Hist. des guerres civ. éd. fr. l. I, p
lesquels le roi s'engagerait à l'observation des décrets précités, et délibérerait sur le choix des moyens propres à combattre efficacement l'hérésie. Au premier rang de ces moyens devait figurer, selon les ambassadeurs, la révocation des concessions faites aux réformés par l'édit de pacification.
La question de la réception pure et simple, en France, des décrets du concile de Trente soulevait de graves contestations. Le célèbre jurisconsulte Dumoulin venait de publier une consultation fortement motivée ^ dans laquelle il établissait : « que » le concile de Trente ne pouvait et nedevoit estre reçeu, et que » la réception et approbation d'iceluy seroit contre Dieu et y> contre le bénéfice de Jésus-Christ et l'Évangile, contre les i> anciens conciles, contre la majesté du roy et droits de la cou- > ronne, et régalles, contre les édicts récents de luy et de ses » prédécesseurs rois, contre la liberté et immunité de l'église y> gallicane, autorité des Estats et cours de parlement du ^ royaume, et jurisdiction séculière... y>
Le parlement de Paris, tout en condamnent, ab irato^ à la prison Dumoulin, comme entaché de mauvais sentiments, en matière religieuse, ne pouvait en rien infirmer le sérieux des critiques disertement développées dans la consultation incriminée. D'une autre part, Catherine sentait qu'il serait dangereux, du moins pour le moment, de formuler en termes exprès une abrogation, même partielle, de l'édit d'Amboise. Elle éluda donc la double difficulté qui se dressait devant elle, en congédiant les ambassadeurs, avec des réponses ambiguës; et bientôt, pressentant que les négociations entamées, en vue d'une paix à établir entre l'Angleterre et la France, ne tarderaient pas à aboutir, elle se décida au départ.
1. Cette consultation, dont les mémoires de Condé t. V, p. 83 a l!29) reproduisent le texte, et qui est insérée dans les œuvres de Dumoulin (in-f° 1681, t. V), fut délibérée à Paris, dans les derniers jours de février 1564, et dédiée par son auteur au prince de Porlien, le 28 mai suivant. (V. mém. de Condé l. V, p. 82, 83).