‹ Gaspard de ColignyChapitre 206 sur 226 · NAMQUE RES AGITUR · texte numérisé non relu

NAMQUE RES AGITUR

Un document du xvi« siècle (Bibl. aat. mss. f. fr. vol. 20783, f 37. - - Bull, de la Soc. d'Hist. du protest. fr. ann. 29, p. 119) ajoute le détail suivant : € Le duc de Wurtemberg, pour s'assurer de la vérité, envoya homme exprès

> sur le lieu pour se enquérir au vray de tout ce qui s'estoit passé ; lequel ï estant de retour et aïant fait entendre la cruauté dudict de Guyse contre les pro-

> testans de Vassy, il en fut si fort irrité, qu'il dist qu'il se vengeroit ; et de

> faict, si ledict duc de Guyse ne fûst mort, il délibéroit de faire divulguer son

> hypocrisie, et luy offrir le combat, pour le tort qui luy avoit faict. Ce qu'ayant

> esté entendu par le duc de Guyse, tascha par tous moïens de l'apaiser, et pour

» cest effect envoya devers le duc de Wurtemberg un nommé Rascalon, «m va-

> let de chambre, qui autrefoys avoit esté nourry en Allemagne, par leqael il

> luy fit présent de quelques bons chiens courans, le voulant par cela gratis » fier, pour ce qu'il aimoit la chasse. Mais ledit duc de Wurtemberg, an lien

> de les recepvoir, les feit tuer en la présence dudit Rascalon, qu'il feit mettre

> en prison par l'espace de sept ou huit jours, au pain et à f'eau; et audépa^.

> tir, lui dit ces mots : va dire à ton maistre que si je le tenois, je luy en ferois î autant comme j'ay faict à ses chiens. »

Agitation menaçante, à Paris, voyez :

l» Le sauvage manifeste, adressé par divers habitans de Paris au roi, à h reine mère et au conseil privé, postérieurement à Tédit du 17 janvier 1562 (Bull, de la soc. d'Hist. du prot. fr. t. XVII, p. 534 et suiv.).

2* « Pour venir maintenant aux déportements de la ville et du parlement de

> Paris, il n'y eut pratique ne ligue qui fust oubliée pour empescher la publica- » tion de l'édict, maintenant sous ombre de certaines modifications qu'on y D voulait faire, maintenant par oppositions, quelquefois aussi par menaces » accompagnées de pratiques évidentes. Mesme ceux de la religion allans et

> venans d'un bout de la ville à autre avec une infinie multitude, il y ayait » certains garnemens atitrés au coin des rues pour outrager les passans; ce » qui contraignait ceux de la religion de se munir aussi de leurs armes pour » leur défense : et si les défendans n'eussent esté plus retenus que les assail- » lans, il n'y a doute que pour lors la force ne fust demeurée à ceux de la reli-

1 gion. La royne parmi ces troubles estoit bien empeschée craigoantde

» décheoir si elle se déclaroit d'un costé et d'autre ou si elle se lenoit 9 du tout neutre, et bien aise cependant que chacune des deux factions laflat- ]» toit ; au lieu que sans cela elle n'eust eu bien affaire à se maintenir, elle déli-

> béra d'entretenir les uns et les autres le mieux qu'elle pourroit, inclinant

> toutesfois pluslost vers le costé des catholiques romains comme estant les « plus forts, pour finalement se déclarer du costé qui l'emporterait. > (De Bèze, Hist. eccL, t. I, p. 689, 690).

3o Catherine, dans son propre intérêt eût dû, selon Throckmorton, incliner plutôt du côté des réformés : « The queen mother fearing some alliance belween » the king of [Navarre, the duke of Guise, and the constable at whose deto- « tion divers great personnages wholy dépend) reposes her trust in the favou-

> rers of the protestant religion. The papists hère being the stronger party,

) and maintained by the king of spain and other great princes, it îs time for the queen to coùntenance the prolestants and to see that they be not wea- 3 kened in France. > (Throckmorton to the queen. 6 mars 1 562. Calend. of 1 State pap. foreign.)

Résistance du parlement de Bourgogne.

(De Bèze, hist. eccL^ t. III, p. 391.)

t Le maire de Dijon, assisté d'un chanoine se disant syndic du clergé, avait

> obtenu que le parlement, au lieu de faire publier Tédict de janvier, envoye-

> roit deux conseillers au roy pour faire tant que la province de Bourgogne

> ne fûst comprise en l'édict. Cela luy estant octroyé, et ayant sous-main feict

> entendre à la cour, qu'en la ville de Dijon et aulrres du duché de Bourgogne

> il n'y avoit point de gens de la religion, ni forme d^assemblée, combien qu'en

> la seule ville de Dijon il y eust plus de deux mille personnes requérant la pu-

> blication de Tédict, il fut mandé par lettres du dernier de mars au sieur de » Tavannes, lieutenant pour le roy, en l'absence du duc d*Aumale, gouverneur,

* de ne permettre les presches à Dijon, ni aux villes de frontières, et par ainsi

> fut Tédict de janvier^frustratoire pour la ville de Dijon. Ce néantmoins que

> huict jours après, à sçavoir le 8 d'avril, ceulx de la religion obtindrent no-

> nosbtant les troubles déjà bien avancés, lettres contraires et autres encore

* du douziesme dudit mois, adressantes à la cour et à Tavannes, pour procéder

> à la publication et exécution de Tédict, sous peine de s*en prendre à eux. ï Mais tout cela ne servit de rien, d'autant que les conseillers de la religion ro-

> maine estoient en plus grand nombre. >

Médiation du cardinal de Châtillon, en 15&2.

Le cardinal de Châtillon à Catherine de Médicis. 7 avril 1562. (Bibl. nat. mss. f. fr. vol. 6 611, f» 59.)

€ Madame, m'estaut retiré icy en mon abaye de Saint-Benoist, suy^ant ce qae 1 je vous fis entendre, passant par Melun, depuis deux jours ce porteur qui est

> à monsieur d'Acqs m'y est venu trouver, lequel m'a dict que, ainsi qu'il

> estoit prest de partir de la cour estant naguères audict Melun, quand vous

> entendistes qu'il venoit vers moy, vous luy conmiandastes de me dire de vos- » tre part que je m'employasse de tout mon pouvoir de conseiller à monsieur le » prince de Condé de poser les armes, luy et tous ceux qui sont en sa conipa-

> gnie, qui a esté cause, qu'aussitost qucj'ayreçeu ceste créance, j*ai dépescké » ce dict porteur vers mondict sieur le prince pour le prier de permettre à l'ung de » mes frères de venir en lieu où je peusse parler à luy,afinde le tenir advertyde

> quelques propos que j*avois à luy dire. Ce qu'ayant entendu, il a ce jourd'hny < envoyé mon frère monsieur Dandelot jusques à Gergeau où je me suis trouTé

> au disner et n'ay failly de luy user de toutes les remonstrances dont je me suis

> peu adviser pour satisfaire à vostre vouloir et intention, afin de les faire en-

> tendre à mondict s' le prince. Sur quoy il m'a dict que monsieur de Valence

> estoit hier venu pour ce mesme effect vers mon dict s' le prince, et que desjà

> il vous avoit fait entendre sa responce : ce qui me fait d'autant plus espérer 9 Texéculion de vostre volonté que je la voy autant désirée de leur coslé, ainsi

> que m'a dict mon dict frère, qu'il est possible ; de sorie qu'il ne me reste à

> vous dire, madame, sinon que, s'il se trouvoit encore cy après qnelque diffi- » culte en ce faict, et que vous pensez que j'y puisse faire service au roy et à

> vous, comme je n'ay et n'auray jamais autre volonté, je me réputeray très t heureux, si vous le me commandez, de m'em ployer davantage en aussi bonne » œuvre, tant pour obéjT à vos commandemens, que pour l'affection que j'ay

> et doy avoir au bien de vostre repos et de ce royaume et de la tranquillité

> publique, ensemble d'obvier, en tout ce qui me sera possible, à la calamité et

> désolation qui peut provenii* par telles voyes et déportemens, si la bonté de

> Dieu n'y pourveoit.

