Hist. not. de la Floride, p
La guerre civile, à laquelle la France était alors en proie, réduisait Coligny à l'impossibilité de s'occuper de la Floride.
Sans nouvelles de la mère-patrie, fatiguée d'un long isolement, mécontente de son chef, la petite garnison de Charlesfort se révolta, tua le capitaine Albert, voulut se rendre en France, prit la mer sur une chétive embarcation, et, au terme d'une navigation désastreuse, fut recueillie par des marins anglais qui la conduisirent dans l'un des ports de leur nation.
Ribaut, à son retour en France, avait combattu dans les rangs des réformés. Réfugié en Angleterre, lors de la paix d'Amboise, il publia un opuscule qui retraçait son exploration de la Floride, et mit par là, à son insu, la reine et les hommes d'État d'AngleteiTe sur la voie de tentatives à faire ultérieurement pour s'emparer de cette contrée.
Dès qu'en 1564, il fut libre d'agir, Coligny, persévérant dans ses efforts de colonisation, » pressa tellement le roi d'envoyer
> une seconde flotte à la Floride, qu'il l'obtint \ i> Sur sa désignation, le commandement en fut donné à Laudonnière ^ et non point à Ribaut, qui ne voulait ou ne pouvait encore quitter l'Angleterre.
« Depuis la paix faicte en France, dit Laudonnière ^, l'ad- 3> mirai de Chastillon remonstraau roi comme Ton n'avoit nou- ]> velle aucune des gens que le capitaine Jean Ribaut avoit laissez i> en la Floride et que ce seroit grand dommage de les laisser j) perdre, à cause de quoy le roy luy accorda de faire équipper
> trois vaisseaux, l'un de six-vingts tonneaux, l'autre de cent, » et le troisième de soixante, pour les aller chercher et secou- » rir. Ledit admirai doncques bien informé du fidèle service » que j'ay faict, tant à Sa Majesté qu'à ses prédécesseurs roys » de France, fit entendre au roy le moyen que j'avois de luy
i. De Thou, hist untv.y t. IV, p. 113.