Bibl. nat. mss. f. fr. vol. 6619, f- 189 et suiv
> un jeune el innocent seigneur et roy, tout ainsy comme ledict 1 Electeur en a mèsmement escript au roy, luy mandant y> qu'il ne desiroit et ne souhaitoit aultre chose à Sa Majesté y> sinon tranquilité et repos de son royaulme, et que les i> choses demeurassent d'un côsté et d'aultre paisibles selon i> Tédict de la pacification; et en s'excusant devers Sa Majesté, ]^ s'asseure bien que ces troubles et tumultes ne s'élèvent pas » entre le jeune innocent'roy et ses vassaulx, mais plutôst entre » lesdicts vassaulx et le cardinal de Lorraine et ses adhérens, 1^ lesquelz, aux aultres troubles, ont semblablement tasché, » suyvant en celaleurs patentes et par euh publiées, d'extirper 1^ et suffoquer enlièrement tous ceulx qui sont de l'évangile et i> de la vraye religion chrestienne; de quoy ceulx du costé du î prince de Condé en avoient présenté requestes au roy et à la i> royne mère en protestant publiquement devant Dieu et tout
D le monde par ainsi les affaires de France, quant aux
D troubles présens, se portent de sorte que ce ne doibve point 1 estre imputé ou imposé au prince de Condé et à ses adhérens "» comme une rébellion ou sédition, mais plustôt comme une ï défense nécessaire et permise de la nature pour sa propre » personne et plusieurs mil chres tiens, pour le roy mesme et » sa couronne contre les dessusdits leurs adversaires.
€ Ledict Electeur fait response que son fils, le duc
oc Casimir,depuis peu de temps luy avoit donné à entendre comï> ment qu'il auroit esté plusieurs fois requis et prié, non seule- "» ment des princes du sang royal, mais aussi de la plus grande i> partie de la noblesse de France et de toute sorte des estats el y> personnages aimant l'honneur et la paix, que si en cas fortuit 3> il advient qu'au temps advenir, par l'incitation des ennemys » du repos publicq eulx et beaucoup d'aultres dépendant de la » vraye religion feussent par violence et force pressés oultre et » contre l'édictdu roy touchant la pacification, et que le royaulme » de France tombast derechef en datçer d'une misérable
- 528 -^ » ruine et destruction qu'il pleust audict duc Casimir, pour la » conservation de ladite pacification, pour la réputation du jeune » roy et aussi pour Tempeschement de la misérable effusion du » sang de plusieurs mils innocents chrestiens, de leur vouloir » secourir de forte main avec quelques mil chevaulx et aultres » gens de guerre. Ce que ledict duc Casimir, ayant esté quelque > espace de temps nourryen France et y reçeu beaucoup degra- » cieusetés et honneurs, ne Ta pas voidu refuser pour le bien de î) Sa Majesté et de ses subjectz. Ainsy ledict duc Casimir auroit » prié TElecteur son père de ne luy point vouloir refuser un tel y> voyage tout chrestien et honnorable, ains plutost d'une affecy> tion paternelle à son filz et jeune prince le luy vouloir accor- » der pour s'expérimenter et voir quelque chose.
oc D'aultant que ledict Électeur, du passé et de long-
, » temps, à la requeste de son dict filz avoit promis et accordé » que, s'il se présentoit aulcune guerre chrestienne et honoy> rable, il ne fauldroit de luy donner son congé d'y aller; veu » que ceste entreprinse du prince de Condé et de ses adhérens y> n'est pas contre, ains pour Sa Majesté et la conservation de 3> son royaulme, ensemble la purification, défense et soulagei> ment des chrestiens pressés, permis justement et de la loi de
^ nature ; et d'aultant que, aux troubles passés, l'an 1562,
y> le secours qui vint du Saint-Empire pour le prince de Condé, y> n'a esté tombé pour ce faict en aulcun inconvénient ou offensé y> la paix publique et les constitutions d'icelle, c'est la raison » pour laquelle l'électeur a faict moins de difficulté de donner » le congé à son aymé filz, pour s'en aller à la guerre ; joinct > aussi qu'il n'eust sçeu prétendre en cela aulcune raison juste i> de refus. ^
De Lanoue * nous fait connaître les circonstances dans lesquelles le duc Casimir, qu'il qualifie de « prince doué de vertus