Digiti

Le cardinal de ChâtiHon à Catherine de Médicis. 15 avril 1562. (Bibl. nal. mss. f. fr. vol. 66H, 1» 61.)

c Madame, ayant reçeu la lettre qu*i] y a pieu à Vostre Majesté m'escrire, je » Tay incontinent envoyée à monsieur Tamyral, mon frère, à ce qu*il peust

> mieux par icelle entendre vostre intention, qui l'ha communiquée à monsieur

> le prince de Condé, lequel Tha à ce matin envoyé me -trouver en ce lieu, où

> je suis venu exprez, pour y faire response. Qui est telle que ledict sieur prince

> n'ha autre désir ny affection que de vous obéyr et exécuter vos commande-

> mens, et est prest de poser les armes, aux conditions qu'il manda hyer par

> M. de Gonnort, lesquelles luy mesme et ceulx qui ont esté jusques icy envoyez » de la part du roy vers ledict s' prince ont trouvé si raisonnables, qu'ils ont » dict que'ceulx qui les refuseroient se mectroient en leur tort. Vous suppliant

> au reste très humblement madame, vouloir croire que j'ay et auray toute

> ma vie telle dévotion à vostre service et au bien du repos public, que je ne » fauldray de faire tous les bons offices et cercher tous les moyens qu'il me sera

> possible pour essayer d'apaiser ces troubles, dont il ne peut provenir que ca- » lamité en ce royaume, ainsi que j'ay donné charge à Sarragosse, présent por-

> teur, vous dire plus amplement, s'il plaist à Vostre Majesté l'ouyr. Qui me

> gardera de vous ennuyer de plus longue lettre, etc., etc.

Le cardinal de Châtillon à Catherine de Médicis. SO avril 156*2. (Bibl. nat. mss. f. fr. vol. 6611, f^ 64.)

€ Madame, aussitôt que j'ay reçeu la lettre qu'il a pieu à Vostre Majesté m'escryre par le prothonotaire de Sarragosse, je n'ay failly de l'envoyer à monsieur le > prince de Condé,le priant de permettre à l'un de mes frères de venir à Jargeau où j'avais résolu de me trouver pour faire ce qu'il vous plaist me commander.

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» Mais ayant ledit sieur prince veu par ladite lettre que vous desirez entendre quelle 9 seureté il demandoit pour laisser les armes, il a voulu prendre cesté peine de d me venir faire luy mesme sa response en ce lieu, où je n'ay rien oblié de ce j que j'ay peu et sçeu juger propre et nécessaire pour Tefifect de vostre inleo-

> tion, laquelle, comme chacun peult veoir,ne tend qu'à la tranquillité de tout » ce royaume. A quoy il m'a respondupour résolution qu'il ne désire plus grande » seureté pour luy et pour toute sa compaignie que de veoir le roy et vous en 9 pleine et entière liberté, et qu'après cela, au moindre commandement de voz i majestez, il fera clairement et promptement veoir à ung chacun qu'autre occa- » sion ne luy a mis les armes à la main que le très eiprès et urgent service àa

' » roy, et vostre. Voylà, madame, tout ce que j'ay peu tirer de luy, quelque » vive remontrance que je luy aye sçeu faire de l'extrôme ennuy que vous perlez j de veoir ces troubles, et du désir que vos subjectz doibvent avoir d'y procu- 9 curer bientost quelque bonne fin. Et pour ce que en cela je ne me vouldroîs

> laisser surmonter au plus affectionné et obHgé de voz serviteurs, je vous di- ]» roy pour la fin, madame, que je m'estimeroy bien heureux si là ou ailleurs » mon labeur, mon bien et ma vie vous peuvent apporter le contentement que » vous desirez, etc., etc.

Le cardinal de Ghàtillon à Catherine de Médicls. 22 mai 15625 (Bibl. nat. mss. f. fr. vol. 6611 f* 67.)

f Madame, ayant veu l'instance et commandement qu'il a pieu à Vostre ï Majesté me faire par la lettre que m'a apporté de vostre part à Lisle où j'es-

> lois logé M. le comte de Villars, pour m'employer pardeçà à la. pacification » des troubles-qui sont en ce royaume, et la prière que à ceste fin ledit sieur

> conte et avecque luy M. de Vieilleville me feirent audict lieu de Lisle, de vey> nir en ceste ville, je n'ay voulu faillir de ce faire, y estant pour cest effect » arrivé, ce matin, où il ne me déplaist sinon que les choses ne se soient pas » accomodées selon que je puis cognoistre que vostre dite Majesté le désire, j> pour la dévotion et grand désir que j'ay de vous y pouvoir servir de mesme » intention que vous en avez à laquelle Vostre Majesté se peut asseurer, ma-

> dame, que je respondray tousjours en ce qu'il me sera possible de toute l'o-

> béissance et service que vous pouvez vous promettre de moy, et tant en cela

> qu'en tout autre endroit. Mais comme vous pourrez entendre par eulx, leur » response estoit dès hier fnicte et tellement conclue, ainsi qu'ils la vous » apportent, que, à mon grand regret, je ne l'ay peu faire aucunement changer, »> vous suppliant, madame, de vouloir croire que je m'estimeray tousjours très

» heureux qu'il vous plaise me donner autant de moyen de vous lesmoigner par

> les effeclz la sei^vitude que je vous veulx rendre, comme j'en ay de volonté, î dont m'attendant que par lesdits sieurs conte de Villars et s'^de Vieille-

> ville vous serez suffisamment informée, je m'en remettraysureux, etc., etc. >

Le cai-dinal de Châtillon à Catherine de Médicis. 20 août 1562. (Mém, de Condéy t. III, p. 605 à 607.)

c Madame, m'estant retiré en ma maison, suyvant la permission qu'il avoit

* pieu au roy, en vostre faveur, me donner, avecques seureté pour mes per-

> sonne et biens, je n'y ay pas esté presque plustost arrivé, que, comme je vous I ay desjà mandé, l'on ne m'ayt adverty de toutes partz où j'ay du bien, que

> Ton le me faisoit saisir; et encores depuis quelques jours ne cessent de me

> venir advertissemens, d'un sur l'autre, que la cour de parlement, à la re- » queste des gens du roy, doibvent décerner adjournement personnel etprinse

> de corps contre moy; dont pour désirer rien mieux que mes actions tant du

> passé que celles qui peuvent regarder l'advenir fussent congnues par tous les » gens de bien, je ne me donueroys pas beaucoup de peyne ; et mesme con-

