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> dre quelquefois, Tadvertissant par votre bon conseil de son devoir, à ce qn'Q » puisse profiter non seulement aux lettres, mais principalement en la crainte 9 de Dieu. > Les sentiments du jeune chrétien percent dans cette lettre si simple et si respectueuse, qui se termine par la demande d*un ministre, en fareor d*une paroisse que des relations de famille lui rendent doublement chère *.
Charles de Téligny n'était pas moins attaché à sa sœur, qu'à son frère. Son amitié pour Marguerite s*étendit naturellement à l'homme distingué dont elle devint la compagne, et auquel il se sentit avec bonheur attaché par d'indissolubles liens. Il y eut entre lui et François de iianoue, devenu son allié, et vcaé à la même carrière que lui, plus qu'un rapprochement occasionnel, plus même qu'une fraternité d'armes : il y eut une véritable fraternité de cœur. Raremeot, en effet, deux jeunes hommes furent mieux faits pour s'aimer d'une vive et stable affection, basée sur une entière conformité de sentiments, de convictions et de caractères, que ne le furent le frère atné et le mari de Marguerite de Téligny. Aussi, le seul nom qu'ils se donnaient dans l'intimité de leurs relations, ou en parlant l'un de l'autre ^, était-il toujours celui de frère, dont l'emploi entre eux se justifiait si bien.
Lettre de Coligny à Warwick, du 11 avril 1563 (Forbes, a full view, etc., etc., t. II, p. 383, 384).
f Monsieur, pour ce que j'ay entendu qu'il a esté faict arrest sur quelques
> navyres qui sont de présent au Havre de grâce, que les marchands dudictb'euont
> faict apprester, équipper et victualler pour faire les voyages du Brésil et de la » terre-neufve, et que, pour ce faire, ilz ont frayez beaucoup de deniers quilz 1 ont empruntez de plusieurs personnes à interest, pour avoir achapté lesdictes » victuailles et autres choses qui leur estoient nécessaires à double prix par
> les incommoditez qui sont de présent en ce pays-là, et estant empeschez de » partir et faire leurs voyaiges, cela seroit cause entièrement de toute leur ruyne, » pour s'estre engagez de tous costés ; avecques ce qu'ils ont desjà souffert et
> porté pour les inconvényens des guerres passées ; et pour ce, monsieur, que
1 . Montreuil-Bonnin, localité à laquelle se rattachait unepossession des ascendants de Charles de Téligny. Ârétuse Vernon, sa mère était dama de Montreuil-Bonnin, à titre d'héritière de son propre père, Raoul Veriion, sieur dudit Montreuil. (Voy. Le Laboureur, addit. aux tném. de Castelnau, t, II, p. 577). Charles de Téligny lui-môme devint seigneur de Montreuil-Bonnin. (Vuy.duBouchet, hist. delamai^on, de Colignyt^. 577 à58t.)
â. De Lanoue, Disc, polit, et mUit.y Bâie, 1587, p. 683.
> je voy qu'il y a grande pitié et désolalion en euix, je vous prieray bien fort,
> de tant qu'il m'est possible, de ne les empescher point de faire leurs dicts » voyaiges et traficques de marchandises d'aultant mesme que laroyne d'Angle-
> terre par les accords qui ont esté faicts avec elle a promis de les laisser
> trafûcquer et faire voyaiges comme ilz avaient accouslumé, et de ne les
> y empescher en sorte que sait. Et au regard de ce que j*entendz qu'il y
> a im article dedans le traité de paix dont vous estes mal content, qui » porte que les estrangers sortiront hors de ce royaulme, cela ne s*entend
> point pour la royne d'Angleterre, car niesmes M. le prince de Gondé ne vou- » lut point qu'il fùst parlé de Sa Majesté, que premièrement je ne fusse de re- 9 tour du voyage que je feiz dernièrement en Normandye, pour sçavoir en quel » estât estoient les affaires et quel langaige m'avoit tenu M. de Throckmorton ;
> et quand je fuz arrivé, l'on envoya quérir l'ambassadeur de sa dite Majesté » pour luy communiquer comme toutes choses se passoient pour ledict traicté
> de paix, et mesme de ce qui touchoit le faict de sa dicte Majesté, ce qu'on luy
> donna à entendre, où il ne fut rien conclu, que premièrement elle n'en fùst
> advertye, et, pour ce faire, l'on a dépesché M. de Briquemault, qui doibtpas-
> ser par le dict havre de grâce, et duquel vous sçaurez ce qu'il a à dire à Sa » Majesté touchant ce faict, espérant que vous en demeurerez satisfaict. Par » quoy je vous prieray encores d'avoir pitié de' ces pauvres gens et leur permet-
> tre qu'ilz puissent faire leurs voyages, d'aultant que la saison se passe, et » vous ferez beaucoup pour eulx. Je me recommanderay, bien affectionnémeot 1 à vostre bonne grâce, et supplieray le créateur, monsieur, vous dooner très
> bonne et très loiv^ue vye. De Chastillon, ce Xi* jour d'avril 1563. Vostre
> entièrement bon et bien affectionné amy, Chastillon.
ocaf Écrit non d b/, ni signé, mais rédigé probablement vers le 26 septembre 1563. Il porte la trace «^s espérances alors conçues par les Guises, de leur haine contre les Ctiâtil- Ions, le ^nnétable, le chancelier, et de leur crainte que l'affaire relative au meurtre du duc jde Guise fût évoquée au conseil du roi .
(Bibl. nat. mss. f. fr. vol. 3157, P>- 89 et suiv.).
« Le ^cardinal qui est icy avec ses frères envoya, le jour d'hier, deux fois en
> mon |logis, pour aller le trouver. Je n'y estois point, pour ce que j'estois allé
> à dei ^x lieues de Paris. Moy de retour, je l'allay trouver au grand logis, où je
> Irou'Jay bonne compagnye.
"^^ estant arrivé, ledict cardinal me voyant entrer dans la salle où il estoit,
;va tout aussytost de sa chaize où il estoit assis,- et m'appelant, me mena le jardin du dict logis, me demanda sy j'avois poinct oy nouvelles de cellui
> qui est maintenant en son goavernement,et qu'il en avoit reçeu des DoaTelles
> par le secrétaire de M. de Montluc.
» Lors il me dict qu*il me vouloit conter la vyeau mauvais riche, et comme il » s'estoit déclaré ennemy de sa maison, pour soustenir ses nepYenx; que c'es- » toit pour considération des bienfaits qu'il avoit reçeu d'eux, de ce quepardeni » foys, ils luy avoient faict jouher sa vye à trois dez, dont il avoit rapporté Thon- » neur et profQct que chacun sçait.
c Toutefifois que malgré luy et toutes ses praticques, ils avoient obtenu en » leur requête ce qu'ils avoient désiré, et qu'ils estoient renvoyés par le roy, par » l'avys des princes, aux juges ordinaires des pairs de France et lieutenants gé- » néraux du roy, qui sont messieurs de la Cour de Parlement de Paris qui ont » accoustumé de juger telles matières et k qui la cognoissance appartient du » faict dont ilz recherchent justice ;
f Que ce matin, ilz se doib vent retirer vers ladite court avec leur dite requête,
> pour demander l'enthérinement et avoir commissaires desléguez pour informer » de eurs faictz;
f Que de l'information, ilz ne s'en donnent peyne, car ce qui se trouve par » escript est suffisant pour obtenir l'issue de ce qu'ibs désirent, et qu'il est » impossible que jamais homme peult échapper k^n tel faict sans y laisser f la teste ; v
« Que sy n'estoit qu'il faut suyvre la forme de justice, i« qui est de preuves et » vériffié suffiroit, mais puisqu'il commance par ceste voye et qu'ilz ont la vo- » lonté du roy par escript, il suffit de suyvre ses erres, caiVe sera occasion de
> clorre la bouche à tous ceulx qui vouldroient parler qu^ veulent user de i> force, et puysque la justice parle il ne fault plus parler deVrce, sy ce u'est
> pour l'exécution de ce qui sera ordonné ; \^
€ Qu'ilz n'ont plus de crainte de ryen en leur faict, sy ce n'est .V^ ce iraistre » chancelier brouillast les cartes et que voullust sceller révocatiorl^^^ ^^ ^ardi- 9 ual de Ch. pourseuit soubz la main de son oncle ;
< Que si ledict chancelier la depeschoit, qu'il se pouvoit bien asseu^r qu'il en
> maudiroil l'heure, car il ne feroit pas de tort seulement à leur mA^"» °^^* » dix mil personnes qui s'en sauroyent bien ressentir, et qu'en attJ|^' "^ ^^ » prendroyent à partie, en son propre et privé nom ; m
f Qu'il est assez sale sans s'aller mettre davantaige en la fange ; ti^^^^^f^^ f belles œuvres qu'il a faictes pour l'occasion de la maladye de la royf »
f Qu'il s'est bien descouvert ce que le mauvais riche a faict et conspiré^ ^^^J"" » esté si hardy que de délibérer se saisir du roy, advenant inconvénient*»^ '* » royne, et qu'on sçait bien le rôle qu'ilz avoient faict jouer à ce fol de L?^'
> dont il n'estoit pas cpiicte ;
€ Que pour avoir la main plus forte, ledict mauvais riche avoit faict yS^ » compagnie et celle de son filz le mareschal à deux lieues près de la cour» ?
> quoy la royne est amplement advertye, et qui n'obliera rien de ce faire,*^ » qu'elle leur a très bien asseuré ;
< Que sy cela feust avenu il y eust eu de terribles jeux joués, car de per**"
> tre qu'un tel acte eust esté faict en la présence des serviteurs du roy, ceJf » s'eût peu faire ;
f Qu'ilz furent aussitost advertiz de toutes ses menées et des levées qui furent » faites par le prince de C. et mesines par le s*" de Sénarpont et avec d'autres, 1 dont il y en a qui en respondronl, quelque jour;
< Touteffoys qu'il regrettoit ce paouvre vieil resveur pour l'honneur de son » filz, et qu'il estoit impossible qu il se peust jamais laver de la faulte qu'il a
> faicte, mesme des lettres qu'il a escriptes à plusieurs gentilshommes dont ilz
> en ont recouvert quelques-unes, entr'autre d'ung gentilhomme près Vigny qui 1 fît response que si M. Dampville y estoit ou qu'il eusl à faire de luy, qu'il
> exposeroit sa vie pour son service ;
€ Que plusieurs autres s'esloient bien escuzés de l'aller trouver et dont la
> royne a esté bien informée, ainsi qu'il cognoistra, quelque jour.
€ Au mesmè instant que ces propoz furent tenuz, arriva ung gentilhomme
> ayant une chaisne au col, qui venoit du lieu où est monsieur Famyral, qui
> Tasseura l'avoir veu et parlé à luy, et qu'il avoit huit cens chevaux ; que de j tous costés ilz amassoyent, soyt luy ou ses adhérens.
€ Ce gentilhomme parla longuement aux femmes et aux frères.
