Bull, de la soc. d'hist. du prot. fr. t. XVI, p
> ment de mon filz en la crainte de Dieu a mené et eus et moy,
> eus à me l'enseigner, et moy à le prendre, et mesme désir et ï> voulonté à m'en défaire. > Coligny répondit à l'appel qui lui était adressé. Sur l'avis qu'il émit et que partagea une réunion de graves personnages, convoqués par la reine pour entendre Morély, le renvoi de ce dernier fût décidé. Jeanne en informa, le 6 décembre 1566, Th. de Bèze, en ces termes * : « J'ay prins ^ la résolution d'oster Morelly de près de mon filz, atendant
> que Dieu luy ait faict grasse de se recognoistre. Et d'aultant
> que la charité veut toujours et désire plus tôt la miséricorde de
> Dieu que sa terrible justice, il a semblé à toute la compagnie » que, sans adousir la playe de la conscience dudit Morelly par
> connivense, il a esté bon aussy de n'user de telle véhémense ^ qu'elle le peust accabler, l'admonestant toujours de re^
> cognoistre sa faulte tant lourde qu'il fault que le temps et » l'expérience esclaircissent son esprit :>
L'amiral de son côté, écrivit à Th. de Bèze, le 29 janvier 1567^ :
i> Quant à Morelly, je confesse certainement que j'ay esté
:» déçeu, ayant maintenant fort bonne cognoissance de son
> humeur et complexion, et estant bien au demeurant de » cest advis qu'on doibt, à l'endroict de ceulx qui se res- ]i> semblent et qui sont touchés de mesme maladie, user de
> médicamens des plus forts et réprimandes rigoureuses, et
> que la douceur, comme vous m'escripvez, ne fait qu'empirer ^ le mal. ^
A ces réflexions l'amiral ajoutait l'expression de sa haute estime pour Th. de Bèze, en lui disant : « Vous pouvez bien
> croire que, pour la bonne cognoissance cjue j'ay, de si long- » temps, de vos comportemens, je ne vous auray jamais en j> autre réputation que celle que vous sçavez fort bien que