Éd. L.LaL.i. V, p
» Tai YÛ; et si monstroit encore, en sa misère et pauvreté, un courage bon et » point encore ravallé. Il y est mort pourtant en cest estât ^ >
Louis de Téligny eut d'Arétuse Vernon deux fils, dont Tainé reçut le nom de Charles, et une fille à laquelle fut donné celui de Marguerite.
Où et quand naquirent ces trois enfans? où, par qui et comment furent-ils élevés? Vécurent-ils, pendant un certain temps, séparés où non, soit de leur père et de leur mère, soit seulement de Fun d'eux, depuis que Louis de Téligny se fut retiré en Italie? Ces diverses questions sont jusqu'à présent demeurées, pour nous, sans réponses.
Ce que nous savons du moins, c*est que Charles de Téligny, dès sa plus tendre jeunesse, se trouva placé sous le bienveillant patronage de Gaspard de Coliguy. L'affection que, pénétré de reconnaissance, il avait vouée à l'amiral, et la vénération qu'il lui témoignait loin de porter la moindreatteinte à ses relations de famille, n'avaient fait que les fortifier, il n'eut qu'à se souvenir des leçons qu'il avait reçues au foyer de Gaspard de Coligny et de sa digne compagne, Charlotte de Laval, en qui il avait rencontré une seconde mère. Un cœur aimant et dévoué, tel que le sien, dut porter haut le sentiment de la piété filiale. Aussi, nul doute qu'il n'ait constanmient saisi avec ardeur toute occasion qui s'offrit à lui de visiter, dans sa solitude, le père bien-aimé auquel la force des circonstances avait imposé une pénible expatriation. Si aucuns détails ne nous sont fournis sur ce point, les conjectures les plus favorables sont du moins pleinement autorisées. En voici une, parmi plusieurs autres, relative à un voyage que Charles de Téligny fit au delà des Alpes, peu après la mort de François II. Il est permis de croire que ce fut au retour d'une excursion à Venise, où il était allé porter à son père les témoignages d'une pieuse affection, qu'il se rendit eu Savoie, en février 1561.
Quelques faits permettent de conjecturer ce que fut, à d'autres égards, Charles de Téligny, On aime à le voir, plein de sollicitude pour son jeune frère, déjà pourvu d'un précepteur, quant à ses premières études, chercher à lui assurer, sous une forte direction, le bienfait d'une éducation chrétienne. Honoré grâces à l'intermédiaire de l'amiral, du privilège de soutenir depuis quelque temps une correspondance avec Calvin, toujours prêt à éclairer de ses conseils la jeunesse ' aussi bien que l'âge mûr, il s'adressa au grand réformateur, en ces termes ^ : t Monsieur, combien que je ne sçache pour cette heure chose » qui mérite de vous estreescrite, si n'ay-je voulu laisseraller mon frère, lequel » j'envoie à Genève pour estudier, sans l'accompagner de ce mot pour tousjours » me raraentevoir en vostre bonne grâce et vous supplier bien fort, monsieur, » de l'avoir pour recommandé, luy faisant et à moy tant de bien de le repren-
1 . Selon de TïiOu{hist univ., t. IV, p. 490) Louis de Théligny vivait encore en 157i .
2. Voyez les lettres de Calvin au duc de Longueville et à la marquise de Rothelin, des 26 mai et 22 août 1559 {corresp, franc., t. II, p. 265,267, 286) ; au prince de Portien, du 8 mai 1563 (ibid., t. II, p. 505); à François Daniel, des 25 juillet 1559 {Md.y t. Il, p. 284) ; 26 novembre 1559 et 13 février 1560 (Bibl. de Berne, collect., BongarSf vol. 141, p. 47, 49).