‹ Gaspard de ColignyChapitre 134 sur 226 · II. U · texte numérisé non relu

II. U

choisis d'entre tous les ordres, Tévêque, le recteur de l'Université, et un grand nombre d'ecclésiastiques, étant venus trouver le maréchal de Montmorency, l'amiral leur tint un discours à peu près semblable à celui qu'il avait prononcé la veille ; puis, se reportant au temps où il était gouverneur de Paris et de l'île de France, il leur rappela quelques-uns des actes de son administration, qu'il s'était efforcé de rendre tutélaire.

Il vint ensuite, avec le maréchal, visiter le parlement, auquel il adressa ces paroles ^ :

€ Messieurs, je vous viens offrir, en général et particulier, tout :& le plaisir et service que Je vous poui-ray faire, et pour vous faire 3) entendre que je suis venu en ceste ville, au commandement

> de monsieur nion cousin, qui est icy près, afin de l'obéyr en » ce qu'il me commandera ; aussy que l'on a voulu donner quel- » que impression aux citoyens de ceste ville, qui n'est ehcores

> du tout effacée ; vous suppliant croyre que le Seigneur Dieu » ne m'a encores si peu assisté, qu'il me voulust permectre que y> je feisse une émotion, pour donner moïen aux larrons et pil- » lardz de pouvoir exécuter une partie de leur avaricieuse et in- » satiable affection de saccager, de laquelle je ne pourroys rap-

> porter aultre fruict sinon une perpétuelle ruyne de ma maison » et la veue d'une misérable et piteuse désolation de bonnes et » notables maisons que je congnois en ceste ville; mais au con* j> traire je ne désire rien plus que de continuer le peuple en son ï> debvoir et en la pure obéissance des édictz du roy./Oiï a voulu . » dire que j'estois entré avec plus grand nombre qu'en mon train ^ ordinaire, et pour ce que je ne m'asseuroys trop de queiscuns y> qui ne me sont amys en ceste ville, j'ay prié mon cousin de y> m'ayder de queiscuns des siens, lequel m'a envoyé cent chey> vaulx de sa garde, non de garde privée, mais de garde royale. D Au surplus, messieurs, je vous supplie que ceux de ma reli-

Page 1