Bèze, HisU eccly 1. 1, p
frappant : il ressort de l'étude approfondie des faits qui s'accomplirent alors au sein des provinces et de la capitale; faits intéressants en eux-mêmes, mais que nous devons nous résigner à passer, en partie, sous silence, à raison de leur multiplicité et de rétendue des développements qu'entraînerait leur exposé complet.
L'édit, signé le 17 janvier 1562, avait été immédiatement communiqué aux divers parlements pour être enregistré. Il le fut par le parlement de Rouen le 27 du même mois * , par ceux de Bordeaux et de Toulouse le 6 février ^ , et par d'autres à des dates plus ou moins rapprochées, avec une soumission apparente sous laquelle se déguisait à peine une hostilité réelle. Ces grands corps, s'arrogeant trop souvent, pour en abuser, une mission plus politique que judiciaire, repoussaient aveuglément, comme subversive de l'ordre public, la coexistence de deux religions en France ^. Les parlements les plus fortement engagés dans les voies d'une résistance insensée et coupable étaient ceux de Paris et de Dijon ; et l'on venait d'atteindre le mois de mars sans qu'ils se fussent encore départis de l'audacieuse formule : Non possumtis^ nec debemus^ à l'abri de laquelle ils se croyaient inexpugnables.
. Cependant, que s'était-il passé chez les réformés, dans le coms des quelques semaines qui venaient de s'écouler?
Ils avaient loyalement exécuté les obligations que leur imposait l'édit de janvier, notamment : 4° en se dessaisissant des édifices/eligieux et des biens ecclésiastiques que l'on considérait comme ayant été jusqu'alors détenus par eux au détriment des