‹ Gaspard de ColignyChapitre 165 sur 226 · Hist. not. de la Floride, p · texte numérisé non relu

Hist. not. de la Floride, p

y> faire service en ce voyage, qui fut cause qu'il m'establit chef » de ces trois vaisseaux, et me commanda de partir en dili- D gence, pour exécuter son commandement; à quoy ne voulanl » contrevenir, ains me sentant heureux d'estre esleu entre une i> infinité d'autres, lesquels, à mon jugement, se fussent assez y> bien acquittés de ces te charge, je m'embarquay au Havre de 3> Grâce, le 22* d'avril 1564. »

Ayant atteint la Floride, Laudonnière explora de nouveau le pays, et inaugura, en chef chrétien, la construction d'un fort, qu'il nomma la Caroline, a: Là, rapporte-t-il * , nous chan- 'î> tasmes louanges au seigneur, le suppliant vouloir par sa » saincte grâce continuer son accoustumée bonté envers nous, » ses pauvres serviteurs, et désormais nous ayder en toutes nos » entreprises, si que le tout retoùrnast à sa gloire et à Tavany> cément de nostre foy. Les prières faites, chacun commença ^ de prendre courage. »

Calmes et faciles, au début, les relations de Laudonnière avec les indigènes changèrent peu à peu de caractère, et lui créèrent des difficultés dont une partie provint de l'inimitié de diverses tribus, les unesà l'égard des autres. Ily eut plus ; l'indiscipline et la cupidité de plusieurs des hommes placés sous son commandement aggravèrent sa situation. Une conjuration se forma contre lui; ses jours furent menacés; les révoltés l'emprisonnèrent, et, dans l'enivrement -d'une criminelle indépendance, parcoururent la mer des A«tilles, en s'y livrant à des actes de piraterie que les Espagnols leur firent bientôt expier.

Délivré par l'énergie de ceux de ses hommes qui lui étaient demeurés fidèles, Laudonnière reprit son commandement et renoua des relations amicales avec les indigènes. Mais le jour vint où les ressources alimentaires qu'on avait originairement tirées de ceux-ci s'épuisèrent, où leur bon vouloir se refroidit.

i . Hist. not. de la Floride, p. 83.

et où les colons français ayant négligé la culture de la terre, pour ne se livrer qu'à la recherche des métaux précieux, éprouvèrent les horreurs de la famine.

Sous la pression de ce désastre, Laudonnière se décida à quitter, avec les siens, le sol de la Floride. « lln*y avoit, raconte- >'t-iP , celuy de nous quin'eustun extresme regret d'abandoni> ner un pais auquel nous avions enduré tant de travaux

> et nécessitez pour descouvrir ce que, par la propre faute des

> nostres, il falloit laisser... je laisse à penser combien il nous y> touchoit au cœur de nous esloigner d'un lieu abondant en » richesses, comme bien nous en estions advertis, pour auquel

> parvenir et faire service à nostre prince, nous avions laissé

> nostre propre pais, femmes, enfans, parens, et amys, et

> avions passé pardessus les périls de la mer, et estions là ]> arrivez comme en un comble de tout souhait. »

Tout-à-coup apparurent, non loin de la côte, quatre navires Anglais. Jean Hawkins, qui les commandait, offrit à Laudonnière des vivres et provisions de diverses espèces, qu'il accepta mais non sans se défier de la présence de Hawkins dans ces parages; d'autant plus que celui-ci lui proposa de le ramener en France. Laudonnière refusa nettement la proposition, c Je

> craignois, dit-iP , en parlant de Hawkins, qu'ils ne voulust 1^ attenter quelque chose en la Floride, au nom de sa mais- » tresse... », ailleurs il mentionne^ a: Sa peur que la royne y> d'Angleterre ne s'encourageast davantage prendre pied en î icelle Floride. i>

Hawkins ayant promptement quitté Laudonnière, celui-ci hâtait les préparatifs de son propre départ, lorsqu'une circonstance inopinée les lui fit brusquement interrompre. Ribaut arrivait, à la tête d'une flotte composée de sept navires, pour

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