‹ Gaspard de ColignyChapitre 140 sur 226 · Ilibl. nat. mss. f. fr. vol. 3 194, f · texte numérisé non relu

Ilibl. nat. mss. f. fr. vol. 3 194, f

Les lettres adressées par le roi aux personnes que désignaient les deux rôles dont il s'agit étaient identiquement semblables, à en juger du moins par celles que reçurent d'Andelot et le prince de Portien, et qui seules sont parvenues jusqu'à nous* . Connaître ce qui fut écrit à d'Andelot, ce sera connaître ce qui fut également écrit à Coligny.

« Mon cousin, portait la lettre du roi à d'Andelot, quand y> j'ay bien cherché les occasions qui tiennent quasi tout mon y> royaulme en allarmeet apportent subject à ceulx qui n'ont pas y> l'intention bien nette, je trouve qu'elles proceddent de tant D d'allées et venues qui se sont faictes par aulcuns des princi- D paux de mon royaulme en la ville de Paris, pour les interpréy> tatiohs diverses que chacun y donne selon son humeur, de

> façon que ce a esté le subject de tous les bruictz qui ont y> couru et courent encores par mondit royaulme, semez par y> ceulx qui ne cognoissent pas quelle fiance j'ay de ceux-là et » combien ils sont esloignezde vouloir troubler le repos de mon i> dit royaulme ; et ne voyant meilleur remède pour leur oster ^ ceste occasion durant mon absence, j'ay pensé que ceulx j> dont leur peult naistre tel soupçon n'auront désagréable, ^ pour le bien de mondit royaulme et me satisfaire aussy en ï> chose de telle importance, s'abstenir de tels voyages jusques à y> mon retour en ladite ville, qui sera. Dieu aydant, environ la t> Saint-Michel prochaine; qui me fait vous prier, mon cousin, ^ si vous y avez quelque procès et affaire, les faire manyer par » vos gens et procureurs, sans y aller vous mesmes, et faire, en » ce faisant, que le zèle et sincère dévotion que je sçay que vous

> avez à mon contentement, au bien de mon service et repos y> de mondit royaulme conduise et dispose selon les occasions iS et mon intention comme à ce que je désire et cognois estre sy ^ nécessaire pour contenir le public et tant mieux retenir ung

i. Lettres du 21 mai 1565 J<» à d'Andelot (Bibl. nat, mss. cabinet des titres, V. Coligny), !^ au prince de Perlien (Ribl. nat. mss. f. fr. vol. 3 950, f>30).

> chacun en son debvoir; ayant, pour donner plus d'effectà y> ceste mienne intention, escript à mon cousin le mareschal y> de Montmorency ne souffrir que, avant mondit retour, vous

> ne aultres de ceux que je luy ay envoyez par roolle, entrent » dans .ladite ville, et à ma court de p'arlement surseoir la » procédure de tous leurs procès, quand ils seront en personne, >» et, en leur absence, y administrer toute la plus prompte et

> meilleure justice que faire se pourra. Priant Dieu, mon cousin, * vous avoir en sa garde. »

Peu de jours après l'envoi des lettres dont il vient d'être fait mention, Catherine de Médicis et son fils se portèrent à la rencontre de la reine d'Espagne, qui se dirigeait vers la France, accompagnée par le duc d'Albe. D'Irun, où l'on s'était rencontré, on se rendit à Saint- Jean-de-Luz. Ce fut là, que l'astucieux représentant de Philippe II, avant môme d'avoir remis au roi et à la reine mère les lettres de son souverain, dont il était porteur, s'entretint avec quelques-uns des principaux perspnnages de la cour de France, les circonvint par ses adulations, et reçut d'eux en échange, maintes confidences qu'il transmit aussitôt à son maître, par une dépêche du 15 juin. Il y disait ^

€ J'ai fait au connétable, au cardinal de Bourbon et au » prince de la Roche-sur- Yon les compliniens dont Votre » Majesté m'avait chargé pour eux, réservant toutefois au pre- » mier les démonstrations les plus amicales. J'ai parlé dans le » même sens au cardinal de Guise, insistant sur la recommaniD dation que Votre Majesté m'avait faite de lui témoigner l'af- » fection toute particulière qu'elle porte à sa famille, sa volonté y> d'en donner des preuves, à chaque occasion, et son regret

> que le cardinal de Lorraine fût maintenant absent de la cour. » Le prélat, visiblement ému, me répondit dans les termes de

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