‹ Gaspard de ColignyChapitre 15 sur 226 · Disc, polit, et milit.y p · texte numérisé non relu

Disc, polit, et milit.y p

mentetdeson énergie : il semblaitmême qu'elle l'appelât auprès d'elle et du roi; Thésitation n'était donc pas permise. Ajoutons qu'aux préoccupations de l'homme d'État et du guerrier se joignaient dans l'esprit du prince celles du mari et du père. En effet, Eléonore de Roye, qui ne l'avait pas quitté, se trouvait à cette époque dans un élat avancé de grossesse réclamant d'extrêmes ménagements et un abri assuré, à supposer qu'il fût possible d'en rencontrer un en ces temps de trouble qu'elle et lui traversaient. Il prit donc la résolution lorsqu'il quitta la capitale, le 22 mars \ « d'aller en sa maison de La Ferté-sous-Jouarre, pour i> y rendreh princesse, sa femme, qui estoit preste d'accoucher, y> ayant toutes fois adverti l'admirai et d'Andelot qu'il prendroit y> son chemin pac la ville de Meaux, afin d'aviser ensemble ce y> qu'ils auraient à faire ^... y>

Le prince mandait à ses deux oncles € que faulte de courage y> ne Tavoit contraint d'abandonner Paris, ains faulte de force, D et qu'ils marchassent en diligence vers lui : car César n'avait j> pas seulement passé le Rubicon, mais desjà avait saisi Rome, j> et ses estendards commençoyent à bransler par les campa- })gnes^... D

Le message de Condé ne surprit point Coligny. Depuis quelque temps, à la vue des événements qui se précipitaient d'une manière alarmante, il était sans illusion sur l'imminence d'une guerre civile dont il eût voulu, à tout prix, conjurer l'explosion.

Or, maintenant que la perversité des Guises déchaînait sur la France le plus effroyable des fléaux, quelle attitude devait-il prendre, dans l'intérêt de la religion, de la patrie et de la famille, en face d'hommes sans foi élevée et sans patriotisme? Agresseui^ au cœur dégradé par la haine et l'ambition, ils engageaient,

1 . Lettre de Th. de Béze, de la fin de mars 1562 (Bibl. de Genève, niss., f» H7).

Page 1