CHAPITRE III
Manifeste de Condé. — Acte d*association des chefs réformés. — Mission quMls confèrent aux agens envoyés par eux en Allemagne, en Angleterre, en Savoie, en Suisse.
— Rôle des agents du triumvirat, à rétranger. — Attitude des puissances étrangères.
— Les chefs réformés s'attachent à accroître leurs forces et à déjouer les manœuvres de leurs adversaires. — ils s'efforcent de maintenir Tordre à Orléans. — Catherine tente d'amener Condé à déposer les armes. — Moyens de pacification indiqués par Condé à Catherine. — Réponse évasive que reçoit le prince. — Requête du triumvirat, tendant au renversement de l'édit de janvier. — Lettres de Coligny au connétable et à Catherine. — Lettres de Condé à. cette princesse. — Exaspération des triumvirs, ils se disposent à entrer en campagne, en s'àppuyant suf les troupes qu'ils ont appelées de l'étranger. — Les réformés n'appellent encore en France aucunes troupes étrangères. — Intolérance" des triumvirs. — Respect delà liberté religieuse par les chefs réformés, vis à vis des catholiques.
Il s'agissait, pour Condé et ses compagnons, devenus maîtres d'Orléans, de s'attacher, avant tout, à justifier leur prise d'armes, aux yeux de leurs co-religionnaires, de la France entière et des pays étrangers, à s'organiser entre eux, et à provoquer Tallocalion, par les provinces, de secours en hommes et en argent.
La première des mesures adoptées sous l'inspiration directe de Coligny, fut l'envoi par Condé à toutes les Eglises réformées du royaume, d'une lettre circulaire, en date du 7 avril, dan^ laquelle* il leur disait : « Messieurs et bons amis, d'autant qu'il
> eslrequis à présent de résister aux violences et efforts que les
> ennemis de la religion chrestienne, et qui tiennent nostre roy
> et la royne captifs, s'efforcent de faire pour empescher la déï livrance de leurs majestez et exécuter leurs desseings qui ne