Bibl. nat. mss. fonds Colbert. V. vol. 24, f 1 10 bis
» garde pour ma seureté et pour tel temps qu'il plaira à vostre » majesté. Et pour ce que je sçay bien qu'il est plus raison- » nable de relever le roy de despence que de l'y faire entrer,
> j'ay dict quelques particularitez et moyens à M. de Boucart,
> par lesquels le roy n'y entrera point, et sur lesquels il vous » plaira madame, l'escouter et croire. Et sur ce, je supply noslre » Seigneur, Madame, que augmentant en vous ses grâces, il 1 donne à vostre majesté, en parfaite santé très heureuse et D très longue vie. DeBonneval, ce XXIX° de mars 1568. Vostre » très humble et très obéissant subject et serviteur, Chastillon.})
On ne sait comment cqttre lettre fut accueillie par Catherine.
Retenu pendant plusieurs jours par d'impérieux devoirs, soit à Bonneval, soit à Orléans, Coligny ne fut de retour à Châtillon, en compagnie d'Odet, que le 12 avril. Dès le lendemain, les deux frères écrivirent à la duchesse de Ferrare K La sympathie de Renée pour l'amiral, dans un deuil dont elle mesurait l'étendue, fut à la hauteur de l'affection qu'elle avait vouée à Charlotte de Laval, ainsi qu'à lui-même.
Les plus chers amis de Cohgny s'associant à ses sentiments, de cœur et de pensée, mesurèrent dans toute son étendue l'austère dispensation sous laquelle il s'inclinait. Touché de leur sollicitude, il les laissa lire dans son âme, et se montra, aux yeux de tous, pénétré de celte conviction, qu'en l'affligeant, « le Seigneur l'adver tissait de se desdier du tout à luy mieux » que jamais. 3>
L'un de ces amis. Th. de Bèze, s'attachant à Texpression de cette conviction, consignée dans une lettre, que l'amiral lui avait adressée après la mort de Charlotte de Laval, y répondit par ces belles paroles ^ :
« Monseigneur, il s'en faull beaucoup que Testât auquel il