Pap. (FÉlal de GranveUe, t. IX, p. 294 et sui
émissaires de la reine- mère, parce qu'ils se sont attachés à lui prouver que la religion se trouve en France, dans l'état le plus satisfaisant; que, chaque jour, du moins on porte remède au mal; que l'on gagne du terrain, et que l'autorité du roi est universellement respectée. « Les bons, ajoute le duc d'Albe, en » faisant allusion, notamment, au cardinal de Guise, au duc de » Montpensier et à Montluc, tiennent un langage tout opposé.
> Suivant eux, la situation actuelle du roi de France consiste à
> avoir vingt catholiques pour un huguenot; les premiers, il est » vrai, pris dans la classe la plus élevée et la plus recomman- » dable, mais iqui, chaque jour diminuent de nombre, en pas- 3D sant dans les rangs ennemis. Quant aux moyens d'obvier au » mal, et qui sont, selon eux, d'une très facile exécution, l'un ï consisterait dans la mesure suivante : comme parmi les gouï verneurs de province il n'en est pas un seul qui soit huguenot 3 déclaré, et que un ou deux seulement sont soupçonnés d'être » tels, le roi donnerait ordre à tous d'expulser de leurs gouver-
> nementsles ministres de cette friponnerie,oh\igea,nl les sujets ]D à vivre en bons catholiques; parce moyen tout serait bientôt » terminé. Un second expédient serait dans le cas où l'on vouj> drait en finir, une bonne fois, avec les cinq ou six, au plus, » qui sont à la tête de la faction et qui la dirigent, de se saisir » de leurs personnes et de leur couper la tête, on au moins de
> les confiner en quelque lieu où ils seraient dans l'irapossibi- .» lité de renouveler leurs trames criminelles. Tout serait con-
> sommé dès le jour même où l'on aurait mis la main à J'œu-
> vre, et le roi ni sa mère ne rencontreraient guères, dans » cette entreprise, de difficultés que les catholiques ne pussent .
> aplanir. Ils se croient tellement assurés du succès, avec l'un y> des deux moyens indiqués, que, si l'on s'en rapporte à ce i> qu'ils disent, il ne s'exposeraient pas même à la nécessité de
> tirer une seule épée du fourreau...
C'était déjà quelque chose, pour le duc d'Albe, que de pou-