€ Je ne puis sçavoir aultre chose synon que monsieur de Vaudémont estoyt
> party pour s'en aller en sa maison, mais qu'il n'oblyroyl rien de son costé, non
> moins que faisoient les aultres du leur, et que quant il sera besoing de prendre
> la force, il sçavoit bien à qui elle de voit demourer, et qu'il espéroit d'en » sçavoir le court ou le long, dans peu de jours ;
f Oue cependant il vouloil cscrire î\ celuy qui est en son gouvernement, pour
> Tadvertir de la façon que toutes choses estoient passées et la bonne vye que
> menoit son père, à la suscitation de bons traistres, raeschans meurtriers, et y mesmes de son bon frère, duquel il luy en manderoyt sa fantaysie.
f Tous les frères et le prince qui est icy avec eux, et la dame leur sœur, » doibvent escrire,et je dois avoir les lettres ce jourd'huy ;selon ce qu'il se pourra » découvrir du contenu, vous en serez adverty, et moy mesmes vous iray trou-
> ver, s'il en est besoing. Je croiz qu'ils atendroul* l'issue de ce qui seraavysé
> aujôurd'huy sur le contenu de leur requête.
c Hier ilz allèrent au logis de plusieurs présidens et conseillers pour commu-
> niquer leur faict. Ils se promectent merveilles de ce costé ; mais ilz craignent
> fort l'évocation, c U est bezoing rompre le mémoire, et que l'on prenne garde à beaucoup de personnes, car ilz s'asseiu-ent de sçavoir toutes choses. ï
m pnien'
nid Tf ' la cow > feire,
oy,cei
lib^
Lettre de Sarron, secrétaire de rambassadeur d'Espagne, da 16 juin I5&i. (Mém. de Condé, t. II, p. âOi.}
L'interdiction de faire prêcher, dont se plaignait Renée de France, pour elle
personnellement, de même que pour Tamiral et sa femme, pesa, à quelque temps delà, sur Jeanne d'Albret, à Mâcon. En effet, Sarron écrivait :
€ Le jeudy de TOctave du corpus Domini, se feit une procession, à Mascon, » fort dévote, en laqueUe le roy très chrestien, monsieur d'Orléans, la royne-
> mère, messieurs de Montpensier, prince de la Roche-sur- Yon, les cardinaulx
> de Bourbon et de Guyse, duc d'Aumale, connestable, chancelier et plusieurs
> chevaliers de l'ordre, et sieurs et dame$ de la court, assistèrent fort dévotement » ayant torches ou cierges en leurs mains : qui donna si bon exemple, que plu-
> sieurs auxquelzon faisoit croire que lesditz roy et royne estoient huguenotz dL i> n*alloient à la messe, se sont réduitz. — Et pour ce que ledict seigneur roy
> feit crier le jour devant que ceulx de la ville qui sont la plupart huguenotx
> deussent assister à ladite procession et faire tendre ou mectre ramée devant
> leurs maisons, madame de Vandosme qu'est maintenant en court, en feit
> plainte à la royne, luy remonstrant que c'estoit contrevenir àTédict de la paci-
> flcation, et que Ton ne devoit forcer personne de sa conscience, luy en deman-
> dant justice. — A l'arrivée de ladite dame de Vandosme à Mascon, tous les
> huguenotz du dict Mascon luy furent au devant; et après luy avoir faict la ré*
> vérence, et supplié d'avoir la cause de la religion pour recommandée, luy
> offrirent corps et biens pour la défence d'icelle ; à quoy elle promit tenir si
> bonne main, qu'ilz congnoistroient avoir en elle une bonne protectrice; et
> leur dit que pendant sa demeure audit Mascon, ilz pourroient aller à la pres-
> che en sa maison : car elle avoit huict bons ministres ; mais comme le roy fut
> adverty que ladite dame faisoit prescher, ce qu'est deffendu par ledict édict
> comme aurez bien veu par icelluy, il luy envoya deffendre de plus le faire, et
> luy feit dire que si ses ministres s'avançoyent de prescher . à la suite de sa
> court, qu'il les feroit chastier si aigrement, qu'aultres y prendraient exemple ;
> dont ladite dame fûst fort faschée ; et quelque requeste qu'elle ayt sçeu faire
> de pouvoir faire prescher secrètement en sa chambre, l'on ne luy a voulu
> permectre, combien je pense qu'elle ne laisse de le faire secrètement : car
> pour tousjours donner plus de chaleur et de cœur aux huguenotz, inconli-
> nent qu'elle fut arrivée en ceste ville, qui fut avant l'arrivée dudict seigneur
> roy, elle alla au presche en ieurtemplequ ilz font édiQer sur les fossez, en uog
> lieu dit les Terraulx, où tous les jours y besongnent de telle fureur, que les
> gentilshommes et damoiselles y portent la hoste. Si est-ce qu'ilz n ont le
> cacquet si hault qu'ils vouloient avoir, combien qu'ilz dient toujours quelque
> chose. Enfin je vous asseure que ce voyage sera cause d'un grand bien pour
> nostre rehgion, car le roy et la royne font grandes démonstrations de catho» 1 liques, allans ordinairement à la messe, tantost en une égUse et tantost en
> une aultre ; qui donne grand exemple et cœur aux bons de continuer en leur
> religion, et à plusieurs huguenotz de se réduyre, comme il s'en réduict
> journellement. >
Entretiens de Soubize avec Catherine de Médicis, à Lyon, en 15Gi. {Mémoires de la vie de Jean de Parthenay-Larchevêfjuey sieur de Soubitey 1879»
p. 80 et suiv.).
c Après les premiers troubles, le premier voyage que le s*" de Soubize fit à la
» court fut quand le roy estoit à Lion, où ils virent monsieur et madame de
> Savoye ; lequel voyage estoit trouvé fort hasardeux, de sorte que, mesme en » Allemaigne, on le trouvoit Testre beaucoup plus que ceiuy que monsieur Tadmi-
> rai avoit auparavant faictà Paris, et disait-on queM. Tadmiral y estoit allé » ayant le rapport du prince de Condé de qui il estoit proche allié, d'un con-
> nétable de France, son oncle, de deux mareschaudx de France, ses cousins,
> et de ses deux frères, dont Tun commandait à Finfanterie françoise, et T^ul-
> tre avoil grand pouvoir, et si n*alloit qu'à trente lieues de sa maison, là où
> le sieur de Soubize alloit à six vingt lieues de la sienne, sans tout ce que
> dessus, ayant les mesmes ennemis que M. Tadmiral, 0t oultre ceulx-là un
> prince du sang. Toutesfois, combien qu'il n'y allast.qu'avecqûes son train, si » est-ce qu'il se trouva si fort à la court que ses ennemis le craignoient, car
> tous ceulx de la religion, qui y estoient en assez grand nombre, se rangeoient
> à l'accompagner, et oultre ce, toute la ville estoit à sa dévotion, à cause qu'il » les avoit si bien traictez pendant qu'il y commandoit, qu'ils firent mesme tout
> ce qu'ils peurent pour l'avoir pour gouverneur.
c Or n'avoit-il jusques-là sçeu perdre du tout l'espérance qu'il avait eue de 1 la royne, et combien qu'il eust entendu comme elle avoit essayé d'attraper
> M. l'admirai à Saint-Germain en Laye, et aultres traicts qu'elle avoit faicts,
> si est-ce qu'il ne s'estoit point encores voulu persuader du tout qu'il n'y eust
> moyen de la remectre au bon train auquel il l'avoit veu autres fois, se vou- » lant toujours faire accroire que ce qu'elle avoit faict estoit plus tost par timi-
> dite, ou par persuasion, que par malice. Mais bien s'asseuroit-il de se résoudre
> la première fois qu'il parleroit à elle, s'il y avoit encores quelque espérance ;
> ce qu'il fit bientost, car dès qu'il eut faict la révérence, et qu'il fut entré en
> propos avec elle touchant la prise des armes, luy alléguant que ce qu'il avoit
> faict estoit par son commandement, à quoy elle luy répliquoit comme elle l'avoit
> bien voulu retenir à la court et puis renvoyer chez luy ; sur quoi il luy répliquoit
> derechef ce qu'il luy avoit respondu (ainsy qu'il est touché cydessus) et luy
> disoit davantage qu'il nepouvoit moins faire, la voyant prisonnière avec le roy et 1 messieurs ses en^s; elle appela M. le connestable, lequel le mareschal de
> Vieilleville qui estoit parent et fort amy du s' de Soubize, admusoit, afin qu'il
> n'ouyst ce que ledit s' disoit à la royne, et luy dict : maisque diriez-vous, mon
> compère, que Soubize a tousjours oppinion que le roy et moy estions prison-
> niers? àquoy le connostable respondit : je le croy, madame, car s'ils n'eussent » pas pensé cela, ilz estoient trop bien advisez pour faire ce qu'ils ont faicL
c Quand le s** de Soubize yit ce traict-là en la royne, il fut comme j'ai dit, * tout résolu qu'elle ne feroit jamais rien de bien, et n'y en eut plus, d'espérance.
> Ce néantmoins il ne laissa de parler tousjours à elle aussi librement que de
> coustume; qui estoit de telle sorte qu'il n'y aToit homme en France qui eustla î privante de ce faire comme luy, s'estant tellement acquis de tout temps ceste » liberté, qu'il la continuoit toujours, de sorte que ceulx qui le voyaient parlera » elle avecque ceste franchise, et qu'elle le trouvoit bon, pensoient qu'il la » gouvernast du tout, et plusieurs courtisans sur ceste opinion, se sont, au » partir de là, souvent venuz offrir à luy. Or, tardoit-îl fort à la royne qu'elle » lepeust faire partir de la cour, pour ce qu'il lui sembloit qu'il luy rompoit tous
> ses desseins, de sorte qu'elle estoit tous les jours à luy dire : que faites-vous » icy? Vous y avez tant d'ennemys, que ne vous en allez-vous ? et quand il luy » disoit qu'il ne les craignoit point, elle luy respondoit qu'elle avoit peur pour
> luy. Mais, madame, luy disoit-il, puisque je n'en ai point, vous ne devez pas » plus craindre pour moy que moy mesmes; à quoy elle luy disoit : je le scay
> bien que vous n'avez point de peur, car vous avez la plupart de la court pour
> vous, et toute ceste ville; mais j'ay peur, vous voyant icy si fort, qu'il n'ad- » vienne de la folie. Je crains tant ^e vous ne faciez» quelque chose. Je me » doubtois bien, madame, dit le s'' de Soubize, que c'estoit la peur que vous
> aviez pour moy; mais je n'ay rien à leur demander. Si vous avez tant de » puissance sur eulx que vous dictes, défendez leur de commencer, et je vous » promects, sur mon honneur, que je ne le feray pas de ma part; mais, s'ils » commencent, j'achéveray si à bon escient, qu'il en sera mémoire.
« Et pour ce qu'elle continuoit tousjours à le presser de s'en aller, il luy di- » soit : c'est grand cas, madame, que vous ne voulez esloigner du roy que les
> bons et anciens serviteurs de ceste couronna, et ceulx (jui ont exposé leurs
> vies pour délivrer vos majestés de la captivité où vous estiez, et n'en approchez
> que ceulx qui veulent la ruine devons et de vostre estât, tellement que, si je
> voulois estre en vostre bonne grâce et estre approché de la personne du roy
> je ne tiendrois pas le chemyn que j'ai tenu, et n'est pas faulte de sçavoir ce
> qu'il faudroit faire pour y parvenir. Et que feriez-vous? dit la royne. Je vous
> prendrois prisonniers, dit le s*" de Soubize, le roy et vous, comme ont faicl
> ceulx de Guise. Je sèmerois des libelles diffamatoires par Paris contre vous,
> pour animer le peuple, comme ibs ont faict. Je prendrais charge de vous
> estouffer entre deux couettes, comme elle fut donnée à M. de Nemours, au
> mareschal de Sainct-André et à Rocandolphe. Je vous menacerois, tous les
> jours, comme ilz faisoient; je me ferois craindre à vous, comme ilz font, et
> usurperois le plus d'authorité que je pourrois, en diminuant la vostre. Je
> sçay bien que, faisant cela, je serois favorisé de vous. Vous ne me presse-
> riez pas de m'en aller. J'obtiendrais tout ce que je demanderais, comme ih
> font, au lieu que ceulx qui ont bazardé leur vie pour vous délivrer de ceste 1 tyrannie, sont reculez et mal voulus de vous ; mais j'aime mieulx l'estre en
> bienfaisant, que d'estre advancé par telz moyens..
f Là-dessus la royne rioit et l'asseuroit que ce n'estoil point cela, qu'elle Tai- » moit, et que c'estoit Tamitié qu'elle luy portoit qui luy faisoit dire ce qu'elle » disoit; qu'elle n'aimoit point ceulx de Guise, lesquels elle cognoissoit bien,
> mais qu'elle estoit contrainte de se feindre encores, pour quelque bonne
> occasion qu'elle ne pouvoit dire ; mais qu'il s'asseurast que c'estoit pour
> quelque chose de bon^ ce que mesmes elle disoit tous les jours à madame de 1 Savoye, laquelle le racontant au s** de Soubize (car c'estoit un des hommes de
> France qu'elle aimoit et en qui die se ûoit fe plus), ledit s' luy respondit : je
> ne m'étonne plus, madame, si la rope ne mepeultdirepourquoyellefaictce
> qu'elle faici, puisque c'est chose qu'elle vous cèle. Toutcsfois il estoit desjà
> tout résolu de ne faire plus d'eslat de ses promesses.