> gnoissant que de vostre naturel vous estes tant juste et raisonnable i que vous ne vouldriez jamais souffrir que une injustice fust faicte à ung de y vos subjectz qui vous est si fidèle et affectionné serviteur que vous sçavez

> que je l'ay esté, comme je suis et seray toute ma vie, avecques ce que moy et i> les miens nous sommes pas trop apperçeus de la faveur qu'il vous a pieu nous

> porter jusques icy, pour recepvoir quelque mauvais traicteraent, à vostre sçeu

* et consentement où vostre volunté et puissance seroyent libres; mais voyant 9 que tout cela se faict par la suscitation et menées de mes ennemys, qui pour » le jourd'huy ne sont point si petits, que cbacun ne voye bien qu'ils osent » d'entreprendre, et comme tout ce royaume s'en trouve, et vous mesme, ma- » dame, qui ne faictes, sinon cequ'ilz veulent; voyant aussy que mes ditz enne- 9 mys, comme il est notoire à cbacun, ne cbercbent rien tant que la ruyne de ï moy et toute ma maison, et mesmes qu'il y on a l'un d'eux qui n'a point eu i de honte de se faire nommer pour l'un de mes principaux juges, dans un ^ rescript du pape, que l'on m'a dict qu'il a faict venir de Uome pour me

> laire mon procez, et dont le pape a esté tellement sollicité ou plustost » importuné, par l'espace de plus de six moys, que pendant les dictes sollicita- » tions et importunitez il luy est eschappé de dire qUe, encores qu'il ne trou- » vast bon ni raisonnable de l'accorder, il veoit bien qu'il seroit à la fm con •

> traint de le bailler malgré luy, comme il a faict, ainsy qu'il me a esté donné

» à entendre par des gens de bien, dignes de foy et telz estimez de Vostre Ma- » jesté ; comme aussy je croy bien que vous Tavez sçeu, longtemps a, et beao- » coup de autres bons tours que Ton me brasse, non, comme je me asseure,

> sans vostre grand regret ; il m'a, à ceste cause, semblé, madame, qu'il seroit c plustost trouvé bon de voz majestez, que aultrement, que je me retirasse, comme

> je fay, en quelque lieu de seureté et hors de leur puissance, pour préserver

> mon honneur et ma vye de leurs maulvaises intentions en mon endroyl, jus- 3 ques à ce, s'il est possible, que le roy soyt en aage de commander, qui ne

> sera jamais sitost que je le désire, et que je puysse veoir Sa Majesté juger

> de laquelle des deux partyes il aura esté plus fidèlement servy, pour incooti-

> nent m'en aller jecter à voz piedz, et vous rendre compte de moy, ensemble

> me submetre à vos bons plaisirs et commandemens; vous rendre aussi le

> service que je suis tenu et obligé : tous suppliant toutesfoys cependant, ma- » dame, ne trouver maulvaise ceste retraicte que je fay, qui ne sera jamais eo j lieu où n'ayez sur moy toute puissance, pour en estre servye et obéye autant

> que vous ayés jamais esté : car je ne prétcndz rien moins que me retirer de j vostre obéyssance, mais seulement de la force et violence de mesdils onnej mys, ad ce qu'ilz ne me puissent faire le mal qu'ilz me pourchassent, et aussj

> peumexclure ny excuser de vous aller trouver avant que le roy S03ft eo aage, f quant il vous plairoit que je le feisse ainsi ; moyennant aussy qu'il yous pleost

> me donner telle seureté de mesditz ennemys, qu'ilz ne sçeussent mettre à exé-

> cution contre moy, la maulvaise volonté qu'ilz me portent; et ce qui m'adonne

> encores du tout plus grand argument et corayge de prendre ce party, et en » croire le conseil que mes amys me donnent, c'est madame, l'exemple que j'aj f veu de M. et madame de Crussol, lesquelz, quelque près qu'ilz feussent de I Vostre Majesté, vous ne avez peu garantir du pouvoyr de violence de leurs enne-

> mys, s'ilz ne se fussent eslongnez et absentez comme ilz sont; ce que nejefaj

> point de doubte que vous ne eussiez consenly ny permis, si vous les eussiei » peu tenir près de vostre perso ime sans danger. Or, les occasions pour lesf quelles on leur en veult comme aux aultres, il n'est besoin que je le vous

> dyse, pour ce que on sçayt assez et qu'elles vous seront ung jour et au roy ]» encores plus manifestes, qu'elles ne sont, Dieu aydant, lequel sur ce je sop-

> plieray mettre Voz Majectez en voz premières libertez, ad ce que lors, si plus-

> tost ne peult estre, et Dieu me préserve la vie jusques-là, je puisse joyr de

> l'heur et bien de voz présences ; et après avoir présenté mes plus que très

> humbles recommandations à vostre bonne grâce, qu'ils vous doinct, madame, » en très parfecte santé, plus que très heureuse et très longue vie. De Cbastil-

> Ion, ce XX« jour d'août 1562.

lOo

Lettre royale, du 22 août 1562.

{Archiv. 7iat. de France, l. 969.)

c Charles, par la grAce deJDieu, roy de France, à tous ceulx qui ces pré-

> sentes lettres verront, salut. — Gomme pour ayder à paciffier les troubles

> qui de présent sont en nostre royaulme, nous ayons ci^devant commandé à » plusieurs grand seigneurs de eulx transporter en nostre ville d'Orléans, mes-

> mementà nostre très cher et bien amé cousin le cardinal de Ohastillon, en la-

> quelle il a feiict séjour jusques à ce que Tespérance luy ayt défailly, de pou-

> voir paciffier lesdicts troubles, et après, de nostre congé et permission, s'est » retiré en sa maison, et soit ainsy que soubz prétexte des arrêts donnez en » nostre cour de parlement de Paris par lesqueiz il a esté ordonné que les biens

> et bénéfices de ceulx qui sont suspectz de favoriser ceqx qui se sont esle-

> vez, en armes pour le faict de la nouvelle religion, nostre procureur général

> en icelle, non adverty des causes et raisons pour lesquelles nostre cousin a

> faict séjour en ladite ville d*Orléans et que ce fûst par nostre commandement ) et pour nostre service, auroit fait saisir partie du bien de nostre dit cousin 9 le cardinal de Ghastillon, et veult faire saisir le reste ; nous à ces causes, ne

> voulons que ce que nostre dict cousin a faict pour nostre commandement et t de laroyne nostre très chère dame etmère,pour la paciffication desdits troubles » et bien de nostre royaume et nostre service luy apporte tel préjudice et

> dommage, avons déclaré et déclarons que nostre dit cousin le cardinal de

> (ihastillon par nostre commandement exprès s*est transporté en nostre dite

> ville d'Orléans, et y a faict séjour et que en ce il nous a fait service très » agréable duquel nous sommes contantez et nous contentons, que ne voulons

> luy tourner à aucun préjudice ; aius voulons et nous plaist qu'il se puisse » retirer en ses maisons, ainsy que bon luy semblera, en actendant tel autre » commandement que luy vouldrons faire pour nostre service, et que en la » jouissance de son bien et de ses bénéfices ne luy soit donné aucun trouble » et empêchement, et que, si aucun trouble luy estoit donné en iceubc par » saisye ou aultrement, il luy soit levé et osté, et lequel par ces prétextes nous 1 avons levé et osté, levons et estons, de nostre pleine puissance et autorité 1 royale, imposant, sur ce, silence perpétuel à nostre procureur général et à tous » aultres, si donnons en mand^îment, etc., etc. — Donné au camp de Lazenay

> près de Bourges, le XXll" jour d'août, l'an de grâce 156!2, et de nostre règne

> le deuxiesme. >

11 y a loin de la médiation officieuse du cardinal de Ghâtillon, dans les circonstances dont il s'agit, au rôle plus qu'étrange que joua, en 1562, le cardinal de Lorraine, vis-à-vis de la belle-mère du prince de Condé, pour tenter, entre ce prince et les Guise, un rapprochement d'ailleurs impossible.

