Bibl, nat. mss. f. fr. vol. 20 624. f
JD tiennent des estatz généraux de nostre royaume, estiez liez » par serment exprès de nous ayder et servir envers tous et
> contre tous, sans aucune exception. A ces causes, estant ^ advertis de l'assemblée en armes qui est à Saint-Denis et
> autres lieux circonvoisins, dont l'on dict le prince de Condé, 3 le cardinal de Chastillon, l'amiral, d'Andelot et Larochefou-
> cault, de Genlis, de Clermont d'Am.boise, de Sault, de Bou-
> cart et Bouchavannes, de Péquiny, de Lisy, de Mouy-Sainty> Phal, d'Estemay, comte de Montgommery, vidame de Char- » très, estre les chef: et principaux conducteurs ; ce que ne » nous sommes jusques à présent peu persuader, ains au con- T> traire en avons attendu toute fidélité, loyale sujétion et obéisi> sance, avons commandé et ordonné au premier de nos y> héraux, sur ce requis, qu'il ait à sommer et interpeller tous » les susdits et autres seigneurs, gentilshommes, officiers, de » quelque qualité qu'ils soient, estans avec eux et qui leur
> amènent forces, occupent nos villes et font amas de gens en » leur faveur, à ce qu'ils aient présentement, et ce, sur le » simple commandement, à venir pardevers nous, sans armes, » pour nous rendre l'obéissance commandée et ordonnée de » Dieu, par la grâce duquel nous régnons et avons esté mis et » constitué roy sur eux, ou bien déclarer promptement s'ils » entendent approuver telle sinistre et mauvaise entreprise, ]& advouer lesdites assemblées qu'ils ont faictes et font en )> armes ou autrement, à la foule et oppression de nos subjectz, y> mépris et contempnement de nostre autorité et dignité, et y> semblablement les publications qui se font par escripts, tant » signez que non signez, couverts d'une couleur et prétexte y> d'un prétendu bien public ; pour, ladite déclaration par eux y> faite, estre par nous advisé à ce que devons faire pour raison. y> Faict en nostre chasteau du Louvre, à Paris, le VIP jour D d'octobre 1567. (signé) Charles. — De l'Aubespine, Roy> bertet. y>
Une instruction remise, le même jour aux hérauts d'armes, portait ^ :
€ Les héraulx d'armes députez pour aller trouver le prince j> de Condé, là part qu'il sera, sonneront trois fois de leurs » trompettçs, au lieu publicq, chasteau, ou village, où sera » ledit prince, au devant de la porte, sans entrer au dedans » de son logis, et crieront trois fois à haulte voix : de par le
> roy, vous, Louis de Bourbon, prince de Condé, du sang et » de la couronne de France, je vous fais commandement et D somme, de par le roy, vostre souverain seigneur et maître,
> entre les mains duquel avez faict serment de fidélité et :& obéissance, le venir trouver à Paris, là où il vous attend, les j> bras ouverts, pour vous recevoir, et, en vous faisant misé-
> ricorde, recommande son service.
« Icy les héraulx sonneront et feront pose, attendant res- » ponce et après crieront, en mesme voix haulte et éclatante : » de par le roy ! Au refus de quoy, je vous déclare que le roy, » mon maistre, se pourvoira contre vous par toutes voyes et » manières, ainsy que bon luy semblera, et généralement con- ^ tre tous ceux qui vous suivent.
« Icy sonneront en concert et s'en reviendront sans attendre » aucune responce, après aussi avoir crié et prononcé en » mesme voix éclatante à l'amiral, à d'Andelot, et diront ce j^ qui s'en suit :
« Vous, Gaspard de Coligny, admirai et officier de la cou- :» ronne de France, qui avez fait serment de fidélité et service » au roy, vostre souverain seigneur et maistre, je vous comy> mande, de par Sa Majesté, la venir trouver en sa cité de » Paris, où il vous attend, pour recevoir ses conimandemens à j> faire le service que vous lui devez ; au refus de quoy, je vous y> déclare que le roy mon maistre se pourvoira contre vous, par
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'» toutes voyes et manières, ainsy que bon luy semblera, et gé- » néralement contre tous ceux qui vous suivent.
« Autant à d'Andelot, colonel de l'infanterie de France.
a Lesdits héraulx,de la part de M. le connestable, demanderont y> à parler au cardinal de Chastillon, lequel si leur dit : parlez
> haut, diront et crieront en mesme voix éclatante et haute ce ï> qui s'ensuit :
« Monsieur le cardinal de Chastillon, M. le connestable de » France nous a chargé de vous dire qu'il est desplaisant d'une :» si mauvaise nourriture qu'il a fait de vous et de vos frères, » pour n'avoir jamais rien espargné, mais recherché tous les
> moyens de vous eslever et promouvoir aux grands estatz et » dignilez de France, laquelle vous tourne aujourd'huy en trou-
> ble et ruine; ce qu'il n'eûst jamais pensé, ny qu'il se dût y> trouver traîtres en sa race, au roy et à la couronne de France ;
> desquels troubles, pour la libérer, fera ce qu'il pourra pour » vous rompre tout et exterminer. »
Les chefs réformés, sans s'émouvoir autrement des sommations qui leur étaient adressées, mais désirant du moins éviter, autant que possible, l'explosion d'une guerre civile, se prêtèrent à une large concession. Restreignant donc la portée de leurs demandes, ils se bornèrent, dans une nouvelle requête *, à solliciter le roi d'accorder à ses sujets réformés le libre exercice de leur culte, en tous lieux indistinctement, et, par conséquent, d'abroger toutes déclarations et dispositions restrictives de cette liberté.
Aussitôt s'opéra, k la cour, un revirement notable dans les esprits ; et il fut décidé, en dépit d'une vive résistance opposée par Catherine, que les négociations seraient reprises.
Elles le furent, en effet, à La Chapelle-Saint-Denis, entre Anne de Montmorency, le maréchal, son fils, de Gonnor,