> Quand il fut prest à partir de la court, il vint, le jour avant, à la royne,
> et luy dist : madame, j'ay une bonne nouvelle à vous dire. Eh quoi ! dit la
> royne? Je voudrois donc un beau présent de vous, premier que de la vous
> dire; et ainsi s'estant fait presser assez longtemps, c'est, dit-il que je m'en
> vais demain. Sur quoy la royne se prenant à rire, il luy dit : je sçavois
> bien, madame, que je vous ferois bien aise ; mais quand vous plaira-t-il que I je revienne? Là-dessus la royne lui dit: Nous délibérons d'aller en tel et en.
> tel lieu (qui estoit tout le discours du voyage de Bayonne), puis nous repasse-
> ronspar lels et tels pais, et quand nous serons enGuienne, vers vos quartiers » (qui ne pouvoit estre plustost que de deux ans), envoyez vers moy, et je
> vous manderay ce que vous devez faire. C'est à dire, respond le s' de Soubize, » que vous voulez estre asseurée de ne me veoir de deux ans; et, au partir
> delà, quand j'envoyeray vers vous, vous me manderez : il y a encores un
> chat de la maison de Guise ; ne venez pas, car il vous esgratignera. Or, je
> vous diray, madame, ce que je feray. J'envoyeray vers vous quand vous se- * rez en Guienne, puisque vous me le commandez : mais je seray aussy tost
> près de vous que le messagier ; ce qu'il fit. >
Ordonnance du 7 janvier 1566.
(Bibl. nat. mss. f. fr. vol. 3207, TS.)
€ Ordre que le roy veult estre gardé en sa ville de Mollins.
f Affin que, pendant que le roy fera séjour en ceste ville de Mollins, toutes 1 choses y soient contenues en meilleur ordre et pollice, et éviter tout débat et > inconvénient, Sa Majesté a ordonné ce qui s'en suyt.
€ Premièrement, que les deffences cy-devant par luy faictes à toutes per- » sonnes de ne s'injurier et provoquer de parolle ny de faict, tant pour le faict
1 de la religion que autre occasion, aussy de renouveller les anciennes que-
> relies ni en faire de nouvelles, et de mectre la main a Tespée, seront dere-
> chef publyées, à son de trompe, par le prévost de son hostel, et ce, sur
> peine de la vye.
> DefTences aussy seront faictes à tous paiges et lacquais porter aucanet
> espées ni dagues, dedans le chasteau, la ville et les faulxbourgs dadict Mol-
> lins, sur peine aux paiges et petiz lacquais d'estre fouettez par leurs escuiers,
> et aux grands lacquais d'avoir Testrapade, aussy confiscation desdites espées
> et dagues.
c Commandement sera faict aux habitans de ceste dite ville et faulxbourgs
> mectre et avoir tout du long de la nuict, de deux en deux maisons, chan-
> délies allumées dedans lanternes, affin que ceulx qui passeront par les rues
> puissent estre mieux congneuz, sur peine d'amende.
€ Sera mys et estably ung corps de garde de vingt soldatz des bandes do
> s» Strozzy, en la place ou autre lieu qu*il sera cy-après, advysé.
1 Et pour la nuict y aura une patrouille de douze soldatz desdites bandes, et
> seront conduictz par ung chef d'icelle, chacun à son tour, qui se pounnènera » toute la nuict par ladite ville et faulxbourgs afQn d'éviter qu'il n'y ait aucune
> rumeur, et à ceste fin demourront les portes de ladite ville ouvertes toute la
> nuict.
c Sera aussy deflendu et prohibé à toutes personnes, depuis que minuict sera * sonné, de sortir des maisons, aller ne se pourmener par ladite ville et faulxi bourgs, sinon en portant torches ou lanterne allumée, et pour chose néces-
> saire ; et si ceulx de ladite patrouille en trouvent aucuns faisant autrement, » les arresteront et les rendront ez mains du mestre de camp desdites bandes ,
> qui le lendemain en advertira le roy, pour en ordonner son bon plaisir.
> Le prévost de l'hostel et ses lieutenans se pourmèneront tout le jour par I ladite ville et faulxbourgs, avecques ses archers, pour avoir l'œil qu'il n'y ait » aucune chose de désordre.
€ Monsieur le connestable ira quand bon luy semblera et sera nécessaire, se » pourmener par ladite ville et faulxbourgs, et messieurs les mareschaulx de
> France aussy, pour veoir comme toutes choses se porteront et pourveoir à ce
> qui sera nécessaire.
€ Le roy veut et entend aussy que les cappitaines de ses gardes et leurs
> lieutcnanz et chefz se pourmènent ordinairement par la cour du chasieau
> avec le plus grand nombre d'archers que faire se pourra, pour regarder qu'il
> n'y ayt aucun désordre, et quand le roy sortira pour s'aller pourmener, les-
> dits cappitaines, l'accompagneront avec tous leurs archers, partie desquelz
> demourra derrière le roy avecques ung desdits capitaines, pour avoir l'œil à
> ceulx qui iront et viendront près Sa Majesté, laissant tousjours néantmoyos 1 huict ou dix archers qui ne bougeront du chasteau.
c Le cappitaine de la garde des suysses fera le semblable, de sa part.
c Veult et entend aussy saditc Majesté que le mesme ordre et reigle qui fut
> dernièrement gardé à Baionne soyt quant le roy disnera tt souppera, aux ) audiences et de jour en la salle du bal, chambre, antichambre, et salle ordi-
> naire de sadite Majesté, observé en tout et partout.
c Et aflQn que le peuple ne soyt foullé ni pillé es environs de ceste dite ville, » entend aussy sadite Majesté que le lieutenant du prévost de son liostel » ordonné pour les villaiges, aille faire ses chevauchées et rapporte ses pro-
> ces- verbaux, pour veoir ceulx qui paient ou non, affin d'y estre pourveu
> ainsy qu'il appartiendra.
€ Faict au conseil du roy tenu à NoUins, le septième jour de janvier 1566 < (signé) : de l'Aubespine.
Madame de Soubize.
(Mémoires de la me de Jean de Parlhenay-Larchevéque, sieur de Soubize, p. 23,76, 77.)
Après s'être* signalé au siège de Metz, Soubize épousa, en 1553, Antoinette d'Aubeterre, Tune des filles d'honneur de la reine mère, < laquelle il aymoit ^ longtemps auparavant, et avant que penser à Tespouser, luy avoit donné 9 cognoissance de la vraye religion, comme à celle qu'il aymoit lors comme 9 sa sœur, et avec laquelle depuis il vescut jusques à sa mort en la plus grapde 9 et parfaite amitié qui peult estre entre mary et femme. >
Si nous ne pouvons ici retracer la vie si pure et si belle de madame de Soubize, insistons du moins sur un trait qui prouve que cette femme, distinguée à tous égards, était une héroïque chrétienne.
A peine son mari, envoyé à Lyon par Condé, en 1562, lui avait-il annoncé, par un messager fidèle, son arrivée en cette ville, où il l'engageait à venir le rejoindre, qu*elle lui écrivit : c qu'elle avoit eu advertissement qu'on la vou- » loit prendre, elle et sa fille, et les mener devant Lyon, menaçant le sieur de
> Soubize de les tuer toutes deux, s'il nerendoit la ville ; ce qu'elle ne mandoit
> audit sieur son mari comme chose certaine, de peur de l'affliger, mais seu-
> lement le supplioit, au nom de Dieu, si d'avanture cela advenoit, de n'estre
> esmeu de nulle affection naturelle, mais do préférer la gloire de Dieu et son » debvoir à la vie d'elle et de sa fille, d'autant qu'elle eùst beaucoup mieux » aymé mourir de mille morts, si faire se pouvoit, que si cela eust esté cause * de luy rien faire faire contre l'honneur de Dieu, le sien et le service de son » roy ; adjoustant que ce qu'elle luy en mandoit n'estoit pour double qu'elle
> eùst de sa résolution, mais pour luy rendre tesmoignage de la sienne Le
> sieur de Soubize a dict maintes fois depuis à sa femme que c'estoit un des » plus grands plaisirs qu'il avoit jamais reçus, de la voir en ccsle résolulion. >
Villegagnon au cardinal Granvelle. 25 mai 15d4. • {Papiers d'État de Granvelle.i. VII, p. 660.)
« Monseigneur, j'auré un desplaisir incroyable d'estre approché si prez de » vous sans vous faire la révérence, et vous communiquer des choses passées » eu cesle sinistre et déplorable condition de temps, où Dieu m'a continuelle- » ment exercilé en la compaignie de nostre prince, le preux et saint Françoys, » duc de Guise, que Dieu par sa miséricorde, veuille absoudre. — S'iln'i avoit )> aultre considération que de mon intérest, je ne fauidroye à vous aller trou- » ver : car j*ay quicté tous les estatz et pensions que j*ay eu du roy ; ayant » prins congé de la royne-mère à Bar, dernièrement, ai dit tout hault que jus- » ques à ce que le roy soyt ennemi formel des ennemis de Dieu et de son » église, les Aygnos (Huguenots), c'est-à-dire, en langue de Suisse, rebelles et » conjurés contrôleur prince pour la liberté je ne porteré jamays armes au ser- » vice dudit seigneur, ce que je veulx tenir et observer religieusement, ei 9 employer tout ce que Dieu a mis en moy à nuire à ceste infélice et exécrable » secte. Je vous eusse voulontiers communiqué de quelque mienne délibéra- » tion, si vous n'eussiez trouvé maulvoys mon aller pardevers vous ; mais j'es- » père que, quelque jour, vous le pourrez entendre. Je sohayte estre aymé et » cogneu du roy Philippe, come j'ay esté de l'heureuse mémoyre de l'empereur » son père, pour m'aller reposer et consoler auprès de lui, attendant roccasion <r que je désire, etc. , etc. »
Villagagnon au cardinal Granvelle. 27 mai 1564. (Papiers d'État de Granvelle, l. VU, p. 663.)
«[ Dieu, inspirant le roy Philippe d'entreprendre quelque chose en faveur
» derÉglise,jenefauldréàle servir de telsoiu, zèle et dévotion que j'ay servyles
> roys mes maistres, si mon service luyest agréable, soyt contre les ayguoz soyt 2> contre les Turcs : car j'ay délibéré de obéir au conseil et commandement que » me feit d'heureuse mémoyre le bon Charles, moy estant à Crémone, où il m'en- » voya le sieur Gymera, mon compagnon : c'est de ne pourter jamays armes
> sinon contre les ennemys de nostre saincte religion La royne (Catherine)
* est en une cramte incroyable des Allemanz qu'ilz ne reviennent au secours des
» aygnoz, et cependant elle les laysse fortifier et augmenter. Toutesfoys m'es-
> tant trouvé ces jours passez .avec ung de son conseil, je luy remonstray que » messire Gaspar de Colligny et ceulx de son parti ne sont ignorans de noslre » loy salique, laquelle dit que les biens des rebelles^ annexés à la couronne par » arrêt de la cour, sont inalliénables, puis après ce n'est au prince d'en fayre
* don ne grâce ; qu'en force de ceste loy, ledit de Colligny voyt soy et sa pos- » térité hors de Ghastillon et inhabile d'avoir biens et honneurs en France, sinon » par souffrance et tant qu'il plaira au prince, duquel la volonlé et délibération » luy peut eslre peu certène ; que cela pourra faire que ledit de Colligny voul-
* dra, en ayant occasion, faire tuer ceulx qui lui semblera pour faire aultre » loys, et se fortifier d'aultres remèdes. En oultre, que si la royne veult faire » en ce resguard estindre la loy salique, que le roy Philippe (d'Espagne) aura
> autant de raison de dire que ladite loy ne vault et ne doibt avoir lieu en ce » qu'elle ordonne de la succession au royaulme, en en déboutant les femmes : » car toutes ces deux cautions viennent d'une source. J'ay procuré assés d'aul-
* très moyens pour amener lesdits rebelles en haine et suspicion de ladite M dame, et à mon partement, je luy di que j'avoye esté estropié pour son ser- 9 vice, combattant les ennemis de la couronne, quoy que l'on en eûst dit,
> que par la court de parlement ilz avoyent esté déclayrés telz ; à quoy elle p ne me respondit aulcune chose ; puis en me départant d'elle, elle me feit signe » de l'œil et me feit approcher et me dit : asseurez-vous, Villegaignou, que je
> suis vostre amie; ce que je n'attendoye d'elle, ayant aultre foys dit que j'es- 1 toye trop passionné; par ainsi j'euz quelque froyde espérance qu'elle se
> ennuisera bientost de ces gens-là. — En faisant fin, monseigneur, je vous
> supplieré de me tenir tousjours en vostre bonne grâce, et vousasseure que je
> ne feray jamais paix avec les ennemis de nostre saincte foy, et qu'ilz me peu- » vent tenir pour formellement consacré à leur nuire de ce que Dieu a miz de 9 puissance en moy, comme fit Hanibal s'en allant contre les Romains. »
Viliegagnon à Charles IX. 26 décembre 1567.
