Hist.y univ., t. III, p
» têtes, de suivre l'exemple des vêpres siciliennes, et da raas- » sacrer tous les protestans, sans exception. Et parce que le y> bruit s'était répandu, qu'on allait tenir une assemblée à Mou^ » lins, on crut que ce qu'on pourrait faire de mieux était d'y y> égorger tous les grands de ce parti, qui y viendraient de toutes y> parts, et d'exterminer en même temps tous les autres, par ^ toute la France, au signal qu'on en donnerait. Mais, comme >) tous les grands du parti protestant ne vinrent pas à Moulins* , » ou qu'on crut, pour d'autres raisons, qu'il ne fallait pas encore » exécuter cette entreprise, on la remit à un autre temps. Sept » ans après on l'exécuta à Paris, comme dans un lieu plus com- » mode, lorsqu'on crut avoir trouvé l'occasion favorable, et on y> l'exécuta de la manière dont elle avait été alors résolue. >
P. Mathieu, investi de la confiance de Henri IV, et qui, dans ses récits, s'est particulièrement attaché à retmcer l'histoire de ce prince, s'exprime ainsi ^ , au sujet de l'entrevue de Bayonne : ^ il y eut conseil fort étroit et particulier entre la royne-mère » et le duc d'Albe pour l'extirpation de l'amiral et de son party, y> ne proposant meilleur remède que de faire des vespres Sicile Hennés, ayant souvent pour refrain ce mot, qu'une tête de y> Saumon est meilleure que celles de cent grenouilles, j'ay ouy y> dire au président de Calignon, chancelier de Navarre, que tout y> ce conseil fut recueilli par le prince de Navarre qui, pour la s> gentillesse et vivacité de son esprit, estoit adjniré des Espa*
y> gnols Les intéressez n'ont rien sçeu que par ce petit prince,
» qui suivoit la royne-mère partout, et elle ne pouvoit le perdre j) de vue. Il se trouva au cabinet, escouta et retint la résolution y> de ce conseil, et il la représenta fidèlement à la royne de Nay> varre, sa mère. »
Sans perdre un instant, Jeanne d'Albfet informa secrètement
1 . U sera parlé ci-après de ce qui se passa à rassemblée de Moulins.