Laissons parler, sur ce point, un document contemporain. (Bibl. nat. mss. f. fr. vol. 20 783, f 37. — Bull, de la soc. de l'hist. du prot. fr. ann. », p. 116, 117) : € Au temps que M. le prince se retira à Orléans, le cardinal de Lorraine, estant à Soissons, envoia un gentilhomme à Magdeleine de MaiUy, dame de Roye, estant pour lors à Muret, distant de cinq lieues, pour la prier hiy permettre de luy communiquer quelque affaire de conséquence, ce que luy ayant accordé, s'achemina vers elle, âf laquelle il fist autant d'accueil et de révérence comme à sa propre mère, la congratulant et exaltant de toutes louanges, qu'il disoit excéder en vertus les plus douées de ce royaulme. Et après la supplia de se vouloir emploier pour persuader à M. le prince de Condé de quicter son entreprise et de faire alliance et confédération perpétuelle avec M. de Guise son frère. Et pour confirmation d'icelle, il accorderoit le ma* fiage qu'il adviseroit de leurs enfans. A quoy la dame de Roye fit response que, si ledicï s^ de Guise se voulait départir de son entreprise, pour ne faire la guerre aux protestans, elle y cmploieroit tous ses moyens et authorité; aultrement qu'elle aymeroit mieux que M. le prince fûst dix pieds sous terre que quicter la religion pour s'allier aux ennemis d'icelle ; ce que le cardinal commença à signifier les matières, poursuivant l'alliance et que, icelle faicte, Ton adviseroit quelque bon moyen pour appaiser le différend de la religion. Et pour la mieux gaigner, commença de ce chef à redoubler ses louanges plus que auparavant ; à quoy ladite dame fit response qu'il n'avoit tousjours en si bomie opinion d'elle, lors mesmemcnt qu'il la feist constituer prisonnière â Sainl-Germain-en-Laye, lorsque le prince cstoit à Orléans, pour le soupçon qu'il avoit contre elle d'avoir sçeu l'entreprise d'Amboyse. A quoy le cardinal dit que les chrestiens doihvent oublier les injures passées ; à quoy elle répliqua qu'elle avoit oublié véritablement, selon le commandement de Dieo, pour n'en pourchasser point de vengeance; mais que de ne se souvenir du tout, cela luy estoit impossible, veu que l'affliction de la prison luy avoit engendré une goutte qui la réveilloit toutes les nuits. — Le souper estant prest interrompit leurs propos, après lequel souper, ainsi que ladite dame parloit à quelques-uns et se pourmenoit par la salle,* au veu et présence de tous les serviteurs tant de luy que de ladite dame, le cardinal parlant si haut

> que ladite dame le pouvoit entendre, dit qu'icelle dame estoit si sage, élo-

> quente et prudente, qu'il la voulait à bon droit accomparer à Salomon et il » pourroil bien dire comme la royne de Saba, qu'il en avoit plus connu que la

> renommée ne portait ; le tout tendant à fin de la faire condescendre à sa de- » mande. Mais la cognoissant persévérer en sa résolution, il s'en alla en la

> court où il la dénigra autant qu'il Tavoit louée en sa présence, comme depuis

> ladite dame en fut advertie par un grand seigneur estant près de la court. »

Voici ce que Castdnau {mém. liv. III, chap. viii) dit du prince de Gondé, de ramiral et des autres seigneurs réunis à Orléans, en avril 1562 :

c Les seigneurs et la noblesse protestante conclurent que puisqu'ils avaient

> un prince du sang pour leur chef, qui vivroit et mourroit avec eux, il leur

> falloit mettre le tout à la fortune et au hasard de la guerre : voyant aussi

> qu'ils avoient l'admirai, principal officier de la couronne, et digne chef de

> parti, pour les bonnes et grandes qualitez qu'il avoit en luy. Et d'autant

> qu'il avoit quelque apparence de tenir sa religion plus estroitement que nul ) autre, il tenoit en bride, comme un censeur, les appétits immodérez des

> jeunes seigneurs et gentilshommes protestans, par une certaine sévérité qui

> lui estoit naturelle et bienséante. Et d'Andelot, son frère, combien qu'il n'eûst 3 pas tant d'expérience, estoit tenu néanmoins fort vaillant et hasardeux, et

> avoit beaucoup de créance avec les solda tz. Et pour le regard du cardinal de » Chastillon, leur frère, il avoit esté dès sa jeunesse jiourry au maniement des » grandes affaires, et estoit très grand courtisan, qui aimoit et faisoit plaisir et

> caresse à la noblesse : quant au prince Porcien, il estoit jeune, prompt, vo- 1 lontaire, et toutesfoys bien suivi : comme estoient les sieurs de Rohan de

> Bretagne, de Larochefoucault, de Genlis, de Montgommery, de Grammont, de * Soubise, de Mouy, de Piennes, et plusieurs autres seigneurs auxquels se

> ralliaient de toutes parts quantité de leurs parens, amis et serviteurs, tant >. capitaines, soldats qu'artisans, et plusieurs mesmes de la maison du roy et de » la cour ; ce qui accrut tellement le nombre des protestans,qu'ils eurent moyen » de faire une armée, mais non pas telle que celle des catholiques, qui avoient

> le roy pour eux et la plupart des villes, î

(Hub. Lengueti lib. Il, epislolar. epist. 72. 19 avril 1562).

< Qui sunt Aureliae videntur esse paratiores. Jàm enim féré hahent ad qui 9 taor mil] la equitum optime armatorum, quorum plerique sunt ex praecipuâ

> nobilitate hujus regni, et inter eos sunt muiti egregii virr. Nuper accersitos

> Aureliam fui spectator niodesliae eorum, et cùm maximâ voluptate per ali-

> quot dies sum conversatus cùm plurimis qui omnes visi mihi sunt pleoi fidu- » ciâ, et hoc suo instituto nihil aliud spectare quàm gloriam Dei. Si isti bomii nés interirent, existimo quôd non solùm ipsa virtus, sed etiam firtutis » seminai*ium in hoc regno extingueretur. >

« Summa mandalorum qusD Darlaco adoloâccntt nobili Bernensi data sunt ab illus- ■ troio principe Ludovico Borbonio Gondensi et quàm plurimis hujus regni proceri- » bus qui Âureliis liberandi christianissimi régis Domini sui démentis causa con- » vencrunt.»

