‹ Gaspard de ColignyChapitre 157 sur 226 · V. Appendice^ n · texte numérisé non relu

V. Appendice^ n

~ 424 — Au premier ran*? de ces lettres se placent celles de Coligny et de sa femme.

<r Madame, écrivait l'amiral ^ quand je fis partir, ces joui-s » passez, le capitaine Renconneau pour visiter M. de Soubize, s> je ne m'attendoys à rien moins qu'aux nouvelles que ra'en » mandoit hier M. d'Aubeterre, vostre frère; et craignant de » vous renouveler vostre ennuy, je ne vous diray point Texï> trême regret que j'endure de ceste perte que j'ay faicle; car » elle est plus grande que je ne la vous sçaurois dire n*y escryre : » et vous diray seulement que je la ressents aultant qu'on )) peult faire d'un vray et parfait amy, ce que je n'oseray dire » s'il m'en est demeuré encores un auquel j'eusse si parfaite y> fiance. Mais pour ce que ce n'est point à nous à contester la y> volonté de Dieu, et qu'il est certain qu'il ne fait rien de ses » créatures qui ne soit bon pour sa gloire et le salut des siens, » c'est bien raison que nous nous conformions à sa volonté. El y> d'aultant, madame, que je sçais qu'entre toutes les aullres )) vostre ennuy surpasse tous les aultres, je vous supplieray y> maintenant pratiquer en vous le conseil que vous sçauriez •s> donner à quelqu'un de vos amis, s'il estoit en vostre place. Je y> sçais bien que les pertes fraisches et les premiers mouve- » mens sont malaisez à dompter; mais il ne fault pas aussi que y> nous nous laissions succomber à l'ennuy ; ainsi il fault ré- D sister, en marquant l'assistance de Dieu. Le principal remède -» à cella, c'est d'avoir quelque homme de bien, comme je sçais -» que vous n'en aurez point faulte, qui ordinairement vous y> lise ou déclare quelques textes propres à cella pour consoler » ceulx qui sont en affliction, et surtout que vous ne demeuriez » jamais seulle. — La plus grande consolation que vous et y> tous ses amis pouvez avoir, c'est qu'en la foy en laquelle il a » plu à Dieu l'appeler, il possède l'héritage que nostre seigneur

Page 1