Bèze, Hist. eccl, 1. 1, p
» manière par laquelle on pourra, en toute crainte et humilité, » rendre à César ce qui est à César et à Dieu ce qui est à Dieu, » comme aussi nous pensons estre la volonté du roy et de son » conseil en tout cest édict, que Dieu soyt obéi le premier. Il » est certain qu'il semblera à plusieurs qu'on pouvoit, selon le ]> temps, obtenir plus grande liberté que celle qui se présente, » mesme qu'il sera grief à ceux qui ont desjà occupé les tem- » pies et autres lieux publics dans les villes, de les laisser : mais y> ceux-cy, s'y estant avancés de leur authorité privée, doivent » plustost recognoistre leur indiscrétion, que trouver estrange 3^ de se veoir privés des lieux èsquelz ils se sont ingérez, sans y> attendre que Dieu marchast devant eux, par la providence et y> bonne volonté duquel il est plus que juste et raisonnable que » soyons gouvernés. Davantage il faut considérer que, si nous » sommes privés, pour un temps, de quelque commodité, le » grand bien qui s'offre de l'autre costé, doit effacer l'ennuy i> qu'aucuns pourront avoir de ce qu'ils perdent; joint que ce i> n'est pas icy le dernier bénéfice que nous espérons de notre » roy, moyennant la grâce de Dieu, lequel roy estant persuadé i> de nostre obéissance et submission sera de plus en plus 3> enclin à nous ouïr patiemment et à nous faire droict et raison ]i> de tout ce que proposerons à sa majesté, d
Ces judicieux a: avis et remonstrances eurent tel effect, > que les Églises obéirent incontinent* ; « mais avec leur obéissance contrasta l'ardente opposition que l'édit de janvier rencontra dans les rangs du parti catholique. Les chefs de ce parti fomentèrent en secret la résistance des parlements, les censures du clergé et le soulèvement des masses populaires. Ils se réservaient de faire aboutir, en temps opportun, leur œuvre ténébreuse à un coup d'éclat dont l'irrésistible énergie, pensaientils, anéantirait l'édit qu'ils maudissaient. Le contraste ici est