(Bibl. nat. collect. Harlay, n. 318, f" 179. — Append. atuc mém. de Cl. Hatton,
t. II, p. 1105, 1106.)
c Le s" de Clayrmont s'est retiré à Préci, disant avoir saulve-garde de
1 vostre Majesté et pardon de ses fautes, auprès duquel toutesfoys se retirent
> les ennemis, corne s'il estoit non repentant de l'intelligence des Collignis. 11 9 VOUS playra, sire, me fère entendre come j'auray à me maintenir avec lui.
> Il a prins, comme j'entens, en sa protection le s' de Choinot et son chasteau, » retraycte des brigands. Ceulx de Courtenay, de Chastillon et de Chasteau-
> Renard n'ont moindre commerce avec eulx qu'avec ung de voz principaux .9 ennemis, p'aultre cpsté, nous avons Valeri, Dolot, Chevri, chasteaux occupez
> par le prince de Condé, pleins de brigands, qui sont continuellement à batre 1 et espier les chemins pour voler les passans, disantz estre en saulve-guarde
) de vosire Mîgesté ; et pour endormir voz pauvres subjectz, portent croyx
> blanches en leurs manteaulx, jusques à rapproche de leur proye qu*ilz se
> descouvrent et monstrent leur casaque de huguenotz. Nous pourrions remé-
> dier à ces inconvéniens, si avions de bons souldars bien payez et bien » vivans, etc., etc. >
État de dépense pour la marine royale. 23 avril 1566. (Bibl. nat. mss. f. fr. vol. 3^97, f» U.)
c Estât de la despense de la somme de seize mil vingt livres tournois, par 1 nous ordonnée pour estre convertie et emploiée au paiement des visamyraolx, 1 de France, Picardie et Bretaigne, gentilzhommes, cappitaines, maistres, i pillottes, canonniers, charpentiers, gardiens de vaissaulx, et autres officiers 1 et pensionnaires ordinaii*cs de nostre marine de Ponant, contenus en ce pré-
> sent estât pour leurs gaiges et appointemens, durant l'année commençant le » premier jour de janvier, Tan mil cinq cens soixante six, et finissant le dernier
> jour de décembre prochain ensuivant, selon que iceux noz officiers et pen-
> sionnaires ont esté appointez et couchez en ce dict estât par nostre très cher
> et amé cousin le s^ de Chastillon, chevalier de nostre ordre et amyral de
> France, auquel nous en avons donné la totalle charge et superintendance, et
> voulons que les deniers revenans bons par mort, forfaicture ou aultrement
> des desnommez cy-après soyent payez et délivrez par nostre amé et féal con-
> seiller et trésorier-général de nostre extraordinaire de la guerre M. Goii-
> laume Brochet, ainsy qu'il luy sera ordonné par nostre dit cousin Tamyrai, ) auquel rapportant les ordonnances avec les quictances de celuy ou ceulx à qui
> lesdites sommes auront par luy esté ordonnées, nous voulons icelles estre
> passées et allouées es comptes dudit trésorier par nos amés et féaulx les » gens de nos comptes à Paris, ausquelz nous mandons ainsi le faire sans
> difficulté. .
c Et premièrement :
€ Au s"" de La Meilleraye, chevalier de Tordre et visamyral de
» France ' Cil l. i.
« Au s^ de Bonisse, chevalier de l'ordre et visamyral de Bretaigne. Cil I. i. € Au s"^ de Sénarpont, aussi chevalier de Tordre et visamyral
> de Picardie V* 1. r.
c Au s^ de Fors, lieutenant général dudit s^ amyral en la coste
> de Caux IlIT L i.
c Cappitaines.
1 Au s' de La Grippure , Illle 1. z
€ Au s^ Saunes '. llJIc 1. z.
c Au cappitaine Jehan Ribault lin« 1. z.
(Suivent les noms de 39 aulres capitaines).
(Puis viennent les noms de 9 commissaires de l'artillerie et canonnière, de 15 pilotes et maîtres de navires, de 10 écrivains, de 4 charpentiers, de 6 gardes de vaisseaux, et de 6 officiers) .
c Nous, Charles, par la grâce de Dieu, roy de France certifiions à nos amés 1 et féaulx les gens de nos comptes à Paris, et aultres qu'il appartiendra, que
> nous avons ordonné et ordonnons la somme d^ seize mille vingt livres tour- » nois cy-dessus mentionnée pour estre convertie et employée au paiement des ) officiere et pensionnaires de nostre dite marine de Ponant, desnonmiez en » cest estât, pour leure gaiges et appoinctemens durant Tannée mil cinq cens » soixante six, suyvant le département que il a esté faict par nostre dict cousin
> Tamyral de France, et voulons ladite somme estre baillée es mains de nostre
> trésorier général de l'extraordinaire de la guerre, maistre Guillaume Brochet
> cl par luy payée aux dessus nommez par quartiers, en rapportant le présent » estatsignéde notre main, avec quictance des personnes y desnommées oh elles » cscherront, nous voulons les parties et sommes de deniere ainsy par luy
> payées^ baillées et délivrées estre passées et allouées es la dépense de ses » comptes et rabattus des deniere de sa recepte et trésorerie par vous les gens » de nos dits comptes, à Paris, ausquels nous mandons ainsy ce faire ; car tel
> est nostre plaisir, nonobstant quelconques ordonnances, arrêtés de comptes, » mandemens et deffences à ce contraires.
€ Faict à Ezray le XXIll* jour d'avril. Tan 1566.
c Ainsi signé Charles, et au dessoubz, de L'Aubespine. « Collation faictc par nous Edme Pyat et Hannetier, notaires et tabellions
> de Chastillon-sur-Loing, à Toriginal de ces présentes, le dernier jour d'avril^
> Tan 1566. Pyat, Hannetier. *
Requête des réformés.
(La Popelinièrc, hist. de Fr., liy. XII, f» 20
f Au roy. — Sire, vos très humbles et très obéissans sujets et serviteure, » les premiers princes de vostre sang, seigneurs, gentilshommes et autres, qui > vivent en ce royaume selon la pureté de l'Évangile, sous vostre obéissance, ". 39
» vous reinonstrent en toute humilité : que, combien que la vérité aye ceste force 9 et propriété de se faire assez paraistre de soy-mesme : que néantmoins ne » pouvans plus porter qu'avec un extrême regret les calomnies et impostures
> que ceulx de la maison de Guyse, ennemis du bien et repos de ce royaobne,
> leur veulent par artifices et moyens industrieux mettre à sus les mescbao-
> cetes et sinistres opinions qu'ils taschent journellement d'imprimer en vostre
> esprit : que lesdits premiers princes de vostre sang, seigneurs, gentib-
> hommes et autres de la religion se soyent tant oublies eux-mesmes et la ) générosité de leurs ancestres, et le devoir de fidélité qu'ils vous dojvent ) comme à leur souverain prince et seigneur naturel, que d'avoir voulu ou ) attenter à vostre personne, ou entreprendre sur vostre estât; cra^nans ) qu'avec le temps telles impressions prennent racine trop forte, et que leur
> trop longue patience et silence serve de preuve auxdits de Guyse et donne ) occasion au commun peuple, qui est de soy asses crédule, d'y adjousler quel- ) que foy, et à eux-mesmes, qui de tout temps sont assex mal affectionnez en 1 leur endroit, à cause de la religion seulement dont ilz font profession : et » desirans faire toucher au doigt et à l'œil, combien telles accusations sont
> eslongnées de toute apparence de vérité, et combien à bon droit on pourroit ) impropérer ausdits de Guyse lesdits crimes, si on veut examiner toutes leurs ) affections passées ; ont estimé lesdits premiers princes du sang, gentils- » hommes et autres de la religion, qu'ilz ne pouvoient ny ne dévoient a? oir » recours à autre, après Dieu, qu'à vostre Majesté, pour luy eu faire leurs » justes plaintes et doléances et en avoir la réparation telle qu'ils en espèrent, » et que le cas le semble bien requérir, laquelle ils supplient très humblement 9 vouloir considérer à quelle fin pouvoit tendre la grande et soigneuse recerche » que lesdits de Guyse ont fait faire de leur race et généalogie, par le moyen de » laquelle ils ont voulu Êdre croire qu'ils estoient descendus du sang des légi- » times rois de France, et la couronne usurpée sur leurs ancestres ; les droits » par eux mis en avant, qu'ils prétendent sur les duché d'Ai^u et comté de » Provence; les troubles et divisions qu'ils ont mis en ce royaume et qu'ils » nourrissent et entretiennent encore aujourd'huy, conmie le seul et plus » expédient moyen pour parvenir à leurs ambitieux desseins ; les fausses et
> calomnieuses impressions qu'ils donnent à vostre Majesté, de vos plus fidèles
> sujets et obéissans serviteurs, sous couleur et titre de la religion, qui n'ont
> jamais en aucune manière «spargné ny leurs vies, ni leurs biens pour con- ) server vostre vie et vostre couronne contre leur tyrannie et violence. Ëtmes* » moment es derniers troubles et qui ont mieux aimé supporter avec une pa- » tience incroyable une infinité d'injures, oppressions et injustices, que d'estre » veus s'eslongner tant peu que ce soit de l'obéyssance qu'ils doivent à vostre » Majesté, espérant tousjours que le temps leur apporterait quelque soulage- » ment de leurs maux; de façon qu'on peut juger aisément (si on se veut entiére-
> ment despouiller de toute passion particulière), que lesdits de Guyse ne peu-
> ventimputeràinfidélitéetdesloyautéausdits premiers princes, gentiihommes,
> et autres de la religion, sinon de s'estre opposes vertiMusement i leurs perni-
> cieuses entreprinses. Ce qui doit estre prins et reconnu pour une loyauté et 1 fidélité qui sera à jamais remarquée de toute la postérité, comme es ceste
> occasion qui s'offre aujourd'huy, lesdits de la religion et tous ceux qui sout » tant soit peu affectionnez à la conservation de ceste couronne, mériteroient » estre à bon droict taxés non seulement d'infidélité mais de trahison et las-
> cheté trop grande, si de tous les moyens qu'il plaira à Dieu leur donner ils
> ne repoussoyent encores avec une mesme vertu et constance les nouvelles » cntreprinses desdits de Guyse naguères basties par les menées et pratiques
> du cardinal de Lorraine et par le moyen de Tintelligence qu'il a avec les » estrangers, qui ne peut tendre qu'à la subversion et ruine totale de cest estât.
