Bibl. nat. mss. f. fr. vol. i Cil , P
3. Tavannes connaissait déjà si bien cette circonstance, qui faisait tant d'honneur à rhabileté de d'Andelot, que, le jour même où Saint-André lui adressait sa réponse, il écrivait à Catherine de Médicis (Pingaud, corresp. des Saulx- Tavannes, p. 121) : t Les ennemys se sont tant advancez, que dimanche ils
sloienl à Uicey (aux Riceys). >
vile lui pesait, et combien il aspirait à une paix honorable * : « Monsieur mon cousin, j'ay reçeu la lettre que m'avez escrile » de Paris par le porteur, et ne doute point que vous n'ayez un y> grand regret de voir tant de troubles, pilleries et désordres }) généralement par toute la France, comme ont toutes per- » sonnes d'honneur et de vertu, et ayant pareil zelle au bien
> des affaires du roy et à la conservation de ce royaume, que 3> vous avez. Je croy aussy que vous estimez bien que de ma y> part j'en porte un très grand desplaisir que je vous puis as- » seurer, monsieur mon cousin, eslre tel que, s'il n'y alloit que T. de moy et de mon inlerest particulier, je voudrois avec la
> perte et de mes biens et de ma vie avoir rachepté tels incon- ]D véniens. Vous sçavez que nous n'avons jamais rejette aucuns 2) bons moyens d'accord, et monsieur le prince de Condé, » auquel j'ay présenté vos très humbles recommandations, y a » tousjours entendu et en a proposé dès le commencement » de ces troubles, se soubzmettant à toutes raisonnables con- » dilions, sans vouloir avoir un seul advantage pardessus ceuk y> qui ont d'eulx-mesmes les premiei^ pris les armes offeny> cifves. De ma part, je n'ay rien en plus grande affection ^ que de voir qu'il soit pourvu à tant de maulx de remède y> prompt et convenable, et n'avez plus grand désir de me voir y> que j'ay d'en pouvoir communiquer avec vous, de sorte que » d'autant que je ne puis partir d'icy, si vous avez à raectre t> quelque chose en avant de la part de la royne pour ung si y> bon effect, ou vous jugiez qu'il y ait apparence et que vous y> ayez volonté de venir en ce lieu, vous y serez le bien venu et
> reçu; de quoy ceste lettre vous servira avec la parole dudict yf siegneur le prince de toute seureté, etc. etc. Vostre bien affecï) tionné parent et amy, Chastillon. »
Dix jours plus tard, Coligny étant encore à Orléans, adi'essa
1. LeUre 'Ju 28 octobre i5G2. (Bibl. nal. mss. fonds Colberl, \'yo\,% 012.)
à de Gonnor ces lignes * : <t Monsieur mon cousin, j'ay veu par » la lettre que m'avez escripte du VI de cemoys, que vous :^ estiez sur le point de partir de Paris pour venir à Estampes
> afin quenousnouspuissionsveoir et communiquer ensemble ^ suyvant ce que m'avez faict entendre par vostre précédente 3> et que là vous actendriez que M. le prince vous eust envoyé » une seureté pour vostre aller et retour, laquelle il vous en-
> voye présentement * . Mais quant à vous mander le lieu où j> vous nous viendrez trouver, c'est chose que je ne vous puys dire j au vray, ny vous en faire entendre autre chose pour le pré-
> sent que ce que vous en dira ce porteur, lequel vous conduyra :& la part que nous serons où je vous diray derechef que vous
> serez le bien venu et reçu, etc., etc. :»
Tandis que de Gonnor exprimait à l'amiral 1q désir de conférer avec lui, un arrêt du parlement de Paris condamnait à mort, le 16 novembre, comme rebelles oc et criminels de lèze-majesté au premier chef i>, Coligny, d'Andelot, de Larochefoucauld, de Rohan, le prince de Portien, de Montgommery, et plusieurs autres chefs réformés ^ .
Au début de novembre * , le vaillant frère de l'amiral, sans se
i. Lettre du 8 novembre 1562. (Kbl. nat. mss. fonds Oolberl, V« vol. 24, f^2.
2. LeUre de Condé à de Gonnor, du 8 novembre 1562 (BLbl. nat. mss. fonds Colbert, V« vol. 2i, f» 1) : t Monsieur de Gonnor, parceque mon oncle
> mons. l'aMyral m*a fait entendre que vous estiez prest de partir de
> Paris afin de Je venir trouver et communiquer vous deux ensemble suyvant
> ce que auparavant lui aviez escript, mais que vous desiriez avoir une seurelé » de moy laquelle vous actendnez à Estampes, premier que d'en partir, j'ay,
> à cette cause, bien voulu vous envoyer la présente par ce porteur, laquelle » vous servira de toute seureté pour vostre voyage, tant pour l'aller et retour, ) que pour le séjour que vous ferez en nostre camp avec vingt-cinq on
> trente cbevaux de vostre train et suyte etc., etc. Vostre bien bon cousin
> et mylieur amy, Loys de Bourbon. >