‹ Gaspard de ColignyChapitre 12 sur 226 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

Coligny, Gondé, THospital, de Francourt. de Bèze demandent que les auteurs du massacre de Vassy soient punis. — Antoine de Bourbon rompt définitivement avec les réformés. — Gondô les soutient, à Paris. — Usurpation du pouvoir souverain par Français de Lorraine et ses adhérents. — Catherine de Médicis plie devant eux. — Elle écoute les détracteurs de Tamiral. — Condé se retire à Meaux et y appelle l'amiral. — Celui-ci hésite à prendre les armes. Sa femme l'y décide. — De Meaux, Goligny écrit à Catherine de Médicis. — Conseil donné à cette princesse de conduire le roi à Orléans, où les chefs réformés feront respecter Tautorilé du souverain et celle de sa mère, et assureront l'inviolabilité de leurs personnes contre les atteintes des ennemis de la royauté. — Insistance de Soubize sur ce point, au nom de Condé, de Coligny et des autres chefs. — Catherine ne suit pas ce conseil. — Antoine de Bourbon et les triumvirs entraînent le roi de Fontainebleau à Paris. — Occupation d'Orléans par les chefs réformés. — Vaincs tentatives de Catherine pour obtenir d'eux qu'ils déposent les armes. — Arrivée de Charlotte de Laval et de la princesse de Condé à Orléans.

Dès que la nouvelle du massacre de Vassy parvint au château de Châtillon-sur-Loing, Coligny, ému d'indignation et de douleur, s'adressa du fond de sa retraite à Catherine de Médicis pour lui demander que justice fût faite d'un tel attentat.

Condé et l'Hospital, qui partageaient les impressions de l'amiral, sollicitèrent également de cette princesse le châtiment des coupables.

Ces réclamations imposantes furent accueillies par Catherine avec les égards que commandait le caractère d'hommes aussi haut placés, de serviteurs de la couronne aussi fidèles que l'étaient l'amiral, Louis de Bourbon et le chancelier.

Catherine, en même temps, se montra bienveillante, dans une audience qu'elle accorda à Francourt et à Th. de Bèze, ve-

nus à Monceaux, Tun au nom de la noblesse, l'autre au nom des réformés, pour la supplier de faire rechercher et punir les auteurs du massacre, comme rebelles à Tédit du roi et perturbateurs du repos public. « Elle leur fit gratieuse res-

> ponse, promettant que bonnes informations seroient prises

> et que, pourvu qu'on se contînt, on pourvoiroit à tout, es-

> pérant que le sieur de Guise ne poursuivrait son chemin » vers Paris, comme elle lui a voit escrit* • i>

Quant à l'accueil que* Francourt et de Bèze reçurent du roi de Navarre, il fut déplorable. Servile écho de prédicateurs en délire qui soutenaient « que le fait de Vassy n'estoit point

> de cruauté, la chose estant advenue pour le zèle de la reli-

> gion^ , » Antoine de Bourbon <c ne se put contenir, chargeant p ceux de l'Église de ce qu'ils allaient avec armes aux prédi-

> cations : auquel il fut répondu par de Bèze, que les armes

> entre les mains des sages portaient la paix; et que le fait de » Vassy monstroit combien cela estoit nécessaire à l'Église, » si on n'y pourvoyoit autrement et comme le cas le requéroit,

> dont il le supplia très humblement au nom de l'Église, qui

> jusques alors avait eu tant d'espérance en luy. Le cardinal

> de Ferrare, légat, survenu en ceste compagnie pour empes-

> cher que quelque bien ne s'y feist, commença de mettre en

> avant la sédition de Saint-Médard, qui esmeut ledit de Bèze I d'en faire un brief récit, comme celuy qui y avoit esté prér » sent, de sorte qu'il luy. ferma la bouche, demandant tous-

> jours justice contre le sieur de Guise qu'on savoit venir en î armes comme en temps de guerre, dont nul bien ne pouvoit

> advenir. Adoncq le roy de Navarre se déclara du tout, disant

> que qui toucheroit au bout du doigt au duc de Guise, qu'il » appeloit son frère, le toucheroit au corps. Sur quoy de Bèze y l'ayant supplié très humblement de l'escouter en patience

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