> Et par ce moyen lesdites accusations n'ayant aucun fondement ni couleur de ) vérité, et n'ayant esté forgées et mises en avant par lesdits accusateurs que
> pour rétorquer sur vos plus fidèles serviteurs les crimes dont, à bonne et » juste cause, on les peut dire eux mesmes estre sufûsamment atteints et con-
> vaincus; il plaise à vostre Majesté ordonner en estre fait une rigoureuse et
> exemplaire punition, et telle que lesdits premiers princes, seigneurs, gentilsc hommes et autres de la religion mériteroyent bien, si l'accusation proposée » par lesdits de Guyse à rencontre d'eux estoit véritable. Et d'autant que lesf dits de Guyse ne laisseront rien en arrière pour calomnier et faire trouver » mauvais que lesdits princes, seigneurs et gentilshommes de la religion soyent
• venus trouver vostre dite Majesté avec armes, pour ce qu'il semble que ce
> n'est la façon en laquelle le sujet doive venir trouver son prince ; ils vous
> supplient très humblement vouloir considérer, qu'estant déjà tenus comme » coulpables des crimes à eux imposés par lesdits de Guyse, et estant vostre
> Majesté par leurs persuasions entrée en )ine manifeste défiance d'eux, et s'es- » tant, pour ceste cause, armée des forces estrangères, combien qu'elles elissent 1 esté mandées sous antre couleur, et ayans aussi esté tenus trois conseils, tant » à Marchaix qu'à Montceaux pour se saisir des personnes desdits premiers » princes et autres principaux seigneurs de la religion, et vostre Magesté na-
• guères encore sollicitée et sommée d'entretenir la promesse par vous de ff longtemps faite au roy d'Espagne de vous saisir desdits principaux de la reli-
> gion et exterminer tous ceux qui en foQt profession ; il ne leur pouvait rester
> autre moyen de leur accès en ce lieu, sans encourir on danger et péril éminent
> de leurs personnes, qu'avec les armes : desquelles ils protestent, devant vostre
> Majesté comme devant Dieu, qu'ils n'ont jamais eu autre volonté d'user » comme encore ils n'ont, que pour le bien de vostre service et la conservation t et maintien de vostre grandeur et couronne,' de la royne vostre mère, de » messeigneurs vos frères et de fous ceux qui vous appartiennent ; et qui ne dé- » généreront jamais de la vertu de leurs ancestres, la fidélité desquels a fait » remarquer de toute ancienneté, la nation française entre toutes les autres
> comme la plus loyale et fidèle à son prince. »
Demandes des réformés.
(La Popelinière, hist. de Fr., liv. XII, fo 2f.)
» Après que M. le chancelier eut leu, hier, troisième de ce mois, en présence » de M. le prince de Condé et des seigneurs et autres gentikhommes qu'il a
> assemblez, les lettres patentes qu'il a pieu au roy leur envoyer, par les- » quelles il n'estoit satisfaict aux points contenus en la requeste par eux » cy-devant adressée à Sa Majesté, ledit seigneur chancelier Itur fit entendre
* que Sa Majesté trouveroit bon, s'ils avoient autre chose à requérir ou rc- » monstrer davantage, pour lever les armes et restablir le repos public en ce » royaume, qu'ils eussent à le déclarer, pour y eslre pourveu, ainsi que Sa » Majesté trouveroit convenable. Qui est cause que ledit seigneur prince et » ceux de sa compagnie n'ont voulu faillir de luy remonstrer en toute humihlé » ce qui s'en suit. — Premièrement, parce que la source et seule cause de ce » que les armes ont esté uaguères prinses en ce royaume est provenue du soup- » çon et défiance qu'aucuns malins estans près de Sa Majesté, par calomnies et » in^postures luy ont engendrée et imprimée, et qu'il ad emonstré avoir de tous
> ses sujets vivans en ce royaume selon la pureté de l'Évangile, et conséquem- » ment de la nécessité en quoy ils se sont trouvés réduits, de conserver la
* liberté de leurs consciences, leurs vies et biens, contre les desseins, enlreprises et préparatifs des forces qu'ils ont veues dressées contre eux. — A
» ceste cause, ils supplient très humblement Sa Majesté vouloir considérer » qu'il n'y a autre meilleur expédient ne plus certain remède pour remettre et ù réduire toutes choses en bon estât et ce royaume en sa première splendeur » et tranquillité que faire paroistre à ses dits sujets qu'il est asseui*é de leur » fidélité et loyauté, et qu'il a osté telles défiances. Ce qui ne se peut mieux i faire qu'en ne tenant aucunes forces estrangères et extraordinaires près de sa 9 personne, non plus que les roys ses prédécesseurs ont fait : pour incontioent » après commander audit seigneur prince et sa compagnie de le venir trouver » pour luy baiser les mains et les tenir près de sa personne comme ses autres 9 sujets, afin de lever non seulement toute oecasion de défiance, mais aussi 9 toute mauvaise opinion et note d'infamie, qui autrement en plusieurs lieux 9 leur pourroit demeurer, de laquelle plustost que n'estre par tels moyens des- 9 chargez et reconnus pour telz qu'ils sont, c'est à sçavoir bons et fiièles 9 sujets de Sa Majesté, ils sont tous résolus de mourir. Et d'autant donc que 9 telle défiance, et conséquemment la prinse des armes sont procédées de la 9 malignité et suggestion de ceux de Guyse et autres leurs adhérons, enœ-
mis invétérés de eesle cause et du repos public, et que par leurs calomnies et fausses accusations ledit seigneur prince et si grand nombre de noblesse sont grandement outragez en leur honneur et loyauté, suppliant très humblement Sa Majesté de leur en faire réparation, et qu'il leur soit satisfait, attendu qu'il n'y a aucun bon fondement de vérité en leurs accusations, et que Sa Majesté a peu évidemment juger et connoistre que ledit seigneur prince et ceux de sa compagnie n'ont jamais eu aucune mauvaise volonté ne entreprise contre sa personne ou son estât, ains que la seule cause et nécessité les a contraints de prendre les armes pour se conserver : puis qu'ayans moyens de s'assembler si promptement, comme ils ont démonstré, ilz ne l'ont fait que lorsqu'il y a eu forces estrangères en ce royaume, et non pas quatid ils ont eu depuis quatre ou cinq ans moyen et occasion de pouvoir exécuter sans nulle difOculté un mauvais dessein, s'ils l'eussent eu. Et parce que le motif de toutes les divisions et animositez qui se nourrissent entre les sujets de Sa Majesté, à cause de la religion, vient principalement des déclaralions, interprétations, restrictions et modifications faictes sur Tédict de pacification, au moyen desquelles les malins, sous prétexte de zèle de religion, taschent par tous moyens de le desnuer et retrancher, tellement qu'il ne luy demeure que le seul nom ; et en outre se nourrissent tousjours en une espérance de pouvoir par recerclie de contraventions ausdites déclarations, rendre coulpables tous ceux. de la religion réformée, pour par après non seulement avoir occasion de les priver du bénéfice dudict édict, mais aussi d'entreprendre sur eux et les ruiner. Ledit seigneur prince et ceux de sa compagnie supplient très humblement Sa Majesté, pour couper du tout cy-après chemin à telles recherches et semences de troubles, vouloir permettre l'exercice de ladite religion libre, sans distinction ou limitation des lieux ou personnes, ainsi que l'empereur Charles, après les guerres qu'il avait eues contre ceux de la Germanie, trouva bon leur accorder, encores qu'il fûst demeuré victorieux et qu'il tinst les principaux princes et chefs en sa puissance ; ce qui depuis y a causé et entretenu un bon repos, lequel y dure encores à présent. Et d'autant aussi que ce qui mescontente la noblesse de ce royaume, est de veoir les charges, honneurs et faveurs départis à personnes indignes, et ceux qui sont de basse condition estre les plus proches de la personne de Sa Majesté, ou s'ils sont de la qualité de noblesse, n'avoir aucune expérience des armes et n'en avoir fait profession, indignes de la grandeur d'un si grand roy. Partant, ledit seigneur prince, les officiers de la couronne, seigneurs et gentilzhommes qui sont en sa compagnie, remonstrent en toute humilité à Sa Majesté que, pour le bien de ses afiaires et de son service et pour sa grandeur, il sera très requis de départir les charges et honneurs selon les vertus et mérites, et d'approcher de sa personne ceux qui en sont dignes ; pareillement ordonner que les officiers de la couronne et autres seigneurs qui ont les charges et en sont capables, les puissent faire sans qu'aucun s'avance d'entreprendre sur icelles. Par mesme moyen, d'autant que ce qui altère généralement les cœurs des sujets est le mespris de faveur et inégalité dont on leur use : qu'il plaise à Sa Majesté, pour ne les bigarrer, et afin de les réunir tous ensemble et rendre ceux de ladite religion contons et hors de
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• désir pour jamais de changement et nouveauté, les traiter également en la » promotion aux dcgrez, estats et honneurs, selon leur capacité, sans distinr- » lion de religion. Et lors tous soupçons et défiances cesseront, sans qu'il
> reste plus à un chacun, sinon de vivre selon les règles de sa religion et » s'employer à qui mieux pour le service de Sa Majesté. Finalement, parce
> que, de toutes parts, les estats de ce royaume généralement, et mesroe le » poure peuple se lamente et deut griefvement d'estre oppressé et accablé de
> charges sur charges, nouvelles impositions, subsides et tributs insupportables,
> qui se lèvent et augmentent de jour à autre, sans aucune nécessité de guerres » et affaires, ni occasion raisonnable de dépense, ains par l'invention et avi-
> rice d'aucuns estrangers et mesme des Italiens, au moyen du crédit et faveur
> qu'ils ont en ce royaume, le tout au grand préjudice de la noblesse, qui
> avoit de tout temps accoustumé d'estre exempte de telles impositions et
> charges, lesquelles retombent principal^ent sur elle, sans qu'il tourne à
> l'acquit du roy ny à son profit, mais seulement d'aucuns particuliers estans
> auprès de sa personne, et mesmes des gens de basse qualité, lesquels, » comme sang-sues tirans la substance d'ung chascun, se sont en peu de
> temps enrichis avec une opulence et abondance si excessive, que telles » richesse ne peuvent estre sinon très suspectes, et faire croire qu'ils tiennent
> la main à tels forgeurs de daces, pour en tirer quelques immenses présens ou
> pour avoir grand'part au butin. Aceste cause, ledit seigneur prince seigneurs » et gentilshommes de sa compagnie remonstrent et requièrent très humbleineDt
> à sa majesté de vouloir retourner ses yeux de pitié, et desboucher ses 3 oreilles aux cris et doléances de son povre peuple, pour le soulager d'on si
> pesant fardeau, ensemble sa noblesse qui s'en sent grandement chargée, le
> faisant jouir des franchises et exemptions accoustumées, du temps des roys » ses prédécesseurs. — Et à ce que ceste remonstrance soit bien entendue et » considérée et qu'on puisse juger de quel poids et conséquence elle est, afio 1 aussi que Sa Majesté soit bien esclaircie de la vérité et s'il y a en cela de
> la passion particulière et d'où elle procède, ledit seigneur prince, seigneurs
> et gentilshommes de sa compagnie supplient très humblement Sa Majesté de » vouloir faire pour cest effect une libre convocation des estats de son royaume,
> selon les loix, ordres et coustumes anciennes, comme autrefois et souvent a » esté faict en pareil cas, procédant de moindre occasion : à ce que, par com- ) munavis, quelque bon ordre et règlement puisse estre donné à tant de maux
> et misères, par un remède convenable, et l'avarice et prodigalité bridée, et
> les mains retenues de ceux qui dévorent et dissipent la substance du roy
> et de son peuple. »
Kequôlc des réformés.
(La Popeliniôre, hist de Fr., Ht. XII, f» 23).
