tout ce qui s'est ^ fait et passé es entreprises et expéditions dressées et conduites » en ce royaumç et ailleurs durant les guerres civiles, et de
i. Hotman, vie de Coligny, trad. in i\ Amsterdam, 1644, amiotations, p. 46.
i> Foccasion d'icelles, qui ont eu cours en ce dict royaume
> depuis le commencement de Tannée 4562 jusqu'à la fin d'iji) celle ou environ, certifions, déclarons et reconnaissons que y> tout ce qui a esté faict, géré, manié et négocié en ce regard y> par nos chers et bien-aimés oncles, le sieur de Ghastillon, j> amiral de France, et le sieur d'Andelol, frères, chevaliers de 3> l'oixire du roy, monseigneur, et jusques après que le traité
> de paix a esté publié en ce dict royaume, a esté à notre prière y> et réquision et pour la manutention de notre dignité, autho- » rite et conservation de nostre maison. Et en tant que de y> besoin serait, ainsi le maintenons et advouons par ces 3» présentes escrites et signées de nostre main et scellées du
> scel de nos armes. A Falaize, le 30* jour d*aoust 4563. » Dans le lit de justice tenu au parlement de Rouen, dont
l'objet principal était la déclaration de majorité du roi, l'édit d'Amboise fut expressément confirmé; et, lorsque le parlement de Paris, mis en demeure, en septembre, d'enregistrer la décision royale, intervenue à Rouen, se plaignit dans d'amères remontrances, non seulement de ce que ses prérogatives avaient été méconnues, mais aussi de ce que le roi majeur maintenait la coexistence de deux religions en France, le souverain écarta les remontrances par ces fermes paroles, que le parti catholique prétendait * <r estre venues de la boutique de M. le chance- » lier > : — « Je vous veux dire que ne conlinuiès plus à
> faire comme avés accoustumé, en ma minorité, de vous mesy> 1er de ce qui ne vous appartient et ne debvés, et qu'à ceste 3> heure que je suis en ma majorité, je ne veux plus que vous y> vous mesliés que de faire bonne et briefve justice à mes sub- » jectz; car les roys mes prédécesseurs ne vous ont mis au lieu
> où vous estes tous que pourcest eflect, et non pour vous faire
> ny mes tuteurs, ny protecteurs du royaume *. ^ Sans se lais-