Bibl. nat. mss. f. fr. vol. 15 882, f
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A une date très rapprochée de celle de cette lettre, Pierre Bertrand de Monluc, partait de Bordeaux comme chef d'une expédition maritime, patronée par Coligny et autorisée par le roi de France.
€ On sçait bien, dit Biaise de Monluc, dans ses commenj> taires * , et la royne mieulx que tout autre, que je ne feuz » jamais l'auteur de ceste infortunée entreprinse : monsieur Fad- 3> mirai sçait bien combien je taschay à la rompre, non pas pour :» vouloir retenir mon fils sur le« cendres, mais pour la crainte y> que j'avois qu'il ne feust cause d'ouvrir la guerre entre la D France et TEspaigne. Et encor que je l'eusse désiré, si
> eussé-je voulu que quelque autre eûst faict l'ouverture pour
> la tirer de noz maisons. Le dessein de mon filz n'estoit pas 1^ de rompre rien avec TEspaignol, mais je voyois bien qu'il
> estoit impossible qu'il ne donnâst là ou au roy de Portugal ;
> car, à veoir et ouyr ces gens, on diroit que la mer est à eulx. ]D Monsieur l'Admirai n'aymoit et estimoit que trop mon filz,
> ayant tesmoigné au roy qu'il n'y avoit prince ny seigneur en 3> France qui eust peu, de ses seuls moyens et sans bienfaict du .^ roy, dresser en si peu de temps un tel équipaige. Il disoit i> vray, car il avoit gagné le cœur de tous ceux qui le cbngnois- 3> soient et qui vouloient suivre les armes ; et moy j'estois si
> mal advisé, qu'il me sembloit que la fortune luy devoit estre 3> aussy favorable qu*à moy. y>
On lit dans un mémoire à la reine, rédigé par Biaise de Monluc, le 8 juillet 1566* : « Le capitaine Monluc a délibéré aller 3> descouvrir quelques isles que certains Portugais expérimentés, 3> qui sont avec luy, luy ont déclaré estre inhabitées et incony> gneues. Et y estant, son intention est d'y planter des bornes, » et par ceste introduction rendre cest endroict-là utile au
i. Éd. de Rublc, t. HI, p. 75.