« Au Roy. — Sire, après que par plusieurs tesmoignages et preuves bien
> Tériffiéos et suffisantes, nous avons esté infailliblement avertis etinformésdes
> menaces, délibérations et résolutions d*abolir le ministère et exercice de la * religion réformée et d'exterminer ou chasser hors vostre royaume tous ceux
> qui en font profession, ensemble des préparatifs des forces dressées contre
> nous pour cest effest : nous nous sommes lors trouvez réduite en telle extré-
> mité, que nous avons esté forcez, contre nostre volonté, de nous assembler, » et avec un incroyable regret et desplaisir nous résoudre, selon la loy et de- » voir de nature, de défendre et conserver nos vies, nos biens et mesme la liber té » de nos consciences : nous estans armez seulement pour notre seureté contre
> nos ennemis estant auprès de vostre personne, lesquels autrement ne nous
> eussent donné seur accez à Vostre Majesté, vers laquelle nous sommes ache-
> minez, non. en autre intention que pour Tesclaircir des calomnies et impo-
> stures de nos dits ennemis, et remonstrer le mal, ruine et désolation que
> pouvait apporter un si cruel et pernicieux conseil, lequel nous sçavons ne » pouvoir procéder de vostre aage et naturel, et estre du tout eslongné de la
> clémence et bonté accoustumée de Vostre Majesté, laquelbe, sur toutes choses, » nous supplions, à jointes mains et au nom de Dieu, d'autant que la pre-
> mière reconnoissance et obéissance luy est due, nous vouloir permettre de » te servir et invoquer librement et en public, selon la pureté de son évangile,
> sans distinction de lieux ou personnes : ostant les interprétations et restric- » tions à vostre esdict de pacification, desquelles la malignité et passion de nos » dits ennemis s'est servie pour nous faire retomber aux troubles présens, et
> cy-après s'en pourroient servir : sans laquelle liberté et service de Dieu nous
> ne pouvons vivre, et sommes tous résolus de mourir. Ensemble, Sire,
> qu'il plaise à Vostre Majesté, vous monstrant tel à l'endroict de vos sujets, ï comme au vostre Dieu s'est monstre favorable, vous eslevant par-dessus tous
> pour estre aimé, servi et honoré, nous octroyer seureté et assurance de
> nos personnes et biens : à ce qu'un chacun de nous faisant son estât et ce t qui est de sa vocation, selon son degré et qualité, ne pensions qu'à vous
> rendre l'obéissance qui, après Dieu, vous est deue, souveraine et seule : et » nous employer entièrement pour le service de Vostre Majesté, avec telle fidé-
> litc, loyauté et subjection, que bons et naturels sujete doivent. Et d'autant,
» Sire, qu'estant nez vos subjects, nous sommes obligez de désirer et procurer,
> autant qu*il nous est possible, la conservation et seur restablissemem de
> vostre estât : voyans le malcontcntemont de plusieurs et raesme du peuplera
> cause des surcharges et nouvelles impositions qui s*eslèvent sans qu'elles
> tournent à vostre proGt, et que la bienveillance de vos sujets est l'appui et
> soustènement de vostre couronne; nous avons par mesme moîen supplié » Vostre Majesté, Sïv-e, comme par forme d'avis et remonstrance seulement, de n vouloir jeter vos yeux de pitié sur vostre poure peuple pour le soulager; et » à ce que Vostre Majesté cougnoisse d'où procède le mal, de vouloir, pouree
> regard, faire, si bon vous semble, une libre convocation des estats de voslre » royaume : qui est un moyen et remède duquel les roys vos prédécesseurs,
> cstans en leur plus meur aage, se sont servis avec moindre occasion, tant
> pour contenter leurs sujets que pour de plus en plus eslablir leur estât; ce qui » est tourné tellement à leur louange, que mesmes aucuns d'eux en ont esté ap-
> pelés sages, et les autres pères du peuple. — Au demeurant. Sire, nous
> protestons tous devant Dieu et ses anges, que jamais ne nous est tombé au » cœur ni en la pensée d'attenter aucunement contre vostre personne ou contre » vostre estât, duquel nous désirons, autant qu'auti*es de vos sujets, l'accroisse-
> ment et prospérité, ny de la royne vostre mère, ny de messeigaeurs vos
> frères, ausquels nous n'avons autre désir que de rendre l'obéissance à laquelle » Dieu et notre devoir nous oblige ; et que nous ne nous sommes assemblei
> que par nécessité et contrainte des entreprises de nos ennemis, estans tousjonrs 1 prests, avec la liberté du service de Dieu et nostre seureté, de sacrifier nos
> personnes et nos biens pour vostre service, p^out où il plaira à Vostre
> Majesté nous commander; la suppliant très humblement de vouloir, selon sa
> bonté naturelle, prendre en bonne part et nous accorder la supplication et
> requeste présentée, laquelle avec nous un si grand nombre de noblesse et de
> personnes do tous estats vous présentent avec toute humilité, et vous servir
> de nos personnes et biens, sans ajouter foy aux pernicieux conseils de nos
> dits ennemis et les vostres; qui pour satisfaire à leur passion, ne se donnent » peine du danger de ruine inévitable auquel vostre royaume est sur le point de
> tomber, pourveu que la nostre y soit conjointe; lequel nous supplions nostre
> seigneur Jésus vouloir conserver, ensemble Vostre Majesté, avec continuel ac-
> croissement de grandeur et prospérité. >
Protestation de Télcctcur palatin Frédéric III et du duc Casimir, son fib, en date
du 6 décembre 1567.
(Bibl. nal. mss. f. fr. vol. 6 619 fb» 189 â 198).
< Le s' Jehan, Achilles Ilsung, conseiller de la Majesté Impériale, nostre
> souverain seigneur, ayant esié envoyé en ambassade de par Sa Majesté devei^s » les illustrissimes et illustres princes le comte palatin Frédéric, Électeur, et » son aymé ûls le duc Jehan Casimir, comte palatin, touchant le dessaing que
> ledit duc Jehan Casimir avoit d'aller en la guerre en France, après avoir faict
> sa relation'et dict de bouche ce qui luy avoit esté commandé de leur dire de
> la part de Sa Majesté, leur a présenté toute sa charge en escripl, ensemble » des lectres de créance lesquelles Icsdicts princes les ayant reçues et ouvriz
> avec la révérence deue, en ont suffisamment entendu les contenuz.
» Sur quoy, premièrement, ils en remercient très- humblement Sa Majesté » des gracieuses et aimables salutations soubhaistans très humblement à Sa 9 Majesté et à tous les siens^ avec un gouvernement bienheureux, salut et féli- » cité temporelle et perpétuelle.
3 Et quant à Tarticle principal et la charge dudit ambassadeur, ledit sieur
> Électeur n'est pas ignare de quoy Sa Majesté luy a escript du neuvième du moys » passé de novembre, en luy faisant souvenance des aultres troubles de France, » et davantage Je ce que un prétendu ambassadeur du roy de France, nommé » Laners, en avoit faict entendre et puis après sollicité auprès de Sa dicte Ma-
> jesté, suyvant lesquelles lectres ledict 3ieur Électeur n'eust pas voulu faillir » d'en envoyer incontinent la response à Sa Msgesté, si ne fust advenu 9 qu'au mesme temps quand ledit sieur Electeur reçeutlesdictes lectres de Sa » Majesté, y arrivèrent deux ambassadeurs, l'un de la part du roy, et l'autre du » prince de Condé, desquels, en y séjournant, ledict sieur Électeur espérait de
> savoir toutes choses, ensemble la qualité des affaires et troubles modernes » en France, d'une et d'autre part, pour en mander les nouvelles tant plus 9 asseurées à Sa Majesté, espérant que pour icelle raison il seroit excuse » sans tomber en aulcune mauvaise grâce de Sa Majesté s*il auroit retardé et » détenu la responce un peu plus qu'à luy ne convenoit.
> Or, c'est que naguères sont arrivés devers ledict sieur Électeur, trois am- 1 bassadeurs se référant tous sur et au nom de la couronne de France; le pre- 1 mier, le dessus nommé Laners, lequel toutefois se nommoit devant le sieur
> Électeur de la Lignerol, qu'est le mesme qui entreprint, aux troubles passés, 9 d'amener monsieur, frère du roy, avec luy, sur lequel faict ilfutprins etdé- 9 tenu quelque temps en prison ; le second, Févesque de .Rennes, lequel est
> fort proche parent de ceulx qui conduisent ceste affaire en France; le troi- Y sième, de Lansacq, lesquels lui ont déclairé le tumulte et sédition qu'est » présentement en France, et quasi de la sorte mesme comme Sa Majesté en a
> escript audict sieur Électeur. Mais ledit sieur Électeur voyant leurs rela-
> tiens, et spécialement de Lignerol ou Laners et aussi de Té vasque de Rennes
> avec sa lectre de créance et leur façon Je dire tant différentz, suspectz et » aulcunement contraires à la vérité et pleins de farderie sans aulcun fonde- » ment, ne leur a voulu adjouster aulcune foy, ains estant bien informé, en a » trouvé tout au contraire.
> À sçavoir qu'aulcuns qu*ont esté cause principale des troubles passés en 1 France en s'abusant du nom et tiltre du jeune roy, ont taché d'exterminer
> entièrement nostre vraye religion chrestienne, pour la continuation de la- » quelle entreprinse ont recommencé et extrêmement travaillé non seulement
» pour faire casser et annuler par toute la France Tédict de la paeification » ay$mt esté ptr le moyen, ayde et consentement de tous estatz érigé, accepté
> et publié, et pour mectre en l'exécution et e£Fect le concile de Trente; mais
> aussi par rincitationd'aulcunscardiDaulx, comme celuy de Ijorraineetaultres,
> pour prendre le prince de Gondé, l'admirai et aultres seigneurs en leurs
> maisons, afin de les exécuter, et pour continuer par ainsy en la perséea* » tion et extirpation de nostre vraye religion chrestienne, comme Ton en i » eu quelque advertissement venant du conseil qu'a esté tenu en France, 1 le 8* de septembre; et aussy d'ailleurs, joinct que l'exemple et expérieiiGe
> du meurdre de beaucoup de chrestiens tués et deschassés en diverses oa-
> tiens, ensemble la perturbation moderne de Téglise de France nousle dédai-
> rent, avec beaucoup d'aultres circonstances plus amplement.
» C'est l'occasion pour laquelle ledict prince de Gondé, l'admirai et leurs
> parens et alliés, ensemble les principaulx officiers et estati de la couronne,
> ont esté contrainctz de prendre les' armes et suyvant la loy de nature, de se
> mectre en défense contre ceulx qui se sont déclairés leurs adversaires, s'a-
> busant à leur advantage du nom du jeune roy tout au contraire de l'édicl, non
> tant seulement pour la conservation de l'édict de la pacification du royaulme,
> la sauvegarde de leurs personnes, l'assurance et défense de beaucoup des
> innocents christiens, leurs corps, sang et biens, mais aussi pour la protection » du roy et de son royaulme auquel ces troubles menacent, si l'on n'y pré-
> voyoit, entière destruction et perturbation.
> Et combien que ledit comte palatin n'a pas voulu, au commencement dt
> tout adjouster foy à ces choses, c'est néanmoins qu'il s'est souvenu de oe qu'a » esté passé en cas pareil en France, aux premiers troubles, soubz le tiltre de
> la rébellion contre le jeune roy, là où toutesfois l'on a trouvé aultres choses;
> en effect et par espéciale opération et providence de nostre seigneur Dieu, a
> esté lors remédié et gardé d'une grande effusion et bain de sang.
