Bèxe, Hist. eccL, t. II, p
1 Castelnau, Mém., liv. lU, ch. vii.
3> comme celuy qu'il cognoissoit de longtemps, et que luj
> mesme avoit fait revenir en France pour servir au repos y> d'iceluy, luy remonstra que la voye de justice estoit la voye y> de Dieu, dont les roys estoient debteurs à leurs pauvres y> subjects, et que demander justice n'estoit pas endommager y> aucun. Et pour ce que ledit roy de Navarre excusant le fait y> de Vassy avoit dit que le mal estoit advenu pour avoir jellé j) des pierres contre ledit duc de Guise, qui n'auroit pu sur cela y> retenir la furie de ses gens, et que les princes n'estoient pas y> pour endurer d'estre frappés de coups de pierres : de Bèze, y> après avoir répliqué que si cela estoit ainsi, ledit sieur de » Guise en seroit quitte en représentant ceux qui auroient fait D une telle faute, adjousta finalement ces propres mots : Sire, j) c'est, à la vérité, à l'Église de Dieu, au nom de laquelle je D parle, d'endurer les coups, et non pas d'en donner; mais
> aussi vous plaira-il vous souvenir que c'est une enclume qui 3> a usé beaucoup de marteaux* . 3>
La rupture entre le roi de Navarre et les réformés était désormais complète. Le prince de Condé, qui avait fait de vains efforts pour maintenir son frère dans la seule voie honorable qu'il eût dû suivre, ne se laissa point abattre par ce douloureux insuccès : on le vit au contraire se consacrer alors, avec un i*edoublement d'énergie, à l'accomplissement des devoirs que la gravité des circonstances lui imposait.
Dès la fin de janvier, au sortir d'une sérieuse maladie* , il s'était imposé la mission d'assurer à Paris l'exécution de l'édit signé le 17 du même mois^ ; mission ardue, dont au début
i. Bèze, Hist eccL, t. II, p. 2, 3.
2. € Gondensem morbus repentinus penè nobis abstulit Lutetise; heri lectica Y hue perlatus, incipit habere meliùs et affirmant medici extra periculum esse... > Ex Sangermano, primo die februarii 1562. > (Beza Calvirio, ap. Baum, app. p. i6i).
3. Throckmorton to the qneen, 16 février et 9 mars 1562 {Calend. of 8t<xte
de mars il conlitiuait à s'acquitter avec un dévouement d^autant plus digne d'éloije, que le contre-coup du récent massacre de Vassy se faisait sentir dans la masse intolérante et factieuse delà population parisienne.
Tandis que Condé rassurait les réformés par sa présence dans la grande cité, où il s'attachait à protéger leur culte* , et qu'il avertissait « toutes les Églises de France d'eslre sur leurs gaines ^ >, le duc de Guise, arrivé de Vassy à Nanteuil, affectait d'y tenir une sorte de cour et se disposait à quitter avec ses partisans cette résidence, pour se rendre non^à Monceaux, où l'appelaient expressément le roi et la reine-mère, mais à Paris, afin d'y neutraliser l'action du prince et de l'en expulser. Le i6 mars^ , escorté du connétable, du maréchal de Saint- André et de nombreux seigneurs, il y fit, ayx acclamations enthousiastes de la foule, une entrée triomphale, y attira dès le lendemain le roi de Navarre* , et, sans respect pour les prérogatives de la régente et de son fils, y agit en maître.
pap. foreign). — Déclarations du prince de Condé du 8 août 1562 {Mém. de Condé, t. m, p. 223, 224).