{Arch. de Berne, Frankreich., vol. 2, ann. 1554 bis 1569. — j/ém. de Condé, t. III,

« Ut senatus amplissimarum civitatum Helveticarum quœ religionem Evangeli-

> cam amplexae suut mandata dent omnibus parrochiis et pastoribussuainim ecde-

> siarumutplebemsuamadprecescohorlenturhocpericulosissimo tempore apud

> Deum Opt. Max. adhibendas pro tantis calamitatibus et œrumnis quîe propter

> civile bellum quod jàm in galliâ exorlum est, videntur ecclesiis gallicanis im- M pondère, quemadmodùm planiîis intelligetur ex eX declaratione et protestatione i principis Gondensîs quacGallicé scripta unà ci^im hislitteris et roandatis missa » est, — Ut iidem senatus operam dare velint ne ii qui nuper christianiss. re-

> gem vi atque armis Foutenablaei cœperunt, captivumque pnmûm in arcem » Melunensem deinde Lutetiam abduxerunt, subsidium ullum ex Helvetià nan- » cisci possint adversùs eumdem illustriss. principem Condensem cœterosque

> summos hujus regni proceres, qui iiupcr nd régis reginaïque defensionein » suscipiendam arm«i capere equilumquc lurmas evocare coacti suiit. — Posw trcmô ut si helvetiae cohortes quas jùm ah illis regite majest.predombus evo- » catae dicuniur, exitu prohiberi non possint, videant saltem iidem ampHssimi

> senatus, quid tùm christianiss. regii vicino et confœderato suo, tùm etiàm 3 illustriss. principi et regni procerihus subsidii atque adjumenti his extremis

> temporibus mittendum putent ne magno totius orbis malo et incommodo ea » tyrannis in hoc florentiss. regno instituatur, quc^e yicinis quoque regîonibus

> summam brevi tempore pestem ac perniciem allatura sit. — Et si forsitan » dictis civitatibus perlatœ fuerint litcne sub regio nomiue quibus subsidium » aliquod petatur, nôrint eas vi, melu cl coacti extortas à praedictis pnedoni- » bus et proptereà potiùs contemnandos quam amplectendos esse donec fuerit » christianiss. rexliberatus. — Datum Aureliae XII aprilis, annoDom'. MDLXII. j Loys de Bourbon. »

|o Lettres de Condt^ au. conseil de Genève, du 11 avril 1502 (Arcltiv. de Genève, n. 1712 et aux magistrats de Berne, de mCmc date. (Archiv. de Berne, Frankreich. vol. 2, ann. 1551 6i«1569).

2** Lettres de CoHgny et de d'Andelot aux magistrats de Berne et à ceux de Zurich, en date du 20 avril 1562 (Archiv, de Berne, Frankreich. vol. 2, ann. 1551 bis 1569 et Archiv. deZurichy série de documents manuscrits). Conçues en des termes idcn- ' tiques, ces lettres des deux frères portaient :

c Magnitici spectabiles et prœstautissimi viri : etsi conGdimus vos ex su- 1 perionbus nostris iliustrissimique principis Condensis literis ac mandatis

> intellexisse quemadmodùm nonnulli in hoc regno prœpotentes domini, col- 1 lectis necessariorum clientumque suorum copiis, armatisque hominibus re-

> gem nostrum unà cùm niatre et fratre ceperint, captivosquc ad arbitrium

> suum abduxerint, tamen opéras pretium nos factures potavimus si eâ de re

> iterùm magnificentiœ vestrae scriberemus : praesertim cùm ex co tempore » irenuntiatum nobis à certis hominibus fuerit abductores illos regio nomine ac 1 sigillé pro veteri suâ consuetudine abutentes, aliquot pedilum cohortes ex » pagis vestris evocasse : ut longé maximam et florentissimam Gallican nobili-

> tatis partem quae sese illorum conatibus opponit aiienis armis opprimunt ;

> quô faciliùs illi suaB dominandi cupiditati, quse vobis, ut speramus, non » ignota est, servire possint, quamquàm autem nemo eorum qui hùc ex omni- » bus regni partibus ad nos convenerunt, dubitat, vos pro vestras clarissimae- » que gentis pristinâ forlitudine veterique necessitudine quam cùm christianis-

» simis regibus semper usque adhùc sanctissimé coluistis, passnros eam t amplissimo vestro nomini macula înuri ut regiorum prœdonum cupidhatis

> ministri dici possitis tamcn ea nostro hâc in parle officia dcessemus, neye

> rexnostcrreginave ipsius mater propcdiem ut speramus in libertatem majesj tatc suâ dignam rcstituta nostram in vobis admonendis atque cohortandis

> negligentiam accusare possit, proptcreà iterùm ac saepiùs peter e à magnifi- ) centiâ vestrâ voluimus ue spcm illam quam ipsorum majestas de amidtià et

> confoaderatione Tcstrâ summam concepit, inanem esse patiamini : nàm quod ) ad nos attinet, quemadmodùm et fortunas omnes nostras vitamque ac sanguîi nem cùm hoc flore nobilitatis Gallicae quoB hùc incredibili ardore ad nos per » breyi spatio advolavit, parati surous liberandi régis nostri causa profandere

> ita nostram in omnibus hujus regni amicis ac vicinis appellaadis diligentiam

> meriti desiderari non patiemur : ut omnes intelligant nos in conservaadà » régi nostro suâ coronâ, valesiaeque gentis majestate omne nostrmn studiom

> operam industriamque consumpsisse quemadmodùm vos quoque, magnifici » Domini, speramus praeclarum vestrum ergà regem nostrum animum hoc ) summo suo tempore demonstraturos quœ ea nos spes fallat, ita Yehementer à

> vobis petimus ne majore studio non possimus. — Valete magnifici Domin'

> et spectatissimi viri ; Deus rempublicam vestram universamqae gentem Helfe-

> vetium tueatur. — Datœ Aureliis XX april. 1 562.

c Yoz entièrement bons et bien affectionnez amys c Ghastillon, Ândelot. >

(De Lanoue, DUc, polit, et milit.y p. 681 à 684),

c Lorsque ceste guerre commença, les chefs et capitaines se resscavenoyent » encores du bel ordre militaire qui avoit esté pratiqué en celles qui 8*estojeDt

> faites sous le roy François, et Henri son fils, et plusieurs soldats en estoienl

> aussi roémoratifs : pour laquelle occasion il semble que ceux qui prindrent

> les armes se contenoyent aucunement en leur devoir. Mais ce qui eut plus de » force à cest effect furent les continuelles remonstrances es prédications, où

> ils estoyent admonestez de ne les employer à Toppression du pauvre peuple :

> et puis le zèle de religion, dont la plus grand*part estoyent menez, avoit » alors beaucoup de vigueur. De manière que sans aucune contrainte chacun se

bridoit volontairement pour ne commettre point ce que sou ventes fois Thor- » reur des supplices ne peut empescher : et principalement la noblesse se

> monstra, à ce commencement, très digne du nom qu'elle portoit, car mar-

> chant par la campagne, où la licence de vivre est sans comparaison plus grande

» que dans les villes, elle ne piJloit point ni ne battoit ses hostes, et se conten.

