‹ Gaspard de ColignyChapitre 33 sur 226 · Bèze, Hist. eccl., 1. 11, p. 23 à · texte numérisé non relu

Bèze, Hist. eccl., 1. 11, p. 23 à

3. Id. Ibid., p. 27 à 29, et Mém. de Condé, t. lU, p. 319 à 333.

i. Lettres de Condé à la reine mère et au roi, des 19 avril 1562 XMém, de Condé, t. III, p. 300-301), 25 avril (Bibl. nat., mss.l.fr., vol.6607,M),29avril (Ibid., vol. 6607, f«> 57), l^"^ mai (Mém. de Condé, t. III, p. 387-388).

Ils voulaient, notamment, que Tordre qui régnait parmi leurs troupes s'étendît à toute la population de la ville, qu'une égale protection fût assurée aux habitants, sans distinction d'âge, de rang, de fortune, ni de croyance; et que dès lors les catholiques pussent, de même que les réformés *, pratiquer librement leur culte.

<i Le prince appela le clergé et leur protesta de ne les vouloir

> empescher aucunement en leur service ordinaire; et furent î mesmes ceux de la religion plus chargés d'hostes que leurs

> contraires; mais la plupart de^ ceux qu'on appelle ecclésiasj tiques ne s'y fiant point, aima mieux quitter le lieu, se reti-

> rant sans danger où bon leur sembloit : et ceux qui y demeuï rèrent, fûst par crainte ou autrement, tindrent leurs églises

> fermées, faisant les sermons tant au cloistre Sainte-Croix j sous les ormes, que dehors la ville au fauxbourg du Portereau, i> mais cela ne dura pas beaucoup, quelque ordre qu'on y sçeust

> mettre : de sorte que, le 21 du mois d'avril, quelques églises

> se trouvèrent avoir esté ouvertes la nuict et quelques images » abattues, et de là en avant il n'y eust ordre de pouvoir empes- » cher qu'en moins de rien il ne s'en fit une meiTcilleuse exécu-

> tion, combien que le prince avec l'amiral et autres de leur

> suite accourans au grand temple de Sainte-Croix y donnassent

> coups de bastons et d'espée... Quant aux reliques et ome-

> mens, ordonnance fut faite et publiée de bonne heure de ne

> s'en approprier chose quelconque, sous peine de la vie; ce qui

> fut, au commencement, assez bien observé, mais pour ce que

1 . c Or, avoit esté le synode national , dès devant les troubles, assigné à ) Orléans, suivant laquelle assignation, combien qu'à cause des troubles les ) députés de plusieurs provinces ne comparussent, ce néantmoins assez bon

> nombre de ministres et anciens s*y trouvèrent. Le synode commença le 29 du » mois d'avril, auquel le prince avec Tamiral et autres grands seigneurs Grent

> cet honneur d'assister, tant pour Tauthorizer par leur présence, que pour

> entendre les saints et sages discours et résolutions qui s'y firent. » (I)e Béze, Hist eccLy t. H, p. 33.)

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1 quelques prestres estoient contens d'accuser les cachettes en ^ particulier à quelques soldats pour y avoir leur part, plusieurs

> larcins se commirent, combien que les ministres criassent en ]» chaire tant qu'ils pouvaient et que le prince fîst ce qui lay

> estoit possible* . i

Ainsi, il est certain que des ordres précis et rigoureux avaient été donnés pour assurer le respect dû aux édifices rel^ieux ; et que, chaque Ibis que ces ordres furen*, enfreints Condé et Coligny déployèrent contre les destructeurs d'images et les auteurs ou complices de vols commis dans les églises, une juste sévérité qui, à leur grand mécontentement, ne put pas toujours arrêter les excès des coupables.

Dans les derniers jours d'avril, <i: l'abbé de Saint-Jean de ^ Laon, duquel le cardinal de Lorraine se servit comme d'un 1 entremetteur, fist un voyage à Orléans, pour essayer de B[K)yen-

> ner quelque pacification* ]o. Il apportait une lettre de la reine mère, à laquelle Condé répondit par une dépêche du 4" mai^ et par un mémoire daté du 2, indiquant les conditions sous lesquelles, seules, on pomrait pacifier les troubles* . Au premier rang de ces conditions, il plaçait le maintien de l'édit de Janvier, sans restriction.

€ Ce mémoire reçu à Paris esmeut le triumvirat à se décla-

> rer plus ouvertement que jamais ; de sorte qu'il présenta 1 deux requestes (du 4 mai) contenant les moyens du tout

> contraires à ceux du prince^ > et tendant, en première ligne, au complet anéantissement de l'édit de Janvier.

Une réponse évasive fut faite, le même jour, 4 mai, par le

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