» Sur quoy le prince de Gondé, l'admirai et des aultres se sont déclairés ) audit comte palatin et l'ont fait entendre l'enlreprinse à l'encontre d'eulx, et^ » en quel danger ilz sont avec beaucoup des chrestiens de France, sur cela » asseurant qu'ils n'estoient délibérez d'accorder ou passer aultres choses,
> sinon les contenuz de l'édict de pacification, dont ledict comte palatin n'a
> sçeu avoir aulcune maulvaise appréhension ou opinion du prince de Gondé ny
> aultres grands seigneurs desquels, comme dict est, aulcuns sont du sang » royal et pourveuz des plus grands estats, personnes honorables et de bonne » conversation et vie, que ceulx-là aient jamais pensé à aulcune rébellion,
> moins tâché de prendre les armes contre leur propre parent, un jeane et
> innocent seigneur et roy. Tout ainsi comme ledict Électeur en a mesmement
> escript au roy, luy mandant qu'il ne désiroit et ne souhaitoit aultre chose à » Sa Majesté, sinon tranquillité et repos de son royaulme, et que les choses D demeurassent d'un costé et d'aultre paisibles selon l'édict de la pacification; » et, en s'excusant devers Sa Majesté, s'asseure bien que ces troubles et
> tumultes ne s'élèvent pas entre le jeune innocent roy et ses vassaulx, mab » plus tost entre lesdicts vassaulx et le cardinal de Lorraine et ses adhéreos,
> Iesquels> aux aultres troubles, ont semblablement tasché, suyvant en cela
» leurs patentes et par eulx publiées, d'extirper et de suffoquer entièrement
> tous ceulx qui sont de TEvangile et de la vraye religion christiene. De quoy » ceulx du costé du prince de Gondé en avoient présenté requeste au roy et h
> la reyne mère, en protestant publiquement devant Dieu et tout le monde.
» Davantage ledict comte palatin et son fils Casimir n'ont pas voulu faillir, » pour mieulx déclarer les affaires, d'advertir Sa Afajesté que quand le deraier
> ambassadeur du roy, nommé Lansacq, a esté en ce lieu et trouvé un ambas-
> sadeur du prince de Gondé son proche parent, avec lequel il désiroit de Y parler en présence dudit Électeur et de son fils Gasimir, là où enfin s'est » trouvé que ledict lansacq n'eust point sçeu respondre ny remontrer à
> Taultre avec aulcun fondement ou raison pour imputer ce détestable vice de » rébellion au prince de Gondé; ains ledict ambassadeur du roy, mesme en-
> semble beaucoup d'aultres, ayant la cognoissance des affaires, ont esté con- » vaincus de confesser et dire que la cause de ceste guerre en France venoit » de nul aultre que du cardinal de Lorraine, lequel, pour exterminer et pcrsé-
> cuter misérablement les pauvres christiens par toute la France, avoit bien 1 fort travaillé de faire fondre beaucoup d'ornementz des églises et en faire » forger de l'argent afin d'en lever, au nom du roy, des gens de guerre à cheval
> et de pied pour la guerre advenir.
3 Joinct que ledict Electeur a esté asseurément adverty que ledict cardinal » mesmement avoit parlé à des bannys de l'empire et fugitifs en France, leur
> demandant si ne vouldroient pas servir à cette affaire.
) Semblablement ont esté monstrées audict Électeur non seulement lectres
> contenant que le roy mande aux quelques coronels qu'ilz ne facent aulcune
> levée des gens pour son service jusqu'à ce qu'ilz recevront aultres nouvelles 1 et mandement de la dicte Majesté ; mais aussi l'Électeur a secrètement en- » tendu des gens d'apparence et de creue qu'aulcuns princes de plus proches » du sang ont reçu l'advertissement de Sa Majesté et de la royne mère, alors
> que le cardinal sollicita et institua ceste guerre, qu'ils ne fissent aulcun sem-
> blantet qu'ils, comme neutres, en attendissent la fin.
* Avec cela leilict Électeur ne veult aussi faillir d'advertir Sa Majesté davan-
> tage que ledict ambassadeur de Lansacq le pria bien fort de vouloir dépes- » cher l'un ou plusieurs de son Gonseil devers Sa Majesté, en France, pour » faire entendre à sadicte Majesté que puisqu'ainsi soit que Ton ne pouvoit, les » reislres et gens de pied déjà levés et admassés, casser et renvoyer sans » grands frais et intérest de l'empire et des estais, qu'il plust à sadicte Mtgesté ) de permettre audict duc Gasimir de le laisser passer avec ses gens, en cont sidération que Sa Majesté s'en pouvoit servir, n'estant pas trop asseuré ny » d'un ny d'aultre costé, ce qu'a esté ainsy déclaré à Sa Majesté.
> Et par ainsi Sa Majesté considérant les choses dessus dictes pourra faci-
> lement entendre que les affaires de France, quant aux troubles présens, se t portent bien aulti-ement et au contraire de ce que Lignerol, lequel se nomma
> devant Sa Majesté et en plusieurs lieux aultrement Laners, a faicl faulse- 9 ment accroire à sa dicte Majesté, de sorte que ce ne doibve point estre im-
> puté ou imposé au prince de Gondé et à ses adhérons comme une rébellion
> ou sédition, mais plustost comme une défense nécessaire et permise de la
> nature pour sa< propre personne et plusieurs mil chrisliens, pour le roy » naesme et sa couronne contre les dessus dicls leurs adversaires. Et lediet
> Électeur s'asseure bien que si Sa Majesté eùst plustost entendu teste infor-
> mation véritable et ouï, comme de raison, ceulx de la part du prince de » Condé, que lediet lianers, lequel a faict accroire à d'aultres princes tommt » s'il eust esté envoyé de la pai't du duc d'xMbe et dict beaucoup de contraï riétez, n'eust pas si facilement esmeu Sa Majesté d'envoyer les adverlisse-
> mens et mandemens audict Électeur, et ce quand concerne la cause princi- » pale.
» Mais touchant ce que Sa Majesté mande davantage avoir entendu qu'il se » faisoit amas de grand nombre et plusieurs mil chevaulx avec le consente-
> ment et ayde dudict Électeur pour les mener au prince de Condé et ses 9 comptoictz, item que son fils le duc Jehan Casimir en seroit le coronel, et
> aussi Tadvertissement et discours que Sa Majesté en a fait audict Électeur -> en luy proposant devant les yeux la mauvaise réputation, diminution de sa
> grandeur, reproches él dangei*s qu'en despendoient si ces choses ainsi entre- ) prinses contre la constitution de la paix publique sans congé et sans aulcuncs » lectres patentes de Sa Majesté se mecteroient en exécution.
> Sur cela ledit Electeur faict response que son fils le duc Casimir depuis
> peu de temps luy avoit donné à entendre comment qu'il auroit esté plusieurs » fois requis et prié non seulement des princes du sang royal mais aussi de la
> plus grande partie de la noblesse de France et de toute sorte des estats et » personnages aymant Thonneur et la paix, que si en cas fortuit il advient qu'au » temps advenir, par l'incitation des ennemys du repos publicq eulx et beau-
> coup d'aultres christiens dépendant de la vraye religion feussent par violence
> et force pressés ouhre et contre Tédict du roy touchant la pacification, et que 9 le royaume de France tombast derechef en danger d'une misérable ruine et
> destruction, qu'il plùst audit duc Casimir, pour la conservation de ladictepa-
> cification, pour la réputation du jeune roy et aussy pour l'empeschement de
> la misérable effusion de sang de plusieurs mil innocents christiens, de leur » vouloir secourir de forte main avec quelques mil chevaux et autres gens de ï guerre. Ce que lediet duc Casimir .ayant esté quelque espace de temps » nourry en France et y reçu beaucoup de gracieusetés et honneur, ne l'a pas
> voulu refuser pour le bien de SaMajesté et de ses subjectz. Ainsy lediet duc Ca- » simir auroit prié l'Électeur son père de ne luy point vouloir refuser un tel » voyage tant christien et honorable, ains plus tost d'une affection paternelle
> à son fils et jeune prince luy le vouloir accorder pour s'expérimenter et veoir
> quelques choses.
> Et combien que l'Électeur n'en a rien sçeu au commencement de telle » promesse de son 'fils, tellement que quand il a esté adverty desdicts troubles
> en a reçeu grande perturbation et fascherie à son esperit ne désirant d'en » tendre aultre chose sinon que Ton y remédiat de bonne heure, de sorte que
> lediet Électeur ayant esté requis des quelques circonvoisins princes^ du Kbin,
> amateurs de la paix et repos publicq et comme les plus proches voisins de » ces troubles pour se trouver personnellement ou par leur commises con-
> seilliers à un certain lieu convenable à consulter de ces choses et temps
— 6il —
» périlleux, et par quel moyen et advis non seulement de Sa Majesté mais aussi
> des Électeurs et princes du Saint Empire ce feu allumé se pourroit entière- » ment esieindre moyennant une paix, ferme, stable et asseurance de toute la
> christîenté. C'est néantmoins que ledict Électeur, nonobstant sa bonne volonté 1 et adhortations n*en a jamais sçcu parvenir à Texécution de ces désirs,
> d'aultant que phisieurs eslimoient une telle assemblée plus superflue que
> nécessaire.
1 Cependant veu que les affaires de France se continuaient de pis en pis, le » duc Casimir pria ledict Électeur, son père, humblemement qu'il luy pleust
> de luy donner congé de satisfaire à sa promesse, laquelle il avoit faict tant » seulement pour Tadvancement et augmentation de l'honneur de Dieu et de
> sa saincte parolle, soulagement de beaucoup et plusieurs mil innocents » christiens, pressés aussy et principalement pour le bien et prouffict du roy » innocent et de sa coronne, sans qu'il en prétendoit aulcune richesse d'or, ar- 3 gent, biens, terres, gloire vaine ou proufict. £t d'aultant que ledict Électeur » du passé et de longtemps à la requestcde son dict fllz luy avoit promis et
> accordé que s'il se présentoit aulcune guerre christienne et honorable, qu'il
> ne fauldroit de luy donner son congé d'y aller, veu que ceste entreprinse du
> prince de Condé et de ses adhérens n'est pas contre, ains pour Sa Majesté et
> la conservation de son royaulme, ensemble la paciGcation, défense et soula- » gcment des christiens pressés permise justement et de la loi de nature. -
» Et puisqu'il est permis à ceulx qui tâchent d'exterminer en France la » vraye religion de lever publiquement et sans aulcun empeschemeut des gens
> de guerre au Saint Empire, à ceste occasion, les aultres et ceulx qui voul-
> droient volontiers soubstenir les christiens suppressés comme leur vray
> commembre en l'édict de la paciflcation, ont «l'aultant moins d'espérance de
> secours de ce costé, joinct que dernièrement, à l'assemblée des Électeurs, au
> cercle du Rhin, qu'a été tenue à Bingen, il fut arresté et conclud qu'il seroit » permis au roy de faire amas des gens de guerre en ce quartier pour le ser- '» vice de Sa Majesté.
» Au surplus, aux troubles passés, l'an 156^, il a esté permis des Électeurs
> et princes, en cas semblable, d'envoyer secours et ayde au prince de Condé » et aultres christiens suppressés, par le moyen de laquelle ayde ilz ont tant » fait que les choses sont parvenues au repos et paciOcation louable,, ayant par ï ce mcsmc moyen contregardé et sauvé une bien fort grande effusion de » sang des innocents, laquelle effusion pourroit encores pour le présent estre
> prévenue, si les choses pouvoient demeurer en leur entier et comme elles » ont esté passées, ou si l'on moyennoit la grâce et ayde de Dieu n'y préveoir
> de bonne heure.
> Et d'aultant que, ausdicts troubles, le secours qui vient du Saint Empire
> pour le prince de Condé n'a esté tombé pour ce fait en aulcun inconvénient ) ou offencé la paix publique et les constitutions d'icelle, c'est la raison pour
> laquelle ledict Électeur a faict moins de difficulté de donner le congé à son » ayraé fils pour s'en aller à la guerre; joinct aussy qu'il n'eût sccu prétendre
> en cela aulcune raison juste de refus.
> Toutesfois, en ceste manière et condition que, quand ledit duc Casimir.
> mèneroit ses reistres et gens de guerre en Frauce, que cela ne se feroit » aultrement spon suivant le contenu des constitutions impériales et le reçès
> mesme de la paix publique pour la levée, passage et leur retour et qu'en sa » capitulation, Sa Majesté, le Saint Empire, les Estais et membres d'icelay ht-
> roient préservés et saulves, dont ledict duc Casimir seroit tenu de s'obliger » de tout cela et des promesses qu'il en feroit audict Électeur son père, comme
> le premier et chief des Électeurs au cercle du Rhin ; ce qu'a esté ainsi Cuo-
> et suyvant lesdictes ordonnances des constitutions ledict duc Casimir en t aà » verty tous les princes circonvoisins aux pays desquels il attendoit des geos de 1 guerre, au moyen de quoy il a obtenu et a esté favorisé du passage et anltres
> commodités de tout costé, comme ledict Électeur en a raaodé plus amplement » toutes les nouvelles à la Majesté Impériale par ses lettres de la date da
> 17* de novembre lesquelles il espère que Sa Majesté aura reçeu.
