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que celui qu'avait tenu l'ami de Pierins, il recourait, en faveur d'un protégé, à l'inépuisable bonté de la duchesse, c Maï> dame, lui disait-il *, ce porteur s'en va maintenant pardevers i> vous pour vous supplier qu'il vous plaise, continuant envers y> luy vostre faveur, recommander tellement son affaire, qu'il y> ne ressente plus les empêchemens qui luy ont esté donnez à > la jouissance de son estât; et pour ce, madame, qu'il vous » sçaura réciter son faict, je ne vous feray davantage d'ennuy » pour en faire le compte, sinon pour vous supplier très y> humblement qu'il vous plaise avoir pitié de ce pauvre homme 7> et luy aider de vostre bon moïen; et, oultre que particulière- » ment il vous en demeurera tant redevable, semblablement » sa femme et ses petits enfans en demeureront aussi en per- 3 pétuelle obligation, et à prier Dieu de vous conserver Ion- }> guement en bonne santé; et, de ma part, madame, je supplie j) le Créateur vous donner, en toute perfection de santé, très » heureuse et très longue vye. »
A quelque temps de là, Jeanne d'Albret, tout en invoquant, comme reine, pour le maintien de ses droits, le concours de Coligny \ crût devoir, comme mère, le consulter sur un grave parti à prendre, en ce qui concernait l'éducation du jeune prince de Béarn, ayant alors pour précepteur Morély. Il s'agissait de savoir s'il n'y avait pas lieu de congédier Morély, à raison des critiques qu'avait attirées sur lui la publication d'un écrit dans lequel il alléguait la nécessité de substituer aux consistoires, des assemblées de fidèles réglant souverainement les questions de dogme et de discipline. Jeanne désirait être éclairée sur ce point par l'amiral. « QuandjeprinsMorelly, disait- )> elle ^, ce fut sans le cognoistre, et par l'avis de ceulx qui ont » esté trompés comme moy. Une sayne afection de l'avense-
1. Bibl. nat. mss. f. fr. vol. 3 133, fo 56. 18 novembre 1566.