‹ Gaspard de ColignyChapitre 120 sur 226 · Commentaires sur Ézéchiel. Genève · texte numérisé non relu

Commentaires sur Ézéchiel. Genève

2. Dédicace de l'ouvrage précité < à très vertueux seigneur, miroir et exemî plaire de piété et de toutes vertus chresliennes, monseigneur Gaspard de j Coligny, grand amiral (jf France, etc., etc. >

aimait d'une affection paternelle, et qu'il avait constanfiment soutenue, dans la poignante accumulai ion d'épreuves imposées à son cœur de fille, de femme et de mère. Elle venait, jeune encore, de couronner, en vraie chrétienne, par l'expression suprême de sa foi et de ses sentiments intimes, une existence dont la pureté et la noblesse devaient laissée et ont, en effet, laissé, dans l'histoire des traces durables.

La mort de cette femme éminente, de cette compagne, dont la générosité de cœur égalait la tendresse et le dévouement, laissait Condé plus exposé que jamais à des pièges et à des périls contre lesquels Coligny pouvait mieux que tout autre, le prémunir, à raison de l'ascendant qu'il exerçait sur lui, au double titre de parent et d'ami. Le prince séjournait, en août, au château de Valéry : l'amiral vint l'y voir, le consoler, l'éclairer sur sa situation, et s'attacha à le maintenir, par de virils conseils, au niveau des devoirs que lui dictaient les circonstances, à l'égard des réformés.

La gravité de ces circonstances ressortait surtout du rapprochement de divers faits caractéristiques.

Arrivée à Lyon, où Soubize était venu la trouver, Catherine, sourde aux sages représentations de ce fidèle serviteur, lavait éconduit de la cour, en alléguant qu'il devait y redouter la présence de nombreux ennemis *; allégation contre laquelle Soubize avait en vain lutté, et qui,, réitérée par la reine mère, équivalait pour lui à un ordre de départ. De Lyon il était allé à Châtillon-sur-Loing % faire part à l'amiral de l'impression défavorable que lui laissaient ses entretiens avec Catherine.

D'Andelot, dans une lettre des plus pressantes, en date du 14 juin, s'était plaint à cette princesse de scènes meurtrières dont Cravant avait été le théâtre, et qui nécessitaient une sé-

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