‹ Gaspard de ColignyChapitre 126 sur 226 · De Thou, Hist, univ ., l. IH, p · texte numérisé non relu

De Thou, Hist, univ ., l. IH, p

2. Lettre du cardinal de Sainte-Croix au cardinal fiorromée, du 8 no- ?embre 1564. (Aymon., rec, des synodes, 1. 1, p. 277).

» naîtra combien il s'est trompé dans les mauvais jugements » qu'il a faits quelquefois des intentions de sa Majesté. »

Catherine et son fils s'étaient ménagé à Avignon une entrevue avec Antinori confident du pape, a Alors, rapporte Davila (t. I, D p. 212, 213), le roi et la reine firentaux propositions du sou- D verain pontife la réponse qu'ils n'avaient pas voulu faire à y> son ambassadeur, ni à ceux d'Espagne et de Savoie. Ils se > montrèrent disposés à exterminer le Calvinisme et à faire » observer le concile de Trente dans tout le royaume ; mais ils y> ajoutèrent que, pour prévenir les invasions des Anglais et » des protestants d'Allemagne, et pour arriver au but qu'ils se j> proposaient sans danger, et sans renouveler le trouble des Il guerres, où périssaient tant de milliers d'âmes et qui déso- » laient toute la chrétienté, ils avaient résolu de travailler, par 2^ des voies lentes et cachées, à enlever aux huguenots leurs 7> plus fermes appuis, que leur dessein était de calmer les » soupçons du prince de Condé et des Coligny, de fortifier les * villes suspectes, de remettre l'ordre dans les finances, de là remplir les coffres du roi, et de faire d'autres préparatifs qui de- » mandaient un temps considérable ; qu'on pourrait agir ensuite i> avec plus de sûreté, sans courir les risques et les dangers auxy> quels on s'exposerait infailliblement, et qui feraient échouer j> l'entreprise, pour peu qu'on se précipitât. i>

Informé du séjour de l'amiral au château de Vallery, et épiant de loin, mais en pure perte, soit ce qui pouvait se passer entre l'oncle et le neveu, soit ce que faisait d'Andelot, à Metz à Nancy, ou dans le voisinage de ces deux villes, le cardinal de Lorraine disait confidentiellementà sabelle-sœur la duchesse de Guise * : < il me semble que la royne devrait faire venir le prince » à la cour ; cela le divertiroit de beaucoup d'entreprises ;la reine » en rira d'Andelot va et vient, et ne sait on que c'est qu'il

1. Lettre du 17 août 1564. Bibl. nat. rass. f. fr. vol. 3211, f« 9,

» a en la tesle : ce ne scaurait estre que méchanceté. Je vous y> prie que Ton ne fasse bruict de rien comme venant de mon » costé... Si Dieu vouloit mestre au paradis quelques personnes, y> encores ferions-nous bonne chère; mais c'est grand' pitié qui i> fassent tant de maux. >

L'amiral quitta Vallery, laissant, pour le moment du moins, Condé sous l'impression de l'affectueuse sollicitude dont il n'avait cessé de l'entourer, et des conseils par lesquels il s'était attaché à fortifier son esprit et son cœur. Le 23 septembre, il annonça ainsi à de Gordes sa rentrée au château de Ghâtillon * : (c Quant à mes nouvelles il y a sept ou huit jours que je suis de y> retour de Vallery où j'estais allé voir monsieur le prince de }> Condé. » Il terminait sa missive par ces mots, c monsieur ï> de Gordes, je vous prie faire estât de moi comme de l'un de D vos meilleurs et anciens amis, et pensez que ceux-là ne y> sont pas des pires. >

Leretourde Coligny ne précéda que de quelques jours l'arrivée à Châtillon-sur-Loing de d'Andelot et de la nouvelle compagne, Anne de Salm, à laquelle il venait d'unir son sort. Accueillie par l'amiral et par Charlotte de Laval comme une sœur, Anne de Salm justifia pleinement ce titre, dans l'intimité de ses relations ultérieures avec eux, par la sincérité et l'élévation de ses sentiments.

Le second mariage de d'Andelot, approuvé par sa famille, venait de se conclure au grand déplaisir de la cour de Lorraine et des Guises, dans des circonstances auxquelles aujourd'hui encore s'attache un certain intérêt, et que font seuls connaître, d'une part, avec impartialité et exactitude, un document d'un caractère purement privé, et, de l'autre, sur le ton d'une malveillance voisine de la partialité et du dénigrement, divers fragments de correspondance ou de chronique locale, émanés de

1, Hist. des pr. de Condé. t, 1. p, 518.

personnages dontranîmosité contre le frère et la belle-sœur de Coligny se trahissent avec une âpre rudesse. Arrêtons-nous, un instant, à cette double source d'informations.

Le 27 août 1564, fut dressé, au château d'Essey, par deux € tabellions jurez au bailliage de Nancy, 3> en présence de témoins, un acte * contenant les conditions civiles du mariage projeté entre d'Andelot et Anne de Salm; acte dont le préambule énonçait dans les termes suivants les noms et qualités, tant des parties contractantes, que des pei'sonnes qui les assistaient: c Sont comparus haut et puissant seigneur messire François de

> Coligny, seigneur d'Andelot, comte de Montfort, chevalier de ]& Tordre du roy, capitaine de cinquante hommes d'armes et » colonel-général des bandes françoises, assisté de honnorez 5> seigneurs René de Savoye, baron de Sipierre, et Jean d'Haus-

> sonville sieur de Villiers, Bellon et Ventoulx en partie, etc. , etc.

> d'une part ; — et haute et puissante dame Anne de Salm, i> veufve de feu honnoré seigneur Ballhazar de Haussonville, » escuyer, sieur dudit lieu, Essey, Turquestem, etc., etc., et i> grand maistre en l'hostel de haut et puissant prince monseigneur i> le duc de Lorraine, Bar, etc., etc., nostre souverain seigneur, p se disant sienne dame et maistresse, usant librement et fran- ]> chement de ses biens et droits de viduité, assistée de honnorez » seigneurs messire AtTrican de Haussonville, chevalier et ba- 5> ron dudit lieu d'Ormes, etc., etc., mareschal de Barrois, Gas- » pard de Marcossey, grand escuyer de Lorraine et bailly de » Clermont, etc., etc., Claude, Antoine de Vienne, sieur de i> Clervaut, senéschal héréditaire de l'évesché de Metz et de » plusieurs autres, d'autre part; — lesquels ont reconnu et i> confessé volontairement, sans force, séduction, ne contrainte :ù aucune, qu'en pourparlant du mariage espéré à faire et célé- » brer entre ledit seigneur d'Andelot et ladite Anne de Salm,

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