HisL des guerres civ. tr. fr. t. I, p
> part et d'autre, à la ruine des huguenots et à raffermissement » de Tautorité royale. On demeura donc d'accord que les deux » rois s'entr'aideraient, soit ouvertement, soit en secret, comme » ils jugeraient le plus à propos pour exécuter un dessein si im-
> portant et si hazardeux, mais que chacun serait libre d'em- » ployer les mesures et les résolutions qu'il croirait les plus con- » venables* .
« Les protestans, dit de Thou'^ , gens fort soupçonneux, ont
> publié qu'on avait conclu, dans les conférences de Bayonne, » un traité secret entre les deux rois, pour rétablir l'ancienne }> religion, extirper et anéantir la nouvelle ; que ces deux princes
> s'étaient mutuellement donné parole avec serment de se
> prêter secours, toutes les fois qu'ils en auraient besoin; que
> le roi de France s'était engagé d'aider le roi d'Espagne à faire ï> la guen^e dans les Pays-Bas; le roi d'Espagne d'aider le roi
> de France à réduire les protestans sous son obéissance; et
> tous les deux, de maintenir l'autorité du pape. — Ce qui osl
> arrivé ensuite apprendra certainement à la postérité si ceia
> est vrai ou faux. — Au moins J.-B. Adriani, qui a continué }> l'histoire de Guichardin avec beaucoup de fidélité et d'exacti- ]> tude, et qui, selon toutes les apparences, a beaucoup puisé
> dans les mémoires de Cosme, duc de Florence, a écrit que ces :b conférences avaient été tenues, à la sollicitation du pape; que » le pontife aurait fort souhaité que Philippe II y fût venu ; qu'on » y délibéra sur les moyens de délivrer la France des protestans, » qui étaient regardés comme un mal contagieux ; et qu'enfin
> on se rangea au sentiment du duc d'Albe, qui, à ce qu'il pré-
> tend, était celui de Philippe : c'était d'abattre les plus hautes
1. c Les reynes de France et d'Espagne, à Bayonne, assistées du ducdWlbe,
> résolvent la ruine des hérétiques en France et en Flandre... là il fut résolu
> que les deux couronnes se protégeraient, mainliendroient la religion catho-
> lique, ruineroient leurs rebelles, et que les chefs séditieux seroient attrapez
> et justiciez. > (Méin. de Tavanues, chap. xix.)