> Et puisque les affaires sont en tel estât comme dessus cJict est, rÉlecteor
> et son flls Casimir ne pensent point que Sa Majesté doibve estre de la per- » mission du dict Électeur à Tentreprinse de son fils Casimir aulcunemem
> offensée, comme ainsi soit que lesdits Électeur et son fils Casimir n'en crai- » gnent pas aulcune diminution de leur grandeur, reproches et inconvéniens,
> ains en espèrent plustost louange, honneur et récompense; en quoy ils s'em-
> ployent pour les persécutés de Jésus-Christ selon sa saincte promesse et
> comme Ton en a autrefois veu l'expérience et mesmement les Électeurs et » princes lesquels avoient aux anltres troubles, envoyé secours et ayde pour
> les affaires deschristiensen cas semblable en reçoivent encore pour cejourd'huy
> louange et honneur. Et après la paix faicte le roy estant adverty des reitres » et anltres qui avoient esté employés pour le service de Sa Miyesté, les a » tous faict bien payer.
> Or, touchant que Sa Majesté a faict répéter auxdicts Électeur et son fih
> Casimir les constitutions impériales de la paix publique, ensemble l'ordoo- 1 nance de l'exécution, et qu'il a pleust à Sa Majesté leur commander de
> casser et renvoyer leurs reistres, sur cela ilz disent qu'ils ne pensent point
> avoir offensé en cela lesdites constitutions impériales, veu qu'ils ne se peu-
> vent souvenir ny entendre soit de la simple lectre ou du sens desdictes con-
> stitutions de la paix publique, que leur entreprinse et choses semblables, » sauf toutesfois la liberté de la Germanie et de l'empire, ensemble les accords
> de Passau, comme l'on veultalléguer, y soient défendeus. Et d'aultant qu'à toot » temps et espéciidement despuis naguères le semblable a esté entreprinset
> et exécuté sans aulcun empeschement par des princes de leur qualité, et y aussi de plus basse condition et estât, cela faict espérer et accroire lesdicti
> Électeur et son fils, que Sa Majesté ne le prendra pas autrement qu'on bonne
> part et ne vouldroit pour cela entreprendre aulcune chose contre eulx comme 9 soit notoire que beaucoup d'aultres aient eu raison et bon droit en cas sem- » blable et de mesme importance.
1 Et pour la conclusidh, touchant de renvoyer les reistres du duc Casimir, il
> ne sçauroit encores qu'il bien le vouldroit casser et renvoyer, d'aultant que
> toute l'armée marchoit et une grande partie en estoit de^à oultre le Rhin, 1 si l'on ne se vouldroit mectre en danger d'estre cause d'une grande alarme
> et sédition par tout l'empire, comme Sa Majesté pourra plus amplement en
> soy mesme considérer les dang^ers et inconvéniens qu'en despendent si Ton t veoit au cœur et milieu de Tempire traîner une si grande armée de tant de » chevaulx et gens de pied sans avoir faict monstre ou reçeu aulcun payement
> pour la solde de trois moys et un moys pour le retour.
> Pour ceste occasion, ledit Électeur espère que Sa Majesté, après avoir bien » eniendu ces informations .véritables et remonstrances, le prendra en sa pro-
> tection et l'en tiendra pour bien excusé, comme ainsi soit qu'il aye entreprins » la charge des reistres pour nulle aultre raison sinon pour ayder et secourir » aux pauvres christiens de France si misérablement persécutés, afin d'ayder à » les remectre en repos, saulve-garde et paix perpétuelle. En quoy Sa Majesté,
> ensemble des aultres potentats, les pouvoit bien secourir, pour la grande
> conséquence qu'en despend et aussi pour éviter la suspeclion et jalousie qu'en
> pourra venir entre les princes et Estats de l'empire de veoir de telle façon
> en tous les royaulmes et pays circonvoisins avec persécutions misérables, 1 meurtres et effusion du sang de si {^rand nombre des fidèles et bons cbris- 3 tiens» extirper et suffbcquer la vraye religion chrestienne et défendre le
> nom et la vraye confession de Jésus-Christ et sa saincte parole; et oultre ce
> permectre que le pape, lequel s'est tousjours en cela efforcé dévers les èm-
> pereurs, roys et potentatx, continue ainsy en sa tyrannie et propos inhumains 9 et cruels dont nostre Seigneur mesme ne pourra enfin plus veoir ny endurer
> telle inhumanité et misérable boucherie des fidèles et membres de Jésus- » Christ.
9 Et par ainsi espère que Sa Msg'esté, en considérant bien les choses dessus 1 dictes pour sa vocation et tenant le lieu, là où il a pieu à Dieu l'appeler, ne » fauldrapas d'empescheret résister à tous ceulx quy rcspandentle sang des in- » nocents et tâchent à chasser les pauvres christiens et toute la christienté au
> bain de sang, avec une persécution misérable et horrible de quoy sa
> Mijesté et tous ceux quy remédieront en recevront du Seigneur Dieu, en » ce monde et en l'autre sa bénédiction perpétuelle et étemelle, et tous
> les potentats seront sans auf un double richement récompensez de fidélité,
> paix, victoire, tranquillité et union, et par ce moyen l'ire et punition de
> Dieu venant d'idolâtrie et effusion de sang sera appaisée.
» Voilà ce que l'Electeur a voulu donner pour responce à l'ambassadeur de
> Sa Majesté pour le faire entendre à sa dicte Majesté, à laquelle ledit Électeur » se faict très humblement recommander.
> Signée à Heidelberg, soubz les cachets desdictz Électeur et duc Casimir, » imprimés à dessoubs, sameydy, le 6 décembre 1567.
Êdit du 23 mars 1568.
(Fontanon, rec, des édits et ordonn., l. IV, p. 287, 288.)
% Charles, etc., etc., considérant les grands maux et calamitez advenus parles
> troubles et guerres, desquels nostre royaulme a esté depuis quelque temps, et est encores de présent affligé : et prévoyant la désolation qui pourroit cj-
) après advenir, si par la grâce et miséricorde de nostre seigneur lesdils troobles n'estoient promptement pacifiez: Nous, pour à iceux mettre fin, remédier » aux affîctions qui en procèdent, remettre et faire vivre nos subjects en paix, » union, repos et concorde, comme toujours a esté nostre intention : sçavoir » faisons, qu'après avoir sur ce prins Tadvis et conseil de la royne, nostre » très chère et très honorée dame et mère, de nos très chers et très amet ) frères, les duc d'Anjou, nostre lieutenant général, et duc d'Âlençon, princes
> de nostre saifg, et autres grands et notables personnages de nostre conseil
> privé : par leur advis et conseil, pour les causes et raisons dessosdites, et » autres bonnes et grandes considérations à ce nAus mouvans, avons en cod-
> firmant en tant que besoing seroit, de nouveau, nostre édict de pacifîcatioB » du 19® mars 1562 (1563 n. s.), [pour estre observé en tous et chacuns les » poincts et articles tant ainsi que si de mot à mot ils estoient cy transcripts
> et inserez, dict, déclaré, statué et ordonné, disons, déclarons, statuons et » ordonnons, voulons et nous plaist ce qui s'ensuit.
> 1 . — A sçavoir que tous ceux de la religion prétendue réformée, jouyssenl
> dudict édict de pacification purement et simplement et qu'il soit exécuté eo » tous ses points et articles selon sa première forme et teneur, levant et ostant
> toutes restrictions, modifications, déclarations et interprétations qui ont esté
> faites depuis le jour et date d'iceluy, jusques à la publication de ces présentes. » 2. — Et quant aux gentilshommes et seigneurs de la qualité de ceux qui
» peuvent faire prescher en leurs maisons suyvant l'édict de pacification, nous » asseurant qu'ils ne feront chose qui préjudicie à nostre service, sous coa- » leur et prétexte desdits prédits presches, et n'en abuseront : nous levons
> et ostons toutes restrinctions, tant pour le regard, que pour ceux qui y vou-
> dront aller.
> 3. — D'avantage, les gentilshommes et seigneurs du pays de provence de I la qualité susdite, jouiront du bénéfice du dict édict et pourront en se fiiisaot
» faire prescber en leurs maisons, comme ceux des autres provinces, estant 9 de la susdite qualité : et néantmoins pour le regard de la comté et sene-
> chaucée dudit provence, il n'y aura lieu que celuy de Mérindol.
c 4. — Que ceux de ladite religion retourneront et seront conservez,maintenus » et gardez soubznostre protection en tous leurs biens,honneurs, estats, charges, » offices et dignitez, de quelque qualité qu'ils soient : nonobstant tous édicts, » lettres, décrets, saisies, procédures, Jugements, sentences, arrêts contre eux, 9 tant vivants que morts, donnez depuis le commencement de ceste dernière » levation et exécution d*iceux : tant pour le faict de ladite religion, levée et
> solde d'estrangers, collectes de deniers, enroollemens d'hommes, voyages et » ambassades aux pays estranges, et dedans cestuy nostre royaume, avant et » durant les derniers troubles, par le commandement de nostre cousin le prince » de Gondé, que pour les armes prinses à ceste occasion, et ce qui s'en est en-
> suivy ; lesquels nous déclarons nuls et de nul effect, sans ce que, pour raison
> de ce, eux, ny leurs enfants, héritiers et ayant cause, soient aucunement
> empeschez en la jouissance desdits biens et honneurs, ne qu'ils soient tenus » en prendre de nous autre provision que ces dites présentes, par lesquelles
> nous mettons leui*s personnes et biens en pleine liberté, les déchargeant de » toutes prinses de villes^ ports d'armes, assemblées, saisies et prinses de nos » deniers et finances, establissement de justice entr'eux, jugements et exécution » d'icelle.
c 5r — Et afin qu'il ne soit douté de la droite intention de nostre dit cousin
> le prince de Gondé, avons dict et déclaré, disons et déclarons que nous
> tenons et réputons iceluy nostre dit cousin pour nostre bon parent fidèle
> subject et serviteur, comme de mesme nous tenons tous les seigneurs, che- » valiers, gentilshommes, et autres habitans des villes, communautés, bour- 1 gades et autres Jieux de nostre dit royaume, pays et obéissance, qui l'ont
> suyvi, secouru et accompagné en ceste présente guerre, et durant ces tu- » multes, en quelque part que ce soit de ce dit royaume, pour nos bons et
> loyaux subjects et serviteurs.
€ 6. — Et demeurera nostre dit cousin quitte et deschargé, comme par
> ces présentes signées de nostre main nous le quittons et deschargeons de » tous les deniers qui ont esté par luy ou par son commandement pris et » levez en nos receptes générales et particulières, à quelques sommes qu'ils » se puissent monter et semblablement de ceux qui ont esté, ainsi que dit est, 9 par luy ou de son ordonnance aussi pris et levez des communautez, villes, î argenteries, renies et revenus des églises et autres par luy employez en 3 l'occasion de ceste présente guerre : sans ce que luy, les siens, ne ceux qui
> ont esté par luy commis à la levée desdits deniers, lesquelz, et semblable- € ment ceux qui les ont fournis et baillez en demeureront quittes et des-
> chargez, et lesquels nous en quittons et deschargeons, ne puissent être
> aucunement recherchez pour le présent ny pour l'advenir : ny aussy pour » la fabrication de la monnoye, fonte d'artillerie, confection de pouldres et
> salpestres, fortifications de villes, démolitions faites pour lesdites fortifica- 3 cations par le commandement d'iceluy nostre dit cousin en toutes les villes » de nostre royaume et pays de nostre obéissance : et généralement de toutes