‹ Gaspard de ColignyChapitre 4 sur 226 · Bèze, Hist. eccL, t. I, p. 789, et t. III, p · texte numérisé non relu

Bèze, Hist. eccL, t. I, p. 789, et t. III, p

3. Tout homme d'espril qu'il était, Est. Pasquier, alors aveuglé par une intolérance égale à celle des parlements, écrivait à M. de Foussomme (liv. iv, lettre 13) : c Auriez- vous jamais, en voslre jeunesse, estimé voir quelquefois,

> en cesle France, telle desbauche que, dans une mesme ville, il y eùst exercice

> de deux diverses religions f >

catholiques* ; 2' en ne s'assemblant, pour l'exercice de leur culte, que hors des villes, dans des locaux privés, ou en plein air, de jour, publiquement, sans port d'armes, sous la direction des ministres ayant prêté le serment voulu* .

Quelque régulière et paisible qu'eût été leur attitude^, ils ne s'en étaient pas moins vus, presque partout, troublés dans l'exercice de leur culte par les insultes, par les menaces et même par les voies de fait auxquelles s'étaient laissé entraîner à leur égard des foules excitées tour à tour par les menées occultes et par les harangues furibondes d'un clergé intolérant. La royauté elle-même et ses plus sages conseillers, Coligny, l'Hospital, n'avaient échappé ni aux invectives, ni aux accusations * .

Rien de plus grave, assurément, que la fermentation du parti catholique à celte époque ^ et que le déchaînement de ses attaques contre l'édit de janvier et ses auteurs; néanmoins le péril qui en résultait eût pu très probablement être écarté, si la cause de la liberté religieuse et la royauté n'eussent eu à souffrir du rôle auquel s'abaissa, vis-à-vis d'elles, Antoine de Bourbon.

Ce prince, sans croyances affermies, sans rectitude de conduite, sans stabilité de décisions, ne se montrait persévérant, tenace même, que dans les aspirations d'une ambition peu clairvoyante. Il cherchait à obtenir de Philippe II un royaume, en dédommagement de la Navarre espagnole enlevée à Jean d'Al-

1. < Ceux (le la religion réformée, comme obéissans sujets, se rangèrent » promptement, quittant les temples et villes qu'ils' pouvoyent aisément garder, » si robéissanco qu'ils dévoient au roy et le désir du repos public ne leur eussent > eslé plus chers que toutes commodités particulières. > (Grespin, Uist. des martyrs, éd, de 1608, p. 580.)

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