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CHAPITRE IV

Le cardinal do Lorraine, à son entrée en armes dans Paris, est repoussé par le maréchal de Montmorency. — Lettres de celui-ci au duc de Montpensier et à la reine mère. — Sur l'invitation du maréchal, Coligny se rend à Paris. — Ses allocutions aux membres d'une réunion convoquée par le maréchal, au prévôt des marchands et aux bourgeois notables de la capitale. — Sa visite au parlement — Coligny écrit au roi. — Lettres du roi au maréchal de Montmorency, à Damville et à d'Andelot. — Châtiment infligé à Le May. — Pardon accordé par Tamiral à Hambrevillier. — L'accès de la capitale est momentanément interdit par le roi à l'amiral, à d*AndeIo( et à divers autres seigneurs. — Entrevue de Bayonne. — Dépèches du duc d*Albe à Philippe II. — Desseins de Catherine à Tégard des réformés. — Coligny à Châtiilon. -^ Sa lettre aux magistrats de Strasbourg. — Mariage de Condé avec la Aile de la marquise de Rothelin. — Départ de Coligny pour Moulins.

Le cardinal de Lorraine, de retour en France, à Tissue du concile de Trente, s'était dit menacé des plus grands dangers, et avait obtenu du roi l'autorisation de s'entourer de gardes, dont le nombre, originairement illimité, fut bientôt restreint au chiffre précis de quarante hommes * . Cette autorisation demeurait nécessairement subordonnée, dans ses effets, aux dispositions formelles des édits qui prohibaient le port de certaines armes, et qui enjoignaient aux gouverneurs des provinces d'interdire l'accès des villes à toutes personnes armées.

Le prélat, ayant résolu, vers la fin de l'année 1564, de se rendre à Paris, pour y stimuler le zèle de ses créatures et y provoquer le peuple à une démonstration en faveur de la maison de Guise, écrivit au duc d'Aumale de se joindre à lui avec des gens armés, convoqua ses amis; et, suivi de tous ceux qui

i. Lettre du roi au maréchal de Montmorency. Bibl. nat. mss« f.fr. vol. 3185 f»23

361 — avaient répondu à son appel, il arriva à Saint-Denis, en compagnie de son jeune neveu Henri, fils aîné du feu duc de Guise. Il se disposait à faire dans Paris une entrée, en quelque sorte triomphale, lorsqu'il lui fallut, tout à coup, singulièrement rabattre de sa téméraire prétention.

En effet, ainsi que le rapporte de Thou * , « François de

> Montmorency, gouverneur de Paris et de l'île de France, ï> honune d'un grand courage et d'une rare probité, apprit ^ que le cardinal marchait armé. Comme il connaissait son ^ humeur et son emportement, et qu'il n'ignorait pas qu'on

> l'avoit nouvellement aigri contre sa maison, que ce cardinal ^ haïssait déjà, il crut qu'il n'en usait ainsi, que pour éprou-

> ver sa patience, et que, par conséquent, il fallait repousser

> la force par la force. Cependant, comme il était équitable et 1 droit, il voulut d'abord l'avertir de congédier cette suite de ^ gens armés, qui était une contravention aux édits du roi ; 1 de ne pas venir, dans un temps suspect, avec tout l'appareil » d'un homme qui irait à la guerre, et de ne pas entrer, pen- ]i dant l'absence de Sa Majesté, dans la capitale du royaume,

> qui n'était que trop portée au trouble et h la sédition. — Il fit » ensuite réflexion, qu'il ne convenait pas, à cause des diffé- » rends et de la haine déclarée qui étaient entre eux, d'en- » voyer faire un pareil compliment au cardinal : Voici le ^ moyen qu'il trouva pour garder les bienséances, et pour 3> faire, en même temps, savoir au cardinal ce qu'il avait dessein » de lui faire dire. Il vint, le 8 de janvier, au parlement, où il

> savait qu'il y aurait un grand nombre de gens attachés aux

> Guises, qui ne manqueraient pas de rapporter au cardinal ce

> qu'il aurait dit; et il déclara publiquement à la cour, afin

> qu'elle n'en prétendît cause d'ignorance, que le roi et la » reine sa mère lui avaient ordonné,, sur toutes choses, de ne

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