» toit de fort peu. Et les chefs, et la plus part d*icelle, qui de leurs maisons

> avoyent apporté quelques moyens, payoycnt honnestement. On ne voyoit point

> ftiir personne des villages, ni n'oyoit-on ni cris ni plaintes. Somme, c'estoit

> un désordre très-bien ordonné. Quand il se commeltoit un crime en quelque

> troupe, on bannissoif celui qui Tavoit commis, ou on le livroil es mains de la 9 justice, et les propres compagnons n'osoyent pas mcsme ouvrir la bouche

> pour excuser le criminel, tant on avoit en détestation les meschancetez, et

> estoit-on amateur de vertu. »

D'Aubigné (hist. univ. t. 1, liv. 111, chap. i), parlant du massacre de Vassy, dit : c Je laisserai aux histoires expresses de telles pièces à conter les actes ï tragiques de ce jour, me contentant de dire que 300 personnes et davantage

> esteintes, donnèrent le premier exemple aux uns pour tuer impunément, aux » autres pour n'espérer point de miséricorde. — Geste licence donna le branle

> à Gahors, à Sens, à Auxerre et à Tours de traiter de mesme façon, de mille à

> douze cens personnes. De ces derniers furent enfermez 300 dans Téglise de La

> Riche,aux faubourgs, affamez par trois jours, puis liez deux à deux et menez à » Tescorcherie, et sur uh sable de Ml rivière, là assommez de différentes façons.

> Les petits enfans s*y vendaient un escu. Une femme de beauté excellente » ayant fait pitié à celuy qui la menait tuer, un autre l'entreprit et pour monsf trer la fermeté de son courage, la despouilla nue et prit plaisir avec d'autres » à voir périr et fener ceste beauté par la mort. — De quelques femmes gros- » ses, qui accouchèrent en mourant, un enfant jette dans la rivière fut porté

> sur l'eau, la main droite levée en haut, autant que les veucs le peurent con-

> duire. — Le président de Tours fut lié à des sauUes comme on va au Plessis, ji et lui fut vivant le ventre ouvert pour cercher dans ses boyaux de l'or qu'ils » y pensaient caché. — Delà vindrent en moindre, mais tous marquez d'insi- » gnes cruautez, les massacres de Auriilac, Nemours, Grenade, Garcassonne, 1 Villeneuve d'Avignon, Marsilargnes, Senlis, Amiens, Abbeville, Meaux, Ghâ-

> Ions, Troyes, Bar-sur-Seine, Épernay, Nevers, Çhastillon-sur-Loire, Gien, » Moulins, Yssoudun, le Mans, Angers, Gram, Blois, Mer et Poitiers. J'acyous- 3 terois bien Rouen et autres qui suivent ce temps-là, mais il y faut une dis- 9 tinction : assavoir que les premiers massacres donnèrent cause à la prise des 9 armes, et cette prise d*armes donna la cause aux derniers. Pourtant tout ce

> qui est dit des villes susnommées ne se confond point avec ce qu'on trouvera » ci-après aux mesmes villes painni la ferveur des armes. >

Lettre du connétablcà Culigiiy. lâ'niai 15Câ. (Bibl. nat. mss. f . fr. vol. 3 410, C" 50).

€ Mon nepveu, il n'y aura jamais temps ni saison où voz lettres ne me soient » agréables, pour Tassurunce aussy que j'ay que vous me recongnoistrez toos-

> jours pour un second père et le plus cher oncle que jamais eût nep?eu.

> Comme je vous ay faict cong^oistre par des preuves et feray toujours, où 1 j*aui*ay moyen, si vous ne me donnez grande occasion de faire aultrement.

> Et là-dessus, mectant à part toutes les remonstrances que vous me touchez » par vostre lettre du VI de ce moys des'choses passées et dont il semble que

> vous soyez meu d*avoir la défiance que vous démonstrez. Je vous prieray,

> mon nepveu, croyre et tenir pour chose certaine, que je n'ay pas le 1 sang si froid et la nature si dure que ^e voulzisse veoir chose qui vous » apportast ni honte, ni dommage, ayant tant cherché vostre bien, vostre » honneur et vostre gi*andeur, ainsi que vous pouvez sçavoir. Mais je trous » confesseray bien que j*ay eu et auray toute ma vye incroiable regret de 1 penser qu'il soit sorty tant de mal de Tombre d'une deffiance que l'on dé- » monstre avoyr. A quoy je vous promectz bien qne je n'ay point congnue que i Ton pensast de ce cousté. Je ne sçay ne piège ne ratouere tenduz ne prépa-

> rez pour cela, quelque opinion que vous ayez, laquelle je seray très ayse jt pour le bien et contentement que je vous désire que vous veuillez laisser, el » au demeurant penser que j'espère tant de la grâce de Dieu, à qui seul je 1 rcmetz la conduite de mes actions et le jugement de mes intentions, qu'il

> fera congnoistre à tout le monde que je n'ay cherché le mal ne le déplaisir 1 de personne, mais la conservation de son honneur et le bien et service dn ) roy et repoz de ce royaume dont je ne croiray jamais que par sa bonté il » permecte qu'il ne tombe sur moy seul ni sur les miens ayans semblable » bonne intention, aucune hayne ni dommage; mais bien craindray-je que con-

> tinuant ce que je veoy, n'advienne une ruyne universelle à ce royaulme ) dont ceulx qui en sont cause, estant nostre Seigneur juste juge comme il est,

> sentiront les premiers désastres, et à personne du monde n'en déplaira-il plus » que à moy, qui ay trop d'ennuy et de douleur de vous veoir de la partye, oe » pouvant croyre, mon nepveu, si vous considérez bien ce qui est desjà survenu

> depuis ces troubles encommencez et combien il y a de mal et de pitié par ce » royaume, que cela ne vous perce jusques au sang et ne vous face désirer de » veoir une fin plus tost aujourd'hui que demain. El sur ce, je prie Dieu vous » donner ce que desirez. De Paris, le 12' jour de mai 1562.

Disciplinu de Tarméc de Coudé, au ci'np de Vaussoudun. (De Lanoue, Disc, polit, et milit.y p. 68^ à 68i.)

c Au camp de Vaussoudun près Orléans, où le prince de Condc séjourna près È de quinze jours, l'infanterie fit voir qu*elle estoit touchée du sentiment (de la 1 vertu). Elle estoit logée en campagne, et le nombre des enseignes ne passoit i trente-six.

c Je remarquay alors quatre ou cinq choses notables. La première est, qu*on-

> tre ceste grande troupe onn*eûstpas ouy un blasphème du nom de Dieu. Car, » lorsque quelqu'un-, plus encore par coustume que par malice, s'y aban- » donnoit, on se courrouçoit asprement contre lui : ce qui en réprimoit beau-

> coup. La seconde, on n'eûst pas trouvé une paire de dez ni un jeu de cartes, 9 en tous les quartiers : qui sont des sources de tant de querelles et de larcins. » Tiercement, les femmes en estoient bannies, lesquelles ordinairement ne

> hantent en tels lieux sinon pour servir à la dissolution. En quatrième lieu, » nul ne s'escartoit des enseignes, pour aller fourrager : ains tous estoyent » satisfaits des vivres qui leur estoyent distribuez, ou du peu de solde qu'ils 1 avoyent leçeu. Finalement, au soir et au matin, à l'assiette et lèvenicnt des f gtirdes, les prières publiques se faisoient *, et le chant des psalmes retentis- 1 soit en l'air. Es quelles actions on remarquoit de la piétié en ceux qui n'ont » pas accoustumé d'en avoir beaucoup es guerres. Et combien que la justice

