‹ Gaspard de ColignyChapitre 60 sur 226 · Mém. de Condé, t. IV, p · texte numérisé non relu

Mém. de Condé, t. IV, p

4. c Le 6 du mois (de novembre), Andelot arriva, qui fut reçu par le prince et

> par Famiral, son frère, luy venant audevant, avec toutes les caresses du monde, 1 comme furent aussi les principaux reitremaistres, qui s'en retournèrent aus-

laisser abattre, un seul instant, par des souffrances physiques qui dataient de son séjour en Allemagne et l'obligeaient à se faire transporter en litière, apparut enfin non loin d'Orléans, à la tête du corps de troupes que, grâce à une série d'habiles manœuvres, il avait soustrait aux embûches et aux attaques de Tennemi.

Renforcée par ce corps, Tarmée des réformés se dirigea sans retard sur Paris, sous la conduite de Condé et de Coligny, qu'acompagnaient d'autres chefs.

Un seul d'entre eux, d'Andelot, épuisé de fatigues, fut retenu à Orléans par une grave maladie * . Il y reçut les soins assidus de sa belle-sœur, madame l'amirale, et de sa nièce, Éléonore de Roye, à peine remise des inquiétudes que lui avait causées récemment la santé du prince, son mari.

Ce fut au chevet du lit de soulfrances de son oncle, crue la princesse de Condé reçut la nouvelle de la mort du roi de Navarre, son beau-frère, qui, blessé, le 16 octobre, au siège de Rouen, avait, le 17 novembre, rendu le dernier soupir. Ce prince, sentant de jour en jour ses forces décliner, avait exprimé le désir de revoir Jeanne d'Albret, et chargé un gentilhomme, qu'elle lui avait envoyé, de retourner vers elle et de l'accompagner de Béarn en Normandie ^ ; mais il était trop tard. Jeanne, qui se fût estimée heureuse d'apporter à son mari de suprêmes consolations, n'avait plus devant elle la possibilité de franchir, en temps opportun, la longue distance qui la séparait de lui. Couvrant d'un généreux pardon le loyal aveu, qu'au terme de sa carrière, Antoine de Bourbon avait fait de ses torts

Y sitôt avec Andelot, bien joyeux, d'un costé, mais bien marris aussi de n'estre 1 venus à temps pour le secours de Rouen, dont ils espéraient bien faire la ven- ^ geance. > (De Bèze, hist,, eccL, l. Il, p. 190).

1. Calend, of state pap. foreign, 22 novembre 1562. Throckmorton to the queen. — Ibid. 7 décembre 1562. Smith to Ceci!.

2. Calend. of state pap. foreigul 31 octobre 1562. News sent from France.

envers elle, elle ne se rappela plus que son affection pour lui, et

le pleura, en femme chrétienne.

An double titre de frère, de soeur, et d'amis fidèles, le prince

et la princesse de Condé partagèrent la douleur de Jeanne, ainsi

que le prouvent deux lettres louchantes qu'ils lui adressèrent * . Lorsque, dans sa marche sur Paris, l'armée des réformés

fut arrivée à Étampes, la reine mère, donnant suite à la tentative d'entrevue qu'elle avait récemment fait faire par de Gonnor, « ne faillit pas d'envoyer celui-ci au prii.ce de Condé pour jo lui ouvrir une nouvelle face de traité, par la mort du roi de ï> Navarre, son frère, duquel il devait prendre la place et Faa-

> torité, k la conservation de Testât, bien qu'au commenceî ment le prince respondit qu'après la paix il saurait bien î prendre l'autorité de son frère, si ne pouvait-il en aimer la » place ni l'exemple, comme estant mort au service de ses en- » iiemis; si est-ce qu'il se laissa amuser et par là donna loisir

> de fortifier tous les fauxbourgs (de Paris) ^ . >

Le prince, ayant pris position devant Corbeil, Catherine lui envoya successivement Saint-Mesme et de Gonnor, pour lui proposer une, conférence avec elle sur les moyens de conclure la paix. Il approcha de Paris avec ses troupes, et « soudain y> la royne luy manda qu'elle désiroit de parler à luy, au 2> Port à l'Anglais, et le connestable aussi à l'amiral son nepveu. x> Cela estant accordé avec suspension d'armes, le prince se î> trouvant mal, ou pour autre occasion, contremanda qu'il ne » s'y pouvoit trouver; mais bien y fut l'amiral , lequel passa

1 . 1» Lettre de la princesse de Condé, du 27 novembre 1562 (Mém. de Condé, t. IV, p. 131); — 2* lettre du prince de Condé, du 22 novembre 1562, datée du camp devant Corbeil (Mém. de Condé, t. IV, p. 126).

2. D*Aubigné, hist. univ. t. I, liv. 3, chap. xii. — c The 11 novembre,

> M. de Gonnor arrived at the prince's camp :... he remained in the camp, ) tliat night, lodged in the admiral's lodging, and made long discourses to

> them. > (Trockmorton to the queen, 20 novembre 1562, Calend. of state

> pap. foreign.)

y> et parlementa avec le connestable l'espace de deux bonnes ]> heures, mais en vain, ne voulant aucunement ouïr parler le :» connestable de Texercice de la religion, et l'amiral au conj> traire lui répliquant qu'il perdrait plus tost mille vies, si au- 3> tant en avoit, que de quitter ce point * . »

Les pourparlers furent repris entre Catherine et Condé; des notes, des mémoires, des projets de traité furent échangés^; mais rien ne fut admis par Catherine, au nom du parti catholique, qui pût donner aux légitimes revendications de Condé et de ses compagnons une satisfaction sérieuse; et dès lors, sur le conseil de Coligny, le prince renonça à tout projet d'attaque ultérieure contre la capitale, et se décida à marcher dans la direction de la Normandie. L'amiral, en donnant ce conseil, s'était appuyé, entre autres motifs, sur ce que « les reistres et j> lansquenets commençaient à murmurer et à demander y> argent, ausquels on ne pouvoit respondre autre chose, sinon y> que bienlost il en viendroit d'Angleterre, leur monstrant les

3> lettres qu'on en recevoit de jour à autre La résolution

i> fut donc d'aller droit en Normandie, tant pour recevoir cest i> argent et en contenter les estrangers, que pour y recueillir > le plus d'Anglois qu'on pourroit, d'autant que les ennemis y> estoient forts d'infanterie, afin aussi de divertir le camp de ]> l'ennemi du siège d'Orléans \ y>

Arrivé à Saint-Arnoul, sur la route de Chartres, Condé crut devoir rendre compte à Elisabeth de l'issue stérile des négociations qui avaient eu lieu, à proximité de Paris, c Madame, lui y> disait-il, le 16 décembre *, j'ay reçeu avec très grand conteny> tement les deux lettres qu'il a plu à vostre majesté m'escrire,

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