‹ Gaspard de ColignyChapitre 109 sur 226 · Bibl. nat. mss. f. fr. vol. ^621, f · texte numérisé non relu

Bibl. nat. mss. f. fr. vol. ^621, f

> ment ce luy seroit faire un grand tort et deshonneur, et pour

> la seconde fois *. »

Le roi et Catherine ne passèrent qu'un jour à Fontainebleau et s'arrêtèrent le lendemain, à Chailly, où l'amiral se présenta à eux. € 11 leur fit entendre qu'il était venu en intention de se 9 tenir doresnavant plus près de leurs majestez qu'il n'avait » faict depuis quelque temps, tant pour avoir moyen de faire » le deu de la charge et rang qu'il tenait en ce royaume, p qu'afin aussi d'estre en lieu pour pouvoir mieux respondre à ^ tous ceux qui le voudroient charger.,. Les Guises ajoutait-il, i> ne se peuvent douloir qu'ils ne peuvent avoir justice, puisf> qu'elle leur est ouverte au grand conseil, lequel n'a esté î» requis, nommé, ny affecté par luy, ains du propre mouve- » ment de Sa Majesté, avec l'advis de son conseil, a esté choisi ^ comme non suspect ne recusable pour ne s'estre ceste seule » compagnie déclarée partiale durant ces troubles, comme au s> contraire ont fait les quatre parlemens qu'eux mesmes re- ^ quièrent, et qui sont avec pareille raison recusables que le » parlement de Paris. Bien se pourroit-il avec plus juste y> occasion douloir d'eux, de ce que sans preuve valable et sous » leur seule opinion et soupçon ils entreprennent de le defférer, » faisant une planche pour violer l'édict de la pacification et D remettre les troubles en ce royaume. Une chose entre autres -)) trouvoil-il en eux de nouvel exemple, et qui entre les Bar- D bares mesmes seroit trouvée estrange et déraisonnable ; c'est !> qu'encores que tous accusateurs ayant touajours accous* » tumé de se mettre eu peine et devoir pour attirer les accusez D à se représenter devant le roy ou sa justice, au contraire ses i> parties taschent par tous moyens dont ils se peuvent adviser, 3> et contre tout droit et coustume, qu'il ne comparoisse et se

> présente devant Sa Majesté, où il sera tousjours plus à

i.Mém. deCondé, t. V, p. 27.

OD propos pour estre ouy, respondre par sa bouche, et pour se 3> justifier et recevoir jugement de ce qu'on luy voudroil » imposer : ce qui démontre assez clairement qu'ils ne tendent » sinon à le calomnier et vouloir faire condamner, s'ils pou- 1 voient, sans estre ouy, et par juges apostez: et parlant doit » rendre à Sa Majesté preuvre suffisante de leur mauvaise 3^ cause et intentions, — Plusieurs autres raisons allégua ledit 3e^ s' admirai, servant à la justice de sa cause, dont leurs

> majestez démonstrèrent avoir quelque satisÊtction ; et, pour }) le faire court, au partir delà, il suivit le roy, à une journée » près. — Et combien que lesdits sieurs de Guise fussent bien î> accompagnez, et que partout un bruit commun s'espandist y> de leur forces et menaces, le lendemain après que le roy fut y^ arrivé à Pains, ledit sieur admirai, contre toutes leurs opii> nions et discours, alla, avec une asseurance qui luy est assez y> accoustumée et familière, trouver Sa Majesté audit Paris * » qui estoit leur principal fort, retraite et franchise; et faut » confesser qu'il y entra avec aussi grand honneur, et notay> ble compagnie de seigneurs et gentilshommes, dont aucuns T> volontairement le suivoient, les autres estans sortis aude- 3) vaut de luy, que seigneur qui y soit arrivé depuis vingt ans; y> lesquels sieurs de Guise se rnonstrans au contraire si estonnez, » sans grande occasion, qu'aussitost qu'ils le sentirent appro-

> cher, ils troussèrent bagages, en diligence et deslogèrent 3K tous du Louvre et des environs, pour s'aller retirer à l'hoslel » de Guyse, où ils faisaient faire ordinairement guet et sentii> nelle ; ce qui diminua un peu de leur réputation, au grand y> regret et desplaisir de leurs amys et serviteurs, qui cou- D vroient ceste retraite sur ce qu'ils n'eussent eu le cœur de

1 . c Le samedi 20 noTembre, Tadmiral et Dandelot avec le cardinal de Chas- 1 lillon, leur frère, arrivèrent au Louvre, en ceste viUe de Paris, et lors mes-

> sieurs de Guyse se retirèrent à Thostel de Guyse, et semblablement M. le 1 duc de Nemours. > (Journal de Bruslart, mém, de Gondé, 1. 1, p. 138).

» voir celui qui avoit fait luer leur frère, sans s'en ressentir

> sur l'heure ; et protesta madame de Guyse, premier que partir, :» (le 23 novembre) en présence de la royne et d'aucuns sei- » gneurs du conseil du roy, qu'elle n'entendait se faire partie

> contre ledit sieur admirai *• )>

Coligny, à ce moment, avait repris auprès du roi la place que lui assignaient son rang et ses fonctions, logeait au Louvre, et prenait part aux délibérations du conseil privé * •

La requête de la duchesse de Guise, du 27 octobre, et sa protestation du 23 novembre ayant été communiquées à l'amiral, il y répondit par la déclaration suivante, adressée au roi et à la reine mère ^ : « Pardevant vos majestez remonstre l'a- 3> myral de France, vostre très humble subject et serviteur, sur 3> la requeste présentée à vos dites majestez par madame » de Guyse, du 27 d'octobre dernier, à lui communiquée le 4 7 » de ce moys de novembre, que, après avoir veu la déclaration 2> de ladite dame du jour d'hier 23 dudit novembre, par laquelle y> elle déclaire qu'elle n'entend se rendre partye en ce regard,

\. Mém. de Gondé, t. V, p. 28 à 30.

2. c The admirai of France bas had access to this court, where he assists at

> the affairs, having bis lodging witbin it. (Calend. of State pap. foreiffn). 26 novembre 1563. Trockmorton to the queen.) — La rentrée de Coligny à la cour indigna Philippe II, qui \e iA décembre 1563» écrivit au duc d'Albe. c Chantonnay me fait savoir le retour de l'amiral de France à Paris, Tin-

> solence avec laquelle il a parlé à la reine, on même temps que ses vœux

> et projets et ceux de sa faction. Le tout m'a paru de telle importance, que

> j*ai voulu vous en avertir aussitôt, afin que , bien renseigné de ce qui se

> passe et de l'état dans lequel se trouvent présentement les affaires en

> France, appréciant le résultat probable de l'inimitié haineuse vouée à mes

> intérêts par Tamiral et le prince de Gondé, à raison des offenses qu'ils pré-

> tendent avoir reçues de moi, comme aussi la portée des intelligences

> qu'ils ont cherché constamment à se ménager dans mes états de Flandre, » vous avisiez aux mesures que l'on pourrait et devrait prendre, et aux

> démarches que Ton aurait à faire auprès de la reine avec chance de suc-

> cès,^ non seulement en ce qui concerne le remède à apporter aux affaires

> de ce royaume, mais encore afin d'obvier au dommage qui pourrait en ré-

> sulter pour mes états. > (Pap. d'état de Granvelle, t. VU, p. 268, 269).

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