> fùst alors sévèrement exécutée, si est-ce que peu en sentirent la rigueur,

> pour ce que peu de desbordements parurent. — Certainement plusieurs

> s'esbahissoyent de voir une si belle disposition : et mesmement, une fois,

> mon frère le sieur de Téligny et moy en discourant avec monsieur l'admirai, » la prisions beaucoup. Sur ce il nous dit : c'est voiremont une belle chose, 1 moyennant qu'elle dure ; mais je crains que ces gens icy ne jettent toute leur

> bonté à la fois, et que, d'ici à deux mois, il ne leur sera demeuré que la » malice. J'ay^commandé à l'infanterie longtemps, et laconnois : elle accomplit

> souvent le proverbe qui dit : déjeune hermite, vieux diable : sicelle-cy y fault, » nous ferons la croix à la cheminée. Nous nous mismes à rire, sans y prendre » garde davantage, jusques à ce que l'expérience nous fit connoistre qu'il avoit i esté prophète en ceci. »

1. Voyez dans \es Mémoires de Comlé (l. 111, p. 262 à 266) le texte « des prières • ordinaires des soldats de l'armée conduilc par M. le prince de Gondé, accomino- » dées selon roccurrence du temps. •

Quelques lignes de Brantôme (éd. L. Lai. t. Vil, p. S04) sur lé début des relations de l'amiral avec de Lanoue, doivent trouver place ici.

€ Nos guerres civiles, dit-il, estant survenues, M. de Lanoue se mît à soifre » le party de la religion, de laquelle il estpit grand zélateur ; et aussy que » M. Tadmiral, voyant sa suffisance, Tavoit attiré pour autant se décharger » de son grand faix, ainsi qu'il le servit très bien et le soulagea fort; car dès ) lors il commençoit à estre bon capitaine, d'autant qu'il aimoit fort à lire, et

> ce qu'il lisoitille pratiquoit très bien quand il estoit en sa charge de guerre ;

> et aussy qu'il en aymoit fort à discourir, comme je l'ay fort ouy attentive-

> ment bien souvent.

Lettre du prince de Gondé à Montgommery et à Briquemault, 24 septembre i50S. (Archiv. nat. de France, I. 969).

f Messieurs, j'ay esté fort ayse d'entendre les bonnes nouvelles que vous » m'avez mandées, lesquelles sont arrivées fort à propos pour nous tenir adver- ^ tis comme nos ennemys font leur desseing de vous allez as^saillir, et de (aict,

> pour ceste occasion, ont fait partir de Paris vingt canons qui descendent par ) eau. Mais ne doublant point que vous n'ayez bien pourveu à ce que jugo^ » estre nécessaire pour leur respondre, je me reposeray sur l'assurance que

> m'en donnez et que de tout temps j'en ay. Et quant à vous, monsieur de » Lorges, quand je depeschay M. de Bricquemault par dellà, les rumeurs » estoient si grandes qu'ils vouloient aller surprendre Rouen, et moy tout incer- » tain de la part où vous estiez pour soubdain vous en donner advis, que cela ) fut cause de le y envoier affin d'éviter les premiers et plus grands dangers. » Touteffoys j'estime que vous considérerez bien que la charge est assez grande, » puisque les affaires se présentent pour employer deux vertueux gentils- » hommes, qui me faict vous prier et l'ung et l'aultre de tellement unir voz » volontez que mettant soubz les pieds toutes difficultés de prééminences, vous i pourvoiez et .remédiez à tout; car, puisque c'est, la cause de Dieu qui s^ doibt j» traicter entente sincérité et droicture, mon oppinion est que en cecy l'ambi-.

> tion ne doibt point trouver place entre nous. Aussi veulx-je bien croire que

> la vostre se rendra conforme à la rayenne. Au regard de l'infanterie Je » trouve bon que le sieur des Croses y commande, ce que vous luy ferez

> entendre de ma part, attendant que la commodité du temps soit plus propre » pour luy en escrire, ensemble aux autres capitaines et gentilshommes qui » sont auprès de vous, lesquels, je m'asseure, m'en excuseront bien pour ce «c coup. Et en ce qui touche le faict de messieurs de la ville, je vous prie viîe-

» ment leur remonstrer combien ilz desfavoriseroient noz affaires, s'ilz man« 1 quoient à la promesse des deniers qu'ilz m'ont faicte ; leur représentant le f devoir auquel le besoing requiert qu*ilz s'emploient pour y satbfaire; car » c'est le principal nerf de toutes nos forces, et mesmes que cela est déjà des« ) tiné comme vous sçavez pour subvenir à ce que amène monsieur d'Andelot, » qui n'est pas une petite compaîgnie, dont aujourd'huy nous en avons reçeu f nouvelles, comme il se haste le plus qu'il peult, et l'attendons en brief, Au ) demeurant, monsieur de Bricquemault, vous avez très saigement faict de

> retenir les lettres que monsieur le cardinal, mon frère, escrivait à ceuU de » Rouen, affyn de leur coupper le chemyn aux amorses auxquelles ils se feus* » sent peu laisser aposter, cognoissant bien que ce sont des stratagèmes de nos » ennemis, desquels surtout il est besoing, messieurs, que vous donniez garde B et mesmes de trahisons, parce que, oultre le bruit qui court icy qu'ils pra*

> tiquent desintelligences avecques aucunsde delà, ils se vantent d'avoir quatre 9 capitaines en mains qui leur feront de bons services, et c'est le seul motif de

> l'entreprise du voïage ; mais j'espère que sitost que aurez reçeu ceste lettre, » vous sçaurez bien rompre ce piège, et que nostre Seigneur les fera eulx » mêmes tomber en la fosse où ilz taschent de vous précipiter et manifestera » en brief l'exaltation de sa' gloire, ce que de très bon cœur je luy supplie de ) vous donner, messieurs, ce que plus desirez. — Escript ce XXIIII*' jour de

> septembre 1562. — Vostre bien bon amy pour jamais, Loys de Bourbon. >

Le jeune duc de Nevers et le prince de Portien, son beau-frère.

c Or avoit le seigneur duc de Nevers, fils de la sœur du roy de Nayarre et » du prince de Condé, succédé un peu auparavant à feu son père, au gouTer- ) nement de Champagne : et d'autant qu'il s'estoit rangé notoirement du costé f de la religion, avoit esté de bonne heure et durant. le parlement de Paris, ) mandé par le prince par deux ou trois messagers pour le venir trouver avec » le plus de forces qu'il pourroit. Suivant donc cest advertissement, il assembla

> bon nombre de seigneurs et gentilshommes, en délibération de se joindre au 1 prince son oncle, avec advertissement à ceux de Troyes de se tenir prests :

> et ne sçedl pas plustost l'arrivée du prince à Orléans, qu'il luy envoya le » sieur de Passy, auparavant évesque de Nevers, et lors ministre de la parole i de Dieu, avec charge expresse de jurer et promettre en son nom audit sieur I prince, son oncle, qu'il ne faudroit de le venir trouver incontinent. Ce néant- » moins, par les pratiques et menées de deux personnages qui le po8sédoient,à

> s<;avoir Desbordes, gentilhomme fort desbordé et qui avoit une ancieiuie que- » relie avec le frère du sieur de Genlis qui estoit à Orléans, avec le prinee, y et iinsien secrétaire nommé Vigenaire^se servant tous deux des allécbemens

> du roy de Navarre, Tesbranlèrent du commencement jusques-là qu'il promit y d'aller à la cour, là où peu à peu il fut destoumé de son entreprise, ce qni

> depuis luy causa la mort par celuy mesme qui en fut cause, comme il sera » dit cy après. » (De Bèze, Hist, ceci., t. II, p. 370, 371. — Voyez aussi une lettre adressée par De Bèze au jeune duc de Nevers, en mars 1562, ap. Bamn, append. p. 173.)

Plus explicite que Th. De Bèze, Nicolas Pilhou nous donne le secret de la déchéance morale de François de Clèves, et nous montre dans quelle efifroyable proportion les désordres de la vie privée d'un homme haut placé réagissent sur sa vie publique, en ternissent Féclat et la déshonnorent. Nous ne retracerons pas ici le tableau des désordres auxquels les suppôts des Guises poussèrent le duc de Nevers, pour mieux l'arracher à la profession religieuse qu'il avait faite jusqu'alors. Quelques lignes seulement du récit de Pithou donneront suffisamment la mesure de la perversité de ces suppôts, qui réussirent à dominer le jeune prince, que le duc de Guise appelait dérisoirement le petit homme. (De Bèze, Hist, cccL, t. II, p. 4U). —c Ceux de l'église dit Pilhou, Hist. eccl. dt* » réglisedeTroyes(Bibl.nat.,mss. collect. Dupuy,vol. 698, P 217), ne dcsespr-

> roientpas encore du duc de Nevers,d'autant qu'ils appercevoient en luy quelque

> résidu de semence de piété qui lesnourrissoitetentretenoit toujours en quelque » bonne espérance. Mais quelques-uns de ceux qui estoient auprès de sa personne

> faschez au possible dele voir encore retenu plus qu'ils ne désiroient de quelque

> crainte et révérence de la religion, qui les empeschoit d'acheminer du tout » leurs desseins, résolurent de tenter tous les moyens possibles pour enlever ji tout ce qui restoit de bon en luy et rompre toutes les digues qui les empesji choient de faire en son endroict les approches telles qu'ils désiroient. Espérans » qu'ayant gaigné ce point sur luy et luy avoir fait quitter ou oublier du tout » son devoir envers Dieu et le peu de piété qui lui restoit, ilz le manieroient

> delà en advant plus à l'aise et le formeroient comme ilz voudroient ; le plus

> prompt et expédient moyen qu'ils purent choisir pour acheminer la trame » de ceste pernicieuse résolution fut d'user d'im meschant et pernicieux con-

> seil Alors on commença à voir un merveilleux et estrange changement

> en l'hostel du duc de Nevers et une nouvelle manière de vivre; car, au lien

> de pseaumes et chansons spirituelles qui souloient résonner par tout son

> logis, on n'oyoit plus retentir que des chansons impudiques et du fol amour. » La Bible et tous autres livres de la Sainte Escripture furent mis sous les 9 pieds Brief, on Tit en peu d'heures Dieu banni du tout de ceste maison :

> et fut le duc de Nevers veillé et manié de si près, qu'oubliant petit à petit

> toute honnesteté et son devoir, il se laissa tellement aller aux allécbemens et » suggestions pernicieuses de ces gens-là, «tue delà à peu de temps il se trouva

> en un fort mauvais chemin Telle povreté ayant succédé de ceste façon

» conduisit avec le temps le duc de Nevers à telle extrémité que, se souciant » peu de la religion, il se laissa abaslardir du tout et devint plus dissolu que de » coustume. Ce qui fut un fort grand dommage ; car, à la vérité, c'estoit un

> prince fort débonnaire, d'un prompt et gentil esprit, et qui prouicttoit beau-

> coup, s'il ne se feust laissé gourrerner à telles gens. »

Quant au prince de Portien, quelque pénible que fût pour lui la perspective d'une lutte engagée indirectement avec son beau-frère, il n'en prit pas moins la résolution d'agir sans retard en Champagne.

H assura d'abord le passage de d'Andelot à travers cette province, réunit ce qu'il put de troupes, et chercha à porter secours, çà et là, aux réformés.

Les diverses phases de l'histoire de ceux-ci, dans la vaste étendue de la Champagne et de la Brie, au xvi° siècle,'est empreinte d'un intérêt particulier. Nous ne prétendons môme pas l'esquisser ici. 11 nous suffira de signaler les efforts spéciaux auxquels se livra Antoine de Croy en faveur de ceux des habitans de Troyes qui comptaient sur lui comme sur un libérateur. Peu s'en fallût qu'il ne pénétrât dans cette yille et qu'il n'y accomplît la délivrance de ses coreligionnaires *. Son entreprise n'échoua qu*à raison du peu de forces dont il pouvait disposer.

A la suite de divers mouvemens opérés dans la contrée avec une persévérance et une énergie qui ne demeurèrent pas toujours sans succès, Antoine de Croy se replia en août 1562, sur l'une des extrémités delà Champagne, c M. le prince » de Portien, écrivait Hotman le 8 de ce mois*, est avec douze cents chevaux et

> douze enseignes de gens de pied qui s'assemblent des païs de Champagne, de

> Rethelois et de Lorraine. > Le 30, il s^outait^ : c Le prince de Portien est en

> la Champagne ou bien près, avec six cents chevaux et deux mil hommes de

> pied conduitz par le capitaine Béthune, et croy qu'ils tiennent maintenant » un chasteau nommé Rocqueroy, où il y a huict pièces d'artillerie, à quoy ils

> prétendent fort. >

Vers cette même époque, Chantonnay, qui épiait, jour par jour, les moindres mouvements des chefs réformés, expédiait en Espagne * les renseignements suivants : < 10 août. Il n'est encores nouvelles de l'artillerie qui doit venir d'A-

> miens. Si le conte de Seninghen, que Ton dict à ceste heure le prince de Por-

> cyan, rassemble (pielque chevaulx, et gens de pied, comme il est après, au

> coustel dcChampaigne et Rethelois, il pourroitcopper chemin à ladite artille-

> rie, pour Faccompaignement de laquelle il n'y a gens depputez si M. d'Omale

> n'y faict escorte, quitoutesfois n'a pas grand camp pour en répartir ; L'on disoit

> que ledict prince de Porcyan estoit après pour surprendre Ghâlon en Chamf paigne, ou Troyes. Je crois aussi feroit-il, s'il pouvoit, pour ouvrir le che- » min aux Allemands, s'il y en vient. — 28 août. L'on a dépesché plusieurs » commissions à des gentilshommes de Champagne pour lever gens, afin de

> faire teste au prince de Porcyan. — !•'• septembre. Monsieur de Nevers est

> arrivé au camp, bien accompagné. 11 est mieux là que en Champaigne, pour 9 raison du prince de Porcyan, son beau-frère. — 3 septembre. En Champai-

> gne, les s" de Rochefort, de Ryal et autres, y ont assemblé force gens, pour

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