II
i) en Normandie, laissant toute l'infanterie avec le surplus de D la cavalerie Françoise conduite par bons et sages capitaines,
> comme entre autres Duras, Bouchavanes, Bussy, Saint-Cyr, » Avaret, et autres pour la défense de la ville, sous le gouvery> nement de d'Andelot, qui se rendit difficile à recevoir ceste y> charge, à cause de la fièvre quarte qui le travailloît infini- )) ment : mais finalement s'y accorda, n'ayant jamais voulu les » habilans recevoir Grammont, auquel ils avoient si peu de
> fiance, qu'ils dirent en sa présence que, si on le leur bailloit » pour gouverneur, ils se tenoient pour perdus et aymoient •» mieux tous desloger de la ville et le suivre en Normandie. y> Cela estonna la princesse de Condé, à laquelle ils dirent de- » puis, à part, qu'ils le tenoient pour un traistre et meschant y> homme; qui fust cause que l'amiral, voyant que Grammont )^ faisoit semblant de n'ouir point ces choses, ne répliquoit j> rien et mesmes ne s'excusoit point de prendre ceste chaj^e, yf au lieu de le laisser pour gouverneur, l'emmena mesmes y> en Normandie avec les autres * . y>
En prenant le parti de se rendre dans cette province, CoJigny ne se dissimulait pas qu'il s'exposait au dîmger d'être suivi et harcelé dans sa marche par le duc de Guise. Lui-même nous fait part de ses appréhensions à cet égard dans le passage suivant de l'un de ses écrits^ :
«: Afin que chacun cognoisse si ledit seigneur admirai avoit >^ raison de craindre telle chose, il a bien voulu sommairement )> escrire ce qui le mouvoit à cela. Premièrement, il ne pou- 1 )> voit ignorer que ledil seigneur de Guise ne fust bien adverli )> de son allée, puisqu'il avoit -esté contraint de le dire publi- >> quenieiU en pleine assemblée